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lundi 7 mai 2018

Victime de l'amiante à l'usine de Fumel : l'indemnisation étendue jusqu'en 2012

Les rapports d’expertise successifs attestaient de la présence de l’amiante dans les toitures, dans les fours de la fonderie de Fumel, en Lot-et-Garonne, en dépit des opérations de déflocage depuis dix ans. Au titre du préjudice d’anxiété ou parce qu’ils sont malades, les salariés de l’usine métallurgique pouvaient se prévaloir de l’allocation de cessation d’activités anticipée (CAATA) mais ils ne pouvaient le faire que s’ils avaient été employés jusqu’en 1997.

Non au ministre

En 2015, les représentants du personnel CGT en tête ont souhaité mener la bataille de l’extension de la période d’indemnisation, entre 1998 et 2012. Ils ont gain de cause. En première instance, le tribunal administratif de Bordeaux vient d’annuler la décision de la ministre du Travail de ne pas inscrire l’usine dans la liste des établissements industriels pouvant ouvrir le droit à ces indemnisations.
En clair, tous les salariés ayant travaillé à l’usine entre ces deux années peuvent désormais déposer un dossier de prise en charge. La plupart ont été licenciés à l’issue de la succession de plans sociaux depuis dix ans. Si la demande est acceptée, ces travailleurs de l’amiante peuvent percevoir 65 % de leur salaire brut mensuel. Une aubaine pour beaucoup.

15 décès connus

L’Etat peut faire appel de la décision. ll faut toutefois attendre la parution au Journal Officiel pour lancer les nouvelles procédures. 50 salariés ont déjà été déclarés malades de l’amiante, une quinzaine est décédée mais la liste n’est hélas pas exhaustive. Dans les dernières semaines, un ancien métallo de 84 ans est mort d’un cancer de la plèvre, spécifique au contact avec l’amiante. Plus de 600 dossiers ont par ailleurs été déposés auprès des conseils de prud'hommes pour obtenir des indemnisations au titre du préjudice d’anxiété. Toutes les procédures à une ou deux exceptions près ont été couronnées de succès.
Source : https://www.ladepeche.fr

Nantes : une manifestation en attendant un rapport sur le Tripode amianté

Les anciens salariés du Tripode, à Nantes, attendent un rapport de l'Inspection générale des Affaires Sociales sur les risques encourus en raison de l'amiante présente dans le bâtiment. Ils se rassemblaient aujourd'hui. 
est place Royale dès 15h que les agents et les Unions Syndicales Départementales et de l'Addeva 44 (association de défense des victimes de l'amiante en Loire-Atlantique) ont informé la population sur les risques réels de l'amiante. Si ils étaient peu nombreux, le thème a beaucoup intéressé les passants. Car beaucoup de bâtiments contiennent toujours de l'amiante en Loire-Atlantique.

Ils demandent  le « classement immédiat en site amianté » du bâtiment et dénoncent des décès «dissimulés» depuis plusieurs années. Ce classement avait été refusé en Mars 2017 par l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Or, selon eux, le Tripode a été un cas exceptionnel d'exposition.

Des études ont alerté 
Un bureau d’études indépendant Sepia-Santé avait réalisé en 2016 une étude sur le lien entre l'exposition à l'amiante et les décès. Les résultats montraient que "les agents ayant travaillé dans ce bâtiment administratif de l’île de Nantes entre 1972 et 1993 mourraient en moyenne six ans plus que tôt que les salariés d’un service comparable". 

Départ en pré-retraite amiante
Le classement du site permettrait aux d'agents encore actifs - soit moins de 400 personnes- de bénéficier d'un départ en pré-retraite amiante.

lundi 14 août 2017

Les syndicats demandent le classement d'Arcelor-Fos en "site amiante"

Mobilisés ce matin aux côtés de l'ADEVIMAP sur le site d'ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, les syndicats CGT et CFDT vont porter l'affaire devant le Tribunal Administratif le 2 mai prochain pour faire annuler une décision ministérielle.
"Pour nous c'est une injustice", lance Houssine Rehabi, administrateur de l'ADEVIMAP, l'Association de Défense des Victimes des Maladies Professionnelles. "Le personnel du site a été massivement contaminé par de l'amiante, même l'inspecteur du travail l'a reconnu. Il n'est donc pas normal que l'État refuse de le classer". 220 témoignages d'anciens salariés d'Arcelor-Fos attestant également de la présence d'amiante sur le site ont déjà été rassemblés par les syndicats, qui affirment qu'il n'est pas rare d'en trouver sur certaines unités encore aujourd'hui. "On en a retrouvé récemment à plusieurs endroits, comme à la cokerie, à l'énergie, dans des locaux-tracteurs et d'autres bâtiments. Il y en a surement encore, on le découvre au fur et à mesure", explique Jean-François Caruso, délégué syndical CFDT. "La direction n'assume pas la présence d'amiante sur ce site et refuse de reconnaître que des salariés sont atteints de maladies liées à l'amiante". En 2011, l'inspection du travail en dénombrait pourtant déjà 311.
Faute d'accord entre les représentants des salariés et l'État, qui a refusé le classement du site, ce sera à la Justice de trancher ce mardi 2 mai 2017. L'audience publique se tiendra au Tribunal Administratif de Marseille à partir de 14h. 
Source : http://www.maritima.info

Une retraite plus précoce pour les fonctionnaires touchés par l'amiante

Un décret entré en vigueur le 1er avril permet aux fonctionnaires souffrant d'une maladie professionnelle liée à l'amiante de partir à la retraite dès 50 ans, comme les salariés du privé. L'alignement de la fonction publique sur le privé En vertu d'un décret publié au Journal Officiel le 30 mars et entré en vigueur le 1er avril, les fonctionnaires et agents contractuels de droit public souffrant d'une maladie professionnelle dont le lien avec une exposition à l'amiante est attesté, pourront cesser de travailler dès l'âge de 50 ans. Cette mesure de retraite anticipée s'appliquait déjà aux salariés du privé. Versement d'une allocation spécifique mensuelle Tout au long de leur préretraite, les fonctionnaires et agents contractuels touchés par l'amiante perçoivent une allocation spécifique mensuelle équivalente à 65 % de la moyenne de leur salaire mensuel brut des 12 derniers mois d'activité. À noter que cette allocation ne peut être ni inférieure à 75 % du traitement indiciaire brut minimum de la fonction publique, ni inférieure à 75 % du SMIC mensuel brut, ni supérieure à 100 % du dernier traitement indiciaire brut (fonctionnaire) ou de la dernière rémunération (agent contractuel). Une retraite anticipée sur demande La retraite anticipée pour maladie professionnelle liée à l'amiante se fait sur la demande du fonctionnaire ou de l'agent contractuel concerné auprès de l'administration qui l'emploie. Une fois la demande et l'ensemble des pièces justificatives transmises, cette dernière dispose d'un délai de 2 mois pour rendre sa décision.
Source : http://www.boursorama.com

lundi 3 avril 2017

Amiante : les fonctionnaires touchés pourront partir en retraite à 50 ans

Les salariés de la fonction publique victimes d'une maladie professionnelle liée à l'amiante bénéficieront des mêmes avantages que les salariés du privé.

Les agents de la fonction publique, titulaires et contractuels, dont la maladie professionnelle est reconnue en lien avec une exposition à l'amiante, pourront cesser de travailler à l'âge de 50 ans, comme les salariés du privé, selon un décret paru jeudi au Journal officiel.
Alors qu'ils ne pouvaient auparavant bénéficier d'une pré-retraite dans ces circonstances, ce décret étend aux « fonctionnaires et agents contractuels qui en font la demande, le bénéfice d'une cessation anticipée d'activité et de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité afférente, dès lors qu'ils ont été reconnus atteints d'une maladie professionnelle provoquée par l'amiante », stipule le texte.

3 000 décès par an

Les agents concernés pourront cesser de travailler à l'âge de 50 ans tout en continuant de percevoir une rémunération équivalente à 65 % de celle, moyenne, perçue pendant les 12 derniers mois. Ils bénéficieront ensuite du régime de retraite des fonctionnaires en fonction de leur situation professionnelle (à partir de 62 ans en moyenne).
Interdit depuis 1997, l'amiante serait responsable chaque année de plus de 3 000 décès. Selon les autorités sanitaires, ce matériau isolant pourrait provoquer jusqu'à 100 000 décès d'ici à 2025, les maladies pouvant survenir jusqu'à 40 ans après l'exposition.
Source : http://www.lepoint.fr

ROUSSILLON Site amiante : le Conseil d’Etat prend position

Saisi par le CHSCT de la plateforme chimique de Roussillon et le Caper Nord Isère, le tribunal administratif de Grenoble avait reconnu le site industriel comme site amiante en juillet dernier donnant raison aux plaignants contre l’industriel (Rhodia en l’occurrence) et le ministère du Travail qui avait refusé la reconnaissance du site.
La cour d’appel de Lyon avait confirmé cette décision au mois d’octobre, sans effet, alors que la plateforme aurait dû être inscrite comme site amiante au Journal officiel, ouvrant des droits aux salariés en matière d’indemnisation et de préretraite. Alors que le ministère et l’industriel avaient encore fait appel pour réclamer un sursis à exécution de la décision, c’est le Conseil d’Etat qui vient de publier un arrêté pour donner une nouvelle fois raison aux plaignants. L’Etat doit donc se plier à cette décision. Si elle n’est pas publiée au Journal officiel, les avocats du CHSCT et du Caper pourraient à nouveau saisir la justice pour mettre l’Etat à l’amende.
Source : http://www.ledauphine.com

lundi 6 mars 2017

Usine amiantée : Qu’est ce que cela a changé pour les salariés de Renault Trucks à Vénissieux ?

SANTÉ AU TRAVAIL Le site de Vénissieux a été reconnu officiellement comme « usine amiantée » fin 2016, après quinze ans de bataille…
Au printemps 2016, après quinze longues années de batailles sociale et juridique, les Renault Trucks de Vénissieux obtenaient l’inscription de leur site sur la liste des établissements de fabrication, de flocage et de calorifugeage à l’amiante. Des lieux où en d’autres termes, ce matériau hautement toxique pour la santé était utilisé dans les process de fabrication. Le 25 octobre, la reconnaissance de la société vénissiane (ex RVI) comme «usine amiantée» était confirmée dans un arrêté publié au Journal officiel.

Trois mois plus tard, qu’est que cela a changé pour les employés et les anciens salariés qui ont travaillé sur le site entre 1964 et 1996, avant l’interdiction de l’amiante ? 20 Minutes fait le point sur ce dossier.
  • De nombreux départs en préretraite possibles
Suite au classement en site amianté, les organisations syndicales de Renault Trucks sont entrées en négociation avec leur direction pour obtenir un accord sur les préretraites anticipées. Après plusieurs réunions, un accord a été signé début janvier, offrant ainsi aux employés concernés par l’amiante et à quelques années de la retraite de quitter l’entreprise plus tôt.
Potentiellement, 190 personnes pourraient ainsi partir en retraite anticipée dès fin mars. «D’ici 2036, 690 salariés du site sont concernés», indique Frederic Panetier, secrétaire général de la CGT Renault Trucks. Un site où travaillent actuellement plus de 4.000 personnes.
  • Des recours pour faire valoir le préjudice d’anxiété
L’inscription de l’usine en site amianté ouvre la voie à de nombreux recours possibles pour les salariés et les anciens employés pour faire valoir le préjudice d’anxiété. Aujourd’hui, 150 dossiers ont déjà été déposés devant les Prud’hommes de Lyon, selon la CGT de Renault Trucks. «Entre 650 et 750 autres dossiers sont en cours de vérification», ajoute Jean-François Charoud, 64 ans, qui a passé 39 ans dans l’usine de Vénissieux.
Pour ce retraité comme pour bon nombre de salariés, le préjudice d’anxiété n’est pas un vain mot. «J’en ai perdu des copains qui sont morts d’un cancer de la plèvre. Alors forcément, quand on doit passer des examens on n'est jamais rassuré», confie ce délégué CGT, soucieux que toutes les personnes ayant travaillé à l’usine du temps de l’amiante soient informées de leurs droits.
  • Plus de 10.000 salariés qui pourraient saisir la justice
Au-delà des nombreux cas déjà connus par la CGT, entre 10.000 et 15.000 ex-salariés de l’usine de Vénissieux pourraient faire valoir le préjudice d’anxiété devant la justice. «Tous ceux qui ont travaillé là entre 1964 et 1996, même trois ou six mois, sont concernés», ajoute Jean-François Charoud. Au terme de leur procédure devant les Prud’hommes, nombre d’entre eux devraient être indemnisés pour l’exposition à l’amiante qui leur a été imposée.
«Mais notre démarche va au-delà des indemnités. L’objectif est bien de faire prendre conscience à chacun qu’il ne faut pas faire n’importe quoi avec la santé des salariés. Il doit y avoir un principe de précaution. A l’époque c’était l’amiante, mais il y a aujourd’hui d’autres produits dont on connaît encore mal les effets sur la santé et qui pourraient se révéler tout aussi nocifs», ajoute Frédéric Panetier.
Source : http://www.20minutes.fr

lundi 2 janvier 2017

ISBERGUES Aciéries et amiante : la CFDT interpelle (à nouveau) le gouvernement

lundi 1 août 2016

Amiante: les employés "empoisonnés" de la plate-forme chimique de Roussillon (Isère) pourraient être indemnisés

Le tribunal administratif de Grenoble a cassé, lundi 11 juillet, la décision de l'ancien ministre du travail François Rebsamen de ne pas classer le site pétrochimique de Roussillon comme un site amiante. L'association CAPER espère une indemnisation, sous la forme de départs en retraite anticipés.

La décision, pour eux, ressemblait à une bouffée d'air. L'association CAPER (Comité Action Prévenir et Réparer) Nord-Isère, qui se bat du côté des victimes de l'amiante dans le département, et le CHSTC (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de la plate-forme pétrochimique ont conjointement monté un dossier d'un millier de pages, remplissant trois classeurs, pour plaider leur cas.
Cela fait plusieurs années que CAPER Nord-Isère et le CHSTC travaillent sur ce dossier. L'association accueille les "gens empoisonnés" et les "accompagne dans ce parcours du combattant" selon les mots de son fondateur et président Pierre Rinalduzzi. Depuis 2001, ils ont déploré 103 morts d'anciens employés attribués à l'amiante, mais "tout le monde ne vient pas nous voir, précise-t-il, je suis sûr que le médecin du travail a compté plus de morts que nous." 
L'association et le CHSTC avaient inondé les tribunaux de plaintes pour "faute inexcusable", ce qui a poussé l'Etat à réagir. Les victimes se sont vues offrir le choix entre recourir à la FIVA (Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante) ou bien poursuivre la procédure judiciaire. Selon Pierre Rinalduzzi, la plupart ont décidé de poursuivre..


L'ancien ministre du travail François Rebsamen s'était opposé à ce que le site de Roussillon, qui compte 17 employeurs différents, soit classé comme un site amiante, mais le tribunal administratif de Grenoble a cassé cette décision le 11 juillet. L'Etat a donc deux mois, jusqu'au 11 septembre, pour faire appel. Inimaginable pour Pierre Rinalduzzi. "Ils veulent combien de morts avant de reconnaître ce site ?"


Si la décision du tribunal administratif se maintient, de nombreux employés de ce site pétrochimique, le plus grand d'Europe, pourront demander à partir en préretraite amiante. Il s'agit d'une retraite anticipée pour les salariés du secteur privé: pour trois ans d'ancienneté sur le site entre 1945 et 1996, les employés pourront partir un an plus tôt en retraite (avec une limite de dix ans), avec une indemnisation correspondant à 62% de leur salaire brut annuel.


L'association prévoit une centaine de départs possibles et pour son président, les employeurs pourraient en profiter pour renouveler et rajeunir leur personnel. Ce serait également l'occasion d'améliorer l'image du site en intensifiant le désamiantage, qui est toujours en cours, "au coup par coup" sur la plate-forme.
Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

La plateforme chimique reconnue site amiante

Saisi par la CGT du site et le Comité action prévenir et réparer (Caper) Nord Isère, le tribunal administratif de Grenoble a reconnu la plateforme chimique des Roches-Roussillon comme site amiante. L’industriel, en l’occurrence dans ce cas de figure Rhodia, mais aussi le ministère du travail qui avait refusé la reconnaissance du site en 2015, ont jusqu’au 11 septembre pour faire appel. Depuis la création du Caper, en 2002, ce sont 103 ex-salariés du site qui sont officiellement décédés à cause de l’amiante.

Source : http://www.ledauphine.com/

lundi 11 juillet 2016

Enfin une victoire pour le collectif amiante de Dives-sur-Mer

Le collectif amiante Tréfimétaux de Dives-sur-Mer vient d’obtenir satisfaction avec le désistement du FIVA dans son combat pour l’indemnisation de plusieurs dossiers.

« Après 13 ans de combat et d’acharnement, le Fonds indemnisation plie ». Jean-Pierre Rocard, le président du collectif amiante Tréfimétaux de Dives-sur-Mer (Calvados) peut laisser éclater sa joie. Le groupe divais, à force d’abnégation, va finir par obtenir gain de cause dans son long combat judiciaire.
Cinq dossiers oubliés par le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (ndlr. FIVA), en dépôt au tribunal pour faute inexcusable, vont enfin être jugés.

« Une énorme satisfaction »

Le FIVA a en effet retiré sa contestation, ce qui permet à la cour d’appel de Caen de juger le dossier. « Vu le caractère d’urgence du dossier, une audience a été fixée le 26 septembre prochain pour fixer les sommes importantes dues, avec intérêts et droits rétroactifs » souligne Jean-Pierre Rocard.
Après 13 ans de bataille juridique, c’est une énorme satisfaction pour le collectif.
Pour autant, le combat n’est pas terminé pour les amiantés divais qui attendent toujours la signature d’un arrêté qui classerait l’ancienne usine de Dives-sur-Mer en site amianté.

Source : http://www.lepaysdauge.fr/

RENAULT TRUCKS : DES MILLIERS DE SALARIES ET RETRAITES CONCERNES PAR L'AMIANTE

Après plus de quinze ans de procédure, le classement amiante de l’établissement de Vénissieux va être établi. Il concerne l'ensemble du site au travers de ses différentes époques, depuis Berliet jusqu'à Renault Trucks en passant par la période RVI.
Après plus de quinze ans de procédure, le classement amiante de l’établissement de Vénissieux va enfin intervenir, fait savoir ce matin l'association l'APER. 
C'est le résultat du travail mené par le cabinet d’avocats TEISSONNIERE-TOPALOFF-LAFFORGUE-ANDREU en lien avec 
l’implication de quatre organisations syndicales (CGT, UGICT-CGT,CFDT et FO) membres de l’association.
" Durant toutes ces années la direction de RVI puis Renault-Trucks a utilisé toutes les procédures, tous les recours avec ses meilleurs avocats pour empêcher que l’établissement de Vénissieux soit classé, rappelle l'APER. Elle a réussi à gagner du temps, empêcher des salariés de partir en ACAATA mais, au bout du compte, c’est l’intérêt des salariés qui a été pris en compte par la justice", se réjouissent les organisations syndicales.

Dans quelques semaines l’arrêté de classement sera publié au Journal Officiel et, à partir de là , ceux qui attendent depuis des années vont pouvoir bénéficier de la pré-retraite amiante.

Ce classement va permettre aux salariés ou ex-salariés, ainsi qu’aux retraités qui ont travaillé durant une période dans l’établissement entre 1964 et 1996, d’engager une procédure devant le Conseil de Prud’hommes pour faire indemniser l’anxiété qu’ils ressentent, leur crainte d’être un jour victime de l’amiante comme des dizaines de salariés l’ont été ou le sont encore. Sans parler de celles et ceux qui en sont décédés.


Pour informer les personnes potentiellement concernées par ce classement amiante, l’APER organise le lundi 20 juin des réunions d’information dans les locaux du Comité d’entreprise à Vénissieux , salle E. Lapierre. En matinée ( à 9h30 et à 11h) pour les salariés et à 14h30 pour les retraités.

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/

lundi 25 avril 2016

Aux victimes de l’amiante : « Écoutez, nous vous avons déjà beaucoup donné, maintenant, mourrez en silence ! »

Des dizaines de milliers de salariés ont travaillé en contact avec l’amiante, avant qu’elle ne soit interdite en 1997. La fibre tueuse pourrait causer 100 000 morts dans les trois prochaines décennies. Qu’ils aient travaillé sur des chantiers navals ou dans le BTP, ouvriers, artisans ou techniciens qui étaient en contact avec l’amiante peuvent bénéficier d’une préretraite. Problème : les intérimaires ont toutes les difficultés pour faire valoir ce droit. Et les salariés de sous-traitants en sont exclus, quand bien même ils ont travaillé sur les mêmes sites contaminés et aussi longtemps que leur collègues. Une discrimination inscrite dans la loi qui pénalise les plus précaires, que la réforme du droit du travail ne règle bien évidemment pas.
Claude Viscuso a posé ses premiers câbles électriques à 16 ans. C’était à Marseille, sur les chantiers navals. Claude y travaille comme apprenti, puis comme intérimaire. En 1984, il débarque dans le port de Saint-Nazaire. Direction les chantiers navals où il travaille pour divers sous-traitants tels que Cégélec (groupe Vinci) ou Inéo (Groupe Engie). Huit heures par jour, par tous les temps, jusqu’à ses 59 ans. « L’hiver, bien sûr, il fait froid. Et c’est très dur de manipuler du matériel dans ces conditions, de garder les mains habiles. Mais le chaud, c’est terrible aussi. Derrière les tôles, le soleil tape dur. Et quand vous avez en plus les soudeurs qui chauffent ces tôles pour leur donner les bonnes formes, c’est vraiment difficile. » En sus de cette pénibilité, il y a l’amiante. La fibre toxique est présente partout dans les chantiers : isolation, cloisons, portes des chaudières…
L’ancien ouvrier se souvient que la poussière d’amiante a commencé à se dissiper au début des années 1990 seulement, « quand ils ont installé des systèmes d’aspiration » (l’amiante n’a été interdite en France qu’en 1997). Des collègues partent des chantiers en retraite anticipée. « Là, j’ai commencé à me dire : mais, et nous ? » Claude Viscuso s’est alors penché sur les textes réglementaires qui permettaient aux salariés des chantiers navals exposés à l’amiante de partir en préretraite. « J’ai découvert que pour avoir accès à la retraite anticipée, il fallait que l’entreprise soit inscrite sur une liste, qu’elle soit reconnue comme un lieu de travail ayant exposé ses salariés. Mais les sous-traitants ne sont pas inscrits sur ces listes. »

« Quand les menuisiers découpaient les panneaux, la poussière volait partout »

Les ouvriers sous-traitants des chantiers navals ne bénéficient d’aucun droit à cette préretraite, même s’ils ont été exposés à l’amiante autant et aussi longtemps que leurs collègues non sous-traitants. « On se retrouve dans une situation incroyable : deux personnes qui ont fait le même travail, au même endroit, toute leur vie, avec les mêmes risques par rapport à l’amiante, ont des droits différents au moment du départ en retraite », constate l’ancien ouvrier. « À exposition identique à l’amiante, les conditions de départ devraient être identiques. Mais, en fait, seul le salarié qui a un lien juridique avec une entreprise listée en profite, les sous-traitants, non, les intérimaires, difficilement », précise Frédéric Quinquis, avocat associé au cabinet Michel Ledoux et Associés, qui défend les victimes de l’amiante.
Intérimaires et sous-traitants interviennent pourtant en nombre dans ces secteurs particulièrement exposés. « Les sous-traitants sont omniprésents sur les chantiers navals, relève Patrick Hamon, directeur de la section des Pays de la Loire de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). On les retrouve parmi les tuyauteurs et les chaudronniers, qui sont les cœurs de métier des chantiers. » Des dizaines d’entreprises, grandes ou petites, s’activent sur la construction d’un navire. Des menuisiers interviennent par exemple pour la confection des cabines des navires, dont les parois ont longtemps été constituées de maronite, un matériau qui contient de l’amiante. « Quand les menuisiers découpaient les panneaux, la poussière volait partout », se souvient Gérard Rastel, électricien intérimaire sur les chantiers. Maintenant qu’est venu le temps du désamiantage, les sous-traitants sont à nouveau très sollicités.

Une préretraite pour compenser la perte d’espérance de vie

Le droit à une préretraite pour les travailleurs de l’amiante existe depuis 1999 [1]. Peuvent en bénéficier, d’une part, les travailleurs déjà atteints par une pathologie liée à l’amiante (cancer broncho-pulmonaire, lésions de la plèvre, etc.). D’autre part, les travailleurs – même non diagnostiqués – de secteurs et d’entreprises directement contaminées par l’amiante peuvent aussi demander l’allocation. Il s’agit d’entreprises de fabrication de matériaux contenant de l’amiante, d’isolation à l’amiante, de certains métiers des chantiers navals, et des dockers et travailleurs de manutention des ports. Ils peuvent prétendre à cette préretraite à partir de 50 ans, selon leur nombre d’années d’exposition à la substance toxique, même s’ils ne sont pas – encore – malades. C’est pourtant loin d’être un privilège. L’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Acaata) a été pensée comme une« compensation de la perte d’espérance de vie », comme l’écrit pudiquement la Cour des comptes [2]. Car pour les travailleurs qui ont été exposés pendant des années, les probabilités de développer une maladie grave, comme le cancer, sont élevées.
Il s’agit de pouvoir leur laisser goûter un peu de leur retraite, après une vie passée à turbiner. « On a une espérance de vie moindre. Ce n’est donc que justice de nous laisser partir à la retraite plus tôt, estime Claude Viscuso. Ici, à Saint-Nazaire, tout le monde a quelqu’un de proche qui est malade ou mort de l’amiante. Mon beau-père, qui a travaillé toute sa vie sur les chantiers, a fini ses jours, malade, chez nous, avec les poumons plein d’eau. Ma tante est morte aussi, contaminée en lavant les bleus de son mari, qui rentrait des chantiers couvert d’amiante. »
En quinze ans, un peu plus de 87 000 personnes ont bénéficié de cette préretraite amiante, sur 132 000 demandes [3]. Le nombre de bénéficiaires diminue de façon continue depuis 2011. À l’heure actuelle, un peu plus de 21 000 personnes touchent cette allocation. 4 000 nouveaux dossiers ont été acceptés en 2014, 2 000 demandes ont été refusées.

« Un parcours du combattant que certains refusent de faire »

« Des milliers d’intérimaires et de salariés de sous-traitants qui ont travaillé avec l’amiante, notamment sur les chantiers navals, ont travaillé pour des entreprises qui ne figurent pas sur les listes, explique André Fadda, secrétaire de l’union syndicale de l’intérim CGT. Parfois, ils ont travaillé pour une boîte dont seul le siège est sur la liste, mais pas l’agence qui les employait. Là aussi, ça bloque. La Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat, chargée de traiter ces dossiers), refuse leur demande de départ anticipé, ou ne prend pas en compte tous les contrats dans lesquels ils ont pourtant été en contact avec l’amiante. »
La Carsat des Pays de la Loire nous confirme suivre cette ligne, qui est celle des directives nationales : « Le salarié d’un sous-traitant peut bénéficier de l’allocation uniquement si l’établissement de sous-traitance dont il est salarié est inscrit sur les listes des établissements ouvrant droit à l’allocation. » Les intérimaires sont un peu mieux lotis : ils peuvent bénéficier de la préretraite s’ils parviennent à prouver, grâce à leurs contrats de mission, leurs périodes d’activité au sein des entreprises listées, même s’il y ont travaillé par l’intermédiaire d’un boîte d’intérim. Cela suppose d’avoir conservé tous ses contrats de missions, qui sont souvent très courts dans le cadre de l’intérim, et pour des périodes d’exposition qui datent de plus de quinze ans.
« Il faut fournir tous les ordres de mission, que les gens n’ont pas toujours. Alors on essaie de monter des dossiers avec des témoignages. Quelquefois, on va jusqu’au tribunal des affaires de sécurité sociale pour défendre les dossiers d’intérimaires »,témoigne Patrick Hamon. « Les intérimaires doivent retracer eux-mêmes toute leur carrière, déplore Gérard Rastel. C’est un parcours du combattant que certains refusent de faire. Ce que l’on demande, c’est simplement que les personnes qui ont été au contact de l’amiante aient toutes les mêmes droits, salariés directs des chantiers, intérimaires et sous-traitants ».

Des entreprises qui contestent leur classement « amiante »

Pour aider les salariés de sous-traitants, la seule solution est de faire inscrire leurs entreprises sur les listes en question, qui contiennent environ 1 700 entreprises aujourd’hui [4]. Mais pour qu’une entreprise sous-traitante devienne « entreprise amiante », cela met parfois des années. « C’est très compliqué, résume Patrick Hamon, de l’Andeva. Il faut réunir des témoignages, retrouver des traces d’achat d’amiante, essayer d’avoir accès aux archives des entreprises. Et celles-ci ne coopèrent pas toujours. Et souvent elles ont disparu, ou bien elles ont été rachetées. Bref c’est un gros travail. Quand on y arrive, cela prend environ cinq à six ans. »
Les démarches sont aussi laborieuses dans d’autres régions. « On y arrive parfois, mais c’est quelque chose qui prend du temps, » confirme Julie Andreu, avocate en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Quand une entreprise est ajoutée à la liste des établissements classés « amiante », ce n’est jamais définitivement gagné. Car certaines font appel de cette inscription. « C’est le choix qu’a fait l’usine d’engrais de Yara, près de Saint-Nazaire. Et elle a gagné », dit Patrick Hamon. Entre-temps, le salarié continue à travailler malgré des plaques pleurales, des lésions sur les parois des poumons provoquées par l’amiante. « On peut travailler avec, mais on s’essouffle plus vite. Et on augmente les risques de cancers. »
Pourtant, l’Andeva ne désarme pas. Et poursuit sa bataille juridique : « Nous avons même déposé une question prioritaire de constitutionnalité [possibilité ouverte à toute personne de soutenir qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, ndlr] sur l’inégalité de traitement entre salariés des entreprises et salariés des sous-traitants [5]. » Celle-ci a été rejetée par la Cour de cassation. L’association de défense des victimes de l’amiante demande aussi la mise en place d’un accès individuel à la préretraite amiante. L’attribution de l’allocation se ferait, indépendamment des listes d’entreprises « amiantées » établies par décret ministériel, sur la base de l’exposition réelle de chaque travailleur. Ce n’est pas la direction prise par les pouvoirs publics.
Un rapport gouvernemental sur le sujet a été remis au Parlement en 2015 [6]. Il devait examiner la possibilité d’ouvrir l’accès à l’allocation sur la base d’éléments sur l’exposition réelle des travailleurs. « Les travailleurs de l’amiante qui ont exercé une partie de leur activité dans des établissements figurant sur les listes mais qui étaient alors employés par des entreprises sous-traitantes se heurtent au refus de prendre en compte ces périodes », reconnaît ce rapport. Tout en rejetant l’élargissement de l’allocation sur la base de l’exposition réelle. Justification ? Cela coûterait trop cher.

« Tout le monde en a marre des victimes de l’amiante »

Aujourd’hui, l’allocation est presque intégralement financée par la branche « accidents du travail et maladies professionnelles » du régime général de la Sécurité sociale, dont le financement est assuré par tous les employeurs. Un financement mutualisé qui « exonère les entreprises responsables d’exposition à l’amiante des conséquences financières de leurs activités », comme l’avait souligné la Cour des comptes [7]. L’Andeva et les syndicats demandent depuis des années que les industriels de l’amiante soient associés à ce financement. En vain. En 2005, une contribution spéciale au financement de l’allocation avait bien été instaurée. Elle devait être payée par les entreprises dont au moins un salarié en bénéficiait. Mais cette participation des entreprises de l’amiante a été abandonnée quatre ans plus tard, « compte tenu des difficultés de recouvrement liées notamment à la disparition de certaines des entreprises concernées », précise la Cour des comptes.
Pour les bénéficiaires, le montant de l’allocation est loin d’être mirobolant.« L’allocation, c’est 65 % du brut », détaille Gérard Rastel. Entre 800 et 850 euros pour un ouvrier au smic. « Donc, évidemment, ils continuent à travailler. Nous aimerions enfin ouvrir cette allocation amiante à d’autres métiers : garagistes, mécaniciens, plombiers. Des métiers souvent exercés par des petits artisans. »
L’heure n’est pas à l’extension des droits à la préretraite amiante. « La Carsat nous pose de plus en plus de difficultés pour accepter les dossiers », constate l’ancien électricien intérimaire. « On a de plus en plus de refus de prises en charges des maladies professionnelles, renchérit Patrick Hamon. Certains interlocuteurs, notamment la caisse primaire d’assurance maladie, refusent de nous parler au téléphone. Ils demandent à parler directement à la victime, même si celle-ci ne veut pas – ou ne peut pas – s’exprimer. Parce qu’elle n’ose pas ou parce qu’elle est traumatisée par les manières brutales avec lesquelles on l’a déjà interrogée. Et nous parlons ici des personnes déjà malades ! »
Autre exemple de ce raidissement, la Cour de cassation a refusé à des dockers le droit de prétendre au préjudice d’anxiété, une compensation pour avoir été exposés à des substances dangereuses et devoir vivre avec cette épée de Damoclès : la menace, voire l’attente de la maladie. Les dockers font pourtant partie des métiers qui ont droit à la préretraite amiante, et sont donc considérés par la loi comme ayant été exposés [8] « On a l’impression que tout le monde en a marre des victimes de l’amiante, que ça leur a coûté trop cher. C’est un peu comme s’ils nous disaient : écoutez, nous vous avons déjà beaucoup donné. Maintenant, mourrez en silence »,soupire Patrick Hamon.
Nolwenn Weiler, Rachel Knaebel
Source : http://www.bastamag.net/

lundi 18 avril 2016

Un appel à témoins sur le site d'ArcelorMittal-Fos

Les syndicats CGT et  CFDT d'ArcelorMittal de Fos-sur-mer, en partenariat avec l’ADEVIMAP (l’Association de Défense des Victimes Des Maladies Professionnelles), ont engagé une procédure pour faire reconnaître le site en "site amiante".
Cette démarche a pour but de faire bénéficier aux salariés en activité, des mesures spécifiques et permettre aux retraités qui ont été exposés à cette fibre et non encore été atteints par la maladie, d’obtenir une réparation pour le préjudice d’anxiété lié à leur exposition. Pour ce faire, des témoignages sur les conditions de travail des salariés et des éventuelles expositions subies sont requises. 

Afin de les informer plus précisément, une réunion d'information est organisée le mercredi 23 mars à 14h dans la salle Eugène Hertsoen de Fos-sur-mer. 

Contacts :
-CFDT : 04 42 05 06 41
-CGT : 04 42 05 05 83
-ADEVIMAP : 06 81 93 36 87
Source : http://www.maritima.info/

lundi 8 février 2016

À Dives-sur-Mer, le Collectif amiante espère obtenir le rapport qui pourrait classer l’ex-usine Tréfimétaux en site amianté.

La mobilisation devrait être forte, mardi. À Dives-sur-Mer, le Collectif amiante espère obtenir le rapport qui pourrait classer l’ex-usine Tréfimétaux en site amianté.

« Comment pouvez m’expliquer qu’un rapport de 700 pièces ait pu disparaître. » Devant les ex-salariés et veuves d’anciens employés de l’entreprise Tréfimétaux, le président du Collectif amiante, Jean-Pierre Rocard n’en démord pas. « Il y a eu des ordres de donnés mais par qui ? »
Rappel des faits. En juin 2015, l’inspection du travail réalise un rapport qui, selon l’avocat du collectif, « est très favorable à l’inscription de l’usine Tréfimétaux sur la liste des sites amiantés ». Désireux de se le procurer, le collectif a toujours, jusqu’ici, essuyé une fin de non-recevoir.
Préfecture comme Inspection du travail « affirment qu’il a disparu », s’agace le président Rocard. Devant ce refus catégorique, le collectif s’est adressé à la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) « Et, sur son conseil, nous avons déposé un référé. »Le tribunal administratif de Caen doit rendre son verdict mardi 9 février, à 15 h.
Source : http://www.ouest-france.fr/

lundi 24 août 2015

Victimes de l'amiante à l'arsenal devant le tribunal administratif de Toulon

 
Ils étaient chaudronniers, charpentiers ou encore mécaniciens de maintenance à l'arsenal de Toulon.
Exposés à l'amiante, la vie de onze ouvriers d'État a basculé au point de cesser par anticipation leur activité, entre 2005 et 2009.
Non malades, mais suivis médicalement avec des examens lourds et contraignants, ils vivent au quotidien tout comme des centaines de leurs collègues, sous une épée de Damoclès.
Jugements favorables
Jean Herquin, le président de l'Association des salariés de l'arsenal des victimes de l'amiante (Asava) mesure, jour après jour, ce combat auprès des victimes, pour faire reconnaître en justice la légitimité de l'indemnisation, notamment celle de l'anxiété.
Jeudi matin, au tribunal administratif de Toulon, Maître François Lafforgue, en défense de onze ouvriers d'État, s'est fait l'écho de la décision du 20 mars de la cour d'appel administrative de Marseille pour faire valoir un préjudice « d'anxiété » relatif à l'amiante.
Pour d'autres victimes de l'amiante, « la cour a confirmé le jugement du TA de Toulon pour ce qui est de l'indemnisation du préjudice moral des ouvriers d'État à hauteur de 8 000 e. La cour a ajouté, pour certains d'entre eux, la réparation des troubles dans leurs conditions d'existence à hauteur de 2000 et 5 000 €. C'est une bonne décision qui confirme les bien-fondés de notre démarche. Nous demandons l'indemnisation également de ce préjudice qui consiste dans la perte de l'élan vital et les perturbations occasionnées par l'exposition à l'amiante dans la vie quotidienne »,a-t-il plaidé.
Dans ses conclusions, le rapporteur public a retenu le préjudice moral à hauteur de 8 000 euros par ouvrier d'État, mais n'a pas suivi sur les conditions de troubles d'existence.« On espère que le tribunal tiendra compte également de la décision de la cour d'appel »,indiquait par ailleurs l'avocat.Le jugement a été mis en délibéré.
Une pétition nationale lancée
Le combat continue pour l'Asava au travers d'une pétition nationale, lancée par l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante, concernant les indemnisations versées par le fonds d'indemnisations des victimes de l'amiante. « Elles n'ont pas été revalorisées depuis très longtemps. Cela est inacceptable : il faut faire en sorte que les indemnisations soient revues à la hausse », a martelé Jean Herquin, devant les adhérents de l'association venus, jeudi, à Toulon, soutenir, leurs collègues

lundi 6 juillet 2015

les ex-salariés de RVI Vénissieux obtiennent gain de cause

En mars dernier, le tribunal administratif de Lyon étudiait trois affaires sur le classement de certains sites lyonnais comme établissements où les salariés sont en contact avec l'amiante.
Le jugement a finalement été rendu le 28 avril dernier ; le tribunal a ainsi annulé la décision du ministre du Travail, Michel Sapin, qui refusait d’inscrire le site RVI (Renault Véhicules Industriels) de Vénissieux en site ACAATA (allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante). L’inscription en question devrait donc se faire dans les deux mois ; la demande a en tout cas été faite au ministère par le TA.
Lors de l’audience du 31 mars dernier, les salariés espéraient une issue positive afin de déboucher sur l'ouverture au droit à une "préretraite amiante" avec perception d'une allocation spécifique non soumise à l'impôt sur le revenu.

Concernant le site de Saint-Priest, l’APER (Association Prévenir et Réparer) entend faire appel puisque la justice a maintenu la décision du ministre de ne pas inscrire le site en ACAATA.
"Ce jugement est une étape importante et favorable mais la partie n’est pas encore totalement gagnée. L’APER fera tout pour aller au bout de ce dossier dans l’intérêt des salariés et des victimes de l’amiante. Mais pour cela,  l’association compte sur une mobilisation qui devra s’amplifier dans les semaines qui viennent", assure en cette fin de semaine l’association qui estime à environ 70 le nombre de personnes qui ont été victimes de problèmes de santé liés à l'amiante. Une quinzaine en seraient d’ailleurs mortes. 
Source: http://www.lyonmag.com/

lundi 21 juin 2010

Travailleurs de l'amiante : une meilleure allocation

Pour le calcul de l'allocation de cessation anticipée d'activité, les indemnités versées au salarié lorsqu'il part en congés sont dorénavant incluses dans le calcul du salaire de référence réalisé par les caisses régionales d'assurance maladie.
Le Conseil d'Etat ayant jugé illégal, le fait d'exclure de l'assiette de l'ACAATA (Assiette de l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante) les périodes donnant lieu à indemnités de congés payés versées par une caisse professionnelle, des dispositions ont été prises.
Désormais, les indemnitésversées au salarié lorsqu'il part en congés sont incluses dans le calcul du salaire de référence réalisé par les caisses régionales d'assurance maladie (Circ. n° DSS/SD 2C/2010/21 du 22/01/2010).

Dans les faits, le salaire de référence pour le calcul de l'allocation ne peut pas être déterminé de manière différente selon que les indemnités de congés payés sont versés directement par l'employeur ou par une caisse professionnelle.

L'usine Saint-Gobain classée « site amiante »


La décision s'applique jusqu'en 1997. Une première pour une usine verrière en France.

Le cas de Cognac va être très commenté dans l'industrie de la verrerie. L'usine de Saint-Gobain emballage (récemment rebaptisé Verallia), à Châteaubernard, vient d'être classée « site amiante » par la cour d'appel du tribunal administratif de Bordeaux.
L'utilisation de ce matériau a été interdite en 1997 dans l'entreprise. En 2004, le Comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) commandait une étude sur le sujet. Il y apparaissait que l'amiante avait été omniprésente, dans le revêtement des fours, les outils pour manipuler le verre très chaud ou les éléments de protection des ouvriers, car le produit ne se déforme pas avec la chaleur.
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À la CGT, les ouvriers avaient alors mandaté leurs délégués au comité d'entreprise et au CHSCT pour demander un classement en « site amiante ». « On avait demandé directement au ministère du Travail, qui nous a déboutés le 9 janvier 2007 », relate Jean-Claude Ouvrard, secrétaire du CHSCT à cette époque, et l'un des élus en pointe dans ce combat avec Franck Sanpers et Yannick Ballenger. « J'en ai pleuré »
En mars 2007, la CGT se retournait devant le tribunal administratif de Poitiers, qui refusait l'inscription car le syndicat avait omis de réclamer la rupture de la décision du ministère.
Sûrs de leurs droits, les délégués CGT ont fait appel, en se faisant cette fois épauler par un avocat. La décision vient donc de tomber en leur faveur. Elle doit paraître d'ici deux à trois mois au Journal officiel. Mais l'information a dès hier été actée en interne.
« Tout à l'heure, j'en ai pleuré. Un simple ouvrier peut faire plier une grosse boîte, quand il défend la vérité. Je n'ai rien à gagner personnellement. Je pense à tous les copains qui sont décédés », confie Jean-Louis Ouvrard.
Selon lui, cette décision va faire jurisprudence dans le milieu de la verrerie. Les enjeux sont colossaux, comme tout ce qui touche à ce matériau maudit qu'est l'amiante. « J'ai assisté à une bonne dizaine de réunions au niveau national. Quatre ont été consacrées à l'amiante. Moi, je n'ai monté le dossier que pour le site de Cognac, que je connais. J'ai au moins 200 témoignages. »
En début d'année, Saint-Gobain a été condamné pour « faute inexcusable » par le tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Charente, qui reconnaissait ainsi le rôle joué par l'amiante dans le décès de Gérard Saivres, décédé en 2001 à l'âge de 60 ans.
Saint-Gobain a fait appel, mais ce nouvel épisode juridique ne plaide pas en sa faveur. L'inscription comme « site amiante » pourrait accélérer certains dossiers individuels. Un trimestre pour trois ans
Les employés entrés dans l'entreprise avant 1997 pourront bénéficier d'un trimestre pour environ trois années de présence du fait de ce classement. La CGT se prépare à accompagner les dossiers. Elle entend par ailleurs continuer à se battre sur les compensations financières, qui restent à définir, tant pour les ouvriers en retraite que pour ceux qui partiraient plus tôt, avec la perspective d'une pension incomplète.
« C'est une belle victoire du syndicat et des salariés », juge Dominique Spinali, secrétaire CGT de Verallia. Le syndicat poursuit d'autres objectifs. Il espère faire reconnaître la « pénibilité au travail ». Une étude est par ailleurs en cours sur les poussières produites par l'électrofiltre, classées « CMR, cancérigènes, mutagènes et impropres à la reproduction ». Elles sont aujourd'hui recyclées dans un dispositif spécial. Verallia aimerait les évacuer en les brûlant dans les fours, mais il faut vérifier la nocivité du processus.
Du côté de la direction, on se refuse à tout commentaire tant que la décision du classement n'est pas parue au Journal officiel.

Retraites: les associations de victimes de l'amiante dénoncent un mesure "injuste" et "inefficace"

Les deux principales associations engagées aux côtés des victimes de l'amiante (ANDEVA et FNATH) ont qualifié mercredi le volet "pénibilité" du projet de réforme des retraites d'"injuste, inéquitable et de mauvaise foi".
En compensation de la "pénibilité" de certains métiers, le projet présenté en matinée par le gouvernement réserve le maintien au départ à la retraite à 60 ans aux salariés qui, du fait d'une "situation d'usure professionnelle constatée" (maladie professionnelle ou accident du travail), ont une incapacité physique supérieure ou égale à 20%.
Ce dispositif "écarte les salariés qui ont été exposés à des produits cancérogènes et qui ont de ce fait une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte", dénoncent les deux associations dans un communiqué commun.
Les deux organisations soulignent notamment que "contrairement à ce que prétend le gouvernement lorsqu'il affirme qu'il est impossible de vérifier, pour le passé, la réalité de ces expositions faute de traçabilité, les salariés exposés à des produits cancérogènes bénéficient d'une surveillance médicale spéciale ou renforcée et les dossiers de médecine du travail doivent être conservés pendant 50 ans". AP