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lundi 7 mai 2018

Le bilan des lésions professionnelles s'alourdit encore cette année : qu'attend la ministre responsable du Travail pour agir?

MONTRÉAL, le 26 avril 2018 /CNW Telbec/ - À l'occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes d'accidents et de maladies du travail du 28 avril, la CNÉSST rendra public son bilan annuel des lésions professionnelles. Encore une fois cette année, on constatera une hausse du nombre des accidents du travail, des maladies professionnelles et des décès causés par le travail.
L'augmentation du nombre de maladies professionnelles est particulièrement inquiétante. En trois ans, on parle d'une hausse de 73% des réclamations acceptées par la CNÉSST.
La hausse du nombre de décès est aussi préoccupante. En effet, on constate une augmentation de 40% depuis trois ans, elle-aussi principalement causée par des décès reliés aux maladies professionnelles.
L'amiante demeure encore la première cause de mortalité liée au travail. Ce contaminant extrêmement dangereux est maintenant responsable de près de deux décès sur trois (63%).
La hausse des maladies professionnelles constitue un signe évident qu'il existe des problèmes sérieux de prévention en milieux de travail. En effet, les maladies professionnelles résultent de conditions de travail quotidiennes qui sont connues, qui se répètent à long terme et sur lesquelles on peut agir.
Bien que la CNÉSST et la ministre responsable du Travail Dominique Vien nous disent réfléchir, discuter et consulter depuis de nombreuses années pour corriger les choses, on ne constate aucun résultat concret. Par exemple, 39 ans après son adoption, l'ensemble des mécanismes de prévention prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne s'appliquent toujours pas à près de 85% des travailleuses et des travailleurs, la norme d'exposition à l'amiante n'a pas bougé depuis près de 30 ans, etc.
Cet immobilisme doit cesser. Car à chaque année qui passe, il y a derrière ces chiffres de véritables êtres humains qui paient de leur vie ou de leur santé à cause cette absence de volonté politique de vouloir réellement changer les choses. Ne l'oublions pas et ne les oublions pas.
SOURCE Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (uttam)
Renseignements : Roch Lafrance, 514-527-4919 ou 514-882-3361

lundi 2 janvier 2017

Le Canada interdira l'utilisation de l'amiante

EXCLUSIF - Le gouvernement de Justin Trudeau s'apprête à tourner une page d'histoire en annonçant qu'il interdira l'utilisation de l'amiante au pays, a appris Radio-Canada. À moins d'un imprévu, l'annonce aura lieu la semaine prochaine, avant l'ajournement de la session parlementaire pour le temps des Fêtes.
Un texte de Julie DufresneTwitterCourriel d'Enquête 
Sans préciser les détails de l'application de cette mesure, le bureau de la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, n'a pas nié nos informations, confirmant qu'une annonce aura lieu dans « un futur rapproché ».
Le gouvernement voulant marquer le coup, plusieurs ministres – au moins quatre – prendraient part à la conférence de presse.
Une cinquantaine de pays, dont presque la totalité des pays européens, ont déjà interdit les produits à base d'amiante en raison des risques qu'il pose pour la santé.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît que tous les types d'amiante, y compris le chrysotile, sont cancérogènes.
Au pays, le tiers des décès liés au travail sont attribuables à une exposition à l'amiante. Le Canada, qui a déjà été parmi les plus importants producteurs au monde, l'a aussi utilisé abondamment dans la construction des édifices et des routes.
La dernière mine qui en produisait au pays, la mine Jeffrey d'Asbestos, au Québec, a été fermée après que le gouvernement péquiste de Pauline Marois eut suspendu le prêt de 58 millions qui lui avait été consenti.
À l'heure actuelle, le Canada doit importer son amiante, pour une valeur d'environ 10 millions de dollars chaque année. Cet amiante sert notamment dans la fabrication des freins et de tuyaux.
Dans la région de l'amiante au Québec, des élus militent aussi pour réutiliser les résidus d'amiante. Mais la Société canadienne du cancer et des syndicats font pression depuis des années sur le gouvernement fédéral pour qu'il mette fin à son utilisation.
En mai dernier, le premier ministre a dit que son gouvernement allait interdire l'utilisation de ce type de minéraux. « Son impact sur les travailleurs dépasse ses avantages », a alors précisé Justin Trudeau.
Source : http://ici.radio-canada.ca/

lundi 11 juillet 2016

MEDAILLE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE - AMIR KHADIR SOULIGNE LE TRAVAIL D'UNE MILITANTE ANTI-AMIANTE

QUÉBEC, le 9 juin 2016 /CNW Telbec/ - Ce matin, le député de Mercier, Amir Khadir, remettait une médaille de l'Assemblée nationale à Mme Kathleen Ruff, militante s'opposant à l'industrie meurtrière de l'amiante. Mme Ruff est notamment connue pour son opposition à la réouverture de la mine Jeffrey, à Asbestos, en 2012.  
« L'industrie de l'amiante est extrêmement dangereuse pour la santé, tout le monde le sait. Elle est même meurtrière! À l'heure où le gouvernement fédéral vient d'interdire l'utilisation de l'amiante dans la construction de ses bâtiments, c'est un honneur pour moi, comme médecin, de souligner le travail de cette femme qui a tenu tête sans relâche aux chefs politiques afin que les vies humaines passent avant les calculs politiques », déclare le député.
Pour M. Khadir, Mme Ruff est un exemple de ténacité. «. Elle n'a jamais eu peur de remettre en question l'influence du lobby de l'amiante sur les politiques canadiennes et a obtenu du gouvernement qu'il tienne compte de l'opinion de scientifiques indépendants et reconnus sur la question de l'amiante ».
« Grâce à l'implication des scientifiques québécois, des experts en santé publique, de quelques leaders syndicaux et politiques qui ont démontré un courage et une intégrité sans pareil, nous avons pu renverser le projet gouvernemental de faire du Québec le deuxième plus grand exportateur d'amiante au monde derrière la Russie. Cela se serait fait au détriment de la santé des populations des pays pauvres.  Heureusement, la mobilisation de tous ces gens a permis d'empêcher que le Québec n'obtienne ce triste titre. Notre lutte historique contre l'amiante et ses lobbies démontre que oui, il est possible de changer le monde. Il faut s'en inspirer pour nos prochains combats », a indiqué Mme Ruff.
Malheureusement, Amir Khadir rappelle que le combat contre l'amiante n'est pas terminé. « Cet élément dangereux continue de se retrouver dans toutes sortes de nos produits, même dans des jouets pour enfants!  En dix ans, le Canada a importé pour 250 millions $ d'amiante et de produits qui en contiennent. Nous avons encore besoin de gens comme Mme Ruff  », conclut le député de Mercier.

SOURCE Aile parlementaire de Québec solidaire 

dimanche 22 mai 2016

L'amiante est la principale cause de décès chez les travailleurs


En effet, neuf des 12 décès acceptés en 2015 dans Lanaudière par la CNESST sont survenus en raison de maladie, et, comme c'est le cas à l'échelle de la province, l'une des principales causes de décès de ces travailleurs ou ex-travailleurs est l'amiante. La silice, d'autres maladies pulmonaires ou encore un cancer développé en lien avec le travail font aussi partie des causes qui ont mené à ces décès.
« Les gens qui décèdent actuellement de [maladies pulmonaires comme l'amiantose] ont travaillé dans les années 1980 où il y avait moins de prévention quant à la sécurité au travail. Par exemple, dans le milieu de la construction, on retrouve de l'amiante dans des matériaux de constructions bâties dans ces années-là, comme le Gyproc », explique Chantal Beaudoin, communicatrice régionale de la Direction régionale de Lanaudière de la CNESST.
Au Québec, 118 des 196 décès acceptés par la CNESST en 2015 sont causés directement par l'amiante, soit 60,2 %.
Évolution des pratiques
Les pratiques ont cependant évolué entre les années 1980 et aujourd'hui, prévient Chantal Beaudoin.
Par exemple, si un entrepreneur voulait entreprendre des travaux de démolition d'un bâtiment construit dans les années 1980, et dans lequel il y a de fortes chances qu'on retrouve de l'amiante, il est dans l'obligation de contacter la CNESST pour l'ouverture de son chantier.
Il doit notamment détailler la façon dont il compte procéder aux travaux en toute sécurité pour ses travailleurs. La CNESST peut par exemple exiger de l'échantillonnage avant de procéder aux travaux. Dans tous les cas, l'entrepreneur doit avoir l'autorisation de la commission pour procéder, explique Chantal Beaudoin.
  Source : http://www.laction.com/

samedi 21 mai 2016

Maison Robinson: la démolition arrêtée pour cause d'amiante

(Cowansville) La démolition de la maison Robinson à Cowansville a été arrêtée en raison de la présence d'amiante dans les débris.
Un inspecteur de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a ordonné l'arrêt des travaux, mardi en fin d'après-midi, après avoir constaté que des matériaux contenant de l'amiante se trouvaient sur le site.
Il appert que l'entrepreneur chargé des travaux n'a pas complété la procédure de caractérisation des matériaux se trouvant dans la maison avant sa démolition, a indiqué Nathalie Dufour, responsable des communications à la CNESST. «Lorsqu'il y a de l'amiante, c'est tolérance zéro», a indiqué Mme Dufour en entrevue à La Voix de l'Est. «L'entrepreneur doit nous présenter une nouvelle procédure de travail pour que les travaux reprennent. Il doit se conformer à la réglementation», a-t-elle dit.
Une rencontre avec l'inspecteur de la CNESST est prévue en fin d'après-midi.
Tous les détails dans La Voix de l'Est de vendredi.
Source : http://www.lapresse.ca/

Pourquoi l’amiante n’est-il pas encore interdit au Canada?

Je me souviens bien de mon petit morceau d’amiante, tout vert, avec des charpies blanches. Ça devait être de la chrysolite. Je m’amusais de temps en temps à en détacher quelques fibres. Je l’avais placé sur une tablette, dans ma chambre.
Mon père, syndicaliste impliqué notamment dans les grèves de l’amiante, me l’avait ramené de son travail. Nous étions vers la fin des années 1960. Son cadeau m’avait fait bien plaisir.
Mais aujourd’hui, je me demande si je n’ai pas dans les poumons quelques fibres provenant de ce petit morceau et cela m’inquiète un peu. Mon père ignorait sans doute, à l’époque, les graves problèmes de santé liés à l’amiante.
Ce n’est plus le cas maintenant, puisque tout le monde est au courant des dangers de l’amiante et que les règles d’utilisation sont bien plus strictes qu’avant. Mais c’est encore loin de suffire.
Source: http://www.lactualite.com/

lundi 8 février 2016

Ottawa utilise encore l'amiante pour de nouveaux projets de construction

Le gouvernement du Canada continue d'utiliser des matériaux contenant de l'amiante dans la construction et la rénovation de ses édifices, même si la substance peut avoir des effets néfastes sur la santé, selon ce qu'a appris CBC.
L'Agence du revenu du Canada et Services publics et Approvisionnement Canada ont tous deux confirmé qu'ils continuent d'utiliser l'amiante dans des projets de construction.
« C'est effroyable, mais malheureusement, ce n'est pas surprenant [traduction libre] », soutient Laura Lozanski, agente de santé et de sécurité au travail à l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université, un groupe qui milite depuis des années pour le retrait de l'amiante des édifices publics.
 Mme Lozanski juge incroyable que le gouvernement continue d'utiliser une substance cancérigène en milieu de travail.
De son côté, Denis St-Jean, agent de santé et de sécurité à l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), affirme que le Canada importe toujours des matériaux de construction contenant de l'amiante. Son syndicat est membre du groupe Ban Asbestos Canada, qui a récemment envoyé une lettre au premier ministre Justin Trudeau demandant l'adoption d'une loi pour bannir l'utilisation, l'exportation et l'importation d'amiante, comme l'ont fait plusieurs pays, dont l'Australie et les pays de l'Union européenne.
L'Organisation mondiale de la santé recommande d'ailleurs de remplacer les matériaux contenant de l'amiante par d'autres plus sécuritaires.
Le groupe Ban Asbestos Canada demande aussi que l'utilisation de matériaux contenant de l'amiante soit bannie de tous les projets financés par le fédéral. 
Source : http://ici.radio-canada.ca
Combien d'années nous faudra t-il attendre pour voir disparaître ce poison ?

lundi 31 janvier 2011

Les pneumologues demandent l'arrêt de l'exploitation de l'amiante

L'Association des pneumologues de la province de Québec (APPQ) demande l'arrêt de l'exploitation et de l'utilisation de l'amiante.

Plusieurs autres associations médicales ont également fait cette demande dernièrement. Les pneumologues affirment avoir traité toute une génération de Québécois pris avec des problèmes de santé causés par l'amiante.

« Étant donné qu'il existe des produits de remplacement, ces risques ne justifient plus l'utilisation des fibres d'amiante en 2011. Ceci est encore plus vrai lorsque l'on considère que la presque totalité de l'amiante produite au Québec sera exportée dans des pays où son utilisation se fera dans des conditions non sécuritaires », a déclaré le président de l'APPQ, Dr Alain Beaupré, par voie de communiqué.

La possible réouverture de la mine d'amiante Jeffrey, à Asbestos, est au cœur du débat actuel concernant ce matériau. Le gouvernement prendra une décision bientôt alors que 65% des Québécois s'opposent au financement de l'industrie de l'amiante, selon un sondage Léger Marketing.
Source : http://matin.branchez-vous.com

lundi 28 juin 2010

Amiante: dialogue de sourds chez les parlementaires

Les deux principaux partis à l'Assemblée nationale défendent toujours l'idée qu'il est possible d'utiliser de façon sécuritaire le produit cancérigène qu'est l'a­miante chrysotile.
Hier, en commission parlementaire sur les modifications à apporter à la Loi sur les mines, deux médecins ont défendu un mémoire déposé au nom d'experts en santé et d'environnementalistes.
La coalition réclame l'arrêt de la production, de l'extraction et de l'exportation du chrysotile et le reclassement des travailleurs de cette industrie. Une douzaine d'études ont démontré que, pour des raisons pratiques et économiques, l'utilisation sécuritaire de l'amiante est pure utopie, a affirmé le Dr Fernand Turcotte.
Le ministre Serge Simard, responsable du secteur des mines, a laissé entendre que d'autres études rapportent le contraire.
Il s'est demandé si un lobby souterrain provenant de fabricants de produits compétiteurs n'est pas en partie responsable d'une campagne pour discréditer l'amiante.
«Des protocoles précis» existent pour que la manipulation du minerai soit sans danger, a-t-il avancé. Il a réfuté l'accusation voulant que les pays du Tiers-Monde, qui achètent l'amiante du Québec, s'en servent de façon inadéquate.
Selon lui, en Inde, un des principaux débouchés de la production québécoise, les acheteurs doivent se plier à ce «protocole précis», sinon il n'y a pas de vente.
Le chrysotile
En entrevue, il a admis que le chrysotile est cancérigène. Mais M. Simard a soutenu qu'il l'est 35 fois moins que l'autre famille de ce minerai, l'amiante amphibole. Le ministre a demandé s'il existe des preuves «hors de tout doute» que le chrysotile provoque des cancers du poumon.
Si quelqu'un a prétendu le contraire, a répliqué Fernand Turcotte, «c'est un mensonge». Son collègue Pierre Gosselin a cité un éditorial que vient de faire paraître une revue internationale réputée réclamant le bannissement de l'amiante, pour cause de cancers. «Vous pouvez croire la science vaudou de l'Institut du chrysotile [qui défend l'industrie] ou [celle du] reste du monde.»
Au moment où «le gouvernement garde son orientation», selon le ministre Simard, c'est aussi le statu quo au Parti québécois. Le porte-parole de l'opposition, le député Denis Trottier, a commenté au Soleil que c'est sa formation qui a mis de l'avant la politique prônant «une utilisation sécuritaire» de l'amiante.
L'élu péquiste a soutenu que les scientifiques ne sont pas unanimes pour condamner le recours à ce minerai. Le député de Roberval a d'ailleurs suggéré que les experts de deux clans devraient s'asseoir pour débattre de solution.
Suggestion qui a reçu une fin de non-recevoir.
Seuls des scientifiques à la solde de l'industrie contestent que l'utilisation de l'amiante ne peut se faire sans problème, a tranché le Dr Turcotte.
Seul le député de Québec solidaire s'est rallié aux demandes de la coalition représentée par MM. Gosselin et Turcotte.
Pour Amir Khadir, l'amiante n'est pas seulement une cause de mortalité prématurée, il s'agit d'une industrie «mourante» dont les travailleurs doivent être aidés. Aucun élu de l'Action démocratique du Québec ne s'est exprimé.
Le conseiller de l'Institut du chrysotile a contacté Le Soleil par téléphone, au terme de l'audition. «Ce qui me frappe est leur détermination [aux deux médecins] de ne rien comprendre de la différence entre les fibres [d'amiante], a dit Clément Godbout. Et vous aurez noté qu'ils refusent tout débat scientifique.»

La mine LAC de Thetford Mines parmi les pires endoits à visiter selon Listverse.com

Plusieurs défenseurs de l'usage sécuritaire de l'amiante chrysotile n'ont pas aimé voir la mine Lac d'amiante du Canada (LAC) de Thetford Mines figurer dans la liste des «10 endroits que vous ne voulez pas visiter» publiée depuis quelques semaines sur le site Web Listverse.com, qui rejoint 1,5 million d'internautes.
La mine LAC figure au sixième rang de la liste devant un jardin britannique consacré aux plantes empoisonnées, une caverne remplie de gaz naturel enflammé, une île japonaise polluée par une odeur de soufre et un secteur de l'océan Pacifique où se regroupent tous les déchets jetés à la mer.
«Les travailleurs n'ont pas à porter d'appareil de protection respiratoire, certaines sections de la ville sont tout près des montagnes de résidus [...] la mine offre des visites de cet environnement mortel durant les mois d'été», écrit le créateur du site Listverse, le programmeur Jamie Frater, en soulignant que l'Union européenne a interdit toute utilisation de l'amiante sur son territoire.
Serge Boislard, président du Mouvement ProChrysotile québécois qui milite pour une utilisation sécuritaire de l'amiante, n'a pas apprécié l'inclusion de la mine sur la liste qui comprend également un marais infesté de crocodiles, la zone entourant la centrale nucléaire de Tchernobyl et une île brésilienne où l'on compterait de un à cinq serpents venimeux par mètre carré. «Ce M. Frater écrit effectivement sur n'importe quoi et dit aussi n'importe quoi! Ce n'est pas parce que l'Europe a banni l'utilisation de l'amiante sous toutes ses formes que cela devient la norme et devient aussi un produit hautement dangereux», déclare M. Boislard, ajoutant qu'une étude récente démontre que la qualité de l'air à Thetford Mines et à Asbestos est excellente et qu'aucun nouveau cas d'amiantose n'a été identifié parmi les travailleurs de l'amiante embauchés depuis 1975.
Denis Bourassa, directeur général de l'Office du tourisme de la MRC des Appalaches, abonde dans le même sens. «C'est un peu décourageant. Pour moi, c'est l'apothéose de l'ignorance! Cet homme n'est jamais venu à Thetford Mines et c'est dommage qu'on nous associe à un site comme Tchernobyl. Ça montre que les gens ne savent pas ce que c'est, le chrysotile», déclare-t-il, ajoutant que plusieurs informations de Frater sont inexactes, dont celle à l'effet que les visites minières seraient gratuites alors qu'il en coûte 10 $ pour descendre au fond de la mine LAC.
Listes subjectives
Joint chez lui en Nouvelle-Zélande, Jamie Frater a insisté sur le fait que la justesse des faits était ce qui distinguait Listverse des autres sites de listes «top 10», même si ses listes demeuraient entièrement subjectives. «J'essaie de vérifier mes informations sur Wikipedia, ailleurs sur Internet et dans les livres. C'est important pour moi de m'en tenir aux faits, comparativement à d'autres sites davantage humoristiques», explique cet ancien chanteur d'opéra qui consacre maintenant la majorité de son temps à Listverse.
«J'ai effectivement reçu des commentaires à la suite de l'inclusion d'une mine d'amiante dans cette liste. Des gens qui disent qu'il est faux de prétendre que l'amiante est dangereux, mais je n'ai pas cherché plus loin. Je serais ouvert à considérer l'aspect sécuritaire de l'amiante, mais j'ai toujours entendu dire que c'était une matière très dangereuse», conclut-il.

Canada : vers la fin de l'industrie de l'amiante ?

Alors que tous les pays occidentaux ont tourné le dos à la fibre réputée cancérigène, le Canada encourage toujours sa production et son exportation. Mais la fronde des opposants monte.
Québec.Correspondance
« Nous vous demandons de reconnaître la preuve scientifique démontrant que toutes les formes d'amiante s'avèrent dangereuses » : cette supplique d'une centaine de scientifiques internationaux a été adressée, le mois dernier, à Jean Charest, Premier ministre du Québec, dans une missive de huit pages. En septembre déjà, quinze experts québécois en santé publique lui avaient destiné une lettre ouverte, l'exhortant à stopper immédiatement l'extraction et l'exportation d'amiante. Depuis six mois, rapports de santé publique et recommandations d'associations médicales en défaveur de l'amiante chrysotile ¯ variété actuelle ¯ s'entassent sur le bureau du chef du gouvernement du Québec, la dernière province canadienne à exploiter le minerai.
Un projet de loi
La récente mission économique de Jean Charest en Inde, promouvant l'amiante, a été le geste de trop : le Québec vend au sous-continent plus de 95 % de sa production de chrysotile. Alors qu'au même moment, le pays dépense des millions de dollars pour désamianter écoles et hôpitaux... « Hypocrisie », tempêtent, de plus en plus, habitants et médias canadiens.
Officiellement, le gouvernement continue à promouvoir l'amiante. Mais le Premier ministre est de plus en plus isolé. Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada, a publiquement dénigré le minerai. Nathan Cullen, député du Nouveau parti démocratique de Colombie-Britannique, a même déposé un projet de loi contre son extraction : « Les Canadiens sont frustrés et fâchés de voir le gouvernement détruire la réputation du pays par ce soutien inadmissible. Le Québec tient au chrysotile comme à un symbole de son indépendance », critique-t-il.
Visiblement alarmés, les syndicats de mineurs, plusieurs municipalités, associations patronales et chambre de commerce québécoises ont même créé, cette semaine, une coalition en faveur de l'amiante chrysotile. Peut-être le dernier sursaut d'une province où une commune peut encore porter un nom aussi provocant qu'« Asbestos » : « amiante », en français.

Des travaux routiers 10 fois plus coûteux

La Ville de Québec doit procéder à la réfection d'un segment de route d'une longueur de 1,2 km. L'opération sera 10 fois plus coûteuse qu'à l'habitude parce que l'asphalte qui sera enlevé contient de l'amiante. L'opération aura lieu en juin sur le boulevard Lebourgneuf.
Ce sont les effets cancérigènes de l'amiante, qui obligent les travailleurs à prendre des mesures de sécurité exceptionnelles, qui rendent l'opération plus compliquée.
Par conséquent, refaire 1,2 km de route coûtera plus de 450 000 $. C'est un coût 10 fois plus élevé que s'il s'agissait d'asphalte traditionnel.
En tout, quelque 20 km de route contiennent de l'amiante sur le territoire de Québec. Comme le pavage contenant de l'amiante entraîne des coûts de réfection plus élevés, la Ville a décidé de ne plus employer ce genre de bitume.
« Compte tenu des normes qu'on doit respecter pour enlever ce pavage-là [...], les frais supplémentaires ne justifient pas la durabilité supplémentaire qu'on pourrait avoir avec ce bitume-là », explique une porte-parole de la Ville de Québec, Marie-Christine Magnan.
Transports Québec continue d'utiliser de l'amiante
De son côté, le ministère des Transports du Québec continue d'ajouter de l'amiante dans près de 2 % de l'asphalte étendu chaque année sur les routes. L'amiante prolonge la durée de vie du revêtement.
L'ingénieur Guy Tremblay, du ministère des Transports, reconnaît que la facture sera élevée lorsque viendra le temps de remplacer cet asphalte.
« Dans l'ensemble des mesures, enlever et disposer des enrobés contenant des fibres d'amiante, on parle de 10 à 15 fois le coût traditionnel d'enlèvement d'un enrobé conventionnel. »
— Guy Tremblay, ingénieur
En tout, 1345 km de route relevant du ministère des Transports contiennent de l'amiante. Tôt ou tard, cet asphalte devra être remplacé.
Réactions
Le président du Mouvement ProChrysotile du Québec, Serge Boilard, juge que les mesures de sécurité exigées sont abusives.
« On contrôle le bannissement de l'amiante par des réglementations abusives. Lorsqu'on parle d'amiante, c'est le risque zéro, et lorsqu'on parle d'autres choses, c'est le risque contrôlé. La même logique devrait exister pour tous les métaux, tous les minéraux et pour toutes les actions qu'on pose chaque jour », affirme-t-il.
De son côté, l'ancien professeur en Santé publique de l'Université Laval, Fernand Turcotte, se réjouit que la Ville de Québec cesse d'utiliser de l'amiante dans le pavage de ses routes.
Fernand Turcotte fait partie d'un groupe d'experts internationaux qui demandent au gouvernement du Québec d'interdire l'utilisation et l'exportation de l'amiante.
Le ministère des Transports étudie la possibilité de remplacer l'amiante par la fibre de cellulose. La province ne bannira toutefois pas son utilisation. Le premier ministre Jean Charest a réitéré son appui à l'industrie du chrysotile.

lundi 21 juin 2010

Canada: appel contre l'extraction et les exportations d'amiante

Des militants anti-amiante et des parlementaires canadiens ont appelé mercredi le gouvernement à interdire l'extraction et la vente à l'étranger de ce minerai, dont le Canada est l'un des principaux producteurs.
L'amiante est "le plus grand tueur industriel que le monde ait jamais connu", a affirmé le député d'opposition Pat Martin, ancien mineur d'amiante, devant la presse à Ottawa.
"C'est une grande honte pour le Canada d'être l'un des plus grands producteurs et exportateurs d'amiante dans le monde. (...) Nous exportons la misère humaine à une échelle monumentale", a-t-il ajouté.
Le ministre canadien des Ressources naturelles Christian Paradis a rejeté l'appel, déclarant que le Canada a toujours promu "un usage contrôlé et sans danger du chrysotile" tant sur son territoire qu'à l'étranger.
"Toutes les études scientifiques récentes montrent que les fibres du chrysotile, les seules fibres d'amiante produites et exportées par le Canada, peuvent être utilisées sans danger dans des conditions bien contrôlées", a-t-il déclaré à l'AFP.
L'amiante est un minerai dont plusieurs types se trouvent dans les formations rocheuses du monde entier. Comme ses fibres sont résistantes et non-inflammables, elle était largement utilisée au Canada dans les fours industriels et pour l'isolation de bâtiments jusque dans les années 70.
Tant qu'elle n'est pas à l'air libre, elle est inoffensive, mais ses fibres, lorsqu'elles sont inhalées, provoquent des lésions aux poumons et des maladies, dont le cancer.
La production canadienne, concentrée au Québec, est exportée vers les pays en développement et les militants craignent que les mesures de précaution n'y soient pas suffisantes.
"Je demande (au gouvernement) d'arrêter d'extraire et de vendre ce produit", a dit Sandra Kinart, une militante dont le mari est mort d'une maladie pulmonaire liée à l'amiante.
Un expert et militant indien, Tushar Kant Joshi, a affirmé que les exportations d'amiante "ont apporté peu à la santé économique du Canada" mais ont sérieusement nui à la santé publique à l'étranger.
Si le Canada interdit les exportations, d'autres exportateurs tels que le Zimbabwe, la Russie ou le Brésil devront en tenir compte, a-t-il dit par ailleurs au quotidien Globe and Mail.
Les exportations canadiennes d'amiante, qui ont atteint un niveau record en 1979, avec 652 millions de dollars, sont tombées ces dernières années à moins de cent millions, selon l'institut national de la statistique.

Une coalition s’en prend au ministre Bolduc

Un groupe de médecins provenant de 19 pays met au défi le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, de faire passer ses « responsabilités éthiques devant ses intérêts politiques » quant aux dangers de l’exposition humaine à l’amiante.
Les 35 médecins ont signé en bloc une lettre datée du 9 juin, adressée au ministre, dans laquelle ils l’accusent de laisser le gouvernement du Québec colporter de fausses informations qui minimisent les effets de l’amiante.
Selon eux, le ministre manque ainsi à son devoir de « placer le Code de déontologie des médecins du Québec au-dessus de tout autre intérêt ».
Les médecins mentionnent notamment le fait qu’en mai dernier, le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, a rejeté en commission parlementaire une demande des médecins du Québec qui exigeait que la province cesse d’exporter de l’amiante vers les pays en voie de développement.
La lettre, dont le signataire principal est Philip Landrignan, du département de médecine préventive du Mount Sinai School of Medicine, à New York, survient alors qu’en février dernier, le premier ministre Jean Charest s’était fait semoncer sur la question de l’amiante lors d’une mission économique en Inde, principal acheteur de l’amiante québécois

Charest apostrophé à cause des exportations d'amiante en Inde


Le premier ministre Jean Charest s'est fait accuser d'avoir une attitude qui frise le racisme en continuant de défendre les exportations d'amiante en Inde, où les travailleurs sont exposés aux risques cancérigènes de ce minerai extrait au Québec.
Dans une lettre virulente, envoyée cette semaine, un représentant d'un groupe militant pour la santé des travailleurs indiens exprime son incompréhension face à la position du gouvernement québécois.
Mohit Gupta, coordonnateur de Occupational & Environmental Health Network of India (OEHNI), soutient que M. Charest considère les travailleurs indiens comme des citoyens de seconde classe alors même que les maladies reliées à l'amiante continuent d'être, année après année, la principale cause de décès des travailleurs québécois.
M. Gupta accuse le premier ministre québécois de faire la démonstration «d'une profonde apathie, qui frise le racisme, envers les travailleurs et les communautés de l'Inde».
«Vous semblez avoir vendu votre esprit, votre coeur et votre âme à l'industrie de l'amiante, a-t-il écrit. Nous ne comprenons pas pourquoi vous appliquez deux poids, deux mesures.»
Selon M. Gupta, le premier ministre a recours à de faux arguments lorsqu'il prétend, en s'appuyant sur une résolution de l'Organisation internationale du travail (OIT), que l'amiante peut être utilisé de manière sécuritaire.
M. Gupta rappelle que l'Organisation mondiale de la santé et l'OIT se sont prononcées en faveur de l'élimination de ce produit, qui sert dans le secteur de la construction et entre dans la fabrication de pièces de voiture.
«Nous sommes choqués de voir que vous nous envoyez promener de la sorte, avec cette excuse fallacieuse», a-t-il écrit.
L'OEHNI répondait ainsi à une lettre dans laquelle un conseiller de M. Charest répète la position québécoise, en expliquant qu'il est possible d'utiliser l'amiante de façon sécuritaire.
Mario Lavoie reconnaît toutefois que l'amiante peut avoir des effets négatifs sur la santé si les normes scientifiques établies ne sont pas respectées.
En janvier dernier, M. Gupta était au nombre des signataires d'une première lettre réclamant à M. Charest la fin des exportations d'amiante en Inde où, indiquaient-ils, le minerai est manipulé par des travailleurs extrêmement pauvres dans des conditions dangereuses.
Hugo D'Amours, l'attaché de presse de M. Charest, a affirmé mercredi que la récente réplique de M. Gupta demeurera sans réponse.
«Notre lettre était très correcte, on a échangé, sur un ton cordial, nos points de vue étayés, a-t-il dit. Ce n'est pas vrai qu'on va rentrer dans un débat avec des gens qui nous insultent.»
Lors d'une mission en Inde, il y a trois mois, M. Charest a été interpellé à deux reprises par des groupes de travailleurs indiens réclamant la fin des exportations québécoises d'amiante dans leur pays.
La Trade Union Centre of India avait notamment affirmé que près de 25 pour cent des travailleurs indiens exposés à la poussière d'amiante développent des maladies pulmonaires, comme l'amiantose ou le mésothéliome.
Le syndicat avait aussi indiqué que 94 pour cent des emplois, en Inde, sont des «petits boulots», ce qui rend l'application de normes presque impossible, dans ce marché du travail peu structuré.
Alors qu'il participait à un sommet sur le développement durable, à Delhi, M. Charest avait refusé d'élaborer sur la possibilité d'une contradiction entre ses positions environnementales et le fait qu'il refuse d'agir dans le dossier des exportations d'amiante chrysotile.
Le premier ministre s'était limité à dire que le gouvernement de l'Inde était responsable de l'utilisation du produit sur son territoire.
En février, le Parti québécois et Québec solidaire ont tenté en vain d'inciter le gouvernement à débattre des risques liés aux exportations québécoises d'amiante dans les pays en développement.
Mercredi, alors qu'il présentait son premier rapport, le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, a affirmé que cette question était importante mais pas prioritaire.
«C'est une bonne question, mais ce n'est pas un dossier sur lequel on s'est penchés, a-t-il dit. Et on n'a pas analysé cette question actuellement.»

