
La toiture amiantée a été enlevée, la semaine passée, lors de la reprise du chantier. Selon la société, « il n'y avait aucune raison de faire un bâchage, la toiture étant considérée en bon état selon un diagnostic. » : Photo Octavia Beatrix
Antoine Romera respire. Enfin presque. Ce riverain, habitant boulevard Edgar-Amigas, à Saint-Jean-du-Var, n'a plus la vue plongeante sur la toiture en partie amiantée d'un local industriel. Elle a été enlevée, la semaine passée, après la reprise, il y a une dizaine de jours, du chantier de démolition des anciens locaux des établissements Brocoletti (1). L'inspection du travail qui avait stoppé les travaux engagés par la société STPR Démolition (lire notre édition du 26 août), a levé son veto. Victime de l'amiante, ce résident du quartier n'est pas, pour autant rassuré. Il entend maintenir sa plainte (lire par ailleurs).
« Aucune présence de fibres amiante »
Dans le collimateur : les conditions dans lesquelles avait été engagé le 10 août, le démontage de la toiture.
La méthode employée, et la présence au sol, à l'intérieur du hangar, de petits bouts de plaques de toiture démontée, ont attisé les craintes les plus vives de M. Romera. La présence, selon lui, de « poussières d'amiante dans l'environnement » ne fait aucun doute, « et ce en raison de l'absence de confinement. » Ce que conteste la société. « La toiture a été considérée, selon un diagnostic, en bon état. Il n'y avait pas de raison de faire un bâchage. Si la toiture avait été dégradée, la méthode employée aurait été différente de celle engagée pour une toiture qualifiée de saine. Mais il n'y a aucun texte qui régit la dépose avec un confinement total », explique M. Gilbert Campana, gérant de la société STPR Démolition.
Se plier aux exigences de l'inspection du travail
Elle s'appuie sur les résultats des mesures de contrôle, notamment celles effectuées le jour de l'arrêt du chantier. « Les résultats des deux analyses réalisées par un laboratoire agréé indépendant, à l'intérieur de locaux sur la partie du hangar et des bureaux, sont négatifs. Elles n'ont révélé aucune présence de fibre amiante », explique-t-il. Surpris ? « Non, je ne le suis pas. Quand on intervient sur une toiture dont les risques sont très limités, on sait qu'on n'a pas de souci à ce niveau-là. »
En revanche, la société STPR, qualifiée et certifiée, pour traiter l'amiante en extérieur comme en intérieur, a dû se plier aux exigences de l'inspection du travail. Elle a, ainsi, procédé, à des aménagements intérieurs pour être autorisée à reprendre le chantier. « On a confiné à l'intérieur du bâtiment une zone où la toiture est déposée, au cas où des débris tomberaient. Un film plastique a été posé au sol, étanche, de manière à ne pas polluer le sol. À partir du moment où un morceau vient à tomber, il est immédiatement surfacté (Ndlr : utilisation d'un produit spécifique qui bloque les fibres). » « Les riverains devraient être heureux de voir l'amiante disparaître. On élimine un risque potentiel. » Pour M. Romera, il est loin de l'être : « les précautions d'usage n'ont pas été prises, et on est loin du principe de précaution. »
Catherine Pontone
Var-Matin
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire