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lundi 11 juillet 2016

L'AUDIENCE SUR LE DESAMIANTAGE DU CHU DE BESANÇON EST RENVOYEE AU 28 SEPTEMBRE

Le CHU Jean Minjoz, accusé d’avoir fait travailler des agents dans des zones amiantées, a été saisi par le tribunal correctionnel de Besançon.
Le CHU Jean Minjoz est poursuivi par le tribunal correctionnel de Besançon pour "mise en danger délibérée de la vie d’autrui". Ce sont 53 agents techniques de l’hôpital, accompagnés par quatre syndicats (FO, CGT, Sud et la CFDT) et par le Comité d’Hygiène et de Sécurité de l’établissement de santé (CHSCT) qui ont enclenché la procédure dès 2010. Ces derniers avaient porté plainte contre le CHU pour exposition à l’amiante "en toute connaissance de cause".  Selon Me Anne-Sylvie Grimbert, avocat des plaignants "la direction savait qu'il y avait de l'amiante de façon importante dans les locaux et n'a pas pris toutes les mesures de prévention, d'information, de formation et de protection des agents". 
L'intersyndicale et la direction du CHRU avaient précisé lors des dépôts de plainte en 2013 qu'aucun agent n'avait contracté une maladie liée à une exposition à l'amiante pour le moment. Les agents techniques se sont rendu compte en 2013 qu'ils avaient été exposés à l'amiante sans protection à l'occasion d'une formation pour se protéger de cette poudre blanche notamment rencontrée lors d'interventions dans les faux plafonds de l'hôpital.
  • L’inspection du travail s’était rendu sur les lieux en 2011 et avait remis un rapport au procureur de la république. Suite à cette procédure, une enquête préliminaire avait été ouverte, elle donnera lieu à un procès 
Le CHRU Jean Minjoz était cité à comparaître les 15 et 16 juin 2016 auprès du Tribunal correctionnel de Besançon pour "mise en danger délibérée d’autrui", suite aux plaintes d’une cinquantaine d’agents techniques entre 2010 et 2013 affirmant avoir travaillé dans des zones amiantées. L’audience est renvoyée au 28 et 29 septembre 2016
Maître Pierre-Yves Fouré, avocat du CHRU de Besançon, a en effet sollicité le renvoi de l’audience. Incité à comparaitre les 15 et 16 juin 2016, le CHRU se présentera finalement devant le Tribunal correctionnel à la rentrée, les 28 et 29 septembre 2016, pour "mise en danger délibérée d'autrui""Il est indispensable que le CHRU dispose d’un délai suffisant pour préparer sa défense" indique l'hôpital dans un communiqué. 
Le CHRU réfute avoir violé les règles de sécurité en matière d’amiante et "apportera toutes les explications nécessaires à la justice". De nombreux contrôles physiques ont été réalisés depuis 2006 et l’hôpital affirme que "le seuil réglementaire de 5 fibres par litre d’air n’a jamais été atteint". Malgré la complexité que représentent les travaux, notamment avec le déménagement de services entiers, ceux-ci sont "contrôlés par plusieurs organismes" et "supervisés quotidiennement" par des assistants techniques spécialisés dans la gestion de l’amiante. 

Sources : http://www.macommune.info/ http://www.hospimedia.fr/

lundi 18 avril 2016

"Les Sentinelles", un film-hommage aux lanceurs d'alerte sur les grands scandales sanitaires

Le film de Pierre Pézerat, "Les Sentinelles", est présenté à Toulouse et à Gaillac cette semaine. En partie tourné dans le Tarn, le film est un hommage aux lanceurs d'alerte qui durant quarante ans ont dénoncé les scandales sanitaires, de l'amiante et des pesticides notamment. 

Josette Roudaire, Jean-Marie Birbès, Paul François... Des ouvriers, un agriculteur. Les uns ont travaillé au contact de l'amiante, dans l'usine Amisol et dans l'usine Eternit de Terssac, dans le Tarn. L'autre est agriculteur, devenu malade au contact des pesticides.


Ils sont les personnages principaux du film "Les Sentinelles" de Pierre Pézerat. Ils ont en commun leur lutte pour faire émerger les scandales sanitaires que sont l'amiante et les pesticides. Et leur rencontre avec Henri Pézerat, le père du réalisateur, directeur de recherche au CNRS, diplômé de l'Ecole de chimie de Lyon et toxicologue. Décédé en 2009, Henri Pézerat était avant tout un lanceur d'alerte qui a étudié l'amiante et les causes de son caractère cancérogène.

C’est dans l’association qui porte le nom de son père et qui poursuit son combat que Pierre Pézerat les a tous rencontrés : "en les écoutant parler, je me suis dit qu’il fallait absolument que d’autres les entendent. C’est cette rencontre avec eux qui m’a donné envie de faire ce film". Au départ, le réalisateur n’avait pas prévu d’évoquer son père dans son film : " je voulais raconter leur histoire, leur parcours du combattant pour défendre la santé au travail mais tous m’ont ramené à mon père. Ils m’accordaient leur confiance, justement parce que j’étais son fils et tous voulaient me parler de lui".


En creux, au travers du témoignage de ces hommes et femmes, le film est donc devenu aussi un hommage à son père pour qui les travailleurs étaient "les sentinelles du risque toxicologique, professionnel ou environnemental".


Deux projections à Gaillac et Toulouse


"Les Sentinelles" sera projeté dimanche 17 avril, au cinéma de Gaillac, à 10h45. Il sera suivi d'un débat en présence du réalisateur Pierre Pézerat, de Jean-Marie Birbès et d'Annie Thébaud-Mony,  sociologue, auteure de plusieurs livres : «L’industrie nucléaire; sous-traitance et servitude», 2000; «Travailler peut nuire gravement à votre santé», 2007; «La science asservie» 2014), elle-même "sentinelle" du film.


Le film sera également projeté à l'Utopia de Toulouse, le 19 avril à 20h30, avant une rencontre avec le réalisateur organisée avec l'Université Populaire de Toulouse.
Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/

Ayrault veut mieux indemniser les victimes de l'amiante du Tripode

Le ministre des Affaires étrangères était à Nantes, ce vendredi, pour une halte avec les mille agents de son ministère. Il a aussi condamné les "violences et les casseurs"


« Ce n'est pas seulement un métier que vous exercez. C'est une vocation. Vous servez la France avec dignité. » Paroles de salutations, ce vendredi matin, de l'ex-maire de Nantes, ex-député de la troisième circonscription de Loire-Atlantique, aux agents nantais qui travaillent pour son ministère. 

En réponse à la demande du personnel qui a travaillé dans les locaux de l'ancien tripode, Jean-Marc Ayrault le ministre installé au quai d'Orsay s'est engagé à indemniser toutes les personnes concernées par des problèmes d'amiante.

« Condamnation »
Et Nantes la rebelle, ville manifestante, théâtre encore, hier, de la colère anti loi travail, projet de sa collègue Myriam El Khomri, qu'en pense-t-il ? « En démocratie, a-t-il répondu, les manifestations sont légitimes. Mais je condamne les violences et les casseurs. Les manifestations seront plus fortes si on exclut la violence. »

C'est bien ce qu'avaient tenté de faire, hier, les organisateurs débordés par les groupes de perturbateurs. Quinze garçons ont été interpellés, la plupart ont entre 17 et 20 ans. Le plus jeune a 16 ans. Le plus âgé 40. La plupart seront jugés lundi, selon la procédure d'urgence, dite de comparution immédiate.    
Source :   http://www.ouest-france.fr/                

mardi 2 février 2016

A 62 ans, Hélène, voisine du CMMP, découvre sa maladie

« Ça m'angoisse d'en parler... » Hélène Manic, 62 ans, a la voix hésitante au moment d'évoquer le diagnostic médical tombé il y a deux ans : « Calcification pleurale ». A savoir des lésions sur la plèvre, propres aux personnes ayant respiré un air plombé par de l'amiante. La sexagénaire est l'une des 167 personnes ayant envoyé un dossier au Collectif des riverains et victimes du CMMP d'Aulnay, pour demander une indemnisation.





Sa sœur a succombé à un cancer en 2012


« Adolescente, j'ai vécu avec mes parents et ma sœur dans un pavillon voisin du CMMP. Il y avait deux maisons entre l'usine et nous, mais je ne savais pas ce qu'elle fabriquait », raconte Hélène. « Mon enfance s'est déroulée sans problèmes de santé. Je me souviens d'un terrain vague, jouxtant le CMMP, où nous fabriquions des cabanes avec les déchets de l'usine, qui ressemblaient à du plâtre », poursuit-elle. A 17 ans, la famille d'Hélène quitte Aulnay et s'installe au Bourget. C'est en 2011 que le calvaire démarre. Sa sœur déclare un cancer de la plèvre, surnommé « le cancer de l'amiante ». Elle est décédée en août 2012. « J'ai décidé de consulter un médecin et ça n'a pas manqué : les tests ont révélé un épaississement pleural », se rappelle Hélène. Une pathologie « bénigne », mais qui « peut évoluer bien plus gravement, qu'il faut surveiller », précise son mari. Depuis, la vie d'Hélène a changé : « Psychologiquement, c'est dur. Je ne pense qu'à ça. J'ai peur qu'un jour, on m'annonce que j'ai un cancer. »
source: http://www.leparisien.fr/

Une étude pour retrouver les victimes de « l'usine poison »

L'usine CMMP a broyé de l'amiante jusqu'en 1975. Information, démarches : les victimes potentielles ont désormais de nouveaux outils à leur disposition.

e scandale va-t-il encore prendre de l'ampleur ? Une nouvelle étude vient d'être lancée pour cibler et accompagner les victimes de l'usine CMMP(NDLR : Comptoir des minéraux et des matières premières) d'Aulnay-sous-Bois. Entre 1938 et 1975, le site — surnommé « usine poison » par les proches du dossier — a broyé de l'amiante en pleine ville.


Et depuis les années 1990, les ex-voisins déclarant des cancers ou des pathologies propres à l'amiante se comptent par dizaines.

Financée pour trois ans par la région, cette étude a plusieurs objets. « Notamment la mise en place d'une plate-forme numérique facilitant les démarches des potentielles nouvelles victimes », détaille Benjamin Lysaniuk, chercheur au CNRS et copilote du projet. Concrètement, sur une carte qui sera disponible sur Internet, les habitants d'Aulnay pourront localiser leur domicile et savoir s'ils ont été exposés à l'amiante. Ils seront ensuite mis en contact avec le CI3A (Centre d'information et d'accompagnement des personnes ayant été exposées à un risque amiante à Aulnay), une permanence visant à faciliter leur indemnisation et leur suivi.

L'étude a aussi un but sociologique : « On veut savoir pourquoi il a fallu autant de temps pour lancer un recensement des victimes, de façon à réagir plus efficacement lors de prochains problèmes de santé publique », reprend Benjamin Lysaniuk. Ainsi, si l'on sait depuis 2007 qu'il existe un lien entre les cancers développés par les voisins de CMMP et l'activité de l'usine, il a fallu attendre 2014 pour que les autorités se mettent à la recherche des victimes potentielles !

Par ailleurs, cette nouvelle étude est labellisée « Picri » (partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l'innovation). Pour la première fois, elle impliquera les associatifs, qui, les premiers, ont tiré la sonnette d'alarme.

Parmi eux, Gérard Voide, du collectif des victimes du CMMP d'Aulnay, qui compte 167 membres. Nicole, sa femme, a perdu son frère d'un cancer en 1996 et a déclaré une calcification pleurale. L'homme est « soulagé » par cette nouvelle étude : « Cela montre que les choses avancent. C'est une forme de reconnaissance pour ceux qui sont touchés par ce scandale. »
Source: http://www.leparisien.fr/

lundi 21 septembre 2015

Désamiantage en centre ville de TOULON








L’ancien foyer de l’USAM est voué aux pelleteuses et son toit en amiante ciment démonté.


En voyant ces hommes habillés en scaphandriers enlever la toiture, les riverais de la partie SUD de l’Avenue Foch, ont réalisé qu’ils vivaient à côté de centaines de M2 de toitures en amiante ciment. Ce matériau très utilisé il y a quelques décennies pour son prix et sa facilité de pose est particulièrement dangereux en vieillissant.
Commercialisé sous les marques EVERITE ou ETERNIT, ce dernier étant propriétaire du brevet de fabrication.


En effet l’amiante contenu en constitue l’armature.


Le Ciment étant son liant, au cours des décennies l’acidité naturelle des eaux de pluie fait fondre lentement le ciment calcaire et libère ce qui est emprisonné : l’amiante.


Dans le cas présent, la couche supérieure de la couverture n’était plus constituée que d’amiante et de lichens.


De nombreux pays ont banni ce matériau depuis de nombreuses années, en raison du risque de propagation des fibrilles contenues, mais la France est rétissante en raison de la présence de ce matériau sur de nombreux bâtiments agricoles, et des difficultés économique que leur remplacement créerait.


En ce qui nous concerne, nous pensons que ce matériau est dangereux dans des lieux habités, particulièrement dans notre région où ces toitures se dessèchent pendant de longs mois.


Dans des régions très humides la propagation des fibrilles, comme des autres poussières, sont freinées par l’eau, et l’humidité en général.


Cet article est classé : Sites contaminés, afin d’aider d’éventuelles victimes de l’amiante qui feraient des recherches sur l’origine de leur maladie.


Certains soutenant que le hasard n’existe pas, seront surpris que le Palais de Justice de TOULON qui voit défiler des milliers de victimes ait eu sous ses fenêtres des centaines de m2 d’amiante pendant plusieurs décennies.


ACAT-FO

mercredi 19 août 2015

À Lille, des habitants d’un immeuble en appellent à la justice pour en finir avec l’amiante

Deux fois déjà que des résidents de la place Jacquard, à Lille, se rendent au tribunal pour un problème d’amiante dans leur immeuble. Le dossier a été renvoyé à deux reprises. La troisième, le 1er septembre, sera-t-elle la bonne ?
C’est une belle bâtisse construite en 1932. Quarante-quatre appartements occupent ses six étages. On y trouve aussi des commerces au rez-de-chaussée, une très belle cour à l’italienne et, à ce qu’il paraît, beaucoup d’amiante dans les caves ! « J’y ai découvert et photographié de véritables volcans d’amiante », dénonce Francis Calvet, le président de l’amicale de la résidence Maes, laquelle rassemble des propriétaires et des locataires.
Tout commence en 2013 quand le propriétaire de la résidence, la SIA Habitat (38 000 logements sociaux dans le Nord-Pas-de-Calais) opère le changement d’une grosse chaudière au sous-sol. Compte tenu de la taille de l’engin, des calorifugeages des couloirs sont dégradés. Le mal est fait. « À l’époque, aucune information n’a été portée à la connaissance des locataires », s’insurge l’avocate de l’amicale affiliée à la CNL (Confédération nationale du logement). Le 6 janvier, la SIA écrit aux résidents qu’elle va faire procéder à des travaux de désamiantage. Deux ans après ! Francis Calvet s’étonne. « On voit bien que la poussière d’amiante est en contact direct avec l’air ambiant… Et cela depuis longtemps. »

accès interdits aux caves

Plus étonnant encore. Les membres de l’amicale découvrent que l’expertise amiante, discrètement effectuée en 2013, a classé l’ensemble des points suspects au niveau 2, c’est-à-dire « à surveiller »… Devant l’ampleur des dégradations et des poussières en suspension, l’inquiétude règne. « Pourtant, SIA continue à se montrer rassurant. Selon la direction, il n’y a pas de fibre d’amiante dans l’air, pas de pollution, pas de danger », indique Francis Calvet. Du coup, l’amicale mandate un cabinet indépendant à des fins d’analyse. Le rapport, rendu le 24 juillet dernier, confirme la présence d’amosite, un type d’amiante dans les plafonds, au sol et dans les couloirs du sous-sol. Le 27 juillet, les résidents ouvrent un nouveau courrier leur annonçant le début du désamiantage le 7 septembre. Dans quelles conditions ? Le 14 août, les accès aux caves ont été interdits par la SIA. À desseins ?
En tout état de cause, l’amicale demande au juge des référés la nomination d’un expert pour savoir. « On a peut-être mis nos vies en danger », conclut Francis Calvet.
 
Il ne serait peut être pas inintéressant de rechercher si des anciens locataires n'ont pas eu des soucis de santé d'origine pulmonaires non expliqués ....