Amiante: les premiers ministres accusés d'hypocrisie

Après des scientifiques, des politiciens et des travailleurs de l'étranger, c'était au tour de professionnels de la santé et de proches de victimes de se joindre à la bataille et d'appeler les gouvernements fédéral et québécois à mettre fin à la production et l'exportation de l'amiante.
Une coalition de militants qui s'est réunie sur la colline parlementaire à Ottawa, mercredi midi, a accusé les premiers ministres canadien et québécois d'hypocrisie.
«Nous exportons, sans exagération, la misère humaine à une échelle monumentale», a déploré en point de presse, peu avant la manifestation, le député Pat Martin, du Nouveau Parti démocratique, qui a travaillé dans une mine d'amiante à l'aube de la vingtaine.
Car si l'amiante est trop dangereux pour être utilisé au pays, le Canada et le Québec sont «complices de ces morts» en prétendant le contraire aux pays du tiers-monde auxquels ils vendent le minerai, a martelé le néo-démocrate Thomas Mulcair, dont le parti est un grand opposant à l'industrie de l'amiante.
«Qu'un premier ministre du Québec puisse aller en Inde et avoir le culot de dire que c'est leur problème s'ils n'appliquent pas des règles assez sévères, alors qu'au Québec, année après année, (...) avec nos standards, on n'est pas capables de respecter les normes pour l'amiante, on comprend qu'on est complices d'un acte criminel à l'international si on continue d'exporter», a martelé le député d'Outremont.
D'autant plus que le gouvernement fédéral rénove actuellement les édifices du Parlement afin d'en retirer l'amiante, jugé trop dangereux pour ses propres députés, a noté M. Martin.
De passage en Inde cet hiver, le premier ministre québécois, Jean Charest, avait répliqué à ses détracteurs que le gouvernement indien avait «l'ultime responsabilité de l'utilisation sécuritaire du chrysotile».
Or, le groupe réuni mercredi comptait notamment un expert en santé au travail venu directement de New Delhi, le docteur Tushar Kant Joshi, qui n'a pas accepté le refus de M. Charest de cesser d'exporter de l'amiante dans les pays en voie de développement.
«Si cela (l'exportation d'amiante) a peut-être aidé un peu la santé de l'économie canadienne, ça a gravement mis en danger la santé publique dans la plupart des pays», a-t-il fait valoir.
Et c'est aussi un mensonge que de prétendre que certaines formes d'amiante peuvent être utilisées de façon sécuritaire, ont argué les médecins et politiciens.
Mike Bradley, maire de la ville de Sarnia, en Ontario, où l'amiante a été banni, a quant à lui fait valoir que les premiers ministres du Canada, Stephen Harper, et du Québec avaient l'`obligation morale de cesser cette pratique' d'exporter le minerai.
La coalition appelle les gouvernements à interdire la production et l'exportation de l'amiante.
Reconnaissant l'importance de cette industrie au pays, particulièrement au Québec qui est le principal producteur au Canada, le groupe demande également la création de politiques de transition pour les travailleurs des régions qui seraient touchées par une telle interdiction.
Ayant subi directement les effets secondaires du minerai, la veuve d'un travailleur minier, Sandra Kinart, a sommé les gouvernements d'agir.
«Aucun homme ne s'habille tous les matins pour aller travailler et mourir. (...) Honte aux employeurs, honte à mon gouvernement qui ne protège pas les travailleurs. Ils ne sont pas des marchandises jetables», a déploré cette résidante de Sarnia, qui a également perdu son beau-frère et un ami des suites d'un cancer, une maladie qui afflige de nombreux travailleurs de l'amiante.
Si les dirigeants fédéraux et provinciaux se font presser depuis des années dans ce dossier sans broncher, les représentants réunis mercredi à Ottawa se disent néanmoins optimistes que leurs élus ne puissent plus faire la sourde oreille trop longtemps.
Ils estiment que la pression populaire ne s'atténuera pas et que c'est la réputation internationale du Canada et du Québec qui sont en jeu.
«Ce n'est plus un débat sur la science. C'est un débat sur les politiques et la volonté politique de notre pays et de nos dirigeants», a estimé Hassan Yussuff, du Congrès du travail du Canada

Amiante : Le ministre Bolduc ne révisera pas sa position



Appelé à réviser sa position sur l’utilisation de l’amiante chrysotile par une trentaine de médecins de partout dans le monde la semaine dernière, le ministre de la Santé, Monsieur Yves Bolduc, demeure intransigeant sur la question.

De passage à Thetford Mines, le ministre a déclaré : « Ce ne sont pas des médecins du Québec ou du Canada. La position demeure la même, c’est-à-dire que l’on reconnaît qu’il y a un risque lié à l’utilisation de l’amiante, mais au Québec, nous croyons fermement qu’il est possible de l’utiliser de façon sécuritaire », a-t-il mentionné.

Le ministre, lui-même médecin, ne semblait guère inquiet du fait que la lettre ait été adressée au Collège des médecins du Québec : « Je pense que c’est plus du niveau du militantisme contre l’amiante que du côté position médicale. Il y a eu une lettre envoyée au Collège des médecins mais cette lettre n’est pas recevable, ce n’est pas une plainte officielle », a-t-il conclu.

dimanche 28 mars 2010

Amiante chrysotile: des propos accablants pour le Canada

En raison de l'explosion des morts liées à l'amiante, le Mexique doit non seulement bannir l'importation de chrysotile du Canada, il doit aussi refiler le coût des soins de santé à l'industrie, conclut une équipe de six chercheurs de santé publique.
Publiés dans la revue scientifique American Journal of Industrial Medicine, les travaux de l'équipe du Dr Guadalupe Aguilar-Madrid sont accablants pour le Canada, et par conséquent le Québec, d'où provient la majorité de l'amiante utilisé au Mexique.
On accuse Ottawa de profiter des lois permissives du Sud pour écouler les produits toxiques qui ne peuvent être vendus sur son territoire. «Malgré les effets bien connus de l'exposition à l'amiante, il existe une politique internationale, pilotée par le Canada, qui vise à donner un second souffle à l'utilisation "sécuritaire" du chrysotile, déplore-t-on. Cela implique un transfert des industries dangereuses vers les pays moins industrialisés, comme le Mexique, dont les lois sont trop timides et inefficaces pour protéger les travailleurs.»
Traçant un lien direct entre l'exposition à l'amiante, y compris le chrysotile canadien, et la prévalence des cas de cancers de la plèvre (mésothéliomes pleuraux), les chercheurs demandent au Mexique de fermer ses portes à ce «produit cancérogène».
«Nous proposons que le gouvernement mexicain bannisse l'utilisation et la commercialisation de toutes les formes d'amiante, écrivent les experts, afin de s'attaquer à l'épidémie en cours et de protéger de façon urgente les générations futures.»
Ottawa rétorque que «le bannissement n'est ni nécessaire ni approprié», car l'amiante peut être utilisé de façon sécuritaire.
Responsabilité
Citant une étude concluant que le recours à l'amiante peut miner une économie nationale pendant plus de 30 ans, les scientifiques invitent aussi le gouvernement à refiler la facture des soins de santé aux entreprises productrices, «qui génèrent les dommages».
Sans qu'elles soient nommées comme telles, les sociétés québécoises sont visées, car, au Mexique, précisent les auteurs, «l'amiante majoritairement utilisé est le chrysotile du Canada».
Selon l'équipe du Dr Aguilar-Madrid, le nombre de morts liées au mésothéliome pleural, un cancer rare que les chercheurs lient à l'exposition à l'amiante, est resté plutôt stable à environ 40 cas annuels, de 1979 à 1996, puis a explosé par la suite pour atteindre près de 180 en 2006.
On évoque une «épidémie», car on estime que, pour chaque mésothéliome, on compte plus de deux cas mortels de cancer du poumon lié à l'inhalation de cette fibre blanche.
L'Institut du chrysotile remet cependant en question le lien fait par les chercheurs entre ces chiffres et l'amiante actuellement exporté par le Québec. «Le Mexique a importé du crocidolite pendant plusieurs années, une amphibole qui servait à faire des tuyaux, souligne Clément Godbout, consultant. Si l'exposition des travailleurs a été de plusieurs années, il y a de fortes chances que les problèmes constatés relèvent en grande partie de cette époque.»
Mais selon Pierre Gosselin, directeur du Centre de collaboration de l'OMS pour l'évaluation et la surveillance des impacts sur la santé de l'environnement et du milieu de travail du CHUQ, l'étude montre bien le lien de cause à effet entre l'amiante chrysotile et la maladie en cause.
«À titre d'hypothèse, on peut expliquer ces chiffres par la délocalisation des entreprises vers le Mexique, au milieu des années 80. On voit ainsi qu'à partir de 1997, il y a une montée subite et exponentielle des taux de mésothéliomes de la plèvre», souligne-t-il.
Risques?
Qu'à cela ne tienne, ni Ottawa ni Québec ne comptent amender leur position officielle. «Notre avis demeure le même, indique Micheline Joanisse, de Ressources naturelles Canada. Les risques liés à l'utilisation du chrysotile peuvent être gérés sous des conditions contrôlées. Le bannissement du chrysotile n'est ni nécessaire ni approprié. Établir une interdiction ne servirait pas à protéger les travailleurs ou le public contre les utilisations interdites depuis des années et qui ont eu cours dans le passé.»
«Le Québec maintient son soutien à l'utilisation sécuritaire et contrôlée du chrysotile, ajoute Anne-Sophie Desmeules, du cabinet du ministre québécois du Développement économique et de l'Exportation, Clément Gignac. Il appartient aux pays qui importent l'amiante de réglementer son utilisation.»
L'American Journal of Industrial Medicine est une revue scientifique basée sur la révision par les pairs. Elle est classée septième au monde en ce qui a trait à son «facteur d'impact» dans son champ d'activité. L'article a reçu le feu vert pour publication en septembre 2009.

dimanche 21 mars 2010

L'embarras de Jean Charest en Inde

(Delhi, Inde) Des ouvriers usés qui aspirent bruyamment dans leur inhalateur pour prendre un médicament. D'autres qui alignent avec ostentation les pilules qu'ils doivent prendre désormais... L'Inde est malade, et le Québec a bonne conscience. Car cette fois, ce ne sont pas les Américains ou les Russes qui sont dans le box des accusés.
Le plaidoyer douloureux des syndicats qui représentent des millions de travailleurs de la construction atteints d'amiantose a mis en relief bien des contradictions la semaine dernière.

Jean Charest, l'apôtre des batailles environnementales, a maintenu la ligne dure sur cette question qui met en jeu des centaines d'emplois au Québec: pas question de cesser l'exportation d'un produit qui n'est pas formellement interdite par l'Organisation mondiale de la santé. Les études s'accumulent pour démontrer la toxicité de la fibre chrysotile. Mais, rétorque Jean Charest, le mercure et le chlore sont aussi dangereux, et leur exportation n'est pas pour autant proscrite.
On est habitué aux bataillons de travailleurs humanitaires québécois qui débarquent dans les points chauds pour venir en aide aux populations en difficulté. Aussi, le regard de ces ouvriers indiens est-il bien dérangeant, surtout quand ils accusent «d'hypocrisie» un Québec qui, tout en vendant de l'amiante aux pays pauvres, se garde bien d'en utiliser chez lui, très conscient du danger. Le cinquième de l'amiante utilisé en Inde vient du Québec. Comme dans beaucoup de pays en développement, on se sert de ce produit peu coûteux pour renforcer le ciment, fabriquer des tuiles ignifuges et des plaquettes de frein plus durables. Le produit arrive par ballots. Quand on les ouvre, les volutes de poussière s'envolent dans l'atmosphère.
Les ouvriers les plus prudents se mettent un mouchoir sur la bouche. Les autres se contentent de fermer les yeux.
Comme nous.
Pour Jean Charest il appartient au gouvernement indien d'adopter et d'appliquer des normes sécuritaires pour l'utilisation de ce produit, banni dans tous les pays développés. Mais en Inde, à voir les conditions de travail des ouvriers dans les chantiers, on comprend vite qu'on est à des années-lumière d'un encadrement de la santé et de la sécurité du travail.
«C'est un débat qu'on a fait il y a longtemps chez nous», répétait encore Jean Charest samedi, juste avant de boucler ses bagages pour le retour. Les rapports scientifiques les plus récents ne changent rien à l'affaire: on ne remettra pas en question l'exportation de l'amiante.
Cette affaire a clairement embarrassé Jean Charest la semaine dernière. Inattendu, l'appel au secours des ouvriers indien a résonné très fort au Québec, à tel point qu'il aura probablement occulté toutes les autres réalisations de cette mission Québec-Inde 2010. Ici, on ne parle guère de la décision de Québec d'accorder des certificats de sélection aux étudiants étrangers qui obtiennent un diplôme au Québec. En Inde, c'est le seul moment où la tournée de M. Charest a soulevé l'intérêt des médias indiens.
À l'heure de la mondialisation des marchés, ces missions commerciales mettent en relief bien des contradictions. Selon Jean Charest, le Québec, pour prospérer et exporter davantage, doit inexorablement ouvrir ses portes à l'investissement étranger. Samedi, juste avant le retour, Jean Charest martelait encore: le Québec se doit d'être en Inde, un pays de 1,1 milliard d'habitants dont le taux de croissance frise les 10%.
Derrière les belles annonces, la réalité est souvent moins attirante. M. Charest a maintes fois évoqué l'achat de Téléglobe par la multinationale Tata, preuve de la confiance des étrangers envers le dynamisme de l'économie québécoise, selon lui. La réalité est moins rose: une fois achetés par les Indiens, les employés de Téléglobe, naguère un fleuron du Québec inc., ont vu débarquer les nouveaux maîtres. Les employés indiens sont venus chercher l'expertise et sont repartis chez eux. Résultat net: des 600 employés que comptait Téléglobe à Montréal, il n'en reste plus que 250.
La semaine dernière, au coeur de Bangalore, ville champignon et délabrée, les installations d'Infosys avaient l'air d'une oasis, un petit Microsoft où 22 000 jeunes informaticiens gagnent 8000$ par année. Le patron d'Infosys dit vouloir investir au Québec. L'entreprise de 100 000 employés a déjà des bureaux à Toronto, d'où elle envoie vers l'Inde la conception d'applications qui, normalement, seraient préparées par des informaticiens au Canada. La firme québécoise CGI fait des affaires d'or en sabrant ses coûts de la même manière.
L'ouverture des marchés coûtera nécessairement des emplois, admet Jean Charest. Le but, c'est que, une fois les comptes faits, l'économie québécoise en sorte gagnante. Tout n'est pas noir ou blanc. Un entrepreneur québécois spécialiste des équipements en plastique destinés à l'industrie chimique explique: une mission identique en Chine lui a permis de trouver un partenaire chinois et de réduire considérablement ses coûts. Une partie du travail et des emplois québécois se sont retrouvés en Chine. Cependant, sans ce sacrifice, l'entreprise n'aurait pu faire face à la concurrence et aurait été forcée de fermer totalement ses installations dans l'ouest de Montréal.

