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lundi 5 décembre 2016

Amiante au tribunal de Créteil : dix ans après, rien n’est réglé !

Christian Favier, sénateur et président (PCF) du conseil départemental du Val-de-Marne interpelle ce mercredi le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas par le biais d’une question écrite au gouvernement. Le sujet ? Une histoire vieille de plus d’une décennie : celle de l’amiante au TGI de Créteil. Il demande au ministre que soit mise en place une enquête de l’Institut de Veille Sanitaire (INVS). Comme le réclame depuis des années l’entente syndicale (fédération CGT des services publics, Unsa-Police, Alliance, Unsa-Justice, Unité SGP police FO) du TGI.
Il y a dix ans déjà, des expertises avaient dévoilé une présence d’amiante huit fois plus élevée que la norme dans une salle d’archives. Inquiets, les syndicats avaient alors demandé « en urgence », les « travaux nécessaires à la mise en sécurité des personnels » ainsi que des « examens approfondis de tous les agents actuellement en poste au sein de ce tribunal ».
« Aujourd’hui le bâtiment tel qu’il est représente un danger », continue de marteler le porte-parole de l’entente Daniel Naudin. Le tribunal a été construit en 1977. Le constat de l’amiante est établi, puisque des travaux de désamiantage devaient démarrer début 2015. Mais presque rien n’a été fait d’après Daniel Naudin : d’après lui, seules les salles d’archives, au 12e étage, auraient fait l’objet partir de travaux en 2009, chantier qui a duré plusieurs années. « On est dans l’inconscience totale et le déni, on ment aux fonctionnaires », insiste-t-il.
Il y a un mois, Christian Favier avait adressé un courrier au président de la Commission des Affaires Sociales du Sénat afin de lui demander que l’entente et des membres du personnel du TGI puissent être auditionnés par la commission, en présence d’une délégation du Ministère. Ils devaient être reçus d’ici la fin du mois de novembre. Sollicité, le président du tribunal n’était pas disponible pour évoquer ce sujet. Contacté, le ministère de la Justice ne nous a pas répondu.
Le dépôt du tribunal de Créteil a été rénové pour 2,13 M€. Son état d’insalubrité avait été dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté.
Prévus au départ en 2003, les travaux avaient finalement eu lieu en 2011. Le dépôt du tribunal de Créteil a été entièrement refait il y a trois ans. Fin 2008, et alors que les travaux étaient attendus, certains avocats avaient même obtenu l’annulation de plusieurs procédures de comparution immédiate en arguant que les « conditions de détention des prévenus constituaient un traitement inhumain et dégradant ». Syndicats, magistrats, policiers et surtout le contrôleur général des lieux de privation de liberté avaient multiplié les rapports pour dénoncer ses conditions d’insalubrité. Bilan : dix-huit mois de travaux, 2,3 M€ pour rénover ce lieu de 800 m2 où patientent les prévenus en attente d’être jugés ou d’être présentés à un magistrat. A l’époque, la prochaine étape annoncée était celle du désamiantage du tribunal, soit l’ensemble du bâtiment : bureaux, cour d’assises et chambres correctionnelles.
Source : http://www.leparisien.fr/

L'amiante inquiète les salariés de l'Insee

Les tests réalisés dans l'édifice, construit en 1974, se sont révélés positifs. Un déménagement est prévu l'an prochain.

Ont-ils été exposés à l'amiante ? Sont-ils en danger ? Depuis le début du mois, après la révélation de tests positifs à l'amiante en surface, dans les sous-sols du bâtiment, notamment au service des archives, le sujet inquiète les salariés de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Le lieu avait d'ailleurs déjà été partiellement désamianté dans les années 2000.

Hier, une réunion d'information s'est tenue à l'initiative de la direction au siège, dans la grande tour de béton de la porte de Vanves que les Parisiens connaissent bien, visible du périphérique, entre le boulevard Adolphe-Pinard (XIVe) et la rue Legrand à Malakoff.

Les résultats attendus avant décembre

« L'administration a fait le nécessaire pour informer ses agents », reconnaît Marie José Defrance, secrétaire générale FO de l'Insee. « On ne sait pas à quelle concentration sont les échantillons positifs et à quelle dangerosité, temporise la direction de l'Insee. On attend des résultats avant décembre. Mais on sait qu'il y a eu dans la construction de ce bâtiment des matériaux qui pourraient contenir de l'amiante comme c'était monnaie courante dans les années 1970. »


Marie José Defrance enfonce le clou... « Notre tour de douze étages, construite en 1974, est signée du même architecte que la tour Tripode de Nantes qui abritait l'Insee ». Cette même tour qualifiée de « bâtiment empoisonné par l'amiante » et rasée en 2005. Reste que d'ici un an, les salariés bénéficieront d'un environnement plus « sain ». L'Insee va quitter sa tour pour un nouveau bâtiment à Montrouge. En attendant, « les sous-sols diagnostiqués positifs à l'amiante sont désormais fermés et interdit d'accès aux salariés », précise la direction de l'Insee.

Mais porte de Vanves, « on s'inquiète surtout pour tous les agents qui ont travaillé des années au sous-sol de la direction générale, souffle Marie José Defrance. Qui se sont respiré de la poussière d'amiante et qui déclencheront un cancer. »
Source : http://www.leparisien.fr/

lundi 26 septembre 2016

Friche Eternit : le commissaire-enquêteur recommande le désamiantage

Opposé au projet de centre commercial sur le site de l’ancienne usine Eternit, il propose plutôt l’aménagement d’un centre de traitement permanent de l’amiante.
La construction d’un centre commercial de 46 000 m² (nommé Seventy eight, anciennement Deck 78, Ndlr), envisagé sur le site des anciennes usines Eternit de matériaux de construction à base d’amiante, semble encore s’éloigner. La conclusion de l’enquête publique menée au titre de la loi sur l’eau s’avère en effet défavorable. Le commissaire-enquêteur juge la friche trop polluée.
Sur le site industriel de 16 hectares bordant la zone industrielle de la Grosse pierre, et ayant employé jusqu’à 2 000 personnes avant de fermer en 1997, les matériaux amiantés ont été enfouis par l’entreprise. « De fait, le site n’est pas dépollué », indique son rapport d’enquête. Il ajoute, en s’appuyant sur la présence d’amiante dans l’eau souterraine : « Le confinement n’est pas satisfaisant […] chacun le sait depuis plusieurs années déjà.»
Il recommande que le projet, qui fait déjà l’objet de recours en justice par trois associations, soit reconsidéré, et propose de créer plutôt « un centre de traitement » des polluants amiantés.
Source : http://lagazette-yvelines.fr/
De l'amiante dans l'eau souterraine !!! Qui a été contaminé ? Quels sont les effets sur l'organisme ? Mystère

Procès amiante à l'hôpital Minjoz : les syndicats accusent

Le CHU de Besançon sera jugé la semaine prochaine pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui. C'est une première en France pour un établissement de santé. Les syndicats sont formels : la direction savait qu'il y avait de l'amiante dans les locaux où travaillaient des salariés.

L'intersyndicale du CHU Minjoz de Besançon a donné une conférence de presse pour expliquer le "dossier amiante".

Mercredi prochain, l'hôpital Jean Minjoz comparaîtra comme personne morale devant le tribunal correctionnel de Besançon. C'est une première nationale pour un établissement de santé. Il est accusé, à l'initiative du procureur de la république, de "mise en danger délibérée de la vie d'autrui".
Selon les 4 syndicats (CFDT, CGT, FO et SUD), depuis 2010, ils dénoncent l'attitude de la direction : à l'occasion de travaux, des agents et des salariés d'entreprises extérieures ont été exposés aux poussières d'amiante. L'amiante peut provoquer des cancers, notamment pulmonaires. 

Le tribunal examinera durant deux jours les faits caractérisés qui ont eu lieu de 2010 et jusqu'en 2013. Le CHSCT (Comité Hygiène et Sécurité et Conditions de Travail) et 48 agents de l'hôpital se sont portés partie civile. Parallèlemlent à ce procès, un cas de maladie professionnelle dûe à l'amiante vient d'être reconnu pour un salarié aujourd'hui en retraite.

Il était prévu que les travaux de désamiantage, commencé en 2009, devaient être terminés en 2015. A ce jour, seulement 3 des 8 étages que compte le bâtiment ont été traités.

Cette affaire bisontine, toujours selon l'intersyndicale, sera très suivie avec attention nationalement : d'autres hôpitaux en France sont concernés également par l'amiante, à Troyes, Poitiers, Amiens et Bordeaux... L'hôpital Jean Minjoz n'a pas souhaité s'exprimer

Source : .http://france3-regions.francetvinfo.fr/

dimanche 22 mai 2016

À Revin, la société Idéal Standard n'était pas touchée par l'amiante

Le Conseil d’État a rejeté le pourvoi du syndicat de la métallurgie ardennaise CFDT. Celui-ci désirait faire inscrire la société Idéal Standard, située à Revin, sur la liste des établissements ouvrant droit au dispositif de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Caata). Une demande déjà refusée par le ministère du Travail, et rejetée par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne puis par la cour administrative d’appel de Nancy.
La société Idéal Standard France, qui fabriquait des produits sanitaires en céramique émaillée pour les salles de bains et les cuisines, n’avait, selon la cour d’appel, pas «  pour activité principale ni la fabrication de matériaux contenant de l’amiante, ni des opérations de flocage ou de calorifugeage à l’amiante, ni encore la construction ou la réparation navale  ». Tels sont en effet les conditions à remplir pour pouvoir bénéficier de la Caata. Le Conseil d’État a confirmé cet arrêt, validant l’idée que «  la maintenance des fours et des wagons impliquait la présence d’amiante, mais le calorifugeage n’était pas le but de la société Idéal Standard  ».
Lors de l’audience publique, le rapporteur du Conseil d’État avait indiqué que «  la présence de l’amiante dans ces ateliers était une conséquence, pas un but. La loi porte sur la nature de l’activité, pas sur la présence d’amiante dans les chantiers.  »
Source : http://www.lunion.fr/

L’Haÿ : l’école des Garennes fermée pour suspicion d’amiante

Les 148 élèves de la maternelle des Garennes à L’Haÿ-les-Roses ne retrouveront pas leur école ce lundi. L’établissement, qui date de 1963, situé dans le quartier du Petit-Robinson, a été fermé par la mairie, a priori pour plusieurs mois, à la suite de la découverte jeudi de matériaux amiantés, selon les premières analyses.

« On profitait des vacances pour remplacer un radiateur et on s’est aperçu qu’il y avait des lamelles d’amiante pour isoler la planche installée au-dessus. Une entreprise s’est rendue sur place et a confirmé que ça en était. On a demandé à un diagnostiqueur de tester la toxicité du matériau. Les résultats devraient arriver mardi », avance Vincent Jeanbrun (LR), le maire. Les enfants seront accueillis dès lundi matin dans les « Ateliers sous les toits », à côté du Moulin de la Bièvre.
Ce vendredi, un laboratoire spécialisé s’est rendu dans l’école avec l’un des responsables des services techniques de la ville pour installer des capteurs afin de voir s’il y a de l’amiante dans l’air. Équipé d’une combinaison blanche intégrale, d’un masque, de gants et de caches chaussures, Salah, ingénieur au bureau d’étude de la ville, confirme que cette feuille de fibres grisâtres est partout sous les tablettes installées sur les radiateurs dans les classes et les couloirs : « Un spécialiste nous a dit que c’était à 100 % de l’amiante. Le problème, c’est que le matériau est parfois dégradé et qu’il y a même des morceaux, ce qui pose la question de sa volatilité », indique-t-il. Ce dernier est d’autant plus étonné que la présence d’amiante à ces endroits n’est mentionnée nulle part dans le dossier technique réalisé en 2006.
Une réunion publique la semaine prochaine
« J’ai une grosse crainte que l’entreprise ait fait son diagnostic par-dessus la jambe. Si c’est le cas, c’est un vrai scandale et je l’attaquerai », reprend le maire.
Les parents d’élèves ont été prévenus. « Tant que l’on n’a pas vu les résultats des analyses, il y a une inquiétude, lâche Fabienne Heilbronn, représentante FCPE des parents d’élèves sur l’école, par ailleurs élue PS. J’espère vraiment pour les enfants et les personnels qu’il n’y en a pas dans l’air ». L’inhalation de fibres amiantées présente des risques de cancer des poumons et de la plèvre. Une réunion publique est prévue la semaine prochaine.
Source : http://www.leparisien.fr/

samedi 21 mai 2016

Amiante : quel droit de retrait pour les salariés ?

Le droit de retrait qui permet au salarié de se retirer d'une situation de danger au travail sans être sanctionné est un cadeau empoisonné car, dans un premier temps, c'est l'employeur qui va juger si ce droit a été exercé à juste titre ou qui, dans le cas contraire, va opérer des retenues sur salaire, voire invoquer l'abandon de poste à l'appui d'une sanction ou d'un licenciement. Que peuvent alors faire les salariés ? Un arrêt RATP du 31 mars 2016 leur ouvre une porte : le jugement en référé.
Des agents de maintenance se sont retirés d'une situation potentiellement dangereuse du fait de l'écaillage de peinture amiantée sur les rames. Comportement déraisonnable, selon l'employeur, qui retient le temps d'absence sur le salaire.


En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/021848813928-amiante-quel-droit-de-retrait-pour-les-salaries-209844.php?PYdW1ypYrQ2He2ES.99

Soucieux de ne pas attendre plusieurs mois pour récupérer cette retenue, les salariés s'adressent aux prud'hommes en référé.
Relevant que le CHSCT a déjà évoqué un danger d'exposition à l'amiante sur cet atelier et qu'une action en justice est en cours entre la RATP et le CHSCT sur ce sujet, le juge des référés alloue aux salariés une provision sur le salaire retenu.
L'employeur fait appel : le juge des référés, prétend-il, ne peut jamais avoir compétence pour traiter du droit de retrait, car il ne peut condamner que sur des points ne se heurtant à aucune contestation sérieuse. Or le recours au droit de retrait prête toujours à discussion.
La Cour de cassation récuse cette thèse : pour qu'une matière échappe automatiquement à la compétence de la formation de référé, il faudrait que la loi le précise, ce qui n'est pas le cas. Et c'est à bon droit que le juge des référés s'est déclaré compétent puisque le CHSCT avait déjà pointé le danger, ce qui justifiait l'attitude des salariés.

Source : http://business.lesechos.fr/

lundi 25 avril 2016

Amiante dans les collèges ardennais : un agent de maintenance dénonce d’insuffisantes mesures de protection

Un délégué du personnel du collègue Rouget-de-LIsle de Charleville-Mézières pointe le manque d’information, l’absence de formation du personnel susceptible d’intervenir sur des installations amiantées. Il craint même d’avoir été exposé à des poussières d’amiante lors d’un chantier en octobre 2015.
Voilà 9 ans que Tony Plantegenet perce des murs, gratte la peinture, et réalise divers travaux au collège Rouget de Lisle de Charleville-Mézières. L’agent de maintenance explique n’avoir jamais reçu de consignes particulières, n’avoirjamais été formé à la prise en compte de ce risque. Ce n’est qu’en octobre dernier qu’il dit avoir appris la présence d’amiante dans l’établissement.
« Le diagnostic réalisé avant le changement de la chaudière a révélé la présence d’amiante dans les joints de l’ancien appareil», raconte l’agent de maintenance. « Lorsque l’entreprise est intervenue, aucune signalétique avertissant d’un éventuel danger n’était apposée ».
Tony Plantegenet craint même d’avoir été exposé à des poussières d’amiante. « Je suis passé dans le couloir quand les ouvriers étaient en train de disquer. J’ai senti une odeur de fumée, je suis rentré dans la pièce pour aérer et je suis sorti. Il y avait un gros nuage de poussières ».
Je n’aurais peut-être pas dû rentrer mais encore aurait-il fallu qu’on me le dise », s'interroge Tony Plantegenet, agent technique et délégué du personnel
Le délégué du personnel évoque aussi le cas des agents d’entretien qui lave les sols dallés d’amiante sans recevoir de consignes ou de formation spécifique. « On nous explique que ce n’est pas dangereux car il ne s’agit pas d’amiante friable. Je n’en suis pas si sûr car les sols ont quarante ans et sont dégradés », souligne Tony Plantegenet.

Le risque est bien connu

Au conseil départemental, qui gère les bâtiments des collèges ardennais, on assure prendre la question très au sérieux. «Des diagnostics amiante sont réalisés avant chaque intervention. C’est aux entreprises de prendre ensuite les dispositions nécessaires », explique Stéphane André, directeur de l’action éducative au Conseil départemental des Ardennes.
Pour l’enlèvement de la chaudière du collège Rouget-de-Lisle, la société qui est intervenue en octobre souligne que les ouvriers n’ont pas touché aux parties amiantées. « Très souvent, nous n’avons pas affaire à de l’amiante en poudre, celle qui est la plus dangereuse. Pour que l’on signale la présence d’amiante sur place, il faut vraiment qu’il y ait un risque d’inhalation », ajoute Stéphane André.
Le conseil départemental est en train de mettre à jour les dossiers techniques amiante pour ses 200 bâtiments parmi lesquels les collèges, des documents obligatoires qui n’avaient pas été révisés depuis leur création en 2005. Une session de formation à destination des agents susceptibles d’intervenir sur des matériaux amiantés est également en préparation.
Au collège Rouget-de-Lisle, l’ancienne chaudière est toujours sur place, en attendant d’être enlevée par une entreprise spécialisée. Le principal du collège a fait boucler le local et fait poser un panneau d’avertissement. Tony Plantegenet ne sait toujours pas s’il peut rentrer dans le local. De nouvelles mesures d’empoussièrement doivent être effectuées.
Source : https://www.francebleu.fr

Amiante : Paris Habitat menacé de poursuites par des locataires inquiets du manque d’information sur les risques qu’ils encourent

Rien ne va plus entre Paris-Habitat et les locataires du très grand ensemble Erard-Charenton dans le 12 ème arrondissement. Les locataires dénoncent l'absence d'information sur l'amiante découverte à l'occasion de la réhabilitation des 519 logements. Ils s'apprêtent à saisir le procureur de la République de Paris. A cela s'ajoute le seul espace vert de 750 mètres carrés dont les locataires sont privés de jouissance.
  • Les hostilités sont déclarées entre le bailleur social Paris-Habitat et le groupement de locataires Erard-Charenton-CLCV dans le 12ème arrondissement (519 logements).
  • Les membres du groupement qui se plaignent de ne pas avoir accès à tous les documents liés aux travaux dans les appartements, aux opérations de désamiantage et à l'amiante présente dans l'ensemble immobilier n'excluent pas de saisir le procureur de la République de Paris. 
  • Autre source de litige : Paris-Habitat a confié la jouissance du seul espace vert à une association de quartier, "La Baleine Verte". 
Bien sûr, on pourra dire que c'est une histoire digne de Clochemerle. Une histoire à la Courteline. Une histoire sans importance, montée abusivement en épingle… Sauf que là, il s'agit d'amiante qui se balade sur les façades et dans un grand ensemble immobilier de 519 logements situé dans le 12ème arrondissement de Paris, dénommé Erard-Charenton.
t géré par Paris-Habitat, la structure remplaçante de l'OPAC, qui connut la célébrité sous Jacques Chirac et Jean Tiberi. Sauf que rue de Charenton, là où se trouve l'ensemble immobilier, incivilités, agressions, cambriolages et trafic de drogue – dans les coursives - sont monnaie courante… Dire qu'au rez-de-chaussée se trouve une antenne du commissariat de police, certes destinée à l'accueil des étrangers, mais commissariat tout de même !  Et à ce titre, gardien de la loi et de l'ordre. Décidément, Paris-Habitat, désormais dirigé par des proches du PS fait beaucoup parler de lui. Avec les salaires coquets de ses dirigeants – 10 000 euros par mois selon le Parisien, ce qui a mis en colère, très en colère, le directeur général Stéphane Dambrine. Lequel a démenti de tels chiffres. Sans oublier, cette affaire de jardin partagé, d'une superficie de 750 m2, situé au pied de l'ensemble immobilier, qui devrait être réservé prioritairement aux enfants ou aux personnes âgées du dit ensemble… Or de partage du jardin partagé, il n'y a que le nom. Nous y reviendrons…
L'affaire de l'amiante. Tout commence à l'été 2015, lorsqu'une locataire s'aperçoit que des tonnes de gravats de poussière sont enlevées à l'air libre par les entreprises chargées de la réhabilitation de l'immeuble. Le tout sans la moindre prudence. Cette locataire, Fatima Chakrani, a des raisons de s'en inquiéter. Scientifique de formation, ancienne du CNRS et de l'INSERM, docteur en génétique et cancers, elle a écrit une thèse sur "l'impact des facteurs environnementaux sur les mutations des gènes impliqués dans le cancers". Cette chercheuse sait de quoi elle parle. Elle a interrogé Paris-Habitat sur ce que pourraient receler ces gravats et poussières. Y aurait-il de l'amiante ? D'autres locataires interrogent également les ouvriers. Impossible d'obtenir la moindre réponse puisqu'ils sont à 90% de nationalité étrangère serbe, polonaise, indienne, pakistanaise... et ne parlant pas bien le français. Par parenthèses, certains ouvriers qui se sont confiés, n'auraient pas été payés depuis 4 mois, l'Urssaf a été saisi et l'inspection du travail a fait une descente sur le site le 11 avril. Au fait, ces derniers savent-ils seulement ce qu'est l'amiante, sont-ils conscients de ses dangers ? Toujours est-il que début 2016, un Groupement de locataires Charenton-Erard affilié à la CLCV, animé notamment par Alain Lafarge, un ancien journaliste, commence à se mettre en place. Les membres du Groupement multiplient les initiatives à propos de ce maudit sujet qu'est l'amiante. Ils alertent l'Agence Régionale de la Santé et la CRAMIF pour qu'elles interviennent sur le chantier.
Le 13 janvier 2016, c'est au tour du directeur Général de Paris-Habitat d'être également alerté. Avec cette triple question récurrente : 1- Le désamiantage du chantier du 163 rue de Charenton s'est-il déroulé, oui ou non, dans les règles ? 2- Locataires, ouvriers, environnement ont-ils pu être exposés ? 3-Pouvez-vous nous transmettre en toute transparence et au regard de la loi les rapports de diagnostic d'amiante préalables, les mesures et leurs suivis? "Nous n'avons eu que des réponses alambiquées. On nous prend pour des incultes" fulmine encore Lafarge. Pas le moindre rapport, rien sur le suivi du désamiantage… Les locataires commencent à être furieux. Car enfin, cette question n'a rien d'anecdotique. Ce ne sont pas les étudiants et professeurs de l'Université de Jussieu qui diront le contraire. Pas davantage les familles des 35 000 personnes décédées entre 1995 et 2005, victimes d'expositions aux fibres d'amiante. Aussi, le groupement accentue-t-il la pression.
Le 1er février 2016, à l'occasion du conseil d'arrondissement de la mairie du 12ème, dirigée par la socialiste Catherine Baratti-Elbaz, il demande que le bailleur social – Paris-Habitat- lui remette les documents réglementaires concernant l'opération de désamiantage. Refus de la maire. Laquelle avance comme argument : "les problèmes entre locataires et bailleur social ne sont pas du ressort de la mairie" et que tout est en ordre. Circulez, il n'y a rien à voir. Affaire terminée? Pas le moins du monde. Les membres du groupement ne lâchent rien et récidivent légitimement. Cette fois devant le conseil de Paris. Surprise (énorme) : l'adjoint au Logement d'Anne Hidalgo, Ian Brossat (PC) habitué des joutes publiques lance : "Tous les locataires sont au courant du désamiantage"
Le fait de botter en touche exaspère un peu plus le Groupement de locataires qui décide d'informer, par lettre recommandée au mois de février, le directeur général de Paris-Habitat, avec copies au préfet de police Michel Cadot, aux ministres de la Ville, du Logement et de l'Environnement. Pour faire bonne mesure, Alain Lafarge et Fatima Chakrani préviennent. En substance : puisque la mairie est dans l'affirmation, c'est qu'elle a pris connaissance de documents sur lesquels elle s'appuie (les rapports sur la présence d'amiante, les mesures et leurs suivis y compris dans les appartements) au 163 rue de Charenton. A défaut de toute communication, les membres du Groupement saisiront le procureur de la République de Paris.
Avec l'affaire du jardin partagé, on quitte une grave question de santé publique, pour entrer dans un dossier certes moins important mais qui témoigne d'une pratique a priori critiquable de Paris-Habitat qui consiste, d'une certaine façon, à priver les locataires de Charenton-Erard de la jouissance du seul espace vert de 750 mètres carrés pour lequel ils payaient charges et entretien où il aurait fait bon balader les jeunes enfants ou les personnes âgées…
D'abord, un peu d'histoire. Cet espace vert, alloué à l'origine aux locataires de Charenton-Erard, a été fermé à clé et clos par de hautes grilles il y a plus de 20 ans pour des raisons de sécurité ! Personne donc n'en profitait. Jusqu'à ce que le 1er juillet 2014, Paris-Habitat le rouvre et le donne en jouissance en attribuant un bail à une association de quartier "La Baleine verte" subventionnée par la mairie de Paris. Condition pour faire partie de La Baleine : payer 5 euros de cotisation. Désormais jardin, qui contenait à son origine 16 parcelles, devient un lieu où l'on peut cultiver, tomates, salades etc. Mais pour cela, il faut encore acquitter une cotisation de 20 euros pour cultiver sans parcelle individuelle ou 30 euros si l'on veut cultiver une parcelle individuelle… Là où le bât blesse, c'est que seuls les membres de l'association "La Baleine verte" ont droit de pénétrer dans le jardin partagé… Tout de même généreuse, l'association a permis aux locataires de Charenton-Erard d'y accéder seulement en présence d'un "cultivateur" = "Parisculteur" deux demi -journées par semaine. En tout cas, ce jardin n'a rien de merveilleux puisque on y voit fleurir surtout cabanes et bancs abandonnés fabriqués à partir d'éléments hétéroclites… Quoiqu'il en soit, cet épisode de jardin partagé risque de donner lieu à une belle bataille juridique. Certes, reconnaît le groupement de locataires, Paris-Habitat a parfaitement le droit de privatiser le seul espace vert, en l'espèce le jardin de 750 mètres carrés, mais le bailleur a obligation de proposer aux locataires Erard-Charenton, un espace équivalent. "Nous demandons que cet espace redevienne accessible à tous les locataires, gratuitement, quand bon leur semble" ajoute Nicole Prignet, locataire, membre du groupement et mémoire du site.
Source : http://www.atlantico.fr/

lundi 18 avril 2016

Ayrault veut mieux indemniser les victimes de l'amiante du Tripode

Le ministre des Affaires étrangères était à Nantes, ce vendredi, pour une halte avec les mille agents de son ministère. Il a aussi condamné les "violences et les casseurs"


« Ce n'est pas seulement un métier que vous exercez. C'est une vocation. Vous servez la France avec dignité. » Paroles de salutations, ce vendredi matin, de l'ex-maire de Nantes, ex-député de la troisième circonscription de Loire-Atlantique, aux agents nantais qui travaillent pour son ministère. 

En réponse à la demande du personnel qui a travaillé dans les locaux de l'ancien tripode, Jean-Marc Ayrault le ministre installé au quai d'Orsay s'est engagé à indemniser toutes les personnes concernées par des problèmes d'amiante.

« Condamnation »
Et Nantes la rebelle, ville manifestante, théâtre encore, hier, de la colère anti loi travail, projet de sa collègue Myriam El Khomri, qu'en pense-t-il ? « En démocratie, a-t-il répondu, les manifestations sont légitimes. Mais je condamne les violences et les casseurs. Les manifestations seront plus fortes si on exclut la violence. »

C'est bien ce qu'avaient tenté de faire, hier, les organisateurs débordés par les groupes de perturbateurs. Quinze garçons ont été interpellés, la plupart ont entre 17 et 20 ans. Le plus jeune a 16 ans. Le plus âgé 40. La plupart seront jugés lundi, selon la procédure d'urgence, dite de comparution immédiate.    
Source :   http://www.ouest-france.fr/                

Sens : Brennus Habitat savait qu'il y avait de l'amiante, pas les locataires

Des dalles d'amiante en très mauvais état dans plusieurs cages d'escalier des immeubles HLM de la rue Corneille, à Sens (89). Les habitants viennent de le découvrir et s'en inquiètent. Brennus Habitat, le bailleur, savait depuis des années qu'il y avait de l'amiante dans le revêtement du sol
Les habitants ont découvert il y a seulement quinze jours que six cages d'escaliers de la rue Corneille, à Sens, dans l'Yonne, contenaient des dalles d'amiante très dégradées. Vingt sept d'entre eux ont signé une pétition pour demander à être reçus par Brennus habitat. Ils ont le sentiment qu'on leur a caché la vérité.

Droit de retrait

C'est l'absence de ménage depuis deux mois qui a alerté Hélène Touami, elle habite au numéro 19: "nous avons appris par l'hôtesse d'accueil de Brennus Habitat que le gardien et la femme de ménage avaient exercé leur droit de retrait". Cela fait en effet deux mois que le gardien, Bruno Benlaouès, a cessé le travail. Il soupçonnait la présence d'amiante depuis longtemps. "J'ai prévenu dès le mois d'août. Rien. En janvier, je récupère un document de l'entreprise (ndlr: DTA, diagnostique technique amiante) et les dalles et les colles sont bien amiantées. Donc droit de retrait."
Reportage : des habitants inquiets de la présence d'amiante
e document date de 2009. Mais les locataires n'en connaissaient pas l'existence. Le directeur général de Brennus Habitat Maurice Guesney s'en explique : "Le diagnostic en 2009 avait constaté des dalles en bon état de conservation. On n'avait pas le niveau de dégradation qui nous a été rapporté par notre gardien d'immeuble au mois de janvier." Mais quelque soit le constat, en matière d'information aux locataires, la loi prévoit qu'un bailleur a l'obligation d'informer les occupantsau plus tard un mois après la réalisation du diagnostic.
"Dangereux, dès qu'il y a de la dégradation"
En l'état actuel, les habitants ont raison de s'inquiéter estime Patrice Tourigny, président de l'ADDEVA, l'association d'aide aux victimes de l'amiante dans l'Yonne. "Je pense qu'il y a un caractère dangereux parce que, dès qu'il y a de la dégradation, ça libère des fibres."
Brennus Habitat a fait réaliser des mesures d'air ces dernières semaines, qui n'ont révélé aucune trace d'amiante dans l'air. Néanmoins , l'inspection travail a demandé au bailleur de ne plus faire travailler de salarié dans ces bâtiments.
Actuellement, de nombreux acteurs sont au courant de cette situation des immeubles de la rue Corneille, à Sens. Selon Brennus Habitat, une réunion aura lieu début avril pour étudier un plan des travaux à mener.
Source : https://www.francebleu.fr

