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lundi 7 mai 2018

Le bilan des lésions professionnelles s'alourdit encore cette année : qu'attend la ministre responsable du Travail pour agir?

MONTRÉAL, le 26 avril 2018 /CNW Telbec/ - À l'occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes d'accidents et de maladies du travail du 28 avril, la CNÉSST rendra public son bilan annuel des lésions professionnelles. Encore une fois cette année, on constatera une hausse du nombre des accidents du travail, des maladies professionnelles et des décès causés par le travail.
L'augmentation du nombre de maladies professionnelles est particulièrement inquiétante. En trois ans, on parle d'une hausse de 73% des réclamations acceptées par la CNÉSST.
La hausse du nombre de décès est aussi préoccupante. En effet, on constate une augmentation de 40% depuis trois ans, elle-aussi principalement causée par des décès reliés aux maladies professionnelles.
L'amiante demeure encore la première cause de mortalité liée au travail. Ce contaminant extrêmement dangereux est maintenant responsable de près de deux décès sur trois (63%).
La hausse des maladies professionnelles constitue un signe évident qu'il existe des problèmes sérieux de prévention en milieux de travail. En effet, les maladies professionnelles résultent de conditions de travail quotidiennes qui sont connues, qui se répètent à long terme et sur lesquelles on peut agir.
Bien que la CNÉSST et la ministre responsable du Travail Dominique Vien nous disent réfléchir, discuter et consulter depuis de nombreuses années pour corriger les choses, on ne constate aucun résultat concret. Par exemple, 39 ans après son adoption, l'ensemble des mécanismes de prévention prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne s'appliquent toujours pas à près de 85% des travailleuses et des travailleurs, la norme d'exposition à l'amiante n'a pas bougé depuis près de 30 ans, etc.
Cet immobilisme doit cesser. Car à chaque année qui passe, il y a derrière ces chiffres de véritables êtres humains qui paient de leur vie ou de leur santé à cause cette absence de volonté politique de vouloir réellement changer les choses. Ne l'oublions pas et ne les oublions pas.
SOURCE Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (uttam)
Renseignements : Roch Lafrance, 514-527-4919 ou 514-882-3361

lundi 11 septembre 2017

Amiante. Alain Tourret interpelle la Garde des Sceaux

Le député Alain Tourret a adressé un courrier à Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, lui rappelant l’impasse judiciaire dans laquelle se trouvent les amiantés.
Le député Alain Tourret a adressé, jeudi 22 juin 2017, un courrier à Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, lui rappelant la situation judiciaire des amiantés. « Le volet pénal est au point mort alors même que la justice a déjà été saisie depuis plus de dix-huit ans », écrit-il.
Élu dans une circonscription particulièrement marquée par le scandale de l’amiante, Alain Tourret souligne que les victimes estiment que « l’un des plus grands scandales de santé publique ayant entraîné la disparition de dizaines de milliers de personnes doit, comme en Italie, trouver une sanction pénale qui serve avant tout à l’exemplarité ».
Le député conclut en demandant à la ministre de lui indiquer « les moyens que vous pourrez mettre en action pour que ce sinistre trouve enfin sa solution judiciaire ».
Source : http://www.ouest-france.fr

lundi 3 avril 2017

Nantes: Le Premier ministre refuse le classement du Tripode comme site amianté

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a refusé « en l’état » de classer comme site amianté l’ancienne tour Tripode de l’île de Nantes, un bâtiment administratif bourré d’amiante rasé en 2005, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
« L’arbitrage du Premier Ministre concernant le classement du Tripode a été rendu le 21 mars 2017. C’est non ! », a annoncé dans un communiqué l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-Solidaires-Unsa des « amiantés du Tripode », évoquant « une immense déception ».

350 tonnes d’amiante retirées

Immeuble de dix-huit étages inauguré en 1972 sur l’île Beaulieu à Nantes, le Tripode a vu défiler pendant vingt ans 1.800 fonctionnaires issus de l’Insee, du Trésor public et du ministère des Affaires étrangères. Évacué de ses occupants en 1993, délesté de 350 tonnes d’amiante, il avait été rasé le 27 février 2005.
Son classement en site amianté permettrait aux 20 % d’agents encore actifs -soit moins de 400 personnes- de bénéficier d’un départ en pré-retraite amiante.
Dans un courrier daté de mardi, Bernard Cazeneuve informe avec « regret » le secrétaire général de l’Unsa « qu’un tel classement n’est pas possible en l’état actuel de la législation ».

La législation bloquerait

La législation « n’ouvre en effet un droit à un départ anticipé qu’aux agents publics des ministères de la Défense et de la Mer qui ont été appelés à manipuler directement de l’amiante dans le cadre de leurs fonctions ainsi qu’aux agents publics qui sont atteints d’une maladie professionnelle liée à l’amiante », explique le Premier ministre dans sa lettre.
Bernard Cazeneuve laisse cependant entrevoir la possibilité d’une modification de la législation, « s’il s’avérait que l’exposition constatée était d’un niveau exceptionnel pour un bâtiment administratif et en tout point comparable à ceux d’agents ayant été conduits à manipuler de l’amiante dans le cadre de leurs fonctions ».

Manifestation le 28 mars

Le Premier ministre a donc « décidé de mandater l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) », pour qu’elle compare la situation des personnels du Tripode « avec d’autres situations d’exposition à l’amiante, en particulier dans le secteur privé ».
« Cette mission doit travailler au plus vite », a réagi l’intersyndicale, qui a d’ores et déjà prévu une nouvelle manifestation devant le site nantais du ministère des Affaires étrangères, le 28 mars.
Interdit depuis 1997, l’amiante serait responsable chaque année de plus de 3.000 décès. Selon les autorités sanitaires, ce matériau isolant pourrait provoquer jusqu’à 100.000 décès d’ici à 2025, les maladies pouvant survenir jusqu’à 40 ans après l’exposition.
Source : http://www.20minutes.fr

lundi 13 mars 2017

Amiante : « l’essentiel du problème est devant nous »

La Commission nationale d’évaluation des innovations dans le domaine de l’amiante vient d’être créée par le ministère du Logement. Le point avec William Dab, son président, sur le rôle et les missions à venir de celle-ci.

Pourquoi avoir créé une commission pour évaluer les innovations dans le domaine de l’amiante ?

Longtemps, on a cru que l’interdiction de l’amiante allait régler tous les problèmes. Mais l’essentiel du problème reste devant nous. Il y a des milliers de tonnes d’amiante encore utilisées. Or, nous avons actuellement des méthodes lourdes et coûteuses pour nous débarrasser de l’amiante. Il y a un enjeu économique et de santé publique à organiser le transfert des innovations dans ce domaine qui sortent des laboratoires de recherche et développement.
L’objectif de cette commission est non seulement d’évaluer les innovations techniques dans le domaine de l’amiante, mais aussi leur transfert sur le plan opérationnel. Il existe actuellement des échelles de 1 à 9 qui permettent de juger du degré d’une innovation. La commission va porter son attention sur les innovations 8 et 9, c’est-à-dire celles dont la maturité est déjà reconnue et qui sont prêtes à ...
Source : http://www.lagazettedescommunes.com

lundi 11 juillet 2016

Des sénateurs veulent que les internautes aient davantage de données sur la présence d’amiante

Afin de favoriser l’information du public (mais aussi – et surtout – des professionnels du bâtiment), plusieurs sénateurs réclament la mise en ligne de nombreuses données relatives à la présence d’amiante dans les immeubles, à commencer par les « Diagnostics Techniques Amiante » (DTA) transmis aux préfectures.
« Les alertes des professionnels de santé, des syndicats, des associations de victimes de l’amiante sont nombreuses et constantes : une deuxième épidémie de maladies liées à l’amiante se prépare si on ne développe pas l’information et la prévention des particuliers, des professionnels du bâtiment et des artisans qui manipulent sans le savoir des matériaux amiantés lors de travaux de rénovation ou de bricolage » avertit la sénatrice Aline Archimbaud, rejointe par la plupart de ses collègues du groupe écologiste.
L’élue, qui avait présidé en 2014 un comité de suivi sur l’amiante, a visiblement profité des dispositions « amiante » du projet de loi Travail pour faire passer plusieurs des propositions portées à l’époque à l’issue de ses travaux (voir ce rapport).
Invité surprise du projet de loi Travail
En l’état, le texte de Myriam El Khomri introduit une « obligation de repérage avant travaux », destinée à sécuriser les décisions des inspecteurs du travail. « Le donneur d'ordre, le maître d'ouvrage ou le propriétaire d'immeubles » seront expressément tenus – sous peine d’amende – de faire rechercher « la présence d'amiante préalablement à toute opération comportant des risques d'exposition des travailleurs à l'amiante ». Cette recherche devra donner lieu à « l'élaboration d'un document mentionnant, le cas échéant, la présence, la nature et la localisation de matériaux ou de produits contenant de l'amiante ». Différents diagnostics doivent d’ores et déjà être effectués aujourd’hui, mais le gouvernement estimait que le repérage de l’amiante n’était « juridiquement pas organisé dans le Code du travail ».
Première proposition des écologistes : que les documents de diagnostic issus de ces nouvelles dispositions soient « mis à disposition du public sur une plateforme en ligne accessible au public dans les deux mois suivant leur transmission à l’inspection du travail ». Aline Archimaud estime qu’il est « fondamental de développer drastiquement l’information du grand public à ce sujet car il y a, selon les estimations de l’Association nationale des victimes de l’amiante (ANDEVA), près de 20 millions de tonnes d’amiante en place sous diverses formes dans notre pays ».
Deuxième proposition : obliger les préfectures à mettre en ligne « l’ensemble des diagnostics techniques amiante des bâtiments (...) mentionnés dans le rapport annuel d’activité des diagnostiqueurs », lesquels doivent automatiquement être transmis aux représentants de l’État au sein des départements. La Direction générale de la santé devrait même s’assurer que ces informations ont bien été mises « à disposition du public sur un site internet en accès libre ». À nouveau, l’objectif est de favoriser l’information de la population – et plus particulièrement des professionnels du bâtiment.
Dernière proposition : la mise en place, sous six mois, d’un « groupe de travail étudiant les modalités de mise à disposition du public, sur une plateforme en ligne, des données relatives à la présence d'amiante dans les bâtiments ». Des représentants des associations de victimes, de professionnels de l'amiante, des pouvoirs publics... en feraient notamment partie. Cette fois-ci, il semble que l’idée soit de travailler à l’instauration d’un site rassemblant différentes informations portant sur l’amiante. Le comité de suivi sénatorial sur l’amiante de 2014 en appelait à cet égard à la création d’un nouveau site qui aurait notamment proposé des informations portant sur les bâtiments des établissements publics de l’État et des collectivités territoriales (plans, calendrier de travaux...). « Ce site pourrait être accessible à tout public ou réservé seulement aux entreprises intervenantes grâce à un identifiant et un mot de passe communiqués par le donneur d’ordre » précisait le rapport.
Les dispositions de la loi Santé inappliquées pour le moment
Restera maintenant à voir quel sort sera réservé à ces amendements – soutenus pour certains par les communistes, et qui devraient vraisemblablement être débattus dans la journée. Il y a toutefois fort à parier que le gouvernement brandisse les dispositions de la loi sur la santé, en vigueur depuis le mois de janvier, et dont l’article 48 prévoit que les organismes réalisant des repérages de l’amiante communiquent au ministère de la Santé « les informations nécessaires à l'observation de l'état du parc immobilier ». Les « résultats de l'exploitation » de ces données ont en effet vocation à être « mis à la disposition du public, par le ministre chargé de la santé, sous format dématérialisé ». Sauf que ces nouvelles dispositions du Code de la santé publique n'ont pas encore été mises en oeuvre, faute de décret d'application.


Source : http://www.nextinpact.com/

RENAULT TRUCKS : DES MILLIERS DE SALARIES ET RETRAITES CONCERNES PAR L'AMIANTE

Après plus de quinze ans de procédure, le classement amiante de l’établissement de Vénissieux va être établi. Il concerne l'ensemble du site au travers de ses différentes époques, depuis Berliet jusqu'à Renault Trucks en passant par la période RVI.
Après plus de quinze ans de procédure, le classement amiante de l’établissement de Vénissieux va enfin intervenir, fait savoir ce matin l'association l'APER. 
C'est le résultat du travail mené par le cabinet d’avocats TEISSONNIERE-TOPALOFF-LAFFORGUE-ANDREU en lien avec 
l’implication de quatre organisations syndicales (CGT, UGICT-CGT,CFDT et FO) membres de l’association.
" Durant toutes ces années la direction de RVI puis Renault-Trucks a utilisé toutes les procédures, tous les recours avec ses meilleurs avocats pour empêcher que l’établissement de Vénissieux soit classé, rappelle l'APER. Elle a réussi à gagner du temps, empêcher des salariés de partir en ACAATA mais, au bout du compte, c’est l’intérêt des salariés qui a été pris en compte par la justice", se réjouissent les organisations syndicales.

Dans quelques semaines l’arrêté de classement sera publié au Journal Officiel et, à partir de là , ceux qui attendent depuis des années vont pouvoir bénéficier de la pré-retraite amiante.

Ce classement va permettre aux salariés ou ex-salariés, ainsi qu’aux retraités qui ont travaillé durant une période dans l’établissement entre 1964 et 1996, d’engager une procédure devant le Conseil de Prud’hommes pour faire indemniser l’anxiété qu’ils ressentent, leur crainte d’être un jour victime de l’amiante comme des dizaines de salariés l’ont été ou le sont encore. Sans parler de celles et ceux qui en sont décédés.


Pour informer les personnes potentiellement concernées par ce classement amiante, l’APER organise le lundi 20 juin des réunions d’information dans les locaux du Comité d’entreprise à Vénissieux , salle E. Lapierre. En matinée ( à 9h30 et à 11h) pour les salariés et à 14h30 pour les retraités.

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/

MEDAILLE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE - AMIR KHADIR SOULIGNE LE TRAVAIL D'UNE MILITANTE ANTI-AMIANTE

QUÉBEC, le 9 juin 2016 /CNW Telbec/ - Ce matin, le député de Mercier, Amir Khadir, remettait une médaille de l'Assemblée nationale à Mme Kathleen Ruff, militante s'opposant à l'industrie meurtrière de l'amiante. Mme Ruff est notamment connue pour son opposition à la réouverture de la mine Jeffrey, à Asbestos, en 2012.  
« L'industrie de l'amiante est extrêmement dangereuse pour la santé, tout le monde le sait. Elle est même meurtrière! À l'heure où le gouvernement fédéral vient d'interdire l'utilisation de l'amiante dans la construction de ses bâtiments, c'est un honneur pour moi, comme médecin, de souligner le travail de cette femme qui a tenu tête sans relâche aux chefs politiques afin que les vies humaines passent avant les calculs politiques », déclare le député.
Pour M. Khadir, Mme Ruff est un exemple de ténacité. «. Elle n'a jamais eu peur de remettre en question l'influence du lobby de l'amiante sur les politiques canadiennes et a obtenu du gouvernement qu'il tienne compte de l'opinion de scientifiques indépendants et reconnus sur la question de l'amiante ».
« Grâce à l'implication des scientifiques québécois, des experts en santé publique, de quelques leaders syndicaux et politiques qui ont démontré un courage et une intégrité sans pareil, nous avons pu renverser le projet gouvernemental de faire du Québec le deuxième plus grand exportateur d'amiante au monde derrière la Russie. Cela se serait fait au détriment de la santé des populations des pays pauvres.  Heureusement, la mobilisation de tous ces gens a permis d'empêcher que le Québec n'obtienne ce triste titre. Notre lutte historique contre l'amiante et ses lobbies démontre que oui, il est possible de changer le monde. Il faut s'en inspirer pour nos prochains combats », a indiqué Mme Ruff.
Malheureusement, Amir Khadir rappelle que le combat contre l'amiante n'est pas terminé. « Cet élément dangereux continue de se retrouver dans toutes sortes de nos produits, même dans des jouets pour enfants!  En dix ans, le Canada a importé pour 250 millions $ d'amiante et de produits qui en contiennent. Nous avons encore besoin de gens comme Mme Ruff  », conclut le député de Mercier.

SOURCE Aile parlementaire de Québec solidaire 

lundi 9 novembre 2015

Proposition de loi du Député Philippe VITEL

Le 8 juillet 2015, le Député du VAR Philippe VITEL a déposé le projet de loi N° 2962 visant à reconnaître les maladies de l'amiante comme incurables et donnant droit à des pensions définitives.http://www.nosdeputes.fr/14/document/2962
Ce Député souhaite corriger une lacune dans le Code des Pensions Militaires d'Invalidité. En effet, l'approbation de cette loi supprimerait des dépenses inutiles du Ministère de la Défense, ainsi que des tracasseries administratives des victimes.
Nous souhaitons que les économies réalisées permettent au Ministère de réajuster les taux de pensions des marins et anciens marins d'état, à ceux des victimes relevant du régime général de Sécurité Sociale ( barème UCANS).
M Chapelet

lundi 7 septembre 2015

Alpes de Haute-Provence : le préjudice d'anxiété à l'amiante, vers une harmonisation nationale

Le gouvernement pourrait décider d’harmoniser les sommes versées aux victimes de l’amiante. Annonce du député socialiste des Alpes de Haute-Provence, Christophe Castaner, qui pourrait aller dans le bon sens pour d’anciens salariés d’Arkema Saint-Auban. Alors qu’en 2013, l’entreprise avait été condamnée à verser à chaque retraité 8.000 euros, la Cour d’Appel d’Aix en Provence avait revu ce jugement un an plus tard et avait considéré que certains n’avaient pas été autant exposés à l’amiante. Ils avaient alors dû reverser une partie des indemnités à Arkema.
Un préjudice d'anxiété estimé à 8.000 euros à Saint-Auban, 15.000 euros dans d'autres villes de France
Une disparité qui avait été soulignée par CAPER 04, le Comité Amiante Prévenir et Réparer, mettant en avant une justice à deux vitesses, alors que dans le même temps, d’autres salariés de l’entreprise en France étaient partis avec 15.000 euros d’indemnités.
La Garde des Sceaux, Christiane Taubira, a assuré au Parlementaire du département de l’équité du traitement du préjudice d’anxiété. Elle s’est engagée à améliorer l’évaluation des préjudices corporels dus à l’amiante, en mettant en place des instruments facilitant la prise de décision harmonisée, comme un référentiel national d’indemnisation.
 
Certains magistrats de le Cour d'Appel d'AIX EN PROVENCE ne semblent pas solidaires des victimes de l'amiante, ne se sentant  certainement pas concernés, ou minimisant le danger, mais qui sait ? au vu de tout l'amiante utilisé du sol au plafond des locaux des administrations, nous ne serions pas surpris si ce n'était pas le cas.  L'amiante est un tueur patient, silencieux, efficace qui ne semble pas choisir ses victimes.
 

lundi 24 août 2015

Extension des indemnités en faveur des victimes de l'amiante

Dès le 1er avril 2014, en prévoyant une extension financière pour l'aide d'une autre personne et le remboursement des soins de santé prodigués aux victimes environnementales, le bénéficiaire du Fonds amiante et celui du Fonds des maladies professionnelles en ce qui concerne l'intervention pour les soins et l'aide d'une autre personne, sera sur un même pied d'égalité.
La victime environnementale et l'indépendant pourront bénéficier de l'intervention d'une autre personne pour leur prise en charge : 1559,38 euros par mois pour une aide à temps plein (779,69 euros, à mi-temps). De plus, ils pourront prétendre à un remboursement de la partie non remboursable de soins. Pour ce faire, ces montants ne devront pas déjà être versés une première fois dans le cadre d'une maladie professionnelle. Le Fonds amiante remboursera la quote-part du coût des soins qui seront en rapport avec la maladie et qui, conformément à l'assurance obligatoire soins de santé et indemnités et après l'intervention accordée sur la base de cette dernière, sera à charge de la personne atteinte de cette maladie. Néanmoins, elle ne devra pas bénéficier du remboursement des soins pour la même affection en vertu des lois relatives à la prévention des dommages résultant des maladies professionnelles et à la réparation des dommages résultant de celles-ci, ou de la loi sur la prévention ou la réparation des dommages résultant des accidents du travail, des accidents survenus sur le chemin du travail et des maladies professionnelles dans le public. (Belga)

La gestion de l’évaluation du risque amiante se complique pour les employeurs avec le décret du 29 juin 2015

L’exposition des travailleurs aux fibres d’amiante était soumise au décret 2012-639 du 4 mai 2012 qui fixe, dans l’article R.4412-100 du code du travail, une valeur de 10 fibres/litres sur huit heures de travail pour la valeur limite d’empoussièrement professionnelle (VLEP), complété dans l’article R.4412-98 des trois niveaux d’empoussièrement pour l’évaluation des risques selon le processus de travail et les EPI et EPC à mettre en œuvre.
  • Premier niveau correspondant aux valeurs inférieures à la VLEP soit 10f/l sur 8h,
  • Deuxième niveau correspondant aux valeurs comprises entre la VLEP et 60 fois sa valeur (entre 10f/l et 600f/l),
  • Troisième niveau correspondant aux valeurs comprises entre 60 fois la VLEP et  250 fois la VLEP (entre 600 et 2500 f/l).

Ces nouvelles valeurs d’exposition avait donc pour objectif une diminution drastique de l’exposition des travailleurs aux poussières d’amiante par rapport aux anciennes valeurs (la VLEP était de 100 f/l, la limite pour le niveau 1 était de 100f/l, le niveau 2 compris entre 100 et 6 000 f/l et le niveau 3 entre 6 000 et 25 000 f/l).

Le décret 2015-639 laissait un délai pour la mise en application de ces valeurs jusqu’au 1er juillet 2015 afin que les entreprises puissent s’adapter à ces nouvelles valeurs.

Mais la mise en application des valeurs décrites dans le décret du 4 mai 2012 ne sera pas totale.

Conséquence du décret 2015-789 du 29 juin 2015

Le décret 2015-789 du 29 juin 2015 redéfinit les niveaux d’empoussièrement de l’article R.4412-98 en maintenant les anciennes valeurs appliquées jusqu’à présent sans toutefois toucher à la VLEP de 10f/l. Ce décret précise également dans l’article R.4412-110, que l’employeur devra respecter la valeur limite d’empoussièrement professionnelle de 10 f/l.

L’abaissement de la VLEP à 10 f/l a pour conséquence d’abaisser la sensibilité analytique des mesures qui sera donc de 1 car elles doivent être à minima le dixième de la VLEP (article R.4412-100 du code du travail).

Réduction de la durée d’intervention

De facto, la conjugaison de ces deux modifications aura pour conséquence la réduction de la durée d’intervention de l’opérateur en zone en fonction des protections respiratoires utilisée car la VLEP de 10 f/l sur huit heures sera plus rapidement atteinte.
  • En effet, les masques de protection n’offrent pas une protection absolue et ont un coefficient de protection qui leur sont assignée, 10 pour un masque FFP3, 60 pour un masque à ventilation assistée et 250 pour le masque à adduction d’air. Ces coefficients permettent de calculer le nombre de fibres auxquelles est exposé le travailleur avec le port du masque en divisant, par leur valeur, le nombre de fibres émis par le processus de travail. Pour exemple, avec une valeur d’empoussièrement donnée à 600 fibres pour une tâche, le masque FFP3 expose à 60 f (600/10) le masque à ventilation assisté à 10 f (600/60) et le masque à adduction d’air à 2,4 f (600/250).

Ainsi, une fois la VLEP atteinte en cours de processus, les opérateurs devront se retirer du chantier et ne pourront plus être affectés à d’autres tâches exposantes aux fibres d’amiante, quelles qu’elles soient.

Surveillance particulière de l’inspection du travail

La gestion de l’évaluation du risque devient donc compliquée pour les employeurs de par l’évaluation de l’empoussièrement prévue, le détail des vacations (organisation du travail), le choix des EPI et équipements de protection collectifs qui devront être pleinement détaillés dans les modes opératoires et les plans de retrait. La difficulté de leur mise en application est réelle et devra faire l'objet d'une grande vigilance de la part des entreprises pour ne pas être en défaut par rapport à la réglementation car cette gestion du risque amiante fera l’objet d’une surveillance particulière de l’inspection du travail qui a établi un guide de contrôle au niveau régional.

Il est enfin à noter qu'une circulaire d'application de ce décret est en cours d'élaboration pour accompagner les entreprises et que ces niveaux d'empoussièrement seront maintenus jusqu'à la réévaluation des facteurs de protections des masques respiratoires (en cours d'étude) sans qu'aucun délai ne soit annoncé.
Source : http://www.miroirsocial.com

lundi 17 août 2015

Exposition à l’amiante: une solution juridique équitable reste à trouver

En mars 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a donné raison aux proches d’un employé exposé à l’amiante dans les années 1970, décédé en 2005, et à qui les autorités suisses refusaient des indemnités du fait des délais de prescription. Faut-il simplement allonger ces délais? Le professeur de droit Christoph Müller plaide pour une solution équilibrée
Le 11 mars 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a décidé que les délais de prescription du droit suisse violaient le droit d’accès à un tribunal des proches d’une victime de l’amiante. Ce droit est un aspect important du droit à un procès équitable, garanti par l’article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).
Quels sont les faits à la base de cette affaire? Hans Moor était exposé, dans le cadre de son travail, à l’amiante jusqu’en 1978. Depuis 1989, il existe une interdiction générale de l’amiante en Suisse. En mai 2004, un cancer de la plèvre a été diagnostiqué chez Hans Moor. Il avait été causé par l’exposition à l’amiante. Le 10 novembre 2005, Hans Moor est décédé des suites de sa maladie.
Peu avant son décès, Hans Moor avait ouvert action contre son employeur, Alstom, en paiement d’une réparation d’environ 200 000 francs. Selon lui, son employeur avait violé ses devoirs en ne prenant pas de mesures de sécurité pour ses travailleurs exposés à l’amiante, tout en connaissant les risques découlant de ce matériau. Peu de temps après, la veuve et les deux filles de Hans Moor ont actionné la SUVA en paiement d’une réparation. Elles estimaient que l’assurance était solidairement responsable du décès de leur mari et père, du fait d’avoir informé tardivement et de manière incomplète des dangers découlant de l’amiante.
Dans deux arrêts de 2010 et 2011, le Tribunal fédéral a décidé en dernière instance que les prétentions des proches étaient prescrites. La haute cour estimait que la prescription commençait à courir dès le moment où le prétendu responsable (Alstom, SUVA) porte atteinte pour la dernière fois à l’intégrité physique de la victime. Or, la dernière exposition de Hans Moor à l’amiante datait de 1978. La prescription (absolue) étant de dix ans, les prétentions de Hans Moor et de ses proches étaient prescrites depuis longtemps au moment de l’ouverture des actions, en 2005 et 2006. Le Tribunal fédéral a toutefois reconnu qu’il n’était pas certain que l’exposition à l’amiante provoque effectivement une maladie, et qu’il existait une longue période allant de quinze à quarante-cinq ans qui sépare l’exposition à l’amiante et l’apparition d’une éventuelle maladie. Il n’était donc objectivement pas possible de déterminer avant la fin du délai de prescription si une réparation était due ou non.
Les proches de Hans Moor ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme d’une requête individuelle en se plaignant d’une violation du droit d’accès à un tribunal garanti par l’article 6 § 1 CEDH.
Dans son arrêt du 11 mars, la cour estime en substance que lorsqu’il est scientifiquement établi que la victime n’a aucune possibilité de savoir si elle est atteinte d’une certaine maladie, cette circonstance doit être prise en compte dans le calcul du délai de prescription. Dans ce cas, l’application du délai de prescription a limité le droit d’accès à un tribunal, à tel point que la substance même de ce droit et ainsi l’article 6 § 1 CEDH ont été violés.
La Cour relève à juste titre que le législateur suisse est actuellement en train de réviser le droit de la prescription. Elle observe cependant que le projet de révision du Conseil fédéral «ne prévoit aucune solution équitable – ne serait-ce qu’à titre transitoire, sous la forme d’un «délai de grâce» – au problème posé».
Le Conseil fédéral propose pourtant de rallonger le délai de prescription (absolue) pour les dommages corporels de dix à trente ans. Avec ce nouveau délai, les prétentions des proches de Hans Moor n’auraient pas encore été prescrites. La particularité du projet du Conseil fédéral réside cependant dans le fait que le délai prolongé de trente ans commence à courir «à compter du jour où le fait dommageable s’est produit ou a cessé», comme c’est le cas sous le droit actuel. Le délai de prescription peut donc toujours être échu avant même que la victime n’ait connaissance de sa maladie.
Le Conseil fédéral est conscient de cette problématique. C’est pourquoi il a aussi examiné une solution alternative consistant à ne faire courir le délai de prescription que dès la survenance du préjudice, à savoir la première manifestation de la maladie. Cette solution aurait certes l’avantage de couvrir l’ensemble des préjudices à long terme, et non pas seulement ceux qui se manifestent dans les trente ans depuis le comportement dommageable. Le Conseil fédéral a toutefois renoncé à cette alternative à cause de l’intérêt de la personne (potentiellement) responsable à savoir, au-delà d’un délai déterminé, si des actions peuvent encore être intentées contre elle ou non. L’argument de la sécurité juridique plaiderait également contre cette solution.
Le critère de la manifestation concrète de la maladie peut toutefois considérablement retarder le point de départ de la prescription. C’est pourquoi d’autres systèmes comme le droit allemand (§ 199 al. 1er Bürgerliches Gesetzbuch , BGB), prévoient un délai maximal de prescription qui ne peut être ni suspendu, ni interrompu. Ce délai est de trente ans en droit allemand (§ 199 al. 2 BGB). Le Conseil fédéral estime à juste titre que l’introduction de ce nouveau type de délai de prescription compliquerait inutilement le droit suisse. Alors, comment réviser le droit suisse de la prescription tout en respectant la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme qui a condamné la Suisse?
Il nous semble tout d’abord important de ne pas se limiter aux prétentions des victimes de l’amiante, mais de rechercher une solution à toutes les maladies avec un long temps de latence (comme celles provoquées par certains médicaments ou des produits radioactifs). Des règles spécifiques comporteraient en effet le risque de négliger certains risques pour la santé, notamment lorsque de nouvelles technologies (par exemple téléphonie mobile ou microfibres) provoquent des maladies inattendues seulement de nombreuses années après leur mise sur le marché.
Il n’est pas certain que le simple rallongement du délai de prescription (absolue) de dix à trente ans suffise pour satisfaire les exigences de la CEDH. Ce rallongement devrait probablement être accompagné d’une autre mesure qui n’est pas prévue dans le projet du Conseil fédéral, à savoir une solution de droit transitoire. Il faudrait en effet appliquer le nouveau délai de prescription également à tous les cas où le délai actuel de dix ans est d’ores et déjà échu.
Peut-être faudrait-il même faire un pas supplémentaire. Pourquoi ne pas prévoir qu’un délai relatif de prescription, mais de courte durée? On pourrait, par exemple, imaginer que la victime dispose d’un délai d’une année ou deux dès les premiers symptômes de sa maladie. Pour contrebalancer cette solution favorable aux victimes, on pourrait faire partir ce délai déjà dès le moment où la victime aurait pu et dû avoir connaissance de sa maladie, si elle avait fait preuve de la diligence nécessaire.
Un tel délai aurait en tout cas l’avantage de couvrir l’ensemble des préjudices à long terme. Les personnes potentiellement responsables seraient en même temps protégées du fait que les chances de succès des victimes d’avoir gain de cause dans un procès en responsabilité diminueraient avec l’écoulement du temps. Souvent, les entreprises responsables n’existent tout simplement plus; et si elles n’ont pas disparu, l’écoulement du temps expose les victimes à des difficultés de preuve, que ce soit par rapport au caractère illicite et fautif du comportement de la personne responsable ou au lien de causalité avec le préjudice subi.
La Commission des affaires juridiques du Conseil national devra débattre de cette révision lors de ses séances de fin mai. C’est alors que les premières décisions seront prises dans cette problématique humainement et économiquement sensible.
Source : http://www.letemps.ch

dimanche 10 août 2014

Le Sénat fait le point sur le défi du désamiantage

Désamiantage : un manque de pilotage national, des diagnostics défaillants et une insuffisance des contrôles handicapent une réglementation pourtant protectrice.
commission des affaires sociales du Sénat a remis, le 1er juillet, son rapport "Amiante : des enjeux toujours actuels, relever le défi du désamiantage".
Le diagnostic, talon d'Achille du désamiantage
Selon l'étude, la qualité du repérage et du diagnostic amiante constitue "le talon d'Achille de la réglementation actuelle". Par exemple, le diagnostic technique amiante (DTA) "n'est pas toujours réalisé, actualisé et communiqué aux personnes qui le demandent".
L'une des explications serait à rechercher du côté des professionnels du diagnostic : "Insuffisamment formés et contrôlés, certifiés selon des normes peu exigeantes, les diagnostiqueurs fédèrent contre eux un grand nombre de critiques", relève le rapport.
Un manque de contrôle de la part des services de l'Etat
Le nombre de corps de contrôle est faible et les interventions ne sont pas bien coordonnées. Ceci explique l'absence d'amélioration des pratiques de désamiantage, pourtant attendue suite au décret du 4 mai 2012, relève l'étude. De plus, "les organismes accrédités ne réalisent pas assez de contrôle des entreprises de désamiantage sur les chantiers en situation réelle".
Or, l'effectivité du décret du 4 mai 2012 relatif aux risques d'exposition à l'amiante est cruciale. En effet, ce décret a "réformé en profondeur" le code du travail. Il a notamment abaissé la valeur limite d'exposition professionnelle, qui sera de 10 fibres par litre au 1er juillet 2015, contre 100 fibres par litre actuellement. En matière de contrôle de l'empoussièrement en milieu professionnel, il a remplacé la méthode MOCP par une méthode jugée plus performante, la méthode Meta. Il a aussi créé trois niveaux d'empoussièrement, permettant ainsi une graduation des moyens de prévention collectifs (MPC) et des équipements de protection individuelle (EPI).
Par ailleurs, l'étude souligne l'insuffisance des règles, quoique la réglementation soit jugée globalement protectrice. "Le fort retard dans la réévaluation du seuil d'empoussièrement pour protéger la population" est ainsi dénoncé par le Sénat. L'information des particuliers doit également être renforcée, de même que les études épidémiologiques et le suivi post-professionnel.
Abaisser le seuil de déclenchement du désamiantage
Le comité de suivi propose d'abaisser le seuil d'amiante dans l'air qui déclenche des travaux de désamiantage car "le seuil actuel de 5 fibres par litre est contesté". L'Anses ayant proposé, dans un avis de 2009, un seuil de 0,47 fibre par litre, c'est cette valeur que le comité souhaite voir retenue.
 
Mieux informer sur les déchets contenant de l'amiante"Dès lors que les particuliers réalisent eux-mêmes, en dépit des textes, des travaux les conduisant à produire des déchets contenant de l'amiante, il convient de réfléchir au meilleur moyen de permettre la collecte de ces déchets", explique le rapport. Le comité de suivi propose donc de renforcer l'information des populations sur les déchets contenant de l'amiante, mais aussi de réfléchir au coût des opérations de traitement, car un coût de stockage élevé "renforce le risque de décharges sauvages, spécialement en milieu rural".
 
Par ailleurs, le comité propose de généraliser l'arrêt de chantier pour risque "amiante" à tous les types d'activités et à tous les risques liés à l'amiante. L'inspecteur du travail peut en effet prescrire l'arrêt temporaire du chantier pour soustraire les salariés à un danger grave et imminent. Aujourd'hui, seul est concerné le secteur du BTP. Alors que l'arrêt de chantier "amiante" est actuellement déclenché en cas de retrait d'amiante, le comité de suivi propose de l'étendre aux "travaux de retrait ou d'encapsulage d'amiante (…), y compris dans les cas de démolition, ainsi qu'aux interventions sur des matériaux (…) susceptibles de provoquer des émissions de fibres d'amiante".

En outre, le comité de suivi propose la création d'une obligation générale de repérage et de diagnostic de l'amiante pour tous les donneurs d'ordre et les propriétaires. Il s'agit du "repérage avant travaux". Le comité s'oppose ainsi à l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui se positionne pour la restriction de cette obligation aux travaux "programmés" ou "de grande ampleur".

Le Sénat juge nécessaire de renforcer la protection des travailleurs exposés à l'amiante

Augmenter les effectifs et les moyens de l’inspection du travail, accroître les prérogatives des CHSCT, etc. : telles sont quelques-unes des pistes suggérées par le comité de suivi amiante du Sénat pour améliorer la protection des travailleurs, dans un rapport présenté le 2 juillet.
Institué en 2013 pour dresser un bilan de la mise en œuvre des propositions du rapport sénatorial du 26 octobre 2005 formulées suite au « drame de l’amiante » (v. Bref social n° 14491 du 28 octobre 2005), le comité de suivi amiante a présenté ses conclusions le 2 juillet. Il constate tout d’abord que, sur les 28 mesures préconisées en 2005, 17 ont été suivies d’effet et concernaient principalement la protection des travailleurs. En revanche, sept propositions relatives à l’indemnisation des victimes et son financement sont restées lettre morte. Le comité de suivi considère ensuite que « la réglementation actuelle est globalement satisfaisante, en particulier dans son volet protection des travailleurs, considérablement renforcé par le décret n° 2012-639 du 4 mai 2012 ». Rappelons que ce décret prévoit de limiter, à compter du 1er juillet 2015, la valeur limite d’exposition professionnelle à dix fibres par litre. Le comité de suivi pointe toutefois plusieurs insuffisances, en particulier le manque de contrôle des services compétents pour assurer la protection des travailleurs. Il appelle, à cet égard, à un renforcement de l’action de l’inspection du travail.

Renforcer les effectifs et les moyens de l’inspection du travail

Selon le rapport du comité de suivi, en 2011, un agent de contrôle de l’inspection du travail suivait en moyenne 8 130 salariés, ce qui ne permet pas de garantir la protection des travailleurs contre l’amiante. Le comité de suivi estime donc nécessaire d’augmenter les effectifs de l’inspection du travail. Au-delà, il plaide pour une évolution de l’organisation de l’inspection du travail. Il accueille, à cet égard, favorablement la réforme mise en œuvre par le décret n° 2014-359 du 20 mars 2014 sur le nouveau système d’inspection du travail, qui prévoit la création de cellules spécialisées sur l’amiante au niveau régional et d’une cellule d’appui au niveau national (v. l’actualité nº 16556 du 24 mars 2014). Pour le comité de suivi, « cette réforme […] permettra d’établir une doctrine homogène sur le territoire en matière de risque amiante ».

Le comité se prononce également en faveur de l’élargissement du dispositif d’arrêt temporaire des travaux prévu par la proposition de loi renforçant les pouvoirs de l’inspection du travail, actuellement en cours d’examen au Parlement. Cette procédure, aujourd’hui cantonnée aux chantiers du BTP, serait élargie à tous les secteurs professionnels. En outre, le champ d’intervention des agents de contrôle serait étendu à toutes les activités exposant à l’amiante, et non plus aux seules opérations de confinement et de retrait de l’amiante (v. l’actualité nº 16563 du 2 avril 2014).


Enfin, le comité de suivi appelle la DGT à mieux clarifier la distinction entre les travaux relevant des articles R. 4412-125 à R. 4412-143 du Code du travail (travaux d’encapsulage et de retrait d’amiante) et ceux relevant des articles R. 4412-144 à R. 4412-148 du Code du travail (interventions sur des matériaux, des équipements, des matériels ou des articles susceptibles de provoquer l’émission de fibres d’amiante). Cette clarification est primordiale compte tenu du niveau d’obligation différent pour ces deux types de travaux. En effet, pour effectuer les travaux d’encapsulage et de retrait d’amiante, le donneur d’ordre doit impérativement faire appel à une entreprise certifiée.

Sensibiliser l’ensemble des acteurs au risque amiante

Pour le comité de suivi, une meilleure protection des travailleurs contre l’amiante passe également par la sensibilisation de tous les acteurs du monde du travail à ce risque.

Il s’agit tout d’abord d’impliquer davantage les institutions représentatives du personnel (IRP), et en particulier les CHSCT. Le comité de suivi suggère donc de se saisir de la prochaine négociation nationale interprofessionnelle sur les IRP pour renforcer le rôle et les prérogatives du CHSCT dans la prévention du risque amiante.

Sont également visés par le comité les maîtres d’œuvre et leurs collaborateurs (architectes, bureaux d’ingénierie, rédacteurs des cahiers des charges, coordonnateurs sécurité prévention santé, etc.), pour lesquels est préconisée l’obligation de suivre une formation spécifique au risque amiante. Celle-ci pourrait s’inspirer de la formation prévue pour les travailleurs des entreprises de désamiantage par l’arrêté du 23 février 2012 (NOR : ETST1202033A).


Enfin, le comité demande aux organisations professionnelles des métiers particulièrement exposés au risque amiante (maçons, peintres, électriciens, etc.) de mener un travail de sensibilisation auprès de leurs adhérents. Des organisations comme l’UPA (Union professionnelle artisanale) et la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) devraient ainsi élaborer des guides de prévention, en collaboration avec l’INRS notamment.

Imposer le repérage de l’amiante avant travaux

Dans son rapport, le comité de suivi pointe par ailleurs la nécessité d’améliorer le repérage de l’amiante, jugé comme « le maillon faible dans les chantiers de désamiantage ». Entre autres mesures, il recommande d’instituer dans le Code du travail une obligation générale de repérage et de diagnostic de l’amiante pour tous les donneurs d’ordre et les propriétaires. Signalons que cette mesure a été transcrite dans la proposition de loi relative aux pouvoirs de l’inspection du travail, suite à un amendement voté par les députés.