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lundi 23 octobre 2017

Pompier, métier à haut risque sanitaire


Du fait de leur exposition récurrente à des substances toxiques, les pompiers sont exposés à des risques accrus de plusieurs maladies, révèle une étude menée pour le compte de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL). Or si son «caractère dangereux» est reconnu depuis août 2004, cette profession n’est toujours pas considérée comme un «métier à risques».
Au-delà du risque sur le terrain, il en est d’autres bien moins connus, directement liés aux émanations toxiques que respirent les soldats du feu. Dans un rapport publié en mars, la CNRACL révèle que les pompiers sont exposés à des risques accrus de maladies cardiovasculaires et respiratoires, mais aussi de cancers.

SURRISQUE DE PLUSIEURS CANCERS
En France, une analyse menée entre 2007 et 2011 sur la cohorte CPRIM, qui analyse la mortalité chez les pompiers, révélait un taux de décès d’origine cancéreuse de même ampleur que la population générale (environ 45%), mais avec une légère surreprésentation de cancers du poumon, de la lèvre-cavité buccale-pharynx, du foie et des voies biliaires intra-hépatiques.
Deux études américaines, l’une consistant en une méta-analyse de 32 études publiées, l’autre en un suivi depuis 1950 effectué dans trois grandes villes américaines, révèlent d’autres sites corporels dont les cancers sont plus fréquents qu’en population générale: cerveau, estomac, colon, rectum, prostate, testicules, myélomes, lymphomes non hodgkiniens pour la première; œsophage, intestin, rectum, poumons, reins et pharynx pour la seconde.
Malgré les risques, immédiats ou différés, les sapeurs pompiers professionnels ne sont toujours pas considérés comme exerçant un «métier à risques», à la différence des policiers ou des gendarmes –qui peuvent ainsi partir à la retraite à l’âge de 52 ans. Petite concession à cette revendication de longue date, ils ont obtenu, à en août 2004, la reconnaissance du «caractère dangereux» de leur métier. Ce qui permet, à ceux de plus de 50 ans reconnus médicalement inaptes, un reclassement dans la fonction publique, ainsi qu’un avantage de retraite exonéré d’impôt pour ceux ayant servi plus de 20 ans.
Publiée début 2016, une étude française, menée auprès de pompiers de la caserne de Saint-Quentin (Aisne), révèle un taux élevé de mésothéliomes du fait d’opérations de lutte contre les incendies de bâtiments. En cause, la libération de fibres d’amiante, retombent aussi bien sur les sapeurs pompiers que sur le personnel d’assistance situé en retrait de l’incendie.

UN PROCESSUS DE DÉCONTAMINATION À REVOIR
Parmi les raisons de ces risques accrus, la CNRACL pointe notamment des failles dans les processus de nettoyage et de décontamination: «les matériels utilisés pendant l'intervention (lances, tuyaux, etc.), sont souvent transportés, sans précaution particulière, dans les véhicules d’incendie ou des utilitaires. Le personnel et le matériel n’étant pas décontaminés avant le retour en caserne, l'ensemble du personnel et le véhicule se trouvent ainsi contaminés».
A la caserne même, «les locaux sont souvent inadaptés au reconditionnement et à la décontamination. La présence de laveries dans les centres de secours reste l’exception, néanmoins l’existence de sas de nettoyage a été observée sur certains sites». Et le nettoyage d’équipements tels que casques, cagoules, gants de feu et effets chaussants «ne fait pas l’objet de réglementation particulière, l’approche individuelle étant souvent la règle», poursuit la CNRACL.
Du côté des appareils respiratoires isolants (ARI), seul le nettoyage du masque est défini, mais «aucune norme n’existe pour les autres pièces (dossard, bretelles, canalisations et soupape respiratoire). Cette situation peut conduire à relier un masque ‘propre’ avec un appareil qui ne l’est pas».
Pour la CNRACL, c’est toute l’organisation de la gestion de ces matériels contaminés qui est à revoir, ou à mettre en place. Par exemple «en adaptant, voire en réorganisant, les locaux avec un zonage et un circuit ‘contaminé – décontaminé’», ou en instaurant des processus de décontamination pour tout matériel souillé revenant d’opération.
Source : http://www.journaldelenvironnement.net

lundi 21 novembre 2016

Cancer de l'amiante : vaincre la résistance à la chimiothérapie

Des chercheurs ont découvert une façon de lutter contre le mésothéliome, du moins chez les souris. Ce cancer de la plèvre, principalement dû à une exposition à l'amiante, est très difficile à guérir parce qu'il résiste souvent à la chimiothérapie.


Selon l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), 3 000 personnes meurent du cancer de la plèvre chaque année dans l'hexagone. La Basse-Normandie compte parmi les régions françaises les plus touchées par ce drame.
Source : http://www.allodocteurs.fr/

lundi 18 avril 2016

Mieux connaître l'amiante pour éviter le pire


Même s'il est totalement interdit depuis 1997 dans la composition des matériaux de construction, l'amiante n'a pas encore disparu. «Il est partout , s'exclame Gilbert Bousquet, référent sécurité à la médecine du travail, et les artisans du bâtiment y sont très exposés.» D'où cette réunion d'information organisée par la Capeb à l'intention de ses ressortissants. «Il y a une vraie prise de conscience des artisans face à l'amiante, assure Manuel Duarte, le président de la Capeb 65, mais la difficulté, c'est de savoir comment diagnostiquer la présence d'amiante.» C'était justement l'objet de cette réunion, également animée par Bernard Pécantet, inspecteur du travail, qui a fait le point sur les normes en vigueur, notamment en matière de traitement, et du docteur Anne Maurer, de la médecine du travail, qui a rappelé les pathologies liées à l'amiante. «Ce sont des affections pulmonaires graves car le corps humain n'est pas armé pour combattre ces poussières d'amiante qui sont très fines, qui vont de la pleurésie au cancer.» Bref, pas un simple rhume des foins, quoi…
Et, répétons-le, l'amiante est partout, dans les toitures et les matériaux d'isolation, principalement, mais pas seulement. Et le risque d'y être exposé reste très élevé, d'autant plus dans les travaux de rénovation, qui sont souvent le lot des artisans. «L'idée, poursuit Gilbert Bousquet, c'est de donner aux professionnels les outils pour diagnostiquer la présence d'amiante et les moyens de s'en prémunir grâce à des formations. Le mot d'ordre, c'est : ‘'Pas formé, pas toucher''. Ensuite, il y a des agréments à obtenir, des formations à suivre. Sinon, on va au-devant d'une catastrophe sanitaire. Mais il est bon de voir que la prise de conscience est là.»
Source : http://www.ladepeche.fr/

Interdit depuis 1997, l'amiante tue toujours

Salariés et retraités qui y ont été exposés dans leur vie professionnelle, risquent de développer un cancer, même 30 ans après et l'amiante est toujours présent dans nombre de bâtiments.
100.000. C'est le nombre de victimes de l'amiante qu'on pourrait enregistrer en France dans les 20 prochaines années. Il s'agit de l'estimation faite par l'Andeva, l'association des victimes de l'amiante, qui réunissait mardi un colloque à Paris pour faire le point de la situation.


Car si l'amiante est interdit en France depuis 1997, il est toujours présent dans nombre de bâtiments, et nombre de salariés ou de retraités, qui y ont été exposés dans leur vie professionnelle, risquent de développer un cancer, même 30 ans après. Bref, on n'a pas fini de compter les morts et les associations de victimes appellent à ce que tous les bâtiments soient définitivement désamiantés.
Le combat d'une vie
Pour Eric Jonckheere c'est de celà qu'il s'agit. L’homme préside l'association des victimes en Belgique. Il a perdu quatre membres de sa famille à cause de l'amiante : son père, sa mère et deux de ses frères. Son père a longtemps travaillé pour une entreprise qui en fabriquait.
Eric Jonckheere

Depuis 19 ans, l'usage de l'amiante est interdit en France, mais les victimes continuent d'affluer. D'abord parce que la maladie peut se déclarer bien plus tard, ensuite parce qu'en France, l'amiante est toujours là. 20 millions de tonnes seraient encore disséminés un peu partout en France.
Alain Bobbio préside l'association de victimes en France


Un espérance de vie très brève dès que le cancer est diagnostiqué
Et quand la maladie est là, le cancer de la plèvre autrement appelé mésothéliome, il y a bien peu d'espoir.
Le Pr Arnaud Scherpereel est chef du service d'oncologie thoracique au CHU de Lille
  
Depuis peu, il semble établi que des prédispositions génétiques favoriseraient l'apparition d'un mésothéliome.
Source : http://www.franceinter.fr/

mercredi 19 août 2015

100 tonnes d'amiante enterrées dans un jardin près de la frontière belge

C'est un particulier qui a découvert l'amiante sous terre dans son jardin, à Feignies en France près de Maubeuge. L'homme est en conflit juridique avec l'ancien propriétaire de sa maison depuis trois ans. Malgré plusieurs expertises et de nombreuses démarches, rien n'a bougé...
En 2012, deux ans après avoir acheté cette ancienne ferme, Ludovic Miot découvre de l'amiante enfouie dans son jardin en voulant creuser un étang. "D'après les sondages, on a environ 30 mètres de long et plus ou moins 10 mètres de large, explique Ludovic Miot. L'amiante est enterrée à environ 1,70 mètres sous terre. Les experts ont évalué à 100 tonnes, mais bon, ce serait la surprise quand ils vont déterrer un jour, j'espère...".
Des animaux morts
Concernant le risque que représente cette amiante, les experts affirment qu'elle n'est pas dangereuse tant qu'elle est ensevelie. Ludovic Miot a cependant constaté la mort de plusieurs de ses animaux : "J'avais à peu près 400 canards et oies d'ornement. Tous les mois, nous découvrions à peu près dix bêtes mortes, voire plus. Mon poney mettait bas tous les ans. Soit le petit était handicapé, nous devions le faire piquer par le vétérinaire. Soit il était mort à la naissance. Et la maman est morte aussi peu de temps après". Reste à savoir si cela est lié, ou non, à la présence d'amiante dans la propriété.
Suite à cette découverte, Ludovic Miot a porté plainte contre l'ancien propriétaire qui aurait dû l'avertir de la présence de cette amiante. C'est suite à cette plainte que deux expertises ont été réalisées. Elles ont prouvé que l'amiante avait été enfouie entre 1995 et 2005, soit bien avant que Ludovic Miot ne s'installe à Feignies. Malgré cela, la Justice demande une troisième expertise. Mais Ludovic Miot n'en a plus les moyens: "Aujourd'hui, entre les frais de justice, les frais d'avocat et les frais d'expertise, on tombe dans un gouffre financier. Là, j'ai dépensé pas loin de 90 000 euros". En attendant, l'amiante est toujours ensevelie dans son jardin. Le désamiantage est estimé à près de 500 000 euros... C'est beaucoup trop pour le propriétaire.
Un terrain privé
Ludovic Miot a voulu obtenir l'aide des autorités locales et s'est tourné vers la Mairie de Feignies. "Quand je parle de l'amiante à Madame le maire, ou même à l'ancien maire, ils m'ont répondu que c'était dans un domaine privé, et qu'ils n'en avaient rien à faire", explique le propriétaire de la ferme. Nous avons contacté la Maire de Feignies, elle n'a pas voulu répondre à nos questions. Nous avons également contacté les bourgmestres de Quévy et des Honnelles qui ont répondu ne pas avoir connaissance du dossier. Ludovic Miot se dit victime d'un acharnement: il dit recevoir des menaces de mort anonymes pour l'encourager à laisser tomber l'affaire.
Et en Belgique ?
Que faut-il faire si vous retrouvez de l'amiante sur un terrain privé en Belgique ? Il y a deux solutions. Soit c'est de l'amiante solide, comme les ardoises en Eternit. Dans ce cas là, vous pouvez évacuer l'amiante vous-même. Vous la récoltez dans ce qu'on appelle des big bacs. Il s'agit de bacs spécialement conçus pour l'amiante que vous transportez vers un parc à containers prévu pour récolter de l'amiante. Autre solution : vous faites appel à une société spécialisée dans le désamiantage. C'est le cas lorsqu'il s'agit d'amiante libre et volatile, comme celle qui entoure les tuyaux de chauffage. Dans ce cas là, le budget du désamiantage est souvent nettement plus élevé.
Source : https://www.rtbf.be

Les déchets d'amiante étant interdits en décharge, ce genre de pratique tend à se répandre.
Quand à au déterrement des déchets type ardoises ou plaques de couverture ETERNIT, il ne comporte que peu de risque si les déchets sont mouillés. S'ils sont secs, c'est fortement déconseillé, l'amiante est extrêmement volatil. En ce qui concerne la propagation des fibrilles d'amiante dans l'eau, et son impact sur la faune, aucune étude scientifique n'a été menée, et pour cause : à une époque de très nombreux vins étaient filtrés avec des filtres en amiante....

lundi 17 août 2015

Les cancers liés à l'amiante sont sous-déclarés

Alors que le mésothéliome est une maladie à déclaration obligatoire depuis janvier 2012, l'Institut national de veille sanitaire incite les médecins à plus de vigilance.
Par décret du 16 janvier 2012, le mésothéliome est devenu la 31e maladie à déclaration obligatoire en France. L'Institut national de veille sanitaire (InVS) publie aujourd'hui le premier bilan la concernant. Selon les estimations, depuis la publication du décret et jusqu'au 30 avril 2013, entre la moitié et les trois quarts des cas ont été notifiés par les médecins. Ces proportions sont certes insuffisantes, mais les experts jugent ces résultats "encourageants" pour une première année. Ils doivent néanmoins "être améliorés par une participation exhaustive des médecins amenés à poser un diagnostic de mésothéliome", selon le document de l'InVS.
En pratique, tout nouveau cas de mésothéliome, quel que soit son site anatomique (plèvre, péritoine, péricarde, vagin, testicule...), doit être notifié au médecin de l'agence régionale de santé (ARS), par tout médecin (pathologiste et clinicien) exerçant en France métropolitaine ou ultramarine qui en pose le diagnostic. Entre janvier 2012 et avril 2013, ce sont 618 nouveaux cas de mésothéliome qui ont été diagnostiqués et notifiés. Mais le nombre attendu était évalué entre 800 et 1 200. Les spécialistes de l'InVS ont aussi remarqué d'importantes disparités de déclaration selon les régions, certaines "s'approchant de l'exhaustivité". Preuve que c'est possible !
Le mésothéliome est donc la plus récente des maladies à déclaration obligatoire (il rejoint le botulisme, le charbon, l'hépatite B, la tuberculose ou encore la rougeole). Devant chaque cas, le médecin est tenu de transmettre des informations concernant le malade : son âge, son sexe, son lieu de domicile, sa profession lorsqu'elle peut avoir un lien avec la maladie. Il doit également donner des informations sur la nature des symptômes, les résultats des analyses de dépistage réalisées, les circonstances d'acquisition de la maladie, ainsi que sur les traitements, voire les mesures préventives prises pour la personne atteinte et son entourage.

Mieux connaître les facteurs d'exposition

Certes, cette déclaration ne changera pas la vie quotidienne des victimes de ce cancer de l'amiante, autre nom donné à cette affection en raison du rôle majeur joué par ces fibres (le mésothéliome est d'ailleurs une maladie professionnelle). Mais, comme le souligne l'InVS, elle a pour objectif d'améliorer les connaissances des facteurs d'exposition professionnelle et environnementale dans trois populations jugées par les experts comme insuffisamment connues : les personnes présentant un mésothéliome en dehors de la plèvre, les hommes de moins de 50 ans et les femmes présentant un mésothéliome pleural. Autant d'informations qui devraient aider à mieux protéger les individus à l'avenir.
Des enquêtes d'exposition sont d'ailleurs menées actuellement dans huit régions métropolitaines volontaires (Aquitaine, Alsace, Basse-Normandie, Bretagne, Franche-Comté, Limousin, Picardie, Poitou-Charentes) et dans une région ultramarine (La Réunion). Un déploiement national progressif des enquêtes pourrait être envisagé dès 2015, en fonction des moyens disponibles. Concernant les moyens, c'est surtout une indemnisation décente que réclament aujourd'hui toutes les victimes de l'amiante et leurs familles.

dimanche 6 décembre 2009

Travail : assurer la prise en charge des victimes de l'amiante

Un rapport d'information sur la prise en charge des victimes de l'amiante, présenté par M. Guy Lefrand au nom de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, a été rendu public le 18 novembre 2009. L'amiante est considérée comme responsable de 10 à 20% des cancers du poumon et pourrait être à l'origine de 100 000 décès d'ici à 2025. Les rapporteurs demandent d'abord un durcissement des sanctions en cas de non respect des règles de sécurité et d'hygiène au travail et un suivi médical (...)

lundi 17 août 2009

Une découverte majeure pour mieux traiter le cancer


Argentine - L’équipe du Dr Rabinovich de l’Institut de biologie et de médecine expérimentale (IBYME) de Buenos Aires a annoncé la découverte d’un mécanisme du système immunitaire qui pourrait améliorer les traitements contre le cancer, l’arthrose, la sclérose en plaques et le diabète.
"Nous avons trouvé les mécanismes moléculaires qui désactivent le système immunitaire", telle est la déclaration de Gabriel Rubinovich en conférence de presse. Ce mécanisme permet de désactiver le système immunitaire lorsqu’il agit de façon contre-productive ou, à l’inverse, de l’activer lorsqu’il ignore une tumeur au lieu de la combattre.La clé de cette découverte est la galectine-1. Les galectines sont des protéines qui font l’objet de nombreuses études. Elles sont en effet liées à plusieurs phénomènes biologiques tels que la formation des organes, les métastases des tumeurs, la division et la mort des cellules. La galectine-1 est une protéine surexprimée par de nombreux cancers et intervient dans le développement de certaines tumeurs.L’origine de cette découverte vient de la thèse d’un étudiant du Dr Rabinovich, Juan Martin Ilaregui. Celui-ci a démontré que la galectine-1 peut conduire à la différenciation des cellules dendritiques. Ces cellules ont pour fonction de déclencher une réponse immunitaire adaptée ou de maintenir la tolérance immunitaire.L’invention d’une méthode thérapeutique par Juan Martin Ilaregui a permis d’aboutir à la découverte du rôle de la galectine-1 sur le système immunitaire. "Ces résultats pourraient ouvrir de nouveaux horizons dans le traitement de différentes pathologies immunitaires. Ils donnent un meilleur aperçu de la biologie du cancer et pourront à l’avenir permettre la mise en place de nouvelles stratégies contre les tumeurs", affirme le Dr Rabinovich.

dimanche 16 août 2009

Un rapport sur l’exposition à l’amiante des riverains d’anciens sites industriels

L’Institut de veille sanitaire (InVS) a mis en ligne le 10 août un rapport sur l’exposition environnementale à l’amiante des riverains d’anciens sites industriels et affleurements naturels d’amiante (1).
L’étude visait initialement à évaluer l’augmentation de risque de mésothéliome chez les populations riveraines d’anciens sites industriels, suite à une saisine de la Direction générale de la santé (DGS) de 2003. Mais pour des raisons de faisabilité (manque de données), l’objectif de l’étude a été révisé dans une perspective méthodologique d’estimation rétrospective de l’exposition, explique l’InVS. L’exposition à l’amiante de 111 personnes atteintes de mésothéliome non professionnel et celle de 468 témoins, enregistrés dans le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) entre 1998 et 2003, a été estimée par calcul. Au total, 553 sites industriels et 1.119 chantiers navals ont été recensés. En ce qui concerne les hommes, 24 cas (69%) et 193 témoins (64%), ont été exposés, et 48 cas (66%) et 94 témoins (66%) pour les femmes. Une augmentation du risque de mésothéliome non significative a été trouvée chez les femmes, pas chez les hommes. «Cette étude, bien qu’intéressante sur le plan méthodologique, s’est heurtée au manque de puissance statistique habituellement requise pour mettre en évidence des risques relatifs environnementaux (…). Néanmoins, il existe suffisamment d’éléments probants à ce jour pour affirmer qu’il existe bien des pathologies dues à l’amiante parmi les riverains d’anciens sites industriels», conclut l’InVS.Un premier rapport publié en janvier par l’InVS avait conclu à une exposition actuelle globalement faible des riverains de roches amiantifères sans avoir pu non plus évaluer celle des riverains d’anciens sites industriels (2).
(1) «Exposition environnementale à l’amiante chez les personnes riveraines d’anciens sites industriels et affleurements naturels - Étude cas-témoins à partir des données du Programme national de surveillance du mésothéliome»
(2) Dans le JDLE «Amiante naturelle: une exposition limitée des riverains»

mercredi 22 juillet 2009

Le centre hospitalier de Dunkerque va enfin être doté d'un TEP-scan


Le Dunkerquois l'attendait depuis longtemps. En juillet, l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) a enfin confirmé que le centre hospitalier de Dunkerque allait être doté, probablement avant la fin de l'année, d'un TEP-scan (ou PET-scan). Particularité de cet outil de dernière génération ? Il permet des diagnostics plus poussés dans le domaine de la cancérologie et du suivi des personnes concernées par le problème de l'amiante.

Oubliée la déception d'il y a deux ans, où le TEP-scan avait filé sous le nez du Dunkerquois au profit du Boulonnais. Cette fois, l'ARH a accepté de doter le centre hospitalier de Dunkerque de cet appareil, qui aura un usage transfrontalier. En clair, ce nouvel équipement, qui complétera ceux exploités par le groupe de médecine nucléaire Généridis sur le site du CHD, s'adressera aux patients dunkerquois et à ceux de trois hôpitaux de la Flandre occidentale belge, dans le cadre de la coopération transfrontalière.
Près d'un million d'euros
Du côté de la direction du centre hospitalier de Dunkerque et de Michel Autès, vice-président du conseil régional chargé de la santé et membre de la commission exécutive de l'ARH, l'heure est bien sûr au soulagement et à la satisfaction. Dans un communiqué (1), le conseil d'administration du CHD « se félicite de ces perspectives qui vont améliorer de façon significative la prise en charge des malades et la qualité des soins déjà rendus sur le littoral dunkerquois ».
« Ce projet, nous l'avons poussé, rappelle pour sa part Michel Autès. Aujourd'hui, je ne connais pas encore le délai d'installation du TEP-scan à Dunkerque, mais ce que je sais, c'est que la délibération sur l'attribution de la subvention interviendra en octobre.
» Une subvention qui sera attribuée en fonction de critères territoriaux et qui sera comprise entre 40 et 80 % du coût total de l'appareil, estimé à près d'un million d'euros. Coût de la consultation pour le patient : 1 089 E, qui sont totalement pris en charge.
« L'amiante, c'est dix morts par jour, une catastrophe sanitaire qui s'amplifie particulièrement dans le Nord - Pas-de-Calais. Dans cette tourmente, il existe un espoir : le TEP-scan, un outil extraordinaire pour les victimes de l'amiante, puisqu'il permet de déceler les micro-tumeurs.
Cette nouvelle est donc une très grande nouvelle pour moi », confie Jean-Pierre Decodts, administrateur du CHD et représentant des usagers, qui était allé jusqu'au ministère il y a deux ans pour protester contre la non-attribution d'un TEP-scan à Dunkerque. •

jeudi 4 juin 2009

Annulation partielle du décret instituant les franchises médicales

Dans un arrêt rendu le 6 mai 2009, le Conseil d'Etat a annulé l'article 2 du décret n°2007-1937 du 26 décembre 2007 parce qu'il obligeait les caisses à prélever le montant des franchises sur les autres prestations perçues par les bénéficiaires du tiers payant, méconnaissant ainsi les dispositions de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008. La loi permettait, en effet, à l'assuré dispensé de l'avance de frais de verser directement la franchise à l'organisme d'assurance-maladie ou à ce dernier de récupérer les sommes dues sur « les prestations de toute nature à venir ». L'article du décret imposant le seul prélèvement sur les prestations à venir est contraire à la loi, estime le Conseil d'Etat. La FNATH (association des accidentés de la vie) et l'Andeva (association nationale des victimes de l'amiante) avaient introduit un recours en excès de pouvoir contre ce texte. Malgré cette annulation, les deux associations « regrettent que le Conseil d'Etat n'ait pas souhaité répondre à la question de savoir s'il était légitime, en droit, de faire payer aux victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle le coût des dépenses de santé générées par la faute de l'employeur, sans pouvoir se retourner vers celui-ci ». Et « si le Conseil d'Etat n'a pas remis en cause le principe même des franchises, il reconnaît implicitement que leur montant peut être de nature à compromettre le droit à la santé. Le gouvernement ne pourra plus augmenter indéfiniment leur montant », estime la FNATH. Du point de vue pratique, cette décision « devrait entraîner une modification dans la pratique des caisses », commente la FNATH. Alors que la CNAMTS qui interprète la décision "de façon différente et se contente actuellement de renvoyer la balle au ministère du Travail", rapporte la lettre Protection sociale informations (20 mai).

lundi 13 avril 2009

Exposition environnementale à l’amiante: état des lieux

Un rapport relatif à l’exposition environnementale à l’amiante (1) a été mis en ligne le 26 mars par la Haute autorité de santé (HAS). Il s’inscrit dans le cadre du Plan national Santé environnement (PNSE I) 2004-2008.Le rapport a consisté en une analyse de la littérature scientifique et au recueil d’avis de professionnels de santé. Il a notamment porté sur l’évaluation de la toxicité potentielle des rejets industriels contenant de l’amiante dans l’environnement. Selon l’OMS, 5% de la population des pays industrialisés seraient exposés à des concentrations environnementales élevées d’amiante, pouvant atteindre les niveaux de l’exposition professionnelle. «Au regard des données disponibles en 2008, il est impossible de préciser le pourcentage de la population française qui a été exposée à l’amiante et (…) le pourcentage qui développa une pathologie», souligne cependant la HAS.L’exposition environnementale correspond à l’exposition via l’air extérieur et intérieur à des fibres d’amiante naturelles ou issues de la dégradation de produits en contenant. Des pathologies liées à l’amiante ont été observées dans les populations vivant aux alentours de sites industriels (comptoir des minéraux et matières premières d’Aulnay-sous-Bois), dans les locaux comportant des flocages dégradés (université de Jussieu à Paris) et près des sites naturels de gisement d’amiante (Corse).(1) « Exposition environnementale à l’amiante : état des données et conduite à tenir»

Des cosmétiques contaminés par l’amiante


Les médias Sud Coréens ont fait état du retrait du marché par la Korean Food and Drug Administration (KFDA) de plusieurs cosmétiques et poudres pour bébés accusés d’être contaminés par de l’amiante.
Parmi les produits retirés du marché on trouve une poudre pour le visage, une ombre compacte deux teintes, une base de maquillage et un fond de teint visage. La source de la contamination se trouverait dans un talc importé de Chine par différents distributeurs. Plus de 300 sociétés cosmétiques, pharmaceutiques et de produits pour bébés sont suspectées d’avoir acheté le talc contaminé.
La KFDA a affirmé qu’une interdiction serait mise en place sur tous les produits suspects de contamination aussitôt qu’une liste complète des sociétés concernées aura été compilée et vérifiée. Bien que l’amiante soit nocif pour l’homme en affectant les poumons, la KFDA a indiqué qu’aucun effet négatif des poudres cosmétiques contenant de l’amiante n’a été signalé.
L’alerte a touché la Chine où le distributeur des produits pour bébé Nuk a ordonné un rappel national et promis des remboursements. La poudre pour bébé est actuellement en cours d’analyse par l’Administration for Quality Supervision, Inspection and Quarantine (AQSIQ).

lundi 6 avril 2009

Le talc pour bébés allemand NUK fait l'objet d'une enquête en Chine

Le talc pour bébés NUK, qui pourrait contenir une substance interdite, fait actuellement l'objet d'une enquête en Chine et sera retiré de la vente, a annoncé dimanche l'Administration d'Etat pour le Contrôle de la Qualité, l'Inspection et la Quarantaine (ACQIQ).
Les autorités coréennes ont mené des tests sur 30 types de talc pour bébés et ont découvert que 12 d'entre eux contenaient de l'amiante, une substance cancérigène, dont la célèbre marque allemande NUK.
Suzhou Debao Baby Supplies Co., Ltd, agent général de NUK en Chine, a importé 11,6 tonnes de produits semi-finis fabriqués par son partenaire coréen, Boryung Pharmaceutical Co., Ltd, entre mars 2008 et mars 2009, selon l'ACQIQ.
Debao a étiqueté les produits semi-finis au nom de la marque NUK pour les vendre sur le marché chinois, a-t-elle ajouté.
L'ACQIQ a mis sous scellés 48 boîtes de talc pour bébés NUK chez Debao lors de son inspection dans la compagnie et cette dernière a demandé à tous ses détaillants de retirer ces produits des rayons.

Amiante : « La prise en charge est parfois laissée de côté »


Pour le Dr Hubert Barbieux, président d'honneur du CAPRA, la prise en charge peut encore progresser.Le risque amiante existe-t-il toujours ?
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>> Il faut distinguer deux choses. D'abord, les maladies liées à l'amiante existent toujours chez les gens qui ont été exposés. Celles-ci peuvent se déclarer très longtemps après, en fonction de la durée et du niveau d'exposition, ce qui en fait un véritable enjeu de santé publique. Ensuite, il y a le risque d'exposition en tant que tel dans le milieu professionnel qui ne peut plus exister aujourd'hui, sauf à ce que des entreprises se mettent dans l'illégalité en utilisant de l'amiante.Comment se passe la prise en charge médicale des victimes de l'amiante ? >> La loi prévoit une surveillance post-professionnelle, que la Sécurité sociale doit prendre en charge. Le problème c'est que celle-ci est inégalement institutionnalisée sur le territoire, y compris dans des zones où on sait bien que l'amiante a été très employé comme isolant. Par exemple, la prise en charge est très bonne, au Havre ou à Rouen, sur les chantiers navals. Mais dans le Nord, cette prise en charge est un peu laissée de côté.Pourquoi ? >> Cette prise en charge demande des crédits. Tout est question de priorité. Si une caisse régionale d'assurance maladie estime que la prise en charge n'est pas une priorité de santé publique sur son territoire, peu de crédits seront affectés à son dépistage. Or le dépistage précoce de l'amiante est primordial. Sur le total des maladies liées à l'amiante, on compte 5 % de cancers du poumon. Plus il est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison. Si on peut éviter cinq cancers sur cent, ça peut valoir le coup. De plus, ce dépistage, qui se fait par un interrogatoire médical et des examens - radio, exploration du souffle et scanner thoracique - permet aussi une meilleure indemnisation des victimes, au titre d'une maladie professionnelle.L'indemnisation est-elle à la hauteur justement ? >> Les patients ont encore des difficultés à obtenir la reconnaissance de l'exposition à l'amiante comme maladie professionnelle. Et quand elle arrive, les taux sont faibles, souvent. D'une certaine manière, sans être similaire, le problème de l'amiante a des traits de ressemblance avec le problème de la silicose au moment de l'exploitation minière. À l'époque on disait, c'est le tabac, pas la silicose. Là c'est parfois la même chose.Quels sont les questionnements des victimes et de leurs proches que vous voyez passer dans votre service ?>> Il y a deux cas de figures. D'un côté, on a les personnes qui viennent parce qu'elles sont sensibilisées par des associations, qui n'ont rien, mais qui savent qu'elles ont été exposées et qui se demandent quels sont les risques pour demain. Et puis il y a ceux chez qui on trouve quelque chose, pas forcément très grave. Là, c'est l'inquiétude qui domine. Il faut rassurer, expliquer. C'est pour ça qu'un budget ciblé permettrait de dédramatiser, avec un suivi psychologique. Les patients ont encore des difficultés à obtenirla reconnaissance comme maladie professionnelle. Et quand elle arrive,les taux sont faibles, souvent.
Les Caisses Régionales d'Assurance Maladie ne sont pas promptes à prendre en compte le risque amiante, et pour cause, elles ont en leur sein des services PREGES qui sont restés passifs lorsque les industriels empoisonnaient leurs salariés. Ils ne voulaient pas faire entrave à la productivité des entreprises provoquée par ce matériau miracle à vil prix ! MC

mercredi 18 février 2009

les risques liés aux petites fibres ont été sous-estimés


Dans un avis sur la gestion des risques sanitaires liés à l'amiante, rendu public mardi 17 février, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) affirme qu'"une révision de la réglementation actuelle est justifiée". Cette recommandation vise à tenir compte des dangers avérés et potentiels des fibres fines et des fibres courtes de ce minéral, alors que seules les fibres longues sont prises en considération pour évaluer la pollution d'un lieu.

Peu coûteux, résistant au feu, aux frottements, comme aux agressions chimiques, l'"or blanc" avait tout pour plaire, et il a été massivement utilisé au cours du XXe siècle, même si, dès 1906, ses risques pour la santé commençaient à être connus. En France, son usage a été restreint à partir des années 1970, mais ce n'est qu'en 1997 que l'usage de l'amiante a été interdit. L'expertise collective effectuée en 1996 par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) évaluait à 100 000 le nombre des décès prévisibles liés à des expositions à l'amiante en France pour la période 1995-2025.
"La crise liée à l'amiante est à l'origine de la création de l'Afsset", estime le directeur général de l'Agence, Martin Guespereau, pour souligner l'importance du sujet. Mais, la réglementation en vigueur et les seuils en deçà desquels l'exposition humaine est considérée comme acceptable ne prennent en compte que les fibres longues d'amiante (FLA) : 100 fibres par litre d'air et par heure en exposition professionnelle ; 5 f/l en environnement général.
LES ÉCOLES DES ANNÉES 1970
Or, une publication scientifique de 2003 examinant les articles publiés concluait que les fibres d'amiante induisaient "une réponse pathologique quelle que soit leur longueur", ainsi que le résume l'avis de l'Afsset. L'Agence a été saisie par les autorités en février 2005 pour évaluer les risques sanitaires liés aux fibres courtes (FCA). Une saisine complémentaire, en 2007, a étendu le champ d'investigation aux fibres fines (FFA).
"Les experts que nous avons réunis sont arrivés à la conclusion que les FFA sont au moins aussi dangereuses que les fibres de plus grosse dimension. Pour les FCA, c'est plus compliqué : il n'y a pas de risque évident, mais on ne peut l'écarter", résume Martin Guespereau.
L'avis de l'Afsset aboutit à réviser et à actualiser la manière de calculer le contenu en fibres du "nuage" d'amiante. "Les FFA, que l'on peut à présent mesurer grâce à des progrès en matière de microscopie électronique, peuvent représenter 20 % du nuage", précise M. Guespereau. L'avis incite les pouvoirs publics à donner un "tour de vis" à la réglementation en abaissant les valeurs plafonds autorisées.
Les experts de l'Afsset citent l'exemple des revêtements de sol contenant de l'amiante, tels que l'on peut les trouver dans des écoles datant des années 1970. "Les passages répétés des chaussures des enfants abrasent ce revêtement. Dans une école, les mesures étaient négatives lorsqu'on ne recherchait que les FLA, explique Guillaume Boulanger de l'Afsset, qui a coordonné l'expertise. Les mesures des FCA ont révélé jusqu'à 630 fibres par litre d'air. Régulièrement nous retrouvons 100 à 200 fibres courtes par litre."
Les experts de l'Afsset ont associé des collègues étrangers à leurs recherches et le débat sur les FFA et les FCA est également mené aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Finlande. "Nous voulons resserrer les mailles du filet afin de diminuer autant que faire se peut les expositions, aussi bien professionnelles qu'en population générale", affirme M. Guespereau. L'Afsset finance également des études sur la concentration en FCA et FFA dans des centaines d'échantillons d'air prélevés en région parisienne, ou sur les problèmes liés à des affleurements naturels d'amiante (Corse, Nouvelle-Calédonie).
Les éléments nouveaux apportés par les experts de l'Afsset ne devraient pas modifier fondamentalement les prévisions du nombre de victimes de l'amiante, fondées sur des projections construites à partir des décès actuellement observés. Mais ils conduiront à mieux prévenir les expositions négligées. "Avec l'interdiction de 1997, la France a supprimé la majorité des expositions, mais le problème de l'amiante n'est pas encore réglé", estime Martin Guespereau.


dimanche 2 mars 2008

4es journées d’oncologie thoracique : Le point avec le Pr Douagui

«Plus de 70 % des cas de cancer pulmonaires sont causés par l’exposition à l’amiante», a notamment déclaré le Pr Habib Douagui, chef de service de pneumo-allergologie, lors d’un entretien au CHU Béni-Messous accordé à El Moudjahid à la veille des 4es journées de formation médicale continue en oncologie thoracique.
El Moudjahid : Professeur Douagui, le CHU de Béni-Messous et le service de pneumo-allergologie et d'oncologie thoracique que vous dirigez organisent les Quatrièmes Journées de Formation Continue en oncologie thoracique. Quels sont les objectifs de ces Journées de FMC et les thèmes abordés ?
Professeur Douagui : les objectifs de ces Journées de FMC en oncologie thoracique sont de sensibiliser les médecins généralistes et les médecins spécialistes des secteurs sanitaires et du secteur privé à mieux diagnostiquer et donc mieux soigner le fléau des temps modernes que sont les cancers en général et les cancers thoraciques en particulier. Le CHU de Béni-Messous s'est spécialisé depuis très longtemps dans la prise en charge de cette formation médicale continue qui est indispensable aujourd'hui, compte tenue des nouveautés et des avancées diagnostiques et thérapeutiques dans le domaine médical.
Les thèmes retenus au cours de cette quatrième année de FMC sont le diagnostic et la prise en charge du mésothéliome pleural (le cancer de la plèvre) et la lutte antitabac et le sevrage antitabagique : le tabac, comme vous le savez est responsable de la survenue de plus de 90 % des cancers du poumon. De prestigieux conférenciers internationaux assureront au côté de leurs collègues algériens, des conférences de très haut niveau dans le domaine du diagnostic du cancer de la plèvre, mais aussi dans la lutte antitabac et la thoracoscopie qui est un examen indispensable dans le diagnostic du mésothèliome : il s'agit des Professeurs Gharbi, Bakdach, Mecheri des hôpitaux de Paris et du professeur Hayouni de Tunis, tous des spécialistes internationaux de cette pathologie redoutable.
Pouvez-vous nous préciser ce qu’est un mésothéliome pleural, les signes qui doivent inciter le malade à consulter rapidement ? Le mésothéliome de la plèvre est un cancer qui se développe aux dépens de la plèvre qui est composée de deux feuillets qui entourent le poumon..Dans 70 à 80 % des cas, ce cancer est en rapport avec une exposition à l'amiante avec la quelle les malades exposés ont été en contact 30 à 40 ans auparavant : c'est vous dire la complexité de la maladie qui est insidieuse. Dans notre pays, près de 25.000 tonnes d'amiante dont 16.000 sont utilisées dans l'amiante ciment dans les usines situées à Alger, Bordj Bou-Arréridj et Zahana et dans les industries de friction fabrication des plaquettes de frein notamment à Alger et à Oran. Le risque est négligeable pendant les 10 années suivant la première exposition mais devient vraiment important après 30 ans. Les ouvriers travaillants dans les industries de l'amiante-ciment et les usines de fabrications de plaquettes de freins, les plombiers, les charpentiers, les électriciens et ouvriers du gaz sont les plus exposés. Les statistiques démontrent que la mortalité par mésothélionie augmente très rapidement depuis une vingtaine d'années. La surveillance des ouvriers du bâtiment ayant été au contact avec l'amiante pendant de nombreuses années doit être très stricte, sans cependant engendrer de panique. Les fibres d'amiante les plus dangereuses sont les fibres de plus de 5 à 8 microns de longueur et de diamètre inférieur à 1,5 microns. Une fois dans le poumon, les fibres d'amiante atteignent la plèvre pariétale, soit directement ou par voie lymphatique, et se concentrent dans les structures lymphatiques spécifiques. Nous ne connaissons malheureusement pas le nombre de ces cancers de la plèvre car il n'y a pas encore un registre national de déclaration de cette maladie. Entre 600 et 900 nouveaux cas de mésothéliome sont déclarés en France par an. Ce cancer se caractérise par un épanchement liquidien entre les deux feuillets de la plèvre, liquide le plus souvent hémorragique, récidivant et douloureux, mais parfois par un simple épanchement pleural banal sans spécificité. L'âge moyen de la maladie est de 60 ans. La prédominance masculine est très importante. Le signe de début est le plus souvent une pleurésie qui semble banale. Cependant, une pesanteur et une douleur sont fréquemment notées. Chez les travailleurs exposés à l'amiante il faut donc, devant un tableau banal, penser à un mesothéliome et mettre en œuvre les examens complémentaires indispensables pour parvenir au diagnostic. Le diagnostic sera facilité, par la radiologie pulmonaire par scanner thoracique et surtout par une thoracoscopie, c'est-à-dire par la mise en place d'un trocart muni d'un système d'optique dans la cavité pleurale cet examen capital ne se fait malheureusement que dans un seul service spécialisé en Algérie, alors que nous devrions posséder au moins quatre à cinq centres par région sanitaire. La thoracoscopie permet ensuite de suivre l'évolution de la maladie et son extension éventuelle. Il faut savoir que le diagnostic est difficile à poser au début de l'évolution mais cependant indispensable à poser rapidement car il permet le traitement précoce.
Professeur Douagui, quel est le traitement de cette maladie ? Il est fonction du stade de découverte de la maladie. C'est pourquoi il est primordial d'avoir un diagnostic précoce, le médecin généraliste qui voit le malade en premier, devra l'adresser en urgence absolue à un centre spécialisé en pneumologie et en oncologie thoracique. L'équipe soignante pourra adopter différents protocoles, par exemple au stade précoce un traitement endopleural par chimiothérapie et immunothérapie, par interleukine 2 (1L2) et interféron gamma (IF'N gamma), parait le plus utile, parfois suivi de chirurgie et de radiothérapie ciblée. Le pronostic du mésothéliome, malgré les progrès très importants faits actuellement reste réservé. Plus le diagnostic et le traitement sont précoces, meilleur est le pronostic.
Quelles sont les recommandations que vous allez faire au cours de ces Quatrièmes Journées de FMC en oncologie thoracique ? La première est d'instituer un programme national de FMC en direction des médecins généralistes et spécialistes à travers le territoire national afin de former ces médecins à diagnostiquer de manière précoce l'ensemble des cancers et en particuliers les cancers de la plèvre et de mettre en place une lutte antitabac efficace. Nous proposerons également aux Autorités de Tutelle la création en urgence d'un service de Chirurgie Thoracique au CHU de Béni-Messous qui abrite 3 services de peumologie. En effet, le service de chirurgie thoracique du CHU de Mustapha ne suffit plus pour prendre en charge tous les malades de la région d'Alger et parfois également ceux de l'intérieur du pays. Nous souhaiterions que ce service soit un pôle d'excellence et qu'il puisse abriter deux unités modernes essentielles à la prise en charge de l'oncologie thoracique, à savoir une unité de thoracoscopie et d'endoscopie interventionnelle avec un centre de laser : cette unité moderne dans la prise en charge des cancers thoraciques est absolument indispensable et serait la première du genre dans les pays du Maghreb, La surveillance stricte des populations et des professions exposées au risque de l'amiante, le désamiantage des bâtiments construits avec de l'amiante, doivent être des priorités absolues pour les responsables de la santé publique et pour les médecins du travail.Enfin, un registre national des cas de mésothéliome (cancers de la plèvre doit être mis en place pour connaître le nombre de cas chaque année et les tendances évolutives de la maladie.
Propos recueillis par N. R.
Source : http://www.elmoudjahid.com

jeudi 13 décembre 2007

Rapport " Pour une politique nutritionnelle de santé publique en France "

Depuis le début des années 1970, de très nombreux travaux issus de la recherche fondamentale, clinique et épidémiologique ont cherché à identifier et à préciser le rôle de certains facteurs nutritionnels susceptibles d’intervenir en tant que facteurs de risque, ou au contraire de protection, vis-à-vis du développement de maladies chroniques ou sur la qualité de la santé.
Les évidences épidémiologiques Fruits et légumes et cancer
L’une des principales évidences actuelles sur la relation entre l’alimentation et le cancer, largement reconnue par tous les comités d’experts, est l’effet protecteur des fruits et des légumes sur la plupart des cancers, en particulier ceux des voies aérodigestives supérieures (cavité buccale, larynx, pharynx, œsophage), de l’estomac, du poumon et du côlon et rectum. Au cours de ces 30 dernières années, plus de 250 études de type cas-témoin, cohorte ou écologique ont été menées à travers le monde pour étudier la relation entre la consommation de fruits et/ou légumes et le cancer. Dans près de 80% d’entre elles, on a pu mettre en évidence un effet protecteur d’un ou plusieurs groupes de fruits ou légumes (WCRF/AICR, 1997). Pour la plupart des sites de cancers, les sujets dont les apports en fruits et légumes sont les plus faibles (premier quartile dans la distribution des consommations) ont un risque de cancer de 1,5 à 2 fois plus élevé que les sujets ayant les niveaux d'apports initiaux les plus élevés. Dans certains cas, on a également pu observer un rôle plus spécifique de certains fruits ou légumes. Par exemple pour le cancer de l’estomac on a mis en évidence, en plus de l’effet globalement protecteur des fruits et légumes, un effet plus spécifiquement attribuable aux agrumes. Pour les cancers de la bouche et du pharynx, l’effet protecteur est plus directement associé à une consommation élevée d’agrumes et légumes verts.
Le groupe des fruits et des légumes n’est pas une source énergétique importante de l’alimentation (moins de 5 %), mais il constitue l’une des principales sources en fibres, vitamines, minéraux et autres composants biologiquement actifs. L’effet protecteur des fruits et des légumes pourrait s’expliquer ainsi par l’action de plusieurs de ces composants alimentaires dont les activités biologiques individuelles ou synergiques, démontrées sur des modèles expérimentaux cellulaires ou animaux, auraient un effet inhibiteur sur le développement du cancer. Plusieurs hypothèses actuelles sur le mode d’action des facteurs alimentaires tels que les vitamines et minéraux (notamment ceux ayant une activité antioxydante), particulièrement riches dans les fruits et les légumes, suggèrent différents mécanismes d’action possibles (Decloître et al., 1996b). Certains de ces minéraux, vitamines et microconstituants interviendraient dans la régulation de systèmes enzymatiques de métabolisation (neutralisation et élimination) des composés cancérogènes. D’autres, comme la vitamine C et les caroténoïdes (et la vitamine E) par exemple, interviendraient plus directement sur la protection de la molécule d’ADN, en prévenant l’action pro-oxydante des radicaux libres. Certains composés des fruits et des légumes favoriseraient et restaureraient les transmissions des signaux intercellulaires, altérées lors du développement tumoral par l’activation d’oncogènes et/ou l’inactivation des gènes suppresseurs de tumeurs, et dans la régulation des mécanismes de prolifération et différenciation cellulaire (vitamines, calcium). Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de certitudes sur les mécanismes de protection ou d’initiation/promotion impliqués dans le développement tumoral, et sur les composants alimentaires spécifiques qui seraient concernés. Ceci explique la prudence des recommandations préventives actuelles qui restent globales sur la consommation de " fruits/légumes ", sans donner de recommandations sur des composants alimentaires spécifiques.
Source : http://www.sante.gouv.fr

Cancer du poumon : des marqueurs sanguins

Un test sanguin dosant quatre protéines sériques pourrait permettre de distinguer un cancer du poumon avec 80 % de chances d'exactitude, annonce une équipe de la Duke University (Durham, Caroline du Nord). Ce test sanguin pourrait conduire à un suivi moins invasif pour les patients qui présentent une lésion pulmonaire suspecte à l'imagerie, permettant de guider la prise en charge (surveillance ou intervention immédiate). L'objectif ultime de ce test sanguin serait le dépistage des individus à haut risque de cancer du poumon, avant toute imagerie.

jeudi 29 novembre 2007

Demandez un scanner pour le dépistage de l’amiante


Le 15 janvier 1999, une conférence du consensus émet des conclusions et des recommandations, en toute indépendance, sur la surveillance médicale clinique des personnes exposées à l’amiante.
Les experts réunis sont des pneumologues, médecins du travail, médecins inspecteurs du travail, cancérologues, hygiénistes industriels, médecins généralistes, anamo-pathologistes, spécialistes de l’imagerie thoracique, responsables de la santé publique.
Ils indiquent que la radiographie de face est actuellement le seul examen recommandé par les textes, tout en soulignant son manque de sensibilité. La technique de tomodensitométrie (TDM ou scanner) représente une irradiation 100 fois supérieure à la radiographie, mail il est possible de la diminuer considérablement par le choix judicieux des paramètres d’exposition et par une protection de la thyroïde et des seins chez la femme jeune.
La sensibilité de la TDM pour le dépistage de nodules pulmonaires est supérieure à celle de la radiographie. Pour la détection de la pathologie interstitielle diffuse, la TDM est plus sensible que la radiographie.
Pour la détection des plaques pleurales, la TDM est plus sensible et plus spécifique que la radiographie qui peut confondre plaques, graisse extrapleurale et musculature thoracique. Il n’y a pas de données qui démontrent la supériorité de la TDM par rapport à la radiographie thoracique dans le dépistage du cancer broncho-pulmonaire.
Cependant de nombreux médecins préfèrent prescrire des radios plutôt que des TDM, n’hésitant pas à se réfugier derrière l’argument selon lequel ils veulent éviter une irradiation forte. Il est important que les médecins appliquent ce qui est recommandé par la conférence du consensus : faire le point par TDM après 10 ans, puis tous les six ans en cas d’exposition forte ; faire le point par TDM après 20 ans puis tous les 10 ans en cas d’une exposition intermédiaire.
Il faut également noter qu’une expérience pilote a été menée de 2003 à 2005 en Normandie, en Rhône-Alpes et en Aquitaine : 6 000 retraités ont passé simultanément une radio puis un scanner.
Les résultats sont clairs et significatifs : il y a cinq fois plus d’anomalies décelées par le scanner que par la radio. Si le médecin persiste à vouloir prescrire une radio, il ne faut pas hésiter à le mettre face à ses responsabilités.
De nombreux médecins généralistes envoient leurs patients passer une radio, et au cas où le radiologue détecterait quelque chose, ils envoient au scanner. Cette attitude est semblable à celle de quelqu'un qui essaierai de voir loin avec ses yeux, et s'il apperçoit quelque chose, il prend ses jumelles. en faisant celà, il ne verra pas grand chose.
Lorsqu'une radio révèle quelque chose, c'est énorme!
Mais il ne faut pas se contenter du rapport du radiologue qui n'est souvent pas fiable. Nous conseillons aux personnes qui ont été exposées de consulter également un pneumologue qui ait des conaissances dans les pathologies de l'amiante, ce qui est loin d'être évident.
Dans tous les cas, nous conseillons de prendre contact avec les bénévoles du réseau ANDEVA le plus près de chez vous, afin de ne prendre le moins de risque possible.
A la suite des déboires que nous avons rencontrés auprès de certains praticiens, l'ARDEVA SUD EST a rédigé une liste noire des pneumologues à éviter. Pour des raisons de confidentialité, cette liste ne peut être consultée que par les adhérents de l'association, auprès des responsables de l'association.