mardi 23 octobre 2007

Amiante : une étude souligne les dangers de l'"exposition passive"


Une étude, réalisée conjointement par l'Institut de veille sanitaire et l'Inserm, publiée mardi 23 octobre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, décrit, pour la première fois selon ses auteurs, des cas de cancers parmi des enseignants, des chercheurs et des ingénieurs, appartenant à un même campus universitaire, en l'occurrence celui de Jussieu à Paris, qui n'avaient jamais été exposés professionnellement à l'amiante auparavant.

Le document a diagnostiqué, entre 2001 et 2002, cinq cas de mésothéliome pleural – un cancer de la plèvre – chez un volcanologue, un physicien, un paléontologue, un ingénieur et une professeure de mathématiques exerçant à Jussieu. Cette découverte confirme, selon les chercheurs, "l'importance de l'impact sanitaire d'une exposition passive à l'amiante". "UN MAXIMUM DE DÉCÈS ENTRE 2010 ET 2020"
"Parmi les cinq personnes, nées en 1934 et 1942, aucune exposition professionnelle active, domestique ou environnementale n'a pu être identifiée, excepté l'utilisation rare de produits de protection pour certains", relèvent-ils, alors que pendant dix à trente-cinq ans, ils ont tous été présents "à proximité d'un chantier de flocage au moment de la construction du campus".
Au-delà des cas particuliers, l'étude souligne que les décès causés par l'exposition à l'amiante, notamment par des mésothéliomes, des cancers du poumon et "très vraisemblablement des cancers du larynx", vont "continuer de se développer pendant au moins deux ou trois décennies dans notre pays". En Europe de l'Ouest, en particulier,"un maximum de décès attribuables au mésothéliome pleural" devraient avoir lieu "entre 2010 et 2020", note un spécialiste du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC-OMS).
Dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le professeur Marcel Goldberg revient sur les moyens mis en place en France pour lutter contre les retombées de l'amiante, constatant que même si des progrès ont été réalisés et que le retard a été comblé, il reste "beaucoup à faire". "On 'savait' depuis longtemps" les dangers de l'amiante, mais, en France, "la première réglementation en milieu de travail date de 1977 et l'interdiction de l'importation et de l'utilisation de l'amiante a été promulguée en 1997, alors que huit pays avaient déjà pris une telle mesure", souligne M. Goldberg.


Dès que vous ouvrez ce site, vous entendez la voix du Professeur Henri PEZERAT qui intervenait dans une émission de Radio Canada, c’était en mars 1978. A l’époque le Professeur PEZERAT était taxé d’alarmiste, et de faire du catastrophisme, et d’affoler inutilement les populations, comme tous les scientifiques qui dénoncent une catastrophe à venir.
Pour l’amiante, la catastrophe est là, et à son grand désespoir aucun politique ne l’a écouté, au contraire, ils ont rassuré.
Les hommes meurent, mais rassurés !

Aucun commentaire: