lundi 26 novembre 2007

Procès Stocamine : "une erreur d'appréciation"

Le procès de Stocamine, l'ex-centre de stockage des déchets ultimes du Haut-Rhin s'est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Mulhouse. Durant cette première journée d'audience, l'ancien directeur de la société Patrice Dadaux a fait face aux 80 ex-salariés qui se sont portés partie civile dans ce procès.
Quelques uns des 80 salariés de Stocamine sont venus témoigner hier à la barre du tribunal correctionnel de Mulhouse. Il s'agissait d'évoquer les évènements du 10 septembre 2002, date où un incendie a été détecté à 500m de profondeur dans une ancienne galerie de la mine de potasse de Wittelsheim servant de lieu de stockage pour les déchets ultimes du centre Stocamine.
"Nous n'avions que nos shorts, nos T-shirts et nos bleus de travail (.) Mais M.Dadaux a dit que l'on ne risquait rien, que c'était un feu de palettes". Or, en guise de feu de palettes, il s'agissait d'un incendie provoqué par la fermentation de déchets arrivés récemment dans des "big-bag" contenant des des déchets amiantés, des engrais et d'autres produits phytosanitaires inflammables. Un autre salarié précise alors que, "on a demandé l'attribution de combinaisons spécifiques, mais on nous répétait qu'il n'y avait aucun danger".
Une erreur d'appréciation
Face à ces accusations, l'avocat de Patrice Dadaux, Me Thierry Moser réplique que son client a "peut-être commis une erreur d'appréciation" mais rien ne permet d'affirmer qu'il a intentionnellement commis une telle erreur, et en aucun cas il a délibérément voulu exposer son personnel à un quelconque danger. Afin de justifier son erreur, Patrice Dadaux affirme alors avoir ignoré le contenu des sacs à l'origine de l'incendie.
"…en amont, on ne risquait rien"
Sur ce point, la présidente du tribunal, Christine Schlumberger, le reprend, "a tout le moins, vous saviez qu'il y avait un risque d'amiante" et pose la question des combinaisons anti-amiante qui n'ont pas été utilisées. "Pour moi, en étant en amont de l'incendie, on ne risquait rien" réponds Patrice Dadaux. Cependant, certains de sauveteurs ont gardé des séquelles substances toxiques inhalées au cours du sauvetage, des boutons ou encore des démangeaisons perpétuelles.
Quant à l'infirmière Jackie Spaeter, descendue 9 fois à raison de 6 à 8 heures dans une galerie prétendument sûre sans protection particulière, elle souffre d'un syndrôme d'irritation bronchique, "comme les pompiers de New York" après les attentats du 11 septembre 2001.

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