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lundi 31 janvier 2011

Le ministère de l’Education ferme le Lycée des Villes-Sœurs pour cause d’amiante


Un bâtiment déjà montré du doigt comme étant bourré d’amiante a occasionné la fermeture du collège beau-bassinois. Ce n’est pas un cas isolé, des milliers de Mauriciens habitent encore les maisons EDC datant des années soixante. (Photo : Le bâtiment Emmanuel Anquetil déclarée «prohibited area » en raison de la présence d’amiante en janvier 2010.)

Mieux vaut prévenir que guérir. Fort de ce précepte, le ministère de l’Education a décidé de fermer le Lycée des Villes-Sœurs, du moins temporairement, ce mardi 18 janvier, l’amiante étant soupçonné d’être derrière l’effondrement, la veille, du toit d’un bâtiment se trouvant dans l’enceinte de cet établissement situé à Beau-Bassin.

La décision a été prise après consultation avec des officiers de la Santé et une lettre a été adressée aux parents des quelque 118 élèves pour leur signaler ce congé forcé. La fermeture devrait durer deux jours au moins, le temps que les inspecteurs sanitaires passent au peigne fin l’immeuble décrépit mis en cause et de procèdent au désamiantage si besoin est.

Cette affaire fait grimacer le syndicaliste Reeaz Chuttoo. Car cela fait près de deux décennies qu’il se bat au sein du « Commitee for the banning of asbestos » afin que l’Etat daigne mener une action sanitaire concrète en faveur des 40 000 Mauriciens vivant dans les maisons EDC - construites après le passage du cyclone Carol par l’European Development Community dans les années 60 et tombant en décrépitude dans les différentes régions de l’île.

En janvier 2010, l’Etat s’est rué dans les brancards en fermant toute une aile du bâtiment Emmanuel Anquetil, à Port-Louis, où sont concentrés les ministères de la Santé, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, du Développement économique et des bureaux de l’Etat Civil. La santé de 3 000 personnes pesait dans la balance suite à la découverte de « l’amiante bleue » dans ce bâtiment lors des travaux de rénovation.

A l’époque, les travaux duraient depuis près d’un an et nul n’avait jugé bon de vérifier si les cloisons de cet immeuble construit peu après l’Indépendance ne contenaient pas cette substance cancérigène. Ce n’est qu’après que des cloisons aient été abattues pour installer de nouveaux conduits pour la climatisation que la Government General Services Union (GSSU) a découvert le pot aux roses : un responsable d’un organisme parapublic est parti en quatrième vitesse avec ses affaires quand une des cloisons de son bureau a été découpée.

Cette fuite en avant a aussitôt mis la puce à l’oreille du syndicat. La GSSU a aussitôt réclamé des explications auprès du Mauritius Standards Bureau (MSB). Des tests ont été effectués dans un laboratoire anglais et les résultats ont dormi dans un tiroir des mois durant.

Quand le scandale a éclaté fin décembre 2009, l’Etat s’est décidé à faire subir des tests médicaux aux occupants de l’immeuble. Un an plus tard, Rashid Imrith de la GSSU ne sait toujours pas quels sont les résultats de ces examens, d’autant que lors des travaux, aucun des ouvriers ou des fonctionnaires ne portaient de masques de protection « Ce n’est pas maintenant qu’on saura quels ont été les effets de l’amiante », soupire le syndicaliste.

Reeaz Chuttoo, lui, continue sa bataille. Depuis 1994, il ne cesse de réclamer un audit complet des bâtiments gouvernementaux datant de l’époque coloniale et post-indépendance bourrés d’amiante. En 1999, sa requête est acceptée et un expert anglais, John Addison, est dépêché dans l’île.

En 2001, le rapport a été remis au gouvernement, mais n’a pas été rendu public. Dans le cas du Lycée des Villes-Sœur, Reeaz Chuttoo indique avoir déjà attiré l’attention de la Santé sur le bâtiment vétuste se trouvant dans la cour de cet établissement. « L’Etat a toujours pratiqué la politique de l’autruche. Sous ce même gouvernement, les maisons EDC ont été vendues aux personnes qui les occupent, et le ministre du Logement a indiqué au Parlement que le problème d’amiante n’est plus celui de l’Etat », déplore-t-il.

D’après le syndicaliste, 40 000 personnes sur trois générations qui ont vécu dans ces maisons, doivent impérativement être soumise à des examens médicaux afin d’établir si elles n’ont aucun ennui de santé.


Source: http://www.lexpress.mu/

dimanche 7 février 2010

Le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie bouge pour des raisons de ....santé !


Le ministère de la Santé et de la qualité de la vie, qui siège actuellement à l'immeuble Emmanuel Anquetil à Port- Louis, va très probablement se déplacer dans de nouveaux locaux bientôt et ce, à cause du fait que le huitième étage du bâtiment est «hors limites» en ce qui concerne la sécurité sanitaire. En effet la présence d'amiante là-bas a été confirmée à cet étage et cette substance est également soupçonnée d'être présente sur les autres étages.
Depuis lundi, le ministère a commencé à faire des testes pour des raisons de santé, sur tous ceux qui travaillent dans le bâtiment. La présence d'amiante dans le bâtiment a été découverte lors des travaux de rénovation sur différents étages.
Environ 1500 fonctionnaires sont logés dans les différents ministères et départements, notamment le ministère de la Santé, le ministère des Sports, le Bureau du Registrar et le Management Audit Bureau (MAB). Selon des sources fiables, les fonctionnaires de chacun des neuf étages de l'immeuble et travaillant pour les différents ministères vont probablement être transférés à la Garden Tower à la rue La Poudrière. Le ministère de la Santé envisage sérieusement de déménager de la capitale, et ne serait pas contre le déplacement à la zone Ebène.

lundi 28 janvier 2008

Démolition à haut risque


Malgré son aspect historique, une aile du bâtiment du collège Maurice Curé, appelée l’ex-École Navy, sera démolie. Cependant, un problème de pose : les structures du bâtiment contiennent de l’amiante, un produit hautement cancérigène…

La semaine prochaine, une aile du bâtiment du collège Maurice Curé, appelée l’ex-École Navy, sera démolie. La bâtisse est vétuste et usée et malgré certains de ses aspects historiques, c’est sans grand émoi que les autorités procéderont à sa destruction. Un nouveau bâtiment administratif y sera érigé. Le seul hic demeure que les structures du bâtiment contiennent de l’amiante, un produit hautement cancérigène. Depuis que la nouvelle de la démolition du bâtiment à amiante a commencé à circuler, plusieurs questions ont fait surface : de quelle manière l’opération de démolition se déroulera-t-elle ? Et dans quelles conditions de sécurité ? « Hier (NdlR : vendredi), il y a eu une réunion avec la direction du collège, le ministère des Infrastructures publiques, les représentants de la Parent-Teachers Association et le sous-traitant chargé de la démolition afin de discuter de la sécurité en général. Il y a eu une demande pour que l’école soit fermée la semaine prochaine et en principe, elle a été acceptée. Mais ce sera finalisé jusqu’à lundi. Toutes les précautions seront prises », a déclaré un préposé de l’école sous le couvert de l’anonymat. Il a également souligné « qu’il avait été initialement décidé de mettre le bâtiment en pièces pendant les vacances scolaires. Mais ce ne fut pas le cas. Comme le 1er et le 7 février prochains seront des jours fériés, le sous-traitant profitera pour faire le maximum », affirme cette source. C’est A. J Maurel-Colas qui a obtenu le contrat de démolition et l’a sous-traité à la compagnie Square Deal dont le directeur est Coomaraswamy Moonosawmy. Selon Reeaz Chuttoo, porte-parole du comité pour l’interdiction de l’amiante à Maurice, le sous-traitant recruté dans le cadre du projet de démolition doit offrir un certain nombre de gages aux employés et aux riverains afin qu’ils ne soient pas contaminés par l’amiante. « Le bâtiment concerné doit être contenu dans un filet, car il ne faut pas que l’amiante soit libérée dans l’environnement. Il faut que les employés mettent un vêtement de protection qui devra être jeté après chaque journée de travail. Il faudrait que l’opérateur installe une chambre d’aspiration pour que l’amiante qui aurait pu se poser sur les vêtements des employés puisse être aspirée. Même l’eau de la douche de ces employés doit passer par un filtre pour ensuite être disposée convenablement. Pour l’heure, aucune de ces structures n’a été mise en place à Maurice Curé », soutient Reeaz Chuttoo. « Les conditions de sécurité seront respectées » Cependant Coomaraswamy Moono-sawmy, le directeur de Square Deal, ne l’entend pas de cette oreille. « Nous travaillons en collaboration avec les ministères de la Santé et de l’Environnement. Nous respectons tous les guidelines que ce dernier nous a imposés. » Et d’assurer que « les douze employés qui travailleront vont faire une radiographie lundi, avant l’opération de démolition et après l’opération ». Ce qui, selon Reeaz Chuttoo, n’est pas forcément une preuve de sécurité pour ces employés. « L’amiante est un produit dont les effets de contamination se font sentir sur le long terme, voire après une période de vingt ans », conteste Reeaz Chuttoo. Cependant, le directeur de Square Deal se veut rassurant. « Les conditions de sécurité seront respectées. Nous allons porter des masques, des gants et la démolition sera faite à la main. Un téléporteur équipé d’une grue sera utilisé pour déplacer les pièces démolies. Elles seront ensuite mises dans des sacs en plastique à double fonds pour être ensuite enfouies à Mare-Chicose. » Et comme pour prouver son engagement et son sérieux, le directeur de Square Deal affirme disposer de vingt ans d’expérience dans le domaine et être enregistré en tant que Grade B Contracteur auprès du ministère des Infrastructures publiques. Il assure agir en responsable.