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lundi 28 juin 2010

AMIANTE : Les Etats-Unis font la chasse à l’amiante

Le Sénat américain ayant adopté une résolution officialisant la création de la National Asbestos Awareness Week, la Semaine nationale de sensibilisation à l’amiante se déroulera désormais tous les ans au cours de la première semaine du mois d’avril, la première ayant eu lieu ce mois-ci Les parlementaires américains ont reçu pour ce vote les félicitations de l’ADAO, l'Asbestos Disease Awareness Organization, la plus grande association de défense des victimes de l’amiante (asbestos).

L’ADAO a par ailleurs pressé le secrétaire général à la Santé d’alerter la population sur les graves dangers de l’exposition à l’amiante, « un carcinogène connu », dit-elle, dans la foulée de cette semaine nationale de sensibilisation, car « les Américains ont le droit et veulent savoir comment se protéger de l’amiante dans leur maison et sur le lieu de travail »…
L’exposition à l’amiante, sous forme de poussière inhalée, expose à l’asbestose, au mésothéliome (cancer de la plèvre) et au cancer p...

dimanche 21 mars 2010

Les héros du 11-Septembre seront indemnisés


Des milliers de pompiers, policiers et ouvriers new-yorkais ont été intoxiqués dans les décombresdes tours jumelles. Ils devraient se partager plus de 650 millions de dollars.
Huit ans et demi après les attentats du 11-Septembre, New York fait justice aux héros de Ground Zero, ces milliers de pompiers, policiers et ouvriers du bâtiment qui ont combattu l'incendie, évacué les victimes et dégagé les décombres du World Trade Center. Nombre d'entre eux ont contracté, dans la fumée et la poussière chargée d'amiante, des maladies respiratoires, parfois des cancers. Un accord, conclu hier, va permettre de les indemniser. Et d'assainir le climat.
« Pourquoi a-t-il fallu attendre ? »
Depuis 2003, 10 000 plaintes s'étaient accumulées sur les bureaux des juges, visant la municipalité de New York et les dizaines d'entreprises qui ont déblayé les milliers de tonnes de gravats laissées par l'effondrement des tours jumelles. La plupart accusaient la ville et leurs patrons de n'avoir pas fourni les protections indispensables. L'un d'eux, Raymond Hauber, un pompier de 47 ans, est mort il y a trois ans, d'un cancer de l'oesophage, avant que la justice ait examiné sa plainte.
L'accord signé h ier pourrait couper court aux procès qui devaient débuter en mai. Il a été conclu entre WTC Captive Insurance, un assureur créé exprès et doté de 1,1 milliard de dollars par l'Agence fédérale de gestion des catastrophes (Fema). « C'est un bon compromis, a déclaré Marc Bern, l'avocat de 9 000 plaignants. Ces hommes et ces femmes héroïques vont recevoir une juste compensation pour leurs souffrances, leurs salaires perdus et leurs dépenses médicales. »
Les intoxiqués du 11-Septembre pourraient toucher un total de657,5 millions de dollars d'indemnités. Individuellement, cela représentera entre quelques milliers et 1,1 million de dollars, selon la gravité, vérifiée par un expert, des affections. Encore faut-il que 95 % des plaignants ratifient le protocole, qualifié de « juste et raisonnable » par le maire de New York, Michael Bloomberg. Plus de 20 millions de dollars doivent couvrir les personnes dont la maladie se déclarerait ultérieurement.
L'amertume prévaut toutefois chez nombre de victimes, à l'image de Kenny Specht, 41 ans, ancien pompier atteint d'un cancer de la thyroïde. « Cet accord me permet de protéger l'avenir de ma famille, déclare-t-il au New York Times, mais pourquoi des familles qui ont enterré l'un des leurs ont-elles dû attendre aussi longtemps ? »

jeudi 2 juillet 2009

GM autorisé à emprunter $33 mds par le juge des faillites

NEW YORK, 25 juin (Reuters) - General Motors (GMGMQ.PK: Cotation) a reçu jeudi l'autorisation définitive du juge chargé de son dépôt de bilan d'emprunter 33,3 milliards de dollars à Washington, au gouvernement fédéral canadien et à celui de l'Ontario.
GM avait reçu le 2 juin une autorisation provisoire afin d'accéder à un financement de 15 milliards de dollars destiné à financer sa faillite.
Le constructeur automobile américain a demandé le 1er juin la protection de la loi américaine sur les faillites, regroupant ses actifs sains dans le "nouveau GM", majoritairement détenu par l'Etat fédéral.
Certains opposants au projet faisaient vavloir que cette nouvelle entité risquait d'échapper à ses obligations, notamment à sa reponsabilité dans le cas où des employés étaient victimes d'amiantes.
Un avocat défendant des victimes de l'amiante avait déposé une requête visant à ce qu'un représentant et une commission soient désignés pour s'occuper des plaintes éventuelles qui pourraient être déposées à l'avenir par des salariés de GM eux aussi victimes de l'amiante.
La demande a été retirée jeudi, mais cette question devrait rester un point central de l'audience de mardi prochain qui sera consacrée à l'approbation de la vente.
La séance a été suspendue alors que les parties en présence débattaient de la création d'une commission chargée de représenter les quelque 122.000 retraités de GM non-syndiqués.

mercredi 18 février 2009

Les démocrates à la conquête de l’Ouest

Une situation somme toute assez familière dans les Etats de l’Ouest, que des multinationales n’ont eu de cesse de piller de leurs ressources minérales (cuivre, charbon), avant de laisser derrière elles des paysages dégradés, des déchets toxiques (lire « Ville minière, ville minée »), des maladies professionnelles : à Libby, dans l’est du Montana, 92 % des employés de l’entreprise WR Grace sont morts de complications pulmonaires liées à l’amiante au bout de vingt ans de carrière (3). « Le Montana, nous rappelle M. Raney, a toujours été traité comme une colonie. Ils ont extrait toutes les matières premières et nous ont laissé les puits et des communautés brisées. Ils se sont enfuis après avoir pris le pétrole. » Profits privatisés, dégâts socialisés ; comme à Wall Street...

mardi 8 avril 2008

Lourde facture amiante pour WR Grace


Le paiement s'effectuera sur une période de quinze ans qui commencera en 2019.
Le groupe chimique américain W.R. Grace a annoncé ce lundi qu'il allait verser jusqu'à 1,8 milliard de dollars pour mettre fin à des plaintes le concernant à propos de l'amiante.
Le paiement s'effectuera sur une période de quinze ans qui commencera en 2019.

La moitié de cette somme sera gagée sur la valeur des actions de la société.
Wall Street a salué la nouvelle qui dégage l'horizon pour le groupe dont le titre prenait à l'ouverture près de 9%.


Sacrés Américains! Leurs industriels empoisonneurs payent eux mêmes les indemnités aux victimes, et leurs titres augmentent en bourse, alors que les nôtres qui ne sont contraints qu'à voir augmentées leurs côtisations ATMP, se disent contraints de mettre la clé sous le paillasson ! Ne nous prendraient-ils pas pour des ... ?

samedi 15 mars 2008

Etats-Unis: le scandale de la vermiculite polluée à l'amiante resurgit

Une nouvelle publication scientifique revoit à la hausse le risque sanitaire lié à l’exposition des travailleurs à la vermiculite, un minéral isolant qui peut-être contaminé par des fibres d’amiante du fait de la proximité de ces deux substances dans la nature. Dans les années 1920 à 1980, la vermiculite provenait principalement de la mine de Libby dans le Montana. Celle-ci a cessé d’être exploitée en 1990, après qu’on a découvert qu’elle contenait également de l’amiante, ce qui mettait en danger la santé des travailleurs.Dans les années 1980, une équipe de recherche avait trouvé un épaississement pleural, un épanchement pleural, ou une fibrose interstitielle chez «seulement» 2,2% de la cohorte choisie (513 individus). En étudiant 280 cas de la même cohorte (sur les 431 travailleurs encore vivants), les mêmes chercheurs viennent de diagnostiquer un épaississement et/ou un épanchement pleural dans 28,7% des cas, et une fibrose interstitielle dans 2,9% des cas. Le risque augmente avec le nombre d’années d’exposition.Cette multiplication du risque par 10 en 25 ans met en avant l’importance d’anticiper les conséquences sanitaires des expositions professionnelles.Les résultats montrent par ailleurs qu’«un nombre significatif de travailleurs exposés à la limite réglementaire actuelle peuvent avoir des anormalités pleurales», selon Gregory Wagner, de l’Institut national pour la santé et la sécurité au travail (Niosh) dans un éditorial accompagnant l’article principal.Selon l’un des auteurs de l’article, James Lockey, les risques pour les consommateurs de produits contenant de la vermiculite de Libby sont minimes.En France, «il n’y a pas eu de scandale de ce type», indique Michèle Guimont, spécialiste de l’amiante à l’INRS. Quant aux distributeurs de vermiculite, «on leur conseille toujours de vérifier les bulletins d’analyse pour s’assurer qu’elle ne contient pas d’amiante». Car ailleurs que dans la mine de Libby, de l'amiante peut polluer les mines de vermiculite.(1) Article paru dans «American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine»

jeudi 20 décembre 2007

FEDERAL-MOGUL SORT DU REGIME DES FAILLITES

L’équipementier américain Federal-Mogul, spécialisé dans les freins, a annoncé que son redressement était suffisamment engagé pour lui permettre de sortir du régime des faillites à partir du 27 décembre (cf. revue de presse du 14/12/07). Le plan de restructuration du groupe, confirmé à deux reprises par la justice américaine, est désormais définitif.
Federal-Mogul avait été contraint de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites en octobre 2001 (cf. revue de presse du 3/10/01), en raison de 365 000 plaintes de ses anciens salariés victimes de leur exposition à l’amiante. Il réalise un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars par an et emploie 45 000 personnes dans 35 pays. (ECHOS 19/12/07)
Source : http://www.ccfa.fr
Article intéressant sur les pratiques outre atlantique. Malgré le coût des indemnisations, cet équipementier automobile n'a pas été "contraint" de délocaliser sa production en Chine.
A méditer.

lundi 24 septembre 2007

11 septembre: une loi pour les victimes de la pollution?



«James Zadroga 9/11 health and compensation act». C’est le nom du projet de loi que plusieurs membres de la délégation new-yorkaise du Congrès américain ont soumis le 17 septembre. Il consiste à établir un programme de longue durée destiné à fournir des traitements médicaux et à verser des compensations financières à tous les travailleurs, résidents et autres personnes exposés aux poussières et à la fumée générées lors de l’effondrement des tours du World Trade Center.D’après un article du New York Times daté du 19 septembre, la ville de New York est confrontée à plus de 8.000 procès intentés par des travailleurs qui ont participé au nettoyage et aux opérations de réhabilitation du site Ground zero en 2001 et 2002 (1). Ils estiment être tombés malades à cause de négligences de la municipalité concernant leur sécurité. «La ville de New York préfère se ranger du côté de ceux qui ont intenté les procès plutôt que de s’opposer à eux dans le cadre de la cour de justice», a déclaré Edward Skyler, maire adjoint de New York chargé de l’administration.Le nom du projet de loi fait référence à James Zadroga, la première personne dont le décès, survenu en 2006 après qu’il avait passé des heures sur le site de Ground zero, a été relié à une exposition aux poussières émises. (1) Voir les articles du JDLE: «La pollution liée au 11 septembre inquiète» et «Problèmes de dépistage pour les victimes du 11 septembre»(2) Vers l’article du JDLE: «Un mort dû à la pollution du 11 septembre»

mardi 28 août 2007

ABB prévoit des acquisitions à hauteur de plusieurs milliards de dollars

Le groupe d'ingénierie helvético-suédois veut se renforcer dans les systèmes d'automatisation et les techniques énergétiques plutôt en Amérique du Nord et dans les pays en voie de développement
Après plusieurs années de vaches maigres, en partie en raison des énormes litiges liés à l'amiante contenue dans certains produits du groupe, ABB veut renouer avec la croissance externe et le fait savoir. Depuis février, le groupe helvético-suédois, revenu dans le vert en 2006 après d'importantes restructurations, répète qu'il est prêt à procéder à une "importante acquisition", faisant ainsi régulièrement bondir le cours du constructeur électrique Legrand, une de ses cibles potentielles selon les professionnels du secteur.
Le groupe prévoit d'effectuer ces achats en Amérique du Nord et dans les pays en voie de développement, plutôt qu'en Europe, a également indiqué le directeur général.
Ce programme d'acquisition témoigne de la santé recouvrée du groupe, qui avait plongé dans le rouge pendant cinq années, émaillées de crises, de pertes historiques et de scandales. ABB avait été obligé de couper massivement dans ses effectifs, supprimant 45.000 postes entre 2002 et 2004 et vendant plusieurs divisions. L'amiante, substance cancérigène contenue à l'époque dans certains de ses produits, lui avait causé de multiples soucis financiers, avec des demandes d'indemnisation supérieures à plus de 2 milliards de dollars. Ces litiges ont finalement été résolus en 2006.
Quand on pense à toutes les idioties que nous avons pu entendre, sur les faillites inévitables au cas où les industriels seraient contraints d’indemniser leurs victimes.
ABB, a indemnisé seule, les victimes de filiales de son groupe. Elle a versé, plus que le total des indemnisations versées par le FIVA depuis sa création.
Elle s’apprête maintenant à investir et à créer des emplois sur le secteur Nord Américain, précisément, sur le secteur où ont été versées les indemnisations.
ABB a donné les preuves que les arguments Français de délocalisations inévitables dont seraient responsables les victimes qui réclameraient des indemnités sont, pour le moins que l’on puisse dire : mensongers et d'arrière pensée culpabilisante.
Pouvons nous espérer qu’un jour, en France, les victimes ne seront plus harcelées, culpabilisées, rendues responsables de la faillite du système. Et j’en veux pour preuve le nombre d’articles de journaux qui évoquaient les 1.43 milliards d’Euros qu’à versé le FIVA aux victimes.
Marc Chapelet

vendredi 20 juillet 2007

NEW YORK Une conduite de vapeur explose de l’amiante trouvée dans les débris, pas dans l’air


Des traces d’amiante ont été trouvées dans la poussière et les débris venant de l’explosion d’une conduite de vapeur au cœur de Manhattan hier, mais pas dans l’air. Le maire Michael Bloomberg peut être rassuré.

Des représentants de la ville de New York ont souligné aujourd’hui que personne qui a été exposé brièvement à l’amiante ne devrait avoir de problèmes de santé à long terme.«Développer une maladie liée à l’amiante après avoir été exposé pour une courte durée – même à un haut niveau – est peu probable», a mentionné un responsable. Même si nous pouvons dire que rien n’est complètement sécuritaire, selon les informations que nous avons, il n’y aura pas de conséquence sur la santé des New Yorkais.»
Source : http://www.cyberpresse.ca/
Le moins que l’on puisse dire est que les New Yorkais n’ont pas de chance voir LES CENDRES MORTELLES DU 11 SEPTEMBRE et 11 septembre 2001 Une catastrophe plus importante que ce que l'on croyait

Les infrastructures de cette ville doivent receler de milliers de tonnes d’amiante. A chaque accident ou démolition, une partie des fibres mortelles se libèrent dans l’air. Dans le cas présent, le chantier de l’accident est mouillé par la vapeur et l’eau chaude qui s’est échappée de la conduite, mais lorsque tout sera sec, les fibrilles seront libérées.


lundi 23 avril 2007

LES CENDRES MORTELLES DU 11 SEPTEMBRE


Poussières d'amiante et métaux lourds, poudre de laine de verre et dioxines, la chute des tours du World Trade Center préparait un cocktail létal. Un sauveteur en est mort en 2006, officiellement. Beaucoup souffrent de cancer ou d'emphysème, sans pouvoir toujours se soigner. De grands procès se préparent, explique la journaliste Jacqueline Maurette, dans le livre qu'elle vient de publier. Le sinistre a montré la toxicité des constructions, comme les carences de la protection sociale dans ce quartier favorisé, situé au bord de l'océan.

Ils étaient 400 000 à vivre ou travailler autour du Complexe du Commerce Mondial : World Trade Center., sur l'île de Manhattan, le 11 septembre 2001. La Bourse au premier plan, bien sûr, New York, en toutes choses, se trouvant au sommet. Le monde ne pouvait plus tourner sans le New York City Exchange. La cotation a repris dès le 17 septembre, après que l'on ait ôté 10 cm de poussière sur les bureaux. Christine Todd Whitman, directrice de l'EPA (Environment Protection Agency) pour la région, - autorité fédérale en matière d'environnement – a déclaré le 18, que "l'air est sain à respirer". Elle devra démissionner pour cela, en 2003. En attendant, les affaires continuent. Les riverains lavent leur intérieur tant bien que mal et les écoles du quartier, fort réputées, réouvrent pour plus de 30 000 enfants, nez à hauteur des gaz. Les montagnes de décombres, où s'activent des milliers de volontaires, fument encore. Elles brûleront jusqu'au 19 décembre 2001. L'odeur de l'incendie persistera jusqu'au printemps 2002, sur la 50 ème rue, à 4,5 km de là. En 2006, la moitié des résidents auront déménagé vers des cieux moins pollués.

Dès la première semaine, des scientifiques de New York ont alerté et conseillé l'évacuation du secteur. Personne ne les a écoutés, ont dit à notre journaliste des ONG comme le Sierra club, - d'ordinaire plus intéressés par les parcs nationaux ou les Amérindiens - dont les bureaux se trouvaient près de la zone d'impact. Faute de risque officiel, il n'y avait pas de normes à respecter. Ainsi des sociétés ont-elles pu embaucher, pour le nettoyage, un personnel de journaliers, venus se présenter, tous les matins, en quête de travail. Toujours pour ne pas reconnaître le danger, on conseillait aux habitants de passer la serpillière, au lieu d'envoyer des équipes de décontamination dûment protégées. Ainsi a été éludée la question épineuse de la composition des cendres fines envahissantes, au dos des réfrigérateurs et dans les prises

Mais «difficile de croire que 200 000 tonnes d'acier, 18 millions de mètres carrés de verre; 5000 tonnes de matériaux contenant de l'amiante, des kilomètres de câbles électriques, des centaines de milliers de mètres cubes de béton pouvaient s'effondrer sans générer de pollution majeure.». Le même élan qui poussait les jeunes gens à risquer leur vie dans les ruines fumantes, à la recherche de blessés, a incité des universitaires à prêter leur concours.

Comme toujours dans les états d'urgence, la population a montré sa solidarité. Les jeunes héros pleins de santé, se sont donnés à fond. Malades, des mois plus tard, ils n'osaient pas se plaindre, tant d'autres «étaient restés dessous». A lire ce livre émouvant, on se prend à songer à Tchernobyl. «Ce n'est pas la même chose, répond la journaliste, mais les processus se ressemblent. On trouve la même "architecture" dit-elle : « le déni, le mensonge, l'héroïsme puis on les laisse tomber.». Les tribunaux devraient réparer un peu cet oubli.
"Les héros sacrifiés du World Trade Center" aux éditions Jean-Claade Gasewith


dimanche 18 mars 2007

11 septembre 2001 Une catastrophe plus importante que ce que l'on croyait


L’amiante des entrailles du World Trade Center, une bombe à retardement dans les poumons de dizaines de milliers de New yorkais

Le gouvernement fédéral et la ville de New York se voulaient rassurants sur la qualité de l’air durant les semaines qui ont suivi l’effondrement des tours du World trade center (WTC). Certains officiels se sont au contraire montrés inquiets de l’impact des poussières sur la santé des personnes présentes.
Dans une note de service rédigée le 6 octobre 2001, Kelly Mc Kinney, chargé de mission au département de santé de la ville de New York, faisait mention d’un désaccord entre le Bureau de gestion de l’urgence (OEM) et le Département de protection de l’environnement (DEP). Le premier considérait qu’un retour rapide de la population dans la zone sinistrée était possible, alors que le second disait que la mauvaise qualité de l’air ne pouvait autoriser ce retour. C’est sur cette polémique qu’est revenu le New York Newsday dans un article publié le 27 août 2006.
Depuis 5 ans, plus de 10.000 travailleurs ont déposé des demandes d’indemnisation pour cause de maladies, et même pour décès. Lors du nettoyage du site, nombre d’entre eux ne portaient pas d’équipements de protection, et se trouvaient directement exposés à de l’amiante et à d’autres substances dangereuses. «L’EPA a mis du temps à publier ses résultats et jusqu’à ce jour, elle n’a pas suffisamment informé le public sur les problèmes liés à qualité de l’air qui apparaissent depuis la catastrophe», avait aussi indiqué Kelly McKinney dans sa note de service.
Interviewé par Newsday, Kenneth A. Becker, chef de l’unité WTC du département juridique de la ville, a déclaré: «Les zones concernées n’ont pas été rouvertes au public avant que les poussières et les débris ne disparaissent et que les niveaux d’amiante soient revenus en dessous des seuils pendant deux jours consécutifs». Mais selon le journal, les représentants des différents gouvernements (fédéral, de la ville et de l’Etat) n’auraient pas renforcé les règles de sécurité au travail comme ils auraient dû le faire en donnant une amende ou en renvoyant les travailleurs qui ne portaient pas d’équipements respiratoires. Le taux d’utilisation de ce type d’appareil serait ainsi resté en dessous de 45% durant la plus grande partie du déblaiement du site. D’après un article du New York Times paru le 13 mai 2006, le Département des incendies a enregistré après le 11 septembre 2001 une forte augmentation des cas de sarcoïdose, une affection qui touche les poumons.
Le taux d’incidence, qui était 5 fois plus élevé qu’en temps normal deux ans après la tragédie, a certes diminué. Mais les médecins s’inquiètent car d’autres pompiers pourraient être atteints.
Les conclusions d’un vaste programme d’analyse médicale ont été publiées le 5 septembre 2006. 12.000 travailleurs et volontaires présents sur le site du WTC à partir du 11 septembre ont été examinés entre juillet 2002 et avril 2004. Sur les 9.500 personnes qui ont autorisé la publication de leurs résultats, environ 70% ont développé des symptômes nouveaux ou aggravés de troubles respiratoires, pendant ou après leur passage sur le site du WTC. Près de 60% présentaient toujours de tels symptômes lors de leur examen médical.

Une grande partie souffrait également de la toux dite «toux du World trade center». «L’effondrement des tours a généré des milliers de tonnes de particules comme de la poussière de ciment, des fibres de verre, de l’amiante, du plomb, des hydrocarbones aromatiques et des composés organochlorés. Certaines particules ont significativement augmenté la vulnérabilité des sujets aux spasmes bronchiques et à l’asthme», avait indiqué en 2004 Philip J. Landrigan, l’un des auteurs de l’étude. Récemment, il a encouragé les personnes ayant travaillé à Ground Zero à se faire examiner si elles ne l’ont pas déjà fait. Le 14 août 2006, une nouvelle loi concernant les travailleurs du 11 septembre est entrée en vigueur. Elle permet à ceux qui ont développé ou développeront des symptômes d’ici le 14 août 2007 de réclamer une compensation pour «maladie du travail».