Comme une grippe qui revient, l'amiante refait surface périodiquement dans l'actualité depuis 30 ans.
Alors que l'amiante a été banni en Europe pour cause de cancers, une nouvelle étude(1) démontre que le danger de l'amiante n'atteint pas seulement les mineurs mais s'étend aussi aux maisons et aux gens qui n'ont jamais travaillé à la mine.
Les villes d'Asbestos et de Thetford Mines, exemples parfaits de one company towns, ont été bâties autour d'une seule industrie qui fournit à la fois travail et maladie. Même les autorités reconnaissent l'amiantose comme maladie industrielle et indemnisent les travailleurs malades. Malheureusement, la poussière d'amiante n'est pas civilisée: elle entre dans les maisons et se dépose sur les terrains de la ville.
D'abord, réglons ce mythe voulant que l'amiante du Québec soit inoffensif. Le minerai d'amiante à Thetford Mines contient à la fois de la chrysotile - une forme soi-disant moins dangereuse - ET de la trémolite, beaucoup plus toxique. On a trouvé ces deux types de fibre d'amiante dans les poumons de personnes mortes de cancers à Thetford Mines(2).
Le ministre de l'Agriculture et député de la région, Laurent Lessard, qualifiant les études scientifiques de «rapports de bonne femme», continue de nier l'évidence que l'amiante tue. À l'instar des gouvernements et de certains syndicats depuis 30 ans, ce qu'il dit en substance, c'est: on ferme la mine, on ferme la ville. Cruel dilemme?
Eh bien non. Il n'y a pas de dilemme, seulement un manque d'imagination. Il ne sert à personne, surtout pas aux gens de Thetford Mines, de se mettre la tête dans le sable: l'amiante québécois est dangereux et n'a pas d'avenir commercial, sauf peut-être en dumping dans les pays pauvres. Un jour, les mines d'amiante fermeront, faute de client. Les travailleurs seront au chômage et l'environnement de la ville sera pollué. Aucune autre compagnie ne voudra s'y établir.
Et la solution ne consiste pas à changer le nom du cégep et du CLSC de l'Amiante, devenus aujourd'hui le cégep et le CLSC de Thetford. Le changement de toponyme ne règle pas les cancers d'une région...
Pourtant, des solutions existent: on ne ferme pas la ville, on lui imagine un avenir...en commençant par la nettoyer! Des études commencent3 à démontrer que les emplois de dépollution sont plus durables, parfois même plus nombreux que ceux d'une industrie de l'amiante en phase terminale.
J'affirme que la création de richesse, au XXIe siècle, ne reposera pas sur une industrie qui rend malade. Et ce n'est pas la fermeture de la mine qui tuera nos one company towns. C'est notre refus d'agir maintenant pour se reconstruire une économie qui ne tue pas.
Alors que l'amiante a été banni en Europe pour cause de cancers, une nouvelle étude(1) démontre que le danger de l'amiante n'atteint pas seulement les mineurs mais s'étend aussi aux maisons et aux gens qui n'ont jamais travaillé à la mine.
Les villes d'Asbestos et de Thetford Mines, exemples parfaits de one company towns, ont été bâties autour d'une seule industrie qui fournit à la fois travail et maladie. Même les autorités reconnaissent l'amiantose comme maladie industrielle et indemnisent les travailleurs malades. Malheureusement, la poussière d'amiante n'est pas civilisée: elle entre dans les maisons et se dépose sur les terrains de la ville.
D'abord, réglons ce mythe voulant que l'amiante du Québec soit inoffensif. Le minerai d'amiante à Thetford Mines contient à la fois de la chrysotile - une forme soi-disant moins dangereuse - ET de la trémolite, beaucoup plus toxique. On a trouvé ces deux types de fibre d'amiante dans les poumons de personnes mortes de cancers à Thetford Mines(2).
Le ministre de l'Agriculture et député de la région, Laurent Lessard, qualifiant les études scientifiques de «rapports de bonne femme», continue de nier l'évidence que l'amiante tue. À l'instar des gouvernements et de certains syndicats depuis 30 ans, ce qu'il dit en substance, c'est: on ferme la mine, on ferme la ville. Cruel dilemme?
Eh bien non. Il n'y a pas de dilemme, seulement un manque d'imagination. Il ne sert à personne, surtout pas aux gens de Thetford Mines, de se mettre la tête dans le sable: l'amiante québécois est dangereux et n'a pas d'avenir commercial, sauf peut-être en dumping dans les pays pauvres. Un jour, les mines d'amiante fermeront, faute de client. Les travailleurs seront au chômage et l'environnement de la ville sera pollué. Aucune autre compagnie ne voudra s'y établir.
Et la solution ne consiste pas à changer le nom du cégep et du CLSC de l'Amiante, devenus aujourd'hui le cégep et le CLSC de Thetford. Le changement de toponyme ne règle pas les cancers d'une région...
Pourtant, des solutions existent: on ne ferme pas la ville, on lui imagine un avenir...en commençant par la nettoyer! Des études commencent3 à démontrer que les emplois de dépollution sont plus durables, parfois même plus nombreux que ceux d'une industrie de l'amiante en phase terminale.
J'affirme que la création de richesse, au XXIe siècle, ne reposera pas sur une industrie qui rend malade. Et ce n'est pas la fermeture de la mine qui tuera nos one company towns. C'est notre refus d'agir maintenant pour se reconstruire une économie qui ne tue pas.
Daniel Green
1) Exploratory Sampling of Asbestos in Residences Near Thetford Mines: The Public Health Threat in Quebec. M. Marier, W. Charney, R. Rousseau, R. Lanthier, J. Van Raalte. Int J Occup Environ Health 2007; 13: 386-397.
2) Preliminary Findings for Pleural Mesothelioma among Women in the Québec Chrysotile Mining Regions. B. W. Case, M. Camus, L. Richardson, M.-É. Parent, M. Désy, J. Siemiatycki. Ann. occup. Hyg., Vol. 46, Supplement 1, pp. 128-131, 2002. 3) The Future Of Asbestos In Canada: Tailings Rehabilitation As A Means Of Promoting A Secure Future For Thetford Mines. D. Casey, L. Caulder, A. Craig, M. Lewis, M. Shareck, Supervisor: Dr. Bruce W. Case. Environmental Research 401 December 2004, McGill University For Sierra Club of Canada.
1) Exploratory Sampling of Asbestos in Residences Near Thetford Mines: The Public Health Threat in Quebec. M. Marier, W. Charney, R. Rousseau, R. Lanthier, J. Van Raalte. Int J Occup Environ Health 2007; 13: 386-397.
2) Preliminary Findings for Pleural Mesothelioma among Women in the Québec Chrysotile Mining Regions. B. W. Case, M. Camus, L. Richardson, M.-É. Parent, M. Désy, J. Siemiatycki. Ann. occup. Hyg., Vol. 46, Supplement 1, pp. 128-131, 2002. 3) The Future Of Asbestos In Canada: Tailings Rehabilitation As A Means Of Promoting A Secure Future For Thetford Mines. D. Casey, L. Caulder, A. Craig, M. Lewis, M. Shareck, Supervisor: Dr. Bruce W. Case. Environmental Research 401 December 2004, McGill University For Sierra Club of Canada.
Source : http://www2.canoe.com
Sans commentaire. Merci Daniel pour cette leçon de lucidité.
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