dimanche 11 novembre 2007

CANADA Concentration inquiétante d’amiante à Thedford



l’Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) et publiée mercredi dans l’International Journal of Occupational and Environmental Health démontrerait que l’air de plus de 50 % des maisons de Thetford Mines présente des concentrations en amiante qui seraient inacceptables selon les normes américaines.

L’étude a été réalisée par John Van Raalte, directeur des services d’hygiène industrielle de l’Occupational and Environmental Health Center of Eastern New York et le laboratoire Lab/Cor de Seattle.«Nous avions publié des résultats partiels en 2004, mais nous avons maintenant les résultats finaux et ça confirme une situation inquiétante. Nous demandons donc aux pouvoirs publics de faire quelque chose», explique l’ergonome Micheline Marier, l’une des membres de l’AVAQ.«Nous avons analysé la concentration d’amiante dans l’air des maisons et nous l’avons comparée avec la norme de l’Asbestos Hazard Emergency Response Act (AHERA), qui est utilisée aux États-Unis pour déterminer si la concentration d’amiante est dangereuse dans les écoles ou les résidences. Plus de 50 % des maisons thetfordoises dans l’étude ne respectent pas la norme», explique Mme Marier.L’étude démontrerait également qu’un pourcentage moindre de résidences thetfordoises dépasserait les critères d’exposition résidentielle créés aux États-Unis à la suite de l’effondrement des tours du World Trade Center.
Résidus miniers
L’AVAQ montre du doigt les montagnes de résidus miniers qui ornent le paysage de Thetford Mines et l’utilisation des résidus miniers comme matériau de remplissage dans la région parmi les responsables de la situation.«Pour nous, c’est clair que ces résidences devraient être nettoyées. Il faudrait aussi contenir le risque à la source en réglant le problème des montagnes de résidus d’amiante à ciel ouvert et des allées de garage faites avec des résidus d’amiante», poursuit Mme Marier.«Notre étude a analysé le sol autour des maisons dont le terrassement a été fait avec des résidus d’amiante et montre qu’il y a à Thetford Mines plusieurs maisons dont le sol contient une concentration très élevée d’amiante, ce qui pose une question de sécurité. Les gens peuvent entrer ça dans leurs maisons avec leurs souliers!» conclut-elle.
Tout cela est évident. Le risque existe pour la population. Nous sommes loin des crachats sanguinolents des mineurs sur la neige lorsqu’ils finissaient leur quart, mais le processus de cancérogenèse de l’amiante a été démontré scientifiquement, même si de faibles doses ont été inhalées par la population voisine. Les mésothéliomes seront inévitables.
Faut-il se voiler la face et tenter de rassurer une population qui n’est pas stupide, ou faire preuve de courage et affronter cette situation avec réalisme.
Aujourd’hui les victimes de mésothéliomes ont une chance de survie de plus de 16 mois, quasi nulle. Je précise « aujourd’hui », car je suis persuadé que si des moyens sont donnés à la recherche, cette tendance peut être inversée. J’en veux pour preuve bien d’autres cancers dont l’issue était fatale il n’y a pas si longtemps, et qui sont très bien soignés aujourd’hui.
La prévention doit faire découvrir des tumeurs à leur stade natif, opérables sans trop de risque pour les victimes. Autant de gens qui peuvent être sauvés.
Quand aux montagnes de résidus miniers
Ils représentent un danger permanent. Les fibres qui couvrent le sol se fragmentent naturellement sous l’effet des variations thermiques, et s’envolent par grand vent et temps sec.
Ce phénomène n’est, heureusement pas inéluctable. Il suffirait de recouvrir les résidus miniers par de la terre végétale et laisser la nature les neutraliser.
De nombreux détracteurs trouveront toujours une meilleure utilisation aux fonds nécessaires.
Ces investissements doivent faire l’objet d’une réflexion fondamentale : L’humanité a-t-elle un prix ?
Marc CHAPELET

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