Daniel Robbes, un des dix salariés de Sanofi qui ont demandé hier aux prud'hommes un préjudice d'anxiété
Mésothéliomes, asbestoses, plaques pleurales... Ils connaissent ces termes barbares par coeur, et les emploient malgré eux trop souvent pour prendre des nouvelles de leurs anciens collègues. Après plusieurs procès individuels en faute inexcusable, et après une tentative de classement de l'usine en site amiante, dix retraités du site vitriot de Sanofi ont traîné hier leur ancien employeur devant le conseil de prud'hommes de Créteil pour faire reconnaître un « préjudice d'anxiété » lié aux poussières qu'ils ont respirées durant des années.
Une première pour le géant du médicament.
« On ne veut pas jouer les misérabilistes, explique Serge Franceschina, leader des anciens salariés. Je ne pense pas à la mort quand je me lève chaque matin, mais si un jour j'apprends que j'ai des plaques dans les poumons, je ne sais pas comment je réagirais. » « Moi, les médecins m'ont récemment trouvé deux petites tâches blanches, et même si ça n'a pas forcément de rapport avec l'amiante, ça m'inquiète, glisse Daniel Robbes qui, à 66 ans, a passé quarante et une années de sa vie chez Sanofi. Dans le laboratoire où je travaillais, nous étions six. Sur les six, un est décédé de l'amiante, et un autre est gravement malade... »
L'avocate a demandé 30 000 € pour chacun de ses clients
Mais face aux conseillers prud'homaux, l'avocate du groupe pharmaceutique a tenté de minimiser la chose. « Sanofi ne conteste pas le fait qu'il y a eu de l'amiante dans son usine, comme dans toutes les sociétés à l'époque. Il reste que certaines personnes ici ont fini d'être exposées en 1975. Le temps de latence étant de vingt à quarante ans, on peut estimer qu'ils ne courent plus de risque aujourd'hui », a-t-elle développé, soulignant à de nombreuses reprises que le centre de production de Vitry, où 400 ouvriers travaillent encore, n'avait justement pas été classé en site amiante par la cour d'appel administrative de Paris début avril.
« Pour obtenir le classement en liste amiante, on ne tient pas compte de la présence de la fibre dans les chariots, les outils, et même dans les bâtiments, a justifié M e Camille-Charlotte Lasoudris, l'avocate des 10 anciens salariés. Il faut juste prouver que les opérations de calorifugeage sont une partie significative de l'activité. Ici, la fréquence a été jugée trop faible par le tribunal. Mais on sait que l'amiante était partout, et qu'il a fait des dizaines de morts dans les quatre secteurs de la société. » L'avocate a demandé 30 000 EUR au titre du préjudice d'anxiété pour chacun de ses clients.
« On ne veut pas jouer les misérabilistes, explique Serge Franceschina, leader des anciens salariés. Je ne pense pas à la mort quand je me lève chaque matin, mais si un jour j'apprends que j'ai des plaques dans les poumons, je ne sais pas comment je réagirais. » « Moi, les médecins m'ont récemment trouvé deux petites tâches blanches, et même si ça n'a pas forcément de rapport avec l'amiante, ça m'inquiète, glisse Daniel Robbes qui, à 66 ans, a passé quarante et une années de sa vie chez Sanofi. Dans le laboratoire où je travaillais, nous étions six. Sur les six, un est décédé de l'amiante, et un autre est gravement malade... »
L'avocate a demandé 30 000 € pour chacun de ses clients
Mais face aux conseillers prud'homaux, l'avocate du groupe pharmaceutique a tenté de minimiser la chose. « Sanofi ne conteste pas le fait qu'il y a eu de l'amiante dans son usine, comme dans toutes les sociétés à l'époque. Il reste que certaines personnes ici ont fini d'être exposées en 1975. Le temps de latence étant de vingt à quarante ans, on peut estimer qu'ils ne courent plus de risque aujourd'hui », a-t-elle développé, soulignant à de nombreuses reprises que le centre de production de Vitry, où 400 ouvriers travaillent encore, n'avait justement pas été classé en site amiante par la cour d'appel administrative de Paris début avril.
« Pour obtenir le classement en liste amiante, on ne tient pas compte de la présence de la fibre dans les chariots, les outils, et même dans les bâtiments, a justifié M e Camille-Charlotte Lasoudris, l'avocate des 10 anciens salariés. Il faut juste prouver que les opérations de calorifugeage sont une partie significative de l'activité. Ici, la fréquence a été jugée trop faible par le tribunal. Mais on sait que l'amiante était partout, et qu'il a fait des dizaines de morts dans les quatre secteurs de la société. » L'avocate a demandé 30 000 EUR au titre du préjudice d'anxiété pour chacun de ses clients.
Source : http://www.leparisien.fr
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