100 tonnes d'amiante enterrées dans un jardin près de la frontière belge

C'est un particulier qui a découvert l'amiante sous terre dans son jardin, à Feignies en France près de Maubeuge. L'homme est en conflit juridique avec l'ancien propriétaire de sa maison depuis trois ans. Malgré plusieurs expertises et de nombreuses démarches, rien n'a bougé...
En 2012, deux ans après avoir acheté cette ancienne ferme, Ludovic Miot découvre de l'amiante enfouie dans son jardin en voulant creuser un étang. "D'après les sondages, on a environ 30 mètres de long et plus ou moins 10 mètres de large, explique Ludovic Miot. L'amiante est enterrée à environ 1,70 mètres sous terre. Les experts ont évalué à 100 tonnes, mais bon, ce serait la surprise quand ils vont déterrer un jour, j'espère...".
Des animaux morts
Concernant le risque que représente cette amiante, les experts affirment qu'elle n'est pas dangereuse tant qu'elle est ensevelie. Ludovic Miot a cependant constaté la mort de plusieurs de ses animaux : "J'avais à peu près 400 canards et oies d'ornement. Tous les mois, nous découvrions à peu près dix bêtes mortes, voire plus. Mon poney mettait bas tous les ans. Soit le petit était handicapé, nous devions le faire piquer par le vétérinaire. Soit il était mort à la naissance. Et la maman est morte aussi peu de temps après". Reste à savoir si cela est lié, ou non, à la présence d'amiante dans la propriété.
Suite à cette découverte, Ludovic Miot a porté plainte contre l'ancien propriétaire qui aurait dû l'avertir de la présence de cette amiante. C'est suite à cette plainte que deux expertises ont été réalisées. Elles ont prouvé que l'amiante avait été enfouie entre 1995 et 2005, soit bien avant que Ludovic Miot ne s'installe à Feignies. Malgré cela, la Justice demande une troisième expertise. Mais Ludovic Miot n'en a plus les moyens: "Aujourd'hui, entre les frais de justice, les frais d'avocat et les frais d'expertise, on tombe dans un gouffre financier. Là, j'ai dépensé pas loin de 90 000 euros". En attendant, l'amiante est toujours ensevelie dans son jardin. Le désamiantage est estimé à près de 500 000 euros... C'est beaucoup trop pour le propriétaire.
Un terrain privé
Ludovic Miot a voulu obtenir l'aide des autorités locales et s'est tourné vers la Mairie de Feignies. "Quand je parle de l'amiante à Madame le maire, ou même à l'ancien maire, ils m'ont répondu que c'était dans un domaine privé, et qu'ils n'en avaient rien à faire", explique le propriétaire de la ferme. Nous avons contacté la Maire de Feignies, elle n'a pas voulu répondre à nos questions. Nous avons également contacté les bourgmestres de Quévy et des Honnelles qui ont répondu ne pas avoir connaissance du dossier. Ludovic Miot se dit victime d'un acharnement: il dit recevoir des menaces de mort anonymes pour l'encourager à laisser tomber l'affaire.
Et en Belgique ?
Que faut-il faire si vous retrouvez de l'amiante sur un terrain privé en Belgique ? Il y a deux solutions. Soit c'est de l'amiante solide, comme les ardoises en Eternit. Dans ce cas là, vous pouvez évacuer l'amiante vous-même. Vous la récoltez dans ce qu'on appelle des big bacs. Il s'agit de bacs spécialement conçus pour l'amiante que vous transportez vers un parc à containers prévu pour récolter de l'amiante. Autre solution : vous faites appel à une société spécialisée dans le désamiantage. C'est le cas lorsqu'il s'agit d'amiante libre et volatile, comme celle qui entoure les tuyaux de chauffage. Dans ce cas là, le budget du désamiantage est souvent nettement plus élevé.
Source : https://www.rtbf.be

Les déchets d'amiante étant interdits en décharge, ce genre de pratique tend à se répandre.
Quand à au déterrement des déchets type ardoises ou plaques de couverture ETERNIT, il ne comporte que peu de risque si les déchets sont mouillés. S'ils sont secs, c'est fortement déconseillé, l'amiante est extrêmement volatil. En ce qui concerne la propagation des fibrilles d'amiante dans l'eau, et son impact sur la faune, aucune étude scientifique n'a été menée, et pour cause : à une époque de très nombreux vins étaient filtrés avec des filtres en amiante....

mardi 18 août 2015

Amiante à Vry : ils se lancent dans une deuxième grève de la faim

Le couple de Vry, dont le jardin est pollué depuis fin juin à la suite d'un accident de décapage d'un hangar agricole voisin, se lance dans une deuxième grève de la faim, à partir d'aujourd'hui, devant la préfecture de Moselle. Ils veulent que les opérations de désamiantage soit " enfin lancées" et réclament la création d'un bureau de contrôle
Les choses traînent trop au goût d’Isabelle Catalan et Patrick Klein. Alors ils vont une nouvelle fois investir la préfecture ou son parvis pour se faire entendre. « Et on ne devrait pas être les seuls ! », prévient cette habitante de Vry.
Depuis le 22 juin, le couple se bat pour que soient effacées les conséquences d’un accident de décapage du toit d’un hangar agricole, voisin de leur habitation. Des traces d’amiante avaient été découvertes dans leur jardin, mais également sur la voie publique. Ils ont déposé plainte, sonné aux portes de toutes les collectivités territoriales et de l’Agence régionale de santé (ARS), pour que des opérations de désamiantage soient lancées. Après une première grève de la faim, qui avait duré cinq jours en juillet pour que le site soit bâché, ils remettent le couvert à partir d’aujourd’hui. En effet, dans la foulée, le bâchage a bien eu lieu. « Mais franchement, le résultat n’est pas à la hauteur. Les bâches s’envolent à cause du vent… Et on ne nous donne toujours pas de réponse concernant le délai de désamiantage », s’insurge Isabelle Catalan.

Des pièces manquantes au dossier

L’entreprise spécialisée, diligentée par la préfecture, avait, avant le bâchage, procédé à la pulvérisation d’un produit spécial pour coller les fibres. Elle était également revenue pour fixer à nouveau les couvertures qui s’étaient envolées. « Techniquement, il n’y a plus aucun risque », rassurait fin juillet dans nos colonnes Stéphane Arsaguet, responsable du chantier pour la société Adeco Désamiantage. Mais le couple doute et réclame que les opérations de désamiantage soient véritablement enclenchées. Selon la préfecture, l’entreprise a été saisie par les services de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation et du travail ( Direccte ) le 7 août, « pour communication de son plan de retrait amiante, qui doit être adressé à l’inspection du travail et à la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail, conformément aux dispositions du Code du travail ». Le document étant incomplet, l’entreprise a été relancée vendredi par l’ARS et devrait fournir les pièces demandées cette semaine. « À réception, les services de la Direccte se prononceront très rapidement. L’opération doit toujours être effectuée au courant de la seconde quinzaine d’août, comme prévu initialement. La préfecture veillera à ce que cette opération se déroule dans les délais prévus », assure-t-on à la préfecture. Mais comme la période de la première quinzaine avait été avancée par un autre interlocuteur, le calendrier paraît interminable pour le couple. Donc, Isabelle Catalan et son compagnon maintiennent leur grève de la faim, qui devrait commencer cette nuit à minuit et rallier quelques proches. « Nous exigeons aussi qu’un bureau de contrôle soit nommé pour obtenir des garanties écrites sur la qualité du désamiantage sur l’intégralité du site pollué. Et nous voulons un rendez-vous avec le préfet », réclame Isabelle Catalan. « Si un travailleur équipé de filtre et combinaison étanche peut travailler dans cette ambiance pendant 2h30, nous, riverains, ça fait plusieurs semaines qu’on y est », s’inquiète Patrick Klein, qui souhaite également qu’on lui transmette les résultats précis des analyses réalisées.
Le retrait de l’amiante devrait être effectué durant la deuxième quinzaine d’août, selon la préfecture.
 
Hélas, l'amiante est loin d'avoir fini sa sinistre besogne. Quelle quantité d'amiante ces personnes ont déjà respiré ?

lundi 27 juillet 2015

Ancienne mine de Canari : le long chemin vers la réhabilitation

Le chantier titanesque entrepris en 2009 s’est achevé au mois de mars dernier. Il reste sous surveillance. Ce site amiantifère n’a pas dit son dernier mot. Un phénomène d’érosion vient d’être constaté
Les habitants du Cap Corse ont toujours entendu parler de l'ancienne mine d'amiante de Canari. Quand elle était en activité, puis lorsque l'usine a fermé et le scandale de l'amiante éclaté.
Le récent chantier de réhabilitation aurait pu mettre un terme à cette histoire et permettre de refermer une page très douloureuse pour de nombreuses familles. Mais il n'en est rien.
Un phénomène d'érosion vient d'être constaté par les services de l'Ademe, mandatée par le préfet de Haute-Corse pour mettre ce site en sécurité.
Le problème se situe au niveau du rejet des eaux de ruissellement provenant du site, dans le talus côté mer, près de la route départementale 80.
Une difficulté nouvelle qui va nécessiter la réalisation d'une étude géotechnique préalable. En effet, il s'agit de savoir précisément où intervenir. Le détournement des eaux vers une zone stable permettra de protéger l'ancien point de rejet. Cette modification va réclamer toutefois trois semaines d'interventions.
Afin de coordonner cette nouvelle étape dans la protection et la mise en sécurité du site, une réunion a été organisée à Bastia, en présence de tous les acteurs concernés à l'image des services de l'État, des élus des communes limitrophes ou du conseil général. Tous les partenaires se sont accordés sur la nécessité de mener ces travaux mais il fallait encore les définir. La découverte de ce phénomène d'érosion tombe plutôt « mal » en ce début de saison touristique qui s'annonce en Haute-Corse assez prometteuse. Un calendrier a donc été établi, avec un double objectif : terminer les travaux avant l'été et limiter la gêne aux riverains et à l'activité économique, cruciale pour le Cap Corse, en cette période de l'année.
« Cette intervention sur l'ancienne usine de Canari se déroule en deux temps. Tout d'abord, trois jours sont consacrés à l'installation sur le site et à la réalisation de sondages géotechniques. Nous avons demandé à l'entreprise Vinci Construction Terrassement de se charger des travaux »,expliquent les services de l'Ademe.
Sept nuits de travail jusqu'à la fin juin
Cette phase a débuté la semaine dernière.
Ensuite, la construction d'un fossé destiné à détourner les eaux aura lieu au cours d'une deuxième phase qui ne doit pas excéder sept nuits de travaux. Ainsi, les ouvriers et les techniciens seront à pied d'œuvre du 23 au 27 juin, de 22 heures à 6 heures. Il est important ici de préciser que l'intervention n'affectera pas la circulation automobile sur la RD 80.
Fermée il y a cinquante ans, puis laissée à l'abandon, l'usine de Canari a fait l'objet en 2009, d'un titanesque chantier de réhabilitation. Le premier de ce type en France puisque la mine était le seul site d'extraction d'amiante.
Cependant, la mise en sécurité du site destinée à protéger et les habitants et l'environnement a été un véritable parcours du combattant.
Le chantier a dû être interrompu durant une année, en raison des conditions de travail et de sécurité des ouvriers au contact des fibres d'amiante sur le site. Le chantier qui s'est finalement achevé au printemps dernier aura coûté plus de onze millions d'euros.
Même si la réhabilitation est terminée, au regard de l'unicité de l'ouvrage et des difficultés rencontrées ces dernières années, le site demeure sous surveillance, pour un an encore.
Une mission assurée par les services de l'Ademe et qui a permis justement de constater ce phénomène d'érosion.
Source : http://www.corsematin.com

l’État complice des empoisonneurs

Au 1er juillet 2015, le seuil légal à partir duquel le danger de l’amiante est pris en compte dans une entreprise devait passer de 100 à 10 fibres par litre d’air. Cette norme plus stricte, prévue par un décret de 2012, devait ainsi diviser par dix la quantité d’amiante acceptable.
Mais, en mai dernier, le ministère du Travail annonça que cela attendrait 2016, au mieux. Et un nouveau décret du 29 juin n’évoque même plus la perspective des 10 fibres par litre : il maintient à leur valeur les trois seuils (100, 6 000 et 25 000 fibres par litre) qui définissent le type d’équipement de protection à utiliser.
À l’appui, le gouvernement invoque le retard d’une étude de l’Institut national de recherche en sécurité (INRS). Mais, dans le même temps, il refuse de rendre public un rapport du même INRS. Selon l’Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante), ce rapport confidentiel met en cause les chantiers de retrait de plâtres amiantés : sur la moitié d’entre eux, le seuil maximal de 25 000 fibres par litre d’air serait dépassé, et les prélèvements à l’intérieur des masques respiratoires eux-mêmes dépassent parfois les 100 fibres par litre.
Le principe de précaution, ajouté à la tragique histoire des victimes de l’amiante, voudrait qu’en attendant l’étude de l’INRS, le seuil de 10 fibres entre en vigueur, et que des contrôles stricts fassent respecter tous les seuils de protection. Mais le seul principe que semble connaître ce gouvernement, c’est de ne pas gêner le patronat, y compris quand des travailleurs sont « en situation de danger grave et imminent », comme le dénonce l’Andeva.

dimanche 10 août 2014

Amiante : quels effets sur la santé ?

Un cancer 20 à 40 ans après

SANTÉ. Invisibles dans l’air, les poussières d’amiante se déposent dans les poumons mais les effets ne sont pas immédiats. Il faut attendre plusieurs années pour qu’une personne exposée contracte une asbestose (une fibrose pulmonaire due à une exposition forte à l’amiante). De vingt à quarante ans pour que se développent des cancers.
TRAJET. Les fibres d'amiante vont se déposer sur les cellules endothéliales au fond des alvéoles pulmonaires. Or, c'est par là que s'effectue la respiration. Le tissu pulmonaire s'épaissit, la respiration devient difficile et douloureuse. Les cas les plus graves de cette insuffisance respiratoire peuvent être mortels.
CANCER. Le cancer broncho-pulmonaire est dû à un dysfonctionnement des macrophages, ces cellules participant au système immunitaire chargées de supprimer les particules étrangères à un organisme. Les macrophages vont attraper les fibres d'amiante qui gênent les alvéoles pulmonaires. Mais ils ne vont pas réussir à s'en débarrasser et vont se retrouver à leur tour encombrés.

Un dérèglement général

MACROPHAGES. Les fibres endommagent alors le génome des macrophages ; ceux-ci ne peuvent plus communiquer correctement avec le reste du réseau cellulaire. D'où un dérèglement général. Avec des macrophages incapables de lutter contre une multiplication des cellules, l'organisme va développer un cancer, une vingtaine d'années après l'exposition aux poussières d'amiante.
Mais il arrive aussi que les dépôts d'amiante traversent les alvéoles et se fixent sur les cellules de la plèvre, la membrane autour des poumons. Ils endommagent alors de la même manière le système cellulaire. De là un mésothéliome pleural (une tumeur maligne), conduisant à un cancer de la plèvre. Cette affection est spécifiquement due à l’amiante. Elle survient une trentaine d’années après l’exposition et laisse d’un an à une quinzaine de mois d’espérance de vie.

dimanche 21 mars 2010

Le retour de l'amiante ?


C'est la bouteille thermos qui arrive en tête du palmarès des produits manufacturés contenant de l'amiante saisis par les services des douanes des différents pays de la Communauté européenne depuis l'interdiction, en 2005, du "magic mineral" sur l'ensemble du territoire de l'Union. Plus d'une quarantaine de modèles, tous en provenance de Chine, comme la majorité des autres produits interceptés : torchères de jardin saisies en Allemagne, radiateurs électriques découverts par les douanes bulgares ou encore disques de frein provenant, cette fois, de Malaisie et interceptés aux frontières lituaniennes. La crainte de voir l'amiante revenir en Europe sous forme de produits manufacturés est bel et bien une réalité. Reste à connaître l'ampleur de cette menace. Première surprise, sur l'ensemble des alertes douanières portant sur des produits contenant de l'amiante et consultables sur la base de données Rapex de la Commission européenne (amiante se disant asbestos en anglais), aucune ne provient de France. Une fois que des produits dangereux sont saisis par les douanes, c'est la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui est chargée de les répercuter au système de surveillance de la Communauté. Mais la contribution de la France à ce système d'alerte rapide pour les produits de consommation dangereux (à l'exception des denrées alimentaires, des produits pharmaceutiques et des appareils médicaux) semble bien modeste. En 2008, avec 51 alertes, l'Hexagone se situait à la 9e place, loin derrière l'Allemagne, championne de la surveillance (205 alertes), mais aussi après la Slovaquie, la Bulgarie et la Grèce. D'après la DGCCRF, il s'agirait en fait d'une performance : "Il y a une hypothèse : si nous ne lançons pas d'alerte, c'est qu'il n'y a que peu de produits dangereux interceptés, car notre maillage sur le terrain est très serré et peut décourager les fraudeurs potentiels", explique Jean-Luc Ambroise, directeur de la communication de la DGCCRF. Le Canada et la Chine dans le collimateur "Rapex est l'un des instruments d'alerte que nous avons intégrés à l'ensemble de notre système de renseignement", explique Jean-Roald L'Hermitte, directeur de la communication des douanes. "Mais nous sommes confrontés à une massification des flux en provenance de grandes puissances émergentes. Au niveau de l'amiante, nous devons prendre en compte cette menace sanitaire. Mais les chiffres de saisies par nos services d'objets manufacturés contenant de l'amiante sont faibles." En Europe, au total, depuis la mise en place du système Rapex en 2005, 30 alertes ont concerné des produits contenant de l'amiante. Un petit chiffre au regard des 1.866 enregistrées pour la seule année 2008. Mais les services de la Communauté privilégient certains domaines d'investigation. C'est le cas des jouets dangereux, qui ont fait l'objet de plus de la moitié des alertes. Enfin, la recherche d'amiante dans les produits est techniquement difficile. En cas de suspicion, les douaniers français effectuent des prélèvements qui sont envoyés au Service commun des laboratoires (SCL) et permettent, après examen, de saisir ou non les produits. "Si des contrôles de douanes appropriés ne sont pas mis en place pour déceler la présence d'amiante dans les produits en provenance des pays tiers, les États de l'Union européenne continueront à importer des équipements susceptibles de contenir de l'amiante, qu'il s'agisse notamment de machines à laver, de voitures ou de batteries", déclarait, en 2005, l'un des experts interrogés par la mission commune d'information du Sénat sur l'amiante. "La mission considère que le risque de réintroduction de l'amiante en France, par le biais des importations des pays émergents ou n'ayant pas interdit ce matériau, est aujourd'hui réel. (...) À l'heure actuelle, le risque majeur résulte des importations en provenance des pays extérieurs à l'Union européenne et en particulier des pays émergents : seuls 40 pays ont interdit l'amiante et la production mondiale est de nouveau en hausse depuis quatre ans." Deux pays étaient alors dans le collimateur des experts : le Canada, premier producteur et exportateur d'amiante brut, mais aussi de produits manufacturés en contenant, comme des chalets en kit ; mais c'est surtout l'attitude de la Chine qui préoccupait les experts. Celle-ci mettait alors en avant une consommation de plus d'un million de tonnes d'amiante par an, soit 28 fois celle de la France avant l'interdiction du magic mineral, en 1997.