Pour le Dr Hubert Barbieux, président d'honneur du CAPRA, la prise en charge peut encore progresser.Le risque amiante existe-t-il toujours ?
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>> Il faut distinguer deux choses. D'abord, les maladies liées à l'amiante existent toujours chez les gens qui ont été exposés. Celles-ci peuvent se déclarer très longtemps après, en fonction de la durée et du niveau d'exposition, ce qui en fait un véritable enjeu de santé publique. Ensuite, il y a le risque d'exposition en tant que tel dans le milieu professionnel qui ne peut plus exister aujourd'hui, sauf à ce que des entreprises se mettent dans l'illégalité en utilisant de l'amiante.Comment se passe la prise en charge médicale des victimes de l'amiante ? >> La loi prévoit une surveillance post-professionnelle, que la Sécurité sociale doit prendre en charge. Le problème c'est que celle-ci est inégalement institutionnalisée sur le territoire, y compris dans des zones où on sait bien que l'amiante a été très employé comme isolant. Par exemple, la prise en charge est très bonne, au Havre ou à Rouen, sur les chantiers navals. Mais dans le Nord, cette prise en charge est un peu laissée de côté.Pourquoi ? >> Cette prise en charge demande des crédits. Tout est question de priorité. Si une caisse régionale d'assurance maladie estime que la prise en charge n'est pas une priorité de santé publique sur son territoire, peu de crédits seront affectés à son dépistage. Or le dépistage précoce de l'amiante est primordial. Sur le total des maladies liées à l'amiante, on compte 5 % de cancers du poumon. Plus il est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison. Si on peut éviter cinq cancers sur cent, ça peut valoir le coup. De plus, ce dépistage, qui se fait par un interrogatoire médical et des examens - radio, exploration du souffle et scanner thoracique - permet aussi une meilleure indemnisation des victimes, au titre d'une maladie professionnelle.L'indemnisation est-elle à la hauteur justement ? >> Les patients ont encore des difficultés à obtenir la reconnaissance de l'exposition à l'amiante comme maladie professionnelle. Et quand elle arrive, les taux sont faibles, souvent. D'une certaine manière, sans être similaire, le problème de l'amiante a des traits de ressemblance avec le problème de la silicose au moment de l'exploitation minière. À l'époque on disait, c'est le tabac, pas la silicose. Là c'est parfois la même chose.Quels sont les questionnements des victimes et de leurs proches que vous voyez passer dans votre service ?>> Il y a deux cas de figures. D'un côté, on a les personnes qui viennent parce qu'elles sont sensibilisées par des associations, qui n'ont rien, mais qui savent qu'elles ont été exposées et qui se demandent quels sont les risques pour demain. Et puis il y a ceux chez qui on trouve quelque chose, pas forcément très grave. Là, c'est l'inquiétude qui domine. Il faut rassurer, expliquer. C'est pour ça qu'un budget ciblé permettrait de dédramatiser, avec un suivi psychologique. Les patients ont encore des difficultés à obtenirla reconnaissance comme maladie professionnelle. Et quand elle arrive,les taux sont faibles, souvent.
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>> Il faut distinguer deux choses. D'abord, les maladies liées à l'amiante existent toujours chez les gens qui ont été exposés. Celles-ci peuvent se déclarer très longtemps après, en fonction de la durée et du niveau d'exposition, ce qui en fait un véritable enjeu de santé publique. Ensuite, il y a le risque d'exposition en tant que tel dans le milieu professionnel qui ne peut plus exister aujourd'hui, sauf à ce que des entreprises se mettent dans l'illégalité en utilisant de l'amiante.Comment se passe la prise en charge médicale des victimes de l'amiante ? >> La loi prévoit une surveillance post-professionnelle, que la Sécurité sociale doit prendre en charge. Le problème c'est que celle-ci est inégalement institutionnalisée sur le territoire, y compris dans des zones où on sait bien que l'amiante a été très employé comme isolant. Par exemple, la prise en charge est très bonne, au Havre ou à Rouen, sur les chantiers navals. Mais dans le Nord, cette prise en charge est un peu laissée de côté.Pourquoi ? >> Cette prise en charge demande des crédits. Tout est question de priorité. Si une caisse régionale d'assurance maladie estime que la prise en charge n'est pas une priorité de santé publique sur son territoire, peu de crédits seront affectés à son dépistage. Or le dépistage précoce de l'amiante est primordial. Sur le total des maladies liées à l'amiante, on compte 5 % de cancers du poumon. Plus il est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison. Si on peut éviter cinq cancers sur cent, ça peut valoir le coup. De plus, ce dépistage, qui se fait par un interrogatoire médical et des examens - radio, exploration du souffle et scanner thoracique - permet aussi une meilleure indemnisation des victimes, au titre d'une maladie professionnelle.L'indemnisation est-elle à la hauteur justement ? >> Les patients ont encore des difficultés à obtenir la reconnaissance de l'exposition à l'amiante comme maladie professionnelle. Et quand elle arrive, les taux sont faibles, souvent. D'une certaine manière, sans être similaire, le problème de l'amiante a des traits de ressemblance avec le problème de la silicose au moment de l'exploitation minière. À l'époque on disait, c'est le tabac, pas la silicose. Là c'est parfois la même chose.Quels sont les questionnements des victimes et de leurs proches que vous voyez passer dans votre service ?>> Il y a deux cas de figures. D'un côté, on a les personnes qui viennent parce qu'elles sont sensibilisées par des associations, qui n'ont rien, mais qui savent qu'elles ont été exposées et qui se demandent quels sont les risques pour demain. Et puis il y a ceux chez qui on trouve quelque chose, pas forcément très grave. Là, c'est l'inquiétude qui domine. Il faut rassurer, expliquer. C'est pour ça qu'un budget ciblé permettrait de dédramatiser, avec un suivi psychologique. Les patients ont encore des difficultés à obtenirla reconnaissance comme maladie professionnelle. Et quand elle arrive,les taux sont faibles, souvent.
Source : http://www.nordeclair.fr/
Les Caisses Régionales d'Assurance Maladie ne sont pas promptes à prendre en compte le risque amiante, et pour cause, elles ont en leur sein des services PREGES qui sont restés passifs lorsque les industriels empoisonnaient leurs salariés. Ils ne voulaient pas faire entrave à la productivité des entreprises provoquée par ce matériau miracle à vil prix ! MC
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