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lundi 20 septembre 2010

Le gouvernement s'en prend à la médecine du travail

Dans le cadre de la réforme des retraites, le gouvernement vient de faire voter à la sauvette une série d'amendements sur la médecine du travail qui représentent une attaque contre l'ensemble du système de santé dans les entreprises.

Pour déceler les conditions de travail responsables de maladies professionnelles comme les TMS (troubles musculo-squelettiques), certains cancers, les maladies liées à l'amiante ou au stress, les médecins du travail ne sont que 7 204, et plus de la moitié ont plus de 55 ans. Et comme moins de 80 étudiants en médecine optent pour cette spécialité chaque année, la pénurie ne pourra aller qu'en s'aggravant, avec le départ en retraite prochain de près de 4 000 de ces médecins.

Soi-disant pour pallier cette pénurie, Éric Woerth a fait voter la possibilité pour les artistes, les intermittents, les mannequins, les employés de particuliers, les voyageurs, représentants et placiers de ne plus voir un médecin du travail mais un médecin généraliste, comme si ceux-ci avaient la même compétence en maladies professionnelles. Une autre « solution » consiste à faire appel aux internes de la spécialité, c'est-à-dire aux futurs médecins du travail, pour leur demander de remplacer les médecins en poste pendant leurs congés. Enfin, des infirmières pourraient se spécialiser en médecine du travail...

En fait, le gouvernement se moque bien de la pénurie de médecins du travail car il cherche à limiter encore davantage les moyens dont ils disposent. Ainsi Woerth a fait voter la suppression du texte qui garantit « les règles d'indépendance des professions médicales et l'indépendance des personnes ou organismes associés ». Un autre texte indique maintenant que « l'ensemble des missions de la médecine du travail est exercé sous l'autorité de l'employeur ».

Bien sûr aujourd'hui, « l'indépendance » des médecins du travail par rapport aux employeurs est parfois très limitée. Il y a cependant des médecins du travail qui tentent de remplir honnêtement et courageusement leur rôle et se heurtent aux pressions des patrons qui n'hésitent pas à entraver leur travail. On l'a vu à PSA ou à IBM La Gaude dans les Alpes-Maritimes, où le patron s'est débarrassé de médecins du travail jugés pas assez dociles et trop prompts à dénoncer les conditions de travail. Mais il y a aussi des médecins du travail complices des patrons et qui ont fermé les yeux, comme le scandale de l'amiante l'a montré, ne déclarant pas comme maladie professionnelle des cancers liés à l'exposition à ce produit.

En s'en prenant aux médecins du travail, le gouvernement ne fait qu'aider les patrons à avoir les mains libres pour exploiter leurs salariés. Car, comme le dit un médecin du travail, retirer le garde-fou, même faible, que représente la médecine du travail, laisser aux patrons le soin de prévenir les maladies professionnelles, c'est comme confier la prévention des marées noires aux trusts pétroliers.
Source : http://www.lutte-ouvriere-journal.org

dimanche 21 mars 2010

Geste symbolique pour les victimes de l'amiante


De gauche à droite : Jean-Luc Bruno vice-président de l'office HLM « Terres du Sud-Habitat », Joël Canapa, directeur, Henri Tite-Grès, président de la Mutuelle de la Méditerranée, Marc Vuillemot, maire de La Seyne et Gérard Rousseau, directeur de la mutuelle. Le maire et Henri Tite-Grès ont paraphé hier, en mairie, la convention de partenariat ouvrant l'accession des logements sociaux de la mutuelle aux victimes de l'amiante.
Saluer avant tout un acte, ô combien symbolique : la Ville, l'office HLM Terres du Sud-Habitat (1) et la Mutuelle de la Méditerranée ont paraphé hier, une convention de partenariat ouvrant aux victimes de l'amiante ou leurs ayants droit la possibilité de bénéficier d'un logement social « appartenant » à la Mutuelle de la Méditerranée.
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Explications : depuis de nombreuses années déjà, la Mutuelle de la Méditerranée est un partenaire indissociable de l'office HLM de La Seyne « pour avoir participé au plan de financement de certains logements », précisait hier matin, Joël Canapa directeur de l'office HLM de La Seyne, sous le contrôle de son président, Marc Vuillemot.
Jusque-là réservés aux personnels
À ce titre donc, la mutuelle - qui compte 5 300 adhérents, et plus de 2 000 dossiers de salariés atteints de maladie professionnelle - est réservataire de 17 logements du parc, jusque-là à destination de ses personnels. Les HLM, « n'étaient pas forcément occupés par nos salariés », confiait Henri Tite-Grès, président de la Mutuelle de la Méditerranée. Dans ce cas, la Mutuelle en rendait la gestion au bailleur social.
« Il y a plusieurs années de cela, nous avions déjà demandé à la Ville d'élargir le champ d'intervention de notre réservation dans le parc HLM aux victimes de maladie professionnelle comme l'amiante, ou à leurs ayants droit, ce afin de régler des situations sociales parfois lourdes, délicates. » Des personnes victimes de handicap respiratoire par exemple, « qui vivent dans des logements de l'office sans les commodités », précisait Henri Tite-Grès.
La ville alors, n'avait pas donné suite à la demande.
Participer à un acte de mémoire
« On peut le comprendre, résumait avec bienveillance Marc Vuillemot. Quand on voit le nombre de demandes de logement social en attente (l'office en compte 3 000), on s'impose une contrainte ». En terme de gestion des dossiers, d'attribution des logements etc.
« La convention que nous venons de signer a non seulement une portée sociale, ajoutait Marc Vuillemot, mais est également un acte de mémoire autour de ce qu'a été La Seyne pendant plus de 150 ans. C'est aussi faire en sorte que ceux qui en ont été les acteurs puissent encore avoir leur place dans la ville. »
Dès lors que l'un des 17 logements (actuellement occupés), sera vacant, à croiser les dossiers entre Mutuelle de la Méditerranée et l'office seynois afin de répondre aux demandes des victimes de l'amiante.
Un « challenge » que la ville via son office, et la Mutuelle de la Méditerranée sont plus que prêt à relever.
1. L'office seynois HLM dispose depuis quelques jours seulement, de l'arrêté préfectoral modifiant son nom en « Terres du Sud-Habitat. »