Affichage des articles dont le libellé est victimes environnementales Nouvelle Calédonie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est victimes environnementales Nouvelle Calédonie. Afficher tous les articles

dimanche 22 mai 2016

Amiante dans une école de l’Haÿ : « aucune consultation médicale nécessaire »

Les résultats des mesures d’amiante dans l’air à l’école maternelle des Garennes sont tombés. Si la présence d’amiante est bien confirmée « les analyses font toutefois apparaître un niveau de fibres très inférieur au seuil d’inquiétude (moins de une fibre par litre alors que le seuil est à cinq) », indique la municipalité (LR) dans un communiqué.
Selon elle, « aucune consultation médicale n’est nécessaire » d’après l’Agence régionale de Santé (ARS). « Sur le papier, c’est rassurant. Maintenant, il faut voir ce que ça donne », indique Fabienne Heilbronn, représentante FCPE des parents d’élèves, par ailleurs conseillère municipale PS.L’école a fermé vendredi dernier après la découverte de matériaux sous les planches recouvrant les radiateurs. Elle le restera donc jusqu’à la fin de l’année pour permettre des travaux de désamiantage dont le coût est estimé à 100 000 €. Une réunion publique est confirmée lundi prochain à 18 heures au Moulin de la Bièvre, en présence d’un expert de l’amiante et de l’ARS.

Mais le maire, Vincent Jeanbrun (LR), réagit sur un autre aspect du dossier. Il « s’interroge sur les conditions d’attribution du marché public passé sous l’ancienne municipalité ». La société concernée, à qui on avait fait appel pour un diagnostic en 2006, n’avait pas relevé d’amiante à risque. « Il était impossible pour un professionnel de passer à côté de ces plaques d’amiante directement accessibles », estime le maire. D’après lui, la société qui a décroché le marché serait présidée par le fils de l’ex-directeur du centre technique municipal de L’Haÿ, « ce même directeur qui instruisait le dossier et participait à la commission d’appel d’offres » : « C’est pourquoi la ville va porter plainte afin que toute la lumière soit faite sur cette histoire et que les responsables soient poursuivis », reprend-il.
Un ancien élu de la majorité tacle la manière de procéder du maire : « Il remet systématiquement en cause ce qui a été fait. Ça n’est pas correct. Si le marché a été attribué légalement, ça n’est pas ce qui remet en cause la qualité de l’expertise. Les enfants peuvent avoir gratouillé ou mis des coups dans les plaques après. Il faudrait interroger la société. » Contactée hier, celle-ci n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Source http://www.leparisien.fr/

dimanche 10 août 2014

Le Jean-Monnet sera bientôt abandonné

LUXEMBOURG - Le principe de précaution sera appliqué au bâtiment européen du Kirchberg, infesté d’amiante, pour «éviter de mettre le personnel en danger».
 
Les syndicats avaient réclamé lundi de «mettre le bâtiment sous scellés». Le Jean-Monnet (JMO1) sera effectivement abandonné «dans les prochains mois» par les services de la Commission européenne, en raison de la forte présence d’amiante dans l’immeuble construit dans les années 1970.
La décision a été prise ce mardi à Bruxelles, lors d’une rencontre entre le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, et le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič. «Le risque lié à la présence d’amiante a été confirmé par les experts» ont convenu les deux hommes, dans un communiqué.

En attendant le «JMO2» en 2020 ou 2021


Le principe de précaution sera donc bel et bien appliqué pour «éviter de mettre le personnel en danger». Deux cas de maladie grave liés à cette amiante ont déjà été rapportés. Les syndicats affirmaient en outre vendredi qu’un décès aurait été causé par cette matière dangereuse mais très utilisée dans la construction dans les années 1960 et 1970.
Avant de vider définitivement les locaux infestés, dans lesquels plus de 1 500 fonctionnaires travaillent, il faudra trouver un moyen pour permettre aux services de la Commission de continuer à fonctionner correctement. Un déménagement était prévu, mais à plus long terme. Le bâtiment Jean-Monnet 2 doit en effet être livré en 2020 ou 2021.


lundi 31 janvier 2011

La Corse et la Nouvelle-Calédonie victimes de l'amiante naturelle


Un rapport d'étude de l'Anses confirme le risque sanitaire posé par les affleurements d'amiante...
Une école maternelle contaminée à l’amiante à un taux qui suffirait à faire évacuer une usine. C’est ce qui se passe à Murato, commune de Haute-Corse à 25km de Bastia. Les affleurements naturels d’amiante ont été reconnus comme un risque sanitaire par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) dans un rapport d’étude publié le 2 novembre. Un début de victoire pour les associations de victimes qui se battent pour que l’Etat reconnaisse la gravité de la situation et aide les collectivités locales à agir.

41% des plus de 50 ans ont des lésions liées à l’amiante
Les roches de Corse et de Nouvelle-Calédonie contiennent naturellement de l’amiante, mais les creusements, pour construire des bâtiments, des routes ou exploiter des mines, ont dégagé les particules d’amiante en grande quantité, mettant en péril la santé des travailleurs et des populations locales. A Murato, l’Anses a observé que 41% des personnes de plus de 50 ans ont des plaques pleurales (lésions de la plèvre) dues à l’amiante.

Selon Alain Bobbio, de l’Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante), c’est la construction d’immeubles qui est en cause en Corse: «Les excavations présentaient des dangers importants mais on a distribué des permis de construire autour de Bastia car les enjeux financiers étaient considérables», explique-t-il à 20minutes.fr. En Nouvelle-Calédonie, ce sont les mines de nickel qui seraient responsables de la diffusion de particules d’amiante dans l’air.

Le risque sanitaire reconnu par l’Anses
Avec le rapport de l’Anses, le risque sanitaire des affleurements naturels d’amiante est enfin reconnu, après des années de «minimisation» par les pouvoirs publics: «Il existe des documents accablants depuis le début des années 1990, explique Alain Bobbio. On aurait pu éviter en partie la contamination en ne construisant pas dans les zones amiantifères».

Les associations de défense des victimes de l’amiante espèrent aujourd’hui que le rapport de l’Anses mettra le gouvernement au pied du mur. Selon eux, il faudrait une extension de la possibilité d’arrêter un chantier si la présence d’amiante est suspectée et un renforcement du rôle des inspecteurs du travail pour sanctionner les contrevenants.

Source : http://www.20minutes.fr/

mercredi 26 décembre 2007

Les bons chiffres sur l’amiante

A la suite de l’article paru dans notre édition du 24 décembre relatif aux réunions techniques organisées en marge du comité des signataires, l’association pour la défense des victimes de l’amiante en Nouvelle-Calédonie tient à apporter les précisions suivantes : - A propos de la répartition des participations au budget du fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante, la part apportée par les caisses de sécurité sociale (branches accidents du travail et maladies professionnelles) est de 87 % et non de 70 %.- Par aillleurs, dix-neuf dossiers de victimes calédoniennes ont été déposés au FIVA en vue d’une demande d’indemnisation à l’initiative de l’Adeva-NC. Cinq autres dossiers sont en cours de constitution. « Dans tous ces dossiers, il n’y a aucun cas avéré de victime de la trémolite. Les documents médicaux qui attestent les pathologies concernées ne font état que du terme générique « amiante » car il est très difficile, sans investigations approfondies, de différencier les fibres de trémolite de celles de chrysotile », précise l’association.

jeudi 24 mai 2007

La Nouvelle-Calédonie malade de sa poussière d'amiante


Nickel, chrome, cobalt... le Caillou est un véritable eldorado minier. Mais, revers de la médaille, il recèle aussi de l'amiante. Où ? Dans quelle proportion ? De quel type ?
Depuis deux ans, une vaste expertise est en cours, sous l'égide du gouvernement local, pour identifier les zones potentiellement dangereuses. L'objectif étant, comme l'a recommandé, en février 2006, la mission d'information sur les risques et les conséquences de l'exposition à l'amiante de l'Assemblée nationale, "de sortir des incertitudes sur la situation en Nouvelle-Calédonie". Et elles sont légion.
"On tâtonne, on est un peu dans l'inconnu, mais on sait que le risque zéro sera difficile vu l'histoire géologique du pays", reconnaît Caroline Fuentes, responsable santé-environnement à la direction des affaires sanitaires et sociales.
Début mai, une mission d'experts métropolitains, associant BRGM (Bureau de recherche géologique et minière), LEPI (Laboratoire d'études des particules inhalées) et Inserm, est venue valider les premiers travaux des équipes locales et aider à la définition de protocoles pour minimiser les risques. "C'est un sujet assez difficile à traiter, peu rencontré à part en Corse", reconnaît Bernard Robineau du service de la géologie.
Mais les chiffres sont là. L'incidence du mésothéliome, cancer dû à l'amiante, est, en Nouvelle-Calédonie (240 000 habitants), trente fois supérieure à la moyenne mondiale et les cancers pulmonaires sont anormalement élevés. Dans ce territoire français, où de surcroît le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva) n'a toujours pas été rendu applicable, l'amiante fait, selon les sources, entre seize et trente morts par an.
Le risque est seize fois plus élevé chez les Mélanésiens que chez les Européens. Et pour cause. La toute première identification du risque amiante en Nouvelle-Calédonie date de 1994, lorsque l'Inserm désigne l'utilisation d'un badigeon blanchâtre pour enduire les cases kanakes, le Pö, confectionné avec une roche friable : la trémolite. C'est l'administration coloniale qui à l'origine avait recommandé aux Kanaks de "blanchir" leurs habitations pour donner un aspect plus propre aux tribus. De la famille des amphiboles, la trémolite, dont les fibres sont particulièrement longues, est la forme la plus dangereuse d'amiante. Des analyses avaient révélé, lors des activités ménagères, des concentrations pouvant être supérieures à 7 000 fibres par litre d'air, alors que la valeur seuil dans les bâtiments est de cinq fibres.
Mais en dépit de ce grand ménage, le trouble a persisté. Président de l'Adeva-NC (Association de défense des victimes de l'amiante), André Fabre affirme qu'on "s'est polarisé à l'origine sur la trémolite pour ne pas nuire à l'industrie du nickel", pilier de l'économie locale.
Géologiquement indissociable du nickel, l'amiante est en effet présent sous forme de chrysotile, au pied des massifs. Des mesures préventives sont cependant appliquées depuis quelques années par les industriels. Selon le Service des mines, qui reconnaît toutefois que "le bitumage des pistes serait la meilleure solution", les relevés sur les mines en exploitation ont donné des seuils "largement en dessous" des normes réglementaires.
D'après les premiers résultats de la cartographie en cours, c'est la trémolite qui reste le principal danger. Car si les cases enduites de Pö ont été quasiment éradiquées, les affleurements eux sont toujours bien présents dans la nature. Géographe de la santé, Marianne Houchot a travaillé dans la vallée de la Hienghène (nord-est) où sont installées des petites tribus kanakes. Là, des enfants jouent sur des sols trémolitiques, des habitations sont totalement empoussiérées et des travaux sont réalisés sans aucune précaution. Sur des plaquettes "test", pas moins de 3 000 fibres par cm2 ont été relevées à l'intérieur d'une maison, après un mois d'exposition. Le chiffre atteint 50 000 sur une piste, qui mène à la tribu de Tiendanite.
Dans un premier temps, les autorités vont recommander aux populations exposées des mesures de précaution pour limiter la dispersion des fibres (arrosage, végétalisation, isolement...), et avant tout chantier financé par des fonds publics, l'avis d'un géologue sera rendu obligatoire. Quant aux quelque 5 000 km de pistes, recouvertes de roches dangereuses, celles traversant des zones habitées devraient être recouvertes. Un moindre mal.
Source: http://www.lemonde.fr/