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samedi 11 août 2007

Au JAPON “ISHIWATA” = L’AMIANTE


L’amiante est en toile de fond des prochaines élections dans l’archipel.
Le rôle et la mission de l’administration centrale sont vivement contestées.

Sa responsabilité est certes on ne peut plus patente. Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que l’intérêt général a été noyauté par les ministères concernés, dont l’esprit de chapelle n’a d’égal que la peur de marcher sur les plates-bandes des autres ; conscients, chacun dans son coin, des dangers liés à l’exposition aux fibres, ils se sont montrés incapables de mener une action concertée afin d’en imposer l’interdiction totale. Mais, à travers le scandale, c’est toute la société japonaise qui se donne à voir. Contrairement aux Etats-Unis, le recours à la justice n’est pas un réflexe ; les indemnités versées par les entreprises aux malades de l’amiante se font donc au compte-gouttes. En l’absence d’images (le cancer de la plèvre avance masqué), de symboles (comme la tour du site universitaire de Jussieu), les médias ont été incapables de se saisir du sujet afin d’en faire un enjeu de santé publique. A l’heure où les Japonais découvrent que les particules de ce silicate ne ciblent pas leurs victimes, il reviendra au nouvel exécutif issu des législatives de septembre de faire évoluer le statut juridique de leurs effets indésirables, de maladie professionnelle à celui de pollution industrielle.