dimanche 28 octobre 2007

ILE DE LA REUNION “On n’imaginait pas que cela pouvait être de l’amiante”


Au cœur de la tourmente depuis la découverte d’amiante sur le chantier du musée Saga du rhum à Saint-Pierre, les responsables de l’entreprise Rieffel réfutent les accusations portées contre eux et communiquent les résultats négatifs d’une première analyse de l’air effectuée sur le chantier.

A aucun moment on ne nous a dit, attention il risque d’y avoir de l’amiante”, assure Fernand Rieffel, dont l’entreprise est dans le collimateur des services de l’Etat depuis la découverte d’amiante sur le chantier qu’elle mène sur l’ancienne distillerie Isautier à Bois d’Olives. Un chantier où ses ouvriers devaient se contenter d’aménager les locaux qui doivent accueillir le futur musée Saga du rhum. “Nous ne sommes pas des pollueurs et jamais nous n’avons envoyé notre personnel au casse-pipe”, clame le chef d’entreprise. Il ne nie pas la présence d’amiante sur le chantier, mais assure qu’elle a été découverte fortuitement en démolissant une partie de l’ancien four où se trouvait la chaudière à bagasse. Des travaux qui n’étaient pas prévus à l’origine dans le marché qui lui avait été confié et qui ont été réalisés mi-août à la demande du représentant du maître d’ouvrage. Idem pour le retrait du flocage, début septembre, qui recouvrait la partie supérieure de la cuve métallique de la chaudière. “On n’imaginait pas que cela pouvait être de l’amiante”, assure Frédéric Andres, le conducteur des travaux sur le chantier. Il n’était pas le seul dans l’ignorance car personne au cours des réunions hebdomadaires de chantier ne s’est inquiété de cette cuve que la société Isautier voulait certainement restaurer pour l’adjoindre à son musée du rhum.
GRÈVE
Elle est restée soit dit en passant trois semaines durant posée simplement au sol, sans la moindre protection. Et pour cause, en l’absence de dossier technique amiante (DTA), qui aurait dû être réalisé par le propriétaire des lieux, la présence de ces fibres dangereuses est restée inconnue. “La première fois que le mot amiante a été prononcé, c’est le 11 septembre, le lendemain du début de la grève”, certifie le conducteur des travaux, “quand un groupe de grévistes est venu sur le chantier et que l’un d’eux a accusé l’entreprise d’avoir fait travailler les gars en présence d’amiante, il a alors dit avoir pris un échantillon et l’avoir fait analyser en le confiant à un médecin”. Aussitôt l’entreprise Rieffel demande une expertise dont les conclusions tombent le 18 septembre. Elles confirment la présence d’amiante Amosite dans le flocage de la cuve et d’amiante Chrysotile dans un conduit d’évacuation d’eau pluviale en Fibrociment. Il faut dire qu’au cours du nettoyage de la cuve, des morceaux entiers de flocage sont tombés au sol et y sont restés. “Ce qui me gêne un peu c’est que le 1er octobre, quand on fait le tour du chantier avec le représentant de la SIB, personne ne constate de traces d’amiante sous le pied de bois où ont été enterrés les sacs”, remarque Franck Rieffel, “comment les fibres sont-elles arrivées là ensuite ?”Nous n’avons jamais cherché à cacher la présence d’amiante”, poursuit le directeur de l’entreprise qui s’inquiète également du silence de l’ouvrier qui a le premier fait analyser les fibres entourant la cuve : “Pourquoi ne nous a-t-il rien dit et a attendu la grève pour le faire ? Pendant tout ce temps, ses collègues ont travaillé à côté, le médecin à qui il a confié l’échantillon ne nous a pas alertés non plus, c’est inadmissible.”
Source : http://www.clicanoo.com/

Aucun commentaire: