Affichage des articles dont le libellé est Nouvelle Calédonie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nouvelle Calédonie. Afficher tous les articles

lundi 22 février 2016

Absence d'amiante dans l'air sur la zone du sinistre de Ducos

La direction de la sécurité civile s'est réunie ce mercredi matin au centre opérationnel du gouvernement (COG988) dans les locaux de la DSCGR pour faire le point sur les mesures de fibres d'amiante atmosphérique prélevées dans la zone du sinistre de Ducos.

ls sont négatifs.

Les premiers résultats d'analyse relatifs aux mesures de fibres d'amiante atmosphérique sont négatifs. Par conséquent, la direction de la sécurité civile en charge de la gestion des risques sanitaires sur la zone, conclu à l'absence d'amiante dans l'air.



La lutte contre les rats et les moustiques

Le chantier de déblaiement devrait être isolé aujoud'hui. Une opération qui doit être finalisée ce mercredi afin de pourvoir débuter la phase d'extraction des débris et des matériaux. Selon la DSCGR, la prioirté reste l'enlèvement des matières organiques en décomposition, génératrices d'odeurs nauséabondes. Pour rappel, ces docks sinistrés renfermaient 600 mètres cubes de produits congelés.
source http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/

mardi 26 octobre 2010

Amiante : Dumez condamnée pour faute inexcusable


Georges S. est mort en 2008, d’une maladie liée à l’amiante. Pendant vingt-trois ans, il a construit des routes pour Dumez, dans la poussière, sans protection. Son employeur a été condamné par le tribunal du travail. Une première.

Georges S. savait comment il allait mourir. En quelques semaines, dans la douleur, après avoir beaucoup maigri. « C’est comme ça qu’il décrivait ses collègues, décédés avant lui », se souvient sa veuve. « Papa a toujours dit qu’ils étaient morts de l’amiante, mais qu’ils ne le savaient pas », poursuit l’une de ses filles.
Georges S. est parti ainsi, le 16 novembre 2008, à 63 ans. Contrairement à ses collègues, il savait pourquoi : à cause d’une « asbéstose » (ou plaques pleurales), une maladie des poumons uniquement causée par l’amiante. Elle se signale par des petites douleurs au torse, de plus en plus fortes au fil des ans. « Au début, il croyait que c’était le cœur », reprend son épouse. Mais avec l’asbestose, ce sont bien les poumons qui se bouchent progressivement, jusqu’à provoquer la mort.

A l’inverse de ses amis, Georges S. a choisi d’aller en justice, après avoir fait reconnaître sa maladie comme d’origine professionnelle par la Cafat. En 2007, il a attaqué
Dumez pour faute inexcusable. Autrement dit, il a accusé l’entreprise de ne pas l’avoir protégé des poussières d’amiante, en toute connaissance de cause.
Il faut dire qu’entre-temps, ce chauffeur d’engins, passionné de géologie, a rencontré André Fabre, président de l’association des victimes de l’amiante (Adeva-NC). Ensemble, ils se sont renseignés sur les kilomètres de pistes que Georges S. avait changées en routes, avec ses collègues, de 1985 à 2001, les années de sa contamination.
Qu’il s’agisse de la Koné-Tiwaka, sur laquelle il a passé dix ans, ou des régions de Négropo, Kouaoua et Néaoua, toutes les zones comportent des sols amiantés. Nulle part, l’entreprise n’avait offert de protections à ses salariés (masques, cabines, arrosage des sols). Quant à la médecine du travail, elle n’a vu Georges S. que trois fois, durant sa carrière chez Dumez, de 1978 à 2001 : en 1987, en 1988 et en 2007. « Il y avait toujours un chantier », regrette sa veuve.
Dans un jugement rendu le 15 octobre, le tribunal du travail a estimé que Dumez aurait dû connaître le danger de l’amiante, et y remédier en temps voulu. Pour cela, il a condamné l’entreprise à rembourser à la Cafat les pensions perçues par la famille du défunt (plus de 25 millions).
« C’est historique, une première », jubile André Fabre, président de l’Adeva-NC. « Jamais, en Nouvelle-Calédonie, une entreprise n’a été condamnée pour faute inexcusable à cause de l’amiante. » Plus rare encore : cette décision concerne l’amiante environnemental.
Utilisé dans l’industrie, ce minerai mortel existe naturellement dans certains sols de la Grande Terre. Mais ses dangers ont été longtemps négligés, tant par l’Etat que par les autorités locales de santé. Alors que les premiers signalements datent de 1978, et qu’ils ont été répétés régulièrement, c’est seulement cette année qu’une réglementation a été rédigée, afin de protéger les salariés.
Le problème, pour le tribunal, était de savoir depuis quand l’employeur pouvait (et donc devait, d’après la loi) connaître les dangers de l’amiante environnemental. Pas avant 1995, a répondu Dumez, appuyée par une expertise publique (1). Dès 1980, a argué la défense de la victime, appuyée par André Fabre et par l’avocat de l’association, Jean-Paul Teissonnière, connu pour avoir défendu les irradiés de Mururoa.
Visiblement convaincus par les pièces apportées au dossier (comme un article du Monde daté de 1978, sur l’amiante environnemental en Calédonie), les juges ont condamné Dumez. L’entreprise a jusqu’au 15 novembre, pour faire appel. Contactée, Dumez n’a pas donné suite.

Marc Baltzer

(1) Réalisée par Jean-Yves Boulmier, du Bureau de recherches géologiques et minières (État).

Source :http://www.lnc.nc/

lundi 21 juin 2010

Le risque amiante enfin pris en compte


Le gouvernement a mis sur les rails un texte qui assure la protection des travailleursqui interviennent sur des zones amiantifères.
Même si la menace est quasiment invisible, le risque est connu depuis des lustres. L’amiante naturellement contenu dans la roche, notamment sur les sites miniers, peut devenir aussi léger que l’air lorsque ses fibres microscopiques sont rendues volatiles par les travaux. Inhalé ou avalé, l’amiante est considéré comme cancérogène et peut notamment provoquer des cancers de la plèvre. Sur ce point, les associations (Adeva-nc association de défense des victimes de l’amiante, ou bien encore l’UFC-Que choisir) ont alerté les autorités depuis des années. D’autant que la maladie peut survenir de dix à quarante ans après avoir été exposé à ces poussières.Hier, une étape supplémentaire a été franchie dans la reconnaissance de cette dangerosité. Le gouvernement vient d’adopter un projet de délibération qui porte sur « la protection des travailleurs contre les poussières issues de terrains amiantifères ». Le texte fixe un certain nombre d’obligations pour le maître d’ouvrage ou l’employeur, amené à intervenir sur des terrains considérés à risques (Nouméa et les Loyauté en étant exclus) pour effectuer de la construction de bâtiments, de travaux publics ou de l’extraction minière.

Il devra d’abord s’assurer que la zone ne présente aucun risque, en faisant effectuer une étude géologique. C’est également l’employeur qui sera chargé d’évaluer les risques et, le cas échéant, de mettre en place toutes les mesures de prévention pour les intervenants. Autant d’éléments qui devront être transmis à la médecine du travail.« La rédaction de ce texte est intervenue après deux ans de concertation entre les différents acteurs du dossier (industriels et syndicats), a précisé hier Philippe Dunoyer, le porte-parole du gouvernement. Certains industriels réalisent d’ailleurs déjà un certain nombre des préconisations contenues dans le texte. »Du côté de l’Adeva, on se félicite bien évidemment d’une telle avancée, en regrettant néanmoins une chose : « Nous connaissons parfaitement le dossier, mais nous n’avons malheureusement pas été associés à ce travail préparatoire, alors que les syndicats, qui étaient sollicités, eux, sont venus vers nous… »

mercredi 26 décembre 2007

Les bons chiffres sur l’amiante

A la suite de l’article paru dans notre édition du 24 décembre relatif aux réunions techniques organisées en marge du comité des signataires, l’association pour la défense des victimes de l’amiante en Nouvelle-Calédonie tient à apporter les précisions suivantes : - A propos de la répartition des participations au budget du fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante, la part apportée par les caisses de sécurité sociale (branches accidents du travail et maladies professionnelles) est de 87 % et non de 70 %.- Par aillleurs, dix-neuf dossiers de victimes calédoniennes ont été déposés au FIVA en vue d’une demande d’indemnisation à l’initiative de l’Adeva-NC. Cinq autres dossiers sont en cours de constitution. « Dans tous ces dossiers, il n’y a aucun cas avéré de victime de la trémolite. Les documents médicaux qui attestent les pathologies concernées ne font état que du terme générique « amiante » car il est très difficile, sans investigations approfondies, de différencier les fibres de trémolite de celles de chrysotile », précise l’association.

mercredi 19 décembre 2007

Opération désamiantage au collège de Magenta


À la rentrée prochaine, les élèves du collège de Magenta pourront admirer leurs nouveaux plafonds : repeints et, surtout, sans amiante.
Le chantier est impressionnant. Les salles de classes sont vides et les murs recouverts de toiles grises. « C’est pour éviter de tout contaminer avec l’amiante qui se trouve dans les plafonds », explique Hervé Lemasle, le gérant de l’entreprise de désamiantage AMPE (Amiante et matières polluantes à éliminer) qui coordonne les travaux au collège de Magenta. Car un chantier de désamiantage, ça ne s’improvise pas. « Il faut savoir que de l’amiante, il y a en a un peu partout en Calédonie et que ça peut-être très dangereux lorsqu’il se retrouve dans l’air », précise le professionnel.Cette fibre, utilisée pour ses propriétés isolantes et ignifuges, peut notamment provoquer des cancers de la plèvre (surface du poumon) lorsque le matériau qui la contient est abîmé. Heureusement, ce n’était pas le cas de l’enduit qui tapisse les plafonds du collège de Magenta depuis 1978.Aucun danger pour le momentDonc, aucun danger pour le moment, mais la province Sud a tout de même décidé de le faire retirer. Des opérations similaires ont déjà permis d’éliminer l’amiante dans d’autres établissements, à l’internat de La Foa et au réfectoire du collège de Magenta. La deuxième phase des travaux, qui concerne les salles de classe, a débuté lundi et s’étalera sur deux mois.Car le chantier se fait en plusieurs phases. Après avoir protégé les murs, la pièce sera placée en dépression afin d’éviter que les poussières ne sortent à l’extérieur. Un sas et une douche pour sortirCinq ouvriers, protégés par des masques, des combinaisons et des bottes, vont se relayer pour gratter le plafond à l’aide d’un marteau-piqueur. Il faudra ensuite compter plusieurs jours pour enlever les poussières et les mettre dans des sacs hermétiques. « Ces sacs seront ensuite gérés par la CSP qui se chargera de les enfouir », précise Hervé Lemasle. Les travaux sont contraignants, y compris pour les ouvriers, qui doivent passer dans un sas et se doucher dès qu’ils sortent de la zone infectée. Toute cette procédure montre bien que, malgré l’absence de réglementation concernant le désamiantage, l’opération ne doit pas être prise à la légère.
Une réglementation encore à la traîneActuellement, aucun texte de loi n’oblige les propriétaires à faire appel à une entreprise de désamiantage lorsque cela est nécessaire. D’ailleurs, aujourd’hui, « il n’y a presque que les administrations qui ont conscience du problème et peuvent se permettre d’effectuer les travaux », explique Hervé Lemasle, le gérant de l’entreprise de désamiantage AMPE. C’est ainsi qu’en octobre dernier, le propriétaire d’un immeuble de la rue Albert-Ier décidait de casser lui-même son toit contenant de l’amiante (voir notre édition d’hier). Et ce, à deux pas du collège Champagnat.Le dernier arrêté du gouvernement datant de février concerne l’interdiction d’importer, de vendre et d’utiliser l’amiante en Calédonie. Avant cela, seul un texte datant de 1997 y fait référence. Il concerne spécifiquement la protection des travailleurs exposés aux inhalations. À l’heure actuelle, il est difficile d’évaluer le nombre de victimes de l’amiante dans le pays, mais un rapport du Sénat datant de 2005 estime à 3 000 le nombre de décès liés à des maladies professionnelles dues à ce minerai d’ici 2025.

samedi 17 novembre 2007

Vallée-des-Colons Bras de fer autour de l’amiante


Il y a quelques semaines, la mairie suspectait la présence d’amiante dans un immeuble délabré de la rue Albert-Premier. Après analyse, l’hypothèse est confirmée. La mairie vient de demander au propriétaire d’effectuer les travaux nécessaires.
Plus de doute, il s’agit bien d’amiante. Trois semaines après l’alerte lancée par l’Association de défense des victimes de l’amiante, la mairie a obtenu les résultats de l’analyse des plaques éparpillées un peu partout autour d’un bâtiment au 46, rue Albert-Premier, à la Vallée-des-Colons. Quelques semaines auparavant, le propriétaire avait entrepris, sans précaution, la destruction du toit en fibrociment. Sous les yeux des résidents de l’immeuble en question et des bâtiments alentour.Par mesure de précaution, la mairie avait installé un panneau indiquant « le danger avéré » de la situation. Elle préconisait, en outre, de ne pas entrer sur le site potentiellement infecté. Les habitants, qui vivent déjà dans une situation précaire, se sont alors retrouvés dans l’impasse. « Où est-ce qu’on peut partir ? Ça fait déjà plusieurs années qu’on attend un logement social », s’indignait une résidente de l’immeuble d’à côté.Mercredi après-midi, Gery Tran-Ap, directeur général des services techniques à la mairie, a reçu le propriétaire. « Nous pouvons difficilement intervenir directement, mais nous l’avons sensibilisé au problème de l’amiante. Et nous lui avons demandé de faire appel à une entreprise agréée pour effectuer les travaux de désamiantage. Nous souhaitons qu’ils soient engagés au 1er décembre au plus tard. »Car il s’agit bien d’un danger immédiat, même si les conséquences (notamment les cancers) n’apparaissent que plusieurs années plus tard. Et que l’amiante, fibre volatile, ne s’arrête pas au grillage du 46, rue Albert-Premier.

lundi 22 octobre 2007

NOUVELLE CALEDONIE Suspicion d’amiante dans un bâtiment insalubre


Depuis quelques semaines, le propriétaire du 44, rue Albert-Ier a décidé de raser lui-même l’un des sept bâtiments du site. Le toit, déjà à moitié détruit, est susceptible de contenir de l’amiante.
Ce week-end encore, les restants du toit potentiellement dangereux gisaient un peu partout autour de l’immeuble. C’est comme cela depuis quelques semaines. Depuis que la famille Taofifenua, propriétaire des lieux, a décidé de procéder elle-même à la démolition de l’un des bâtiments. L’un des trois immeubles du site que la mairie a justement classé insalubre en juillet dernier et qui fait l’objet d’un arrêté de destruction ou de réhabilitation datant du 4 septembre. L’initiative de démolition pourrait donc sembler justifiée. Si ce n’est que le toit, déjà en partie démoli, est susceptible de contenir de l’amiante. Cette fameuse fibre contenue dans le fibrociment et connue pour être cancérogène.

Il reste des habitants dans l’immeuble

C’est l’association de défense des victimes de l’amiante (Adeva-nc) qui a alerté jeudi soir la mairie, sur les risques potentiels. « Pour nous, il n’y a aucun doute sur la présence d’amiante à cet endroit. Ce fibrociment est bien connu ici. Il n’y a pas de risque lorsque les plaques sont intactes, mais ça devient dangereux lorsqu’elles sont cassées. Et là, les morceaux sont dispersés un peu partout autour », explique Alain Fabre, le président.La municipalité a alors procédé, vendredi matin, à un prélèvement. L’échantillon a été envoyé à un laboratoire métropolitain chargé d’évaluer si « les fibres sont dangereuses pour les gens qui ont procédé à la destruction et pour l’entourage. Mais il faudra plusieurs jours pour obtenir les résultats », précise Géry Tran Ap, le directeur général des services techniques.Suivant le principe de précaution, la commune a déjà pris un arrêté interdisant l’accès au site par les travailleurs et les administrés. Des barrières et des panneaux devraient êtres installés dans les prochains jours.Seulement le bâtiment censé être « vide d’habitants », pour la mairie, héberge encore une famille inscrite depuis des années sur la longue liste des demandeurs de logements sociaux. Et à quelques mètres de l’immeuble délabré, une soixantaine de personnes, en situation tout aussi précaire, louent leur appartement au même propriétaire.

Entre vide juridique et principe de précaution

Actuellement, il n’y a aucune réglementation en matière d’amiante en Nouvelle-Calédonie. « Dans ce cas, il est d’usage de se référer au code de santé publique français au titre du principe de précaution », explique André Fabre, président de l’Association de défense des victimes de l’amiante.Le respect de ce code implique d’abord un repérage du bâtiment à détruire par une entreprise certifiée. Si la présence d’amiante est avérée, seule une société de désamiantage est autorisée à procéder à la démolition. Il y a en a deux en Calédonie. En l’absence de loi, aucun propriétaire n’est contraint à respecter cette démarche. Le gouvernement travaille actuellement à faire adopter un texte relatif à cette question.

dimanche 9 septembre 2007

NOUVELLE CALEDONIE l’employé de la SLN débouté


Stanisic Karel a perdu son bras de fer contre la SLN. Ce salarié du nickel, qui avait porté plainte contre son employeur pour mise en danger de la vie d’autrui, a finalement été débouté, hier, par le tribunal correctionnel de Nouméa. Alors qu’il estimait que son logement de Doniambo était pollué par de la poussière contenant de l’amiante, le tribunal a finalement estimé qu’il n’avait pas apporté de preuve suffisante. La SLN, qui affirmait dans ce procès que seule la mesure atmosphérique de l’amiante, c’est-à-dire la quantité de fibres dans l’air, pouvait prouver son danger, a donc obtenu gain de cause.Quant à la plainte d’un second salarié, qui protestait contre le non-désamiantage de son logement, la SLN a fait savoir que son habitation serait traitée dès mardi.



Qui en eût douté ? Les responsables d’ETERNIT France ont bien bénéficié d’un non lieu à DUNKERQUE, confirmé par un arrêt de la Cour d’Appel de DOUAI, alors penser à s’attaquer à ceux qui n’ont pas utilisé directement l’amiante, il fallait rêver, ou plutôt cauchemarder. Ce pauvre homme a vu trop d’actualités Italiennes.

samedi 1 septembre 2007

NOUVELLE CALEDONIE l’affaire de l’amiante à Doniambo encore renvoyée

Le référé qui oppose deux salariés du Nickel (Karel Stanisic et Alain Malaku) à leur employeur a été renvoyé à la semaine prochaine par le tribunal du travail de Nouméa, hier matin.Karel Stanisic et Alain Malaku reprochent à la SLN de leur faire respirer des fibres d’amiante dans le lotissement de Doniambo, où ils habitent tous les deux. Karel Stanisic a vu sa maison désamiantée, mais les prélèvements qu’il a fait analyser par la suite prouvent que les poussières présentes sous son toit et sur le rebord de ses fenêtres contiennent de l’amiante chrysotile et crocidolite.Pour la SLN, la présence de fibres dans les poussières n’est pas étonnante, puisque le minerai de nickel en contient. La filiale d’Eramet met plutôt en avant les mesures d’air effectuées dans son usine, et qui indiquent que la concentration en fibres d’amiante est inférieure à la norme en vigueur.
Source : http://www.info.lnc.nc/caledonie/
Article précédent : Nouvelle Calédonie La maison à l’amiante

Cette affaire illustre parfaitement l’empreinte qu’à laissé le Comité Permanent Amiante ( CPA ) ce lobby financé par les industriels de l’amiante.
La « tolérance » de 5 fibres par litre d’air évoquée par la SNL, toujours présente dans les textes Français sur l’amiante, ne reposent sur aucune donnée scientifique, mais permettait aux industriels de faire utiliser l’amiante par leurs victimes sans être inquiétés.
Aucun seuil minima d’exposition à l’amiante n’a été constaté par les scientifiques sur la survenue de cancers, et c’est de cela qu’il s’agit, dans cette île où la fréquence de cancers pulmonaires est 30 fois supérieure à la normale.
Il est évident, que comme à CANARI en CORSE, si personne n’avait creusé le sol et entassé les décombres miniers un peu partout, le danger serait réduit considérablement.
En France, les victimes se comptent par milliers, mais statistiquement entre 51 et 70 ans. Il faut tenir compte que ces personnes ont été empoisonnées lorsqu’elles ont été en age de travailler. Aucune statistique n’est connue sur le sort d’enfants contaminés dès le plus jeune age, ce qui est le cas en NOUVELLE CALEDONIE. Je pense personnellement que le plus grand risque est là.
A notre époque où le risque est archi connu, comment des responsables d’entreprises ou politiques peuvent faire prendre un tel risque à cette population ?
Ces populations à haut risque doivent être déplacées vers des zones saines si l’on veut arrêter ce massacre.
Marc Chapelet

dimanche 26 août 2007

Nouvelle-Calédonie : l'amiante naturel met en danger les populations


Selon le Réseau France Outre-mer (RFO), la présence d'amiante naturel en Nouvelle-Calédonie met en danger les populations. Un pré-rapport d'expertise préconise "de prendre immédiatement des mesures visant à la protection de la population en générale et des travailleurs".
L'étude menée par des experts de l'Institut National de La Santé Et de la Recherche Médicale (Inserm), du Laboratoire d'Etudes des Particules Inhalées (Lepi), et du Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM), "doit aider à répondre au problème sanitaire que constitue la présence d'amiante à l'état naturel sur le Caillou".
Les experts s'interrogent sur la non application ou l'application tardive des mesures de préconisées dès 1994 pour la "réduction du risque et l'amélioration des connaissances".
Taux excessivement élevés
"Il existe, au centre de la Nouvelle-Calédonie, une zone montagneuse. Il m'a été donné d'y relever des taux de mésothéliomes spectaculaires. Ils sont 500 fois supérieurs à ce que l'on constate habituellement" a indiqué le professeur Marcel Goldberg, en 2005. En effet, l'île abrite de "nombreux affleurements de trémolite, la forme la plus dangereuse d'amiante".
Selon les experts, "ces expositions amènent des excès de risque de cancer largement supérieurs aux valeurs habituellement considérées comme acceptables". Elles seraient responsables de 16 à 30 décès par an. En Nouvelle-Calédonie, il est estimé que le nombre de mésothéliomes, cancers rares et virulents affectant les poumons, est trente fois supérieur à la moyenne mondiale.
Le rapport préconise une "expertise indépendante sur la qualité de l'air" dans les zones d'exploitation des gisements ainsi qu'une surveillance épidémiologique plus rigoureuse.

samedi 18 août 2007

Nouvelle Calédonie La maison à l’amiante


L’ouvrier Karel Stanisic a attaqué la SLN en justice parce qu’il s’estime en danger dans sa maison du quartier Doniambo. La poussière qui envahit quotidiennement sa maison contient de l’amiante.Mise en cause pour la première fois de cette manière, la SLN affirme que son usine n’en dégage pas suffisamment pour que cela représente un risque sanitaire.Sur le dos, il porte la veste du Nickel en permanence. Sur l’étagère de son salon, des photos du boulot côtoient un modèle réduit de bulldozer.Karel Stanisic, né à Bourail il y a 53 ans, est l’un des 2 000 gars de la SLN. « Je respecte cette entreprise, ils nous font bouffer, c’est pas rien », proclame-t-il.Mais depuis un an, l’ouvrier de Nouméa livre une bataille à couteau tiré au premier employeur du pays.D’abord parce que sa villa de Doniambo, où le Nickel le loge depuis 2002, était dans un état de vétusté incontestable avant sa rénovation, en septembre 2006.Ensuite parce que les déchets liés aux travaux (fibrociment, dalflex) contenaient de l’amiante, ce qu’a confirmé le laboratoire du BTP en octobre 2006. Mais qui n’est pas illégal en Calédonie. Sauf que « les dix premiers jours de la rénovation, je suis resté dans le salon avec ma femme et mes deux enfants. Ils enlevaient tout, il y avait de la poussière partout. » Enfin parce que le désamiantage de son habitation, la première opération d’une série lancée par le Nickel, n’a été fait qu’à moitié selon lui. « Tu l’as vu, le bout de fibrociment qui reste sous les combles ? », montre-t-il au visiteur qui le souhaite.La bombe des poussières amiantées. Mais la plus grosse « bombe » que Karel Stanisic va présenter au tribunal du travail, ce sont les analyses des poussières qu’il a récoltées sur des rebords de fenêtres et dans les combles. Celles qu’il est obligé de balayer tous les jours. De la « poussière rouge, comme il y en a sur les bagnoles », assure-t-il, et dont l’origine ne fait aucun doute pour lui.Les prélèvements ont été réalisés sous contrôle d’huissier et analysés par le laboratoire agréé Eurofins LHCF, de Paris. Les résultats sont clairs. Présence d’amiante chrysotile (environnemental) et crocidolite dans les combles. Traces d’amiante chrysotile sur les fenêtres.Cela met-il en danger les habitants du quartier ? « Qu’on me prouve qu’il n’y a pas d’amiante chez moi, c’est tout ce que je veux », tranche-t-il.« Il n’y a absolument pas de fibres d’amiante chez M. Stanisic, et il le sait, répond Gilles Poilvé, directeur QHSE (qualité, hygiène, sécurité et environnement) du Nickel. Qu’il y ait des fibres de chrysotile, c’est évident, ça fait partie de la géologie du pays. Mais pour quantifier la dangerosité de l’amiante, la seule mesure est atmosphérique, c’est la quantité de fibres dans l’air. » Une mesure a été effectuée dans la villa : zéro fibre. Karel Stanisic conteste par ailleurs les modalités du prélèvement.Mais « en 2003, ajoute Gilles Poilvé, des mesures de fibres ont été faites dans l’air de Doniambo, il n’y en a pas plus que dans une ville comme Paris ». Et moins, en tout cas, que ce que n’autorise la loi.Principe de précaution. « C’est tout le problème de l’amiante, la relation dose-effet, réagit André Fabre, de l’association Adeva-NC. La réglementation date de 1997 et se base sur des données totalement empiriques : les cinq fibres par litre alors relevées à Paris, parce que tous les Parisiens ne meurent pas d’un cancer de la plèvre. Mais on n’est pas du tout dans le principe de précaution. C’est aussi le problème de la Ddass, des pouvoirs publics. »Dans le quartier, on note aussi qu’avant de se trouver sur les fenêtres, les poussières étaient bien dans l’air. « C’est sans doute à cause du coup d’ouest, tout ça », ironise Karel Stanisic. L’affaire, qui devait être jugée hier, a été renvoyée. Le tribunal du travail tranchera le 31 août.

Trente ans de mauvaises surprises

Le problème de l’amiante en Calédonie, c’est trente ans de découvertes plus inquiétantes les unes que les autres. C’est dans les années 1980 que, pour la première fois, l’Inserm met en évidence une surmortalité liée aux cancers de la plèvre dans certaines communes calédoniennes. Particulièrement à Houaïlou. On met alors en accusation le pö, enduit truffé de fibres toxiques dont sont recouvertes les cases traditionnelles. C’est plus gai et ça semble plus sain…Une vaste campagne de destruction des cases recouvertes de pö a donc lieu dans les années 1990 et début 2000.Les fibres affleurent sur les pistes. Mais André Favre est persuadé que le problème ne se limite pas là. En 2005, l’Institut Pasteur et l’IRD mènent une nouvelle enquête. Il en ressort que l’amiante est plus répandu qu’on ne l’imaginait dans le sol calédonien. Que les fibres affleurent sur de nombreuses pistes non goudronnées. Ou sur des sols foulés quotidiennement par des habitants.Début 2007, une mission d’experts métropolitains se rend en Calédonie pour parfaire le travail de recensement et proposer des solutions de protection (pour la construction, la démolition, le recouvrement des pistes, etc.). Un comité a été créé au gouvernement pour mettre en œuvre les principales recommandations.

Longtemps, les industries minières ont nié tout risque sérieux lié à leur activité dans des milieux pourtant susceptibles de contenir de l’amiante. L’extraction se fait sous arrosage, et le minerai de nickel ne contient que très peu de fibres toxiques. Les filons importants sont plutôt situés au pied des massifs.

Le minerai de nickel contient peu de fibres, mais il en contient tout de même. Et les rouleurs en ont beaucoup respiré à l’époque où ils circulaient vitres ouvertes, faute de climatisation dans les camions, sur des pistes non goudronnées.

En chiffres

• 5 fibres par litre d’air, c’est la dose maximale admise par la loi dans les immeubles bâtis.

• 500 Le nombre de retraités à qui la SLN a fait passer des examens médicaux, dans le cadre d’une campagne de dépistage des maladies liées à l’amiante.

Le programme, lancé en août 2006, doit permettre l’examen de 2 000 anciens salariés. Après une radio des poumons, le chef des services médicaux du Nickel peut décider d’un scanner et d’un suivi plus précis. Le problème, pour l’association Adeva-NC, c’est qu’« aucune radio ne détectera jamais des problèmes respiratoires liés à l’amiante ».

• 500 000 La somme, en francs CFP, dépensée par Karel Stanisic pour faire réaliser deux analyses de poussières en Métropole. Il estime ses frais totaux à un million de francs.
Marc Baltzer et Philippe Frédière
Source : http://www.info.lnc.nc/caledonie/