L'amiante rattrape Jean Charest

La quasi-totalité de l'amiante produite au Canada est envoyée dans les pays en développement, où elle est principalement transformée en amiante-ciment. Or des experts de l'OMS recommandent de mettre fin à l'utilisation de ce matériau de construction cancérogène, qui menace la vie de dizaines de milliers de travailleurs.
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Au moment où le premier ministre Jean Charest pilote une mission commerciale en Inde, l'un des principaux importateurs d'amiante québécoise, de nombreuses voix s'élèvent, ici comme ailleurs, pour exiger que le Québec mette fin à l'exportation de ce produit toxique. Interdite dans une quarantaine de pays, dont tous les États membres de l'Union européenne, l'amiante chrysotile est aujourd'hui utilisée à près de 90 % dans des matériaux comme l'amiante-ciment, dont les plus grands utilisateurs sont les pays en développement, selon le Dr Ivan Ivanov, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
«Sachant qu'il n'y a aucune preuve de l'existence d'un seuil pour l'effet cancérogène de l'amiante et que l'on a observé des risques de cancer accrus dans les populations très faiblement exposées, la façon la plus efficace d'éliminer les maladies liées à l'amiante consiste à mettre fin à l'utilisation de tous les types d'amiante», écrit cet expert de l'Organisation dans un rapport daté de septembre 2006.
Pour Fernand Turcotte, professeur émérite de médecine à l'Université Laval, il va sans dire que les conclusions de l'OMS s'appliquent de manière encore plus marquée aux pays en développement, où il a été démontré à plusieurs reprises que l'amiante n'est pas toujours utilisée de façon sécuritaire.
En plus de ne pas posséder le matériel de protection nécessaire (respirateurs spéciaux, lunettes de sécurité, gants et vêtements protecteurs), les travailleurs de ces pays n'auraient pas droit aux normes minimales prescrites par les scientifiques : amiante enrobée dans des emballages étanches, procédés humides, ventilation adéquate avec filtration et nettoyage régulier.
«Si l'amiante restait incorporée aux matériaux, cela réduirait de beaucoup sa nocivité. Or ce n'est pas le cas, précise le Dr Turcotte. L'amiante-ciment étant éminemment friable, il se libère des nuages d'amiante dès que ce matériau est utilisé dans la construction.»
Expert de santé publique reconnue, Fernand Turcotte était l'un des 106 scientifiques internationaux ayant signé la lettre demandant la fin immédiate de l'exportation d'amiante, transmise la semaine dernière à M. Charest.
Responsabilité
L'Institut du chrysotile rejette ces critiques et réitère qu'il dispense l'information nécessaire aux compagnies, syndicats et pays utilisateurs d'amiante, incluant l'Inde.
«Ces pays ont donc reçu l'information nécessaire pour prendre leurs responsabilités face au risque, a indiqué par voie de communiqué Clément Godbout, président. L'utilisation sécuritaire du chrysotile est certainement préférable à son bannissement et son remplacement par des fibres et produits, dont les risques n'ont toujours pas été évalués et dont l'utilisation est mal réglementée.»
Au contraire, l'interdiction est préférable à une utilisation que l'on peine à rendre sécuritaire, selon le Dr Ivanov et plusieurs scientifiques québécois. Dans une lettre ouverte publiée en septembre dernier, une douzaine d'experts du réseau de la santé publique rappelait qu'un documentaire récent de la CBC montrait des travailleurs indiens couverts de poussière d'amiante (un dossier du Globe and Mail a montré la même chose)
«La poursuite de l'utilisation de l'amiante-ciment dans la construction suscite des préoccupations particulières, écrit Ivan Ivanov, du fait qu'on a affaire à une main-d'oeuvre importante, qu'il est difficile de contrôler l'exposition et que les matériaux en place peuvent se détériorer et constituer un risque pour ceux qui effectuent des opérations de réparation, d'entretien, et de démolition.»
Cela est encore plus vrai dans les pays en développement, renchérit Kathleen Ruff, coordonnatrice de l'Alliance pour la Convention de Rotterdam, traité qui encadre le commerce international de certains produits chimiques dangereux.
Tout est réutilisé de nombreuses fois là-bas : non seulement les plaques et les tuyaux en amiante-ciment peuvent donc se détériorer avec le temps, elles peuvent aussi être percées ou sciées lors de la construction ou la rénovation des maisons et écoles, sans jamais que les travailleurs et la population soient mis au courant de leur dangerosité.
«Il est donc difficile de comprendre pourquoi d'un côté Jean Charest fait confiance aux scientifiques lorsque vient le temps d'agir contre les changements climatiques, mais que de l'autre il bafoue leur discours et continue d'exporter ce produit cancérogène dans les pays en développement», se désole Kathleen Ruff.
Selon le Dr Ivanov de l'OMS, l'exposition à l'amiante provoque toute une série de maladies dont le cancer du poumon, le mésothéliome et l'asbestose. Elle évalue qu'environ 90 000 personnes au moins meurent chaque année d'une de ces trois maladies, à la suite d'expositions professionnelles à ce produit. Plusieurs milliers de décès pourraient aussi être attribués à d'autres pathologies liées à l'amiante ainsi qu'aux expositions non professionnelles.
L'Amiante en quelques chiffres:
-Première cause de mortalité des travailleurs au Québec.
-60% des décès compensés par la CSST.
2004: 612 nouveaux cas de maladies associées à l'amiante, 134 nouveaux cas de mésothéliome, 211 cas d'amiantose, 268 cas de cancer du poumon.
1992: 92 cas de mésothéliome.
2006: 142 cas de mésothéliome.