Fleuron de la marine Française
Construit en 1955 dans les chantiers de l’arsenal de Brest. Mis à l’eau deux ans plus tard, il débute son service actif en novembre 1961. Pendant 42 ans, il a baladé sur toutes les mers sa silhouette grise de 265 mètres de long et de 51,20 de large. Lourd de 24 200 tonnes, il pesait 32 780 tonnes à pleine charge et pouvait atteindre une vitesse de 32 nœuds (59 km/h environ).
Sa mascotte ( un tigre) en hommage à la réputation du Maréchal qui lui a donné son nom, a vécu des jours heureux au zoo du Faron.
Il avait un jumeau, le Foch, dont la fin de vie a fait moins de vagues.
Destin coûteux
Désarmé en 1997 et vendu en 2003 à une entreprise espagnole.
Cette dernière s’était engagée à désamianter le navire. Mais, quelques mois après, les autorités françaises se sont rendues compte que le « Clem » naviguait vers la Turquie, où l’entreprise espagnole avait sous-traité son désamiantage. Colère des autorités françaises. Retour du navire à Toulon. Peu après, il est enfin vendu au consortium allemand Ship Decomissioning Industries Corporation.
Le désamiantage est confié à la société SDI qui le sous traite à la société Technopure.
Commence alors une parodie de désamiantage. Les ouvriers de l’arsenal de TOULON voient les « désamianteurs » se déplacer dans leurs combinaisons blanches de travail, (qui ne doivent normalement pas sortir des sas de décontamination). Certains posent devant un photographe de VAR MATIN en plein travail, munis de simples masques à poussières, totalement inefficaces pour les poussières d’amiante.
Quelle quantité d’amiante ont-ils enlevé ? Mystère !
L’État français a avancé le chiffre de 200 tonnes d’amiante à enlever mais le camp opposé parle plutôt d’un chiffre se situant entre 500 et 1 000 tonnes
Officiellement, le Clem devait être désamianté à 98% avant d’être envoyé en Inde.
Toujours aussi officiellement, il ne restait plus que 45 tonnes d’amiante à bord après de désamiantage de 2004-2005. Technopure affirmait qu’enlever l’amiante restant mettrait en danger la flottabilité de la coque.
Le rapport d’expertise des documents de Technopure rédigé par Paul Röder montre que le chantier de désamiantage effectué à Toulon s’est déroulé dans des conditions rocambolesques : un maître d’œuvre sans compétence, un contrôleur avec 14 heures de formation ( !) et une entreprise de désamiantage qui a travaillé à la va-vite, presque rien enlevé et probablement pollué tout le navire. On est loin du chantier exemplaire vanté par le ministère de la défense.
Bataille juridique, voyage en Inde, et retour à Brest.
C’est finalement le Bureau d’expertises Véritas qui a fait l’inventaire de l’amiante resté à bord :
Les experts constatent que l’amiante est encore présent dans toutes les parties du navire. Ils ne recensent pas moins de : 17,5 kilomètres de tuyauterie, 2,8 km de gaines de ventilation gainées d’amiante, 2380 m² de cloisons isolantes, 3920 m² de matelas dans les cloisons coupe-feu, 7120 m² de dalles et 44000 m² de peinture: tous sont amiantés. À cela il faut ajouter l’ensemble des câbles électriques, des joints, feutres, mastics et autres brides considérés eux aussi comme amiantés.
Même si, selon le ministère de la Défense, il n’est pas possible en l’état de convertir ces chiffres en poids d’amiante pure, on est certainement très au-dessus des 45tonnes qu’il avait annoncées après le premier désamiantage effectué à Toulon en 2004-2005!
Les plus hautes autorités de l’état nous auraient donc menti ?
Marc Chapelet
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