Mieux connaître l'amiante pour éviter le pire


Même s'il est totalement interdit depuis 1997 dans la composition des matériaux de construction, l'amiante n'a pas encore disparu. «Il est partout , s'exclame Gilbert Bousquet, référent sécurité à la médecine du travail, et les artisans du bâtiment y sont très exposés.» D'où cette réunion d'information organisée par la Capeb à l'intention de ses ressortissants. «Il y a une vraie prise de conscience des artisans face à l'amiante, assure Manuel Duarte, le président de la Capeb 65, mais la difficulté, c'est de savoir comment diagnostiquer la présence d'amiante.» C'était justement l'objet de cette réunion, également animée par Bernard Pécantet, inspecteur du travail, qui a fait le point sur les normes en vigueur, notamment en matière de traitement, et du docteur Anne Maurer, de la médecine du travail, qui a rappelé les pathologies liées à l'amiante. «Ce sont des affections pulmonaires graves car le corps humain n'est pas armé pour combattre ces poussières d'amiante qui sont très fines, qui vont de la pleurésie au cancer.» Bref, pas un simple rhume des foins, quoi…
Et, répétons-le, l'amiante est partout, dans les toitures et les matériaux d'isolation, principalement, mais pas seulement. Et le risque d'y être exposé reste très élevé, d'autant plus dans les travaux de rénovation, qui sont souvent le lot des artisans. «L'idée, poursuit Gilbert Bousquet, c'est de donner aux professionnels les outils pour diagnostiquer la présence d'amiante et les moyens de s'en prémunir grâce à des formations. Le mot d'ordre, c'est : ‘'Pas formé, pas toucher''. Ensuite, il y a des agréments à obtenir, des formations à suivre. Sinon, on va au-devant d'une catastrophe sanitaire. Mais il est bon de voir que la prise de conscience est là.»
Source : http://www.ladepeche.fr/

PARIS L’extension du T3b a de l’amiante dans l’aile


Coup dur pour les salariés et les habitants du 17eme : initialement prévue fin 2017, la mise en service du tramway T3 à la porte d’Asnières va prendre un an de retard.Ce report est dû à la découverte d’amiante (en quantité plus grande qu’escomptée) dans la chaussée. L’extension du T3b devrait donc être opérationnelle fin 2018, soit plusieurs mois après l’ouverture de la future judiciaire des Batignolles, toujours prévue le 30 juin 2017.
Le futur palais de justice de Paris semble être un véritable chat noir pour les différents chantiers du secteur liés aux transports en commun : avant le T3b, c’est laligne 14 qui a pris du retard (2 ans minimum). Résultat, si la cité judiciaire ouvre dans les temps, ce qui n’est pas gagné non plus, seule la ligne 13 desservira le palais, ce qui risque de créer de nouveaux embouteillages sur les quais de la station Porte de Clichy, déjà très fréquentés. Va y avoir du sport pour les justiciables et les avocats !
Lorsqu’il sera mis en service, le nouveau tronçon du T3b, long de 4,3 kilomètres entre la porte de la Chapelle et celle d’Asnières, offrira aux voyageurs huit stations supplémentaires, en correspondance avec les lignes 13, 14 (une fois prolongée jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen), ou encore le RER C. 82.000 voyageurs y sont attendus quotidiennement, avec des trams toutes les 4 minutes aux heures de pointe et 8 minutes aux heures creuses.
Source : http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/

lundi 22 février 2016

Marseille: Le terrible inventaire des écoles marseillaises

Une association de parents d'élèves a dressé l'état des lieux des écoles marseillaises...
Pendant que la mairie tente d’éteindre l’incendie sur l’état de délabrement de certaines écoles, le Mouvement départemental des parents d’élèves (MPE 13) a mené sa propre enquête sur l’état des écoles marseillaises. « Nous voulons répondre au dédain de la mairie qui assurait que cela ne concernait que deux ou trois écoles, raconte Séverine Gil, présidente de MPE 13. C’est faux évidemment, c’est beaucoup plus que cela. C’est un mensonge municipal ».
Après l’intervention de Najat Vallaud-Belkacem demandant au préfet des Bouches-du-Rhône d’intervenir, l’association a lancé un appel à témoignage en mettant en ligne un questionnaire adressé à ses adhérents et à tous les parents d’élèves. Elle dit avoir recueilli plus de 250 témoignages de 143 établissements différents, en seulement 48 heures. Le tableau dressé est édifiant.

De l’amiante et des fenêtres qui ne ferment pas

Selon les témoignages reçus, 23 écoles auraient fait l’objet d’un diagnostic amiante positif. Il y a deux semaines, Charlotte Magri, enseignante dans les quartiers Nord, avait mis le feu aux poudres en dénonçant justement la présence d’amiante dans son établissement, le groupe scolaire Jean Perrin. Les écoles des Chartreux (4e), Valbarelle (11e) ou encore des Trois Lucs (12e) auraient eux aussi de l’amiante dans le sol, « recouvert par un revêtement en mauvais état », précise le MPE 13.
Les témoignages recueillis par MPE 13 font état également de « problèmes électriques » dans certains établissements, mais aussi, plus basiques, de fenêtres. Dans les maternelles Bergers (6e) et Bouge (13e), par exemple, celles-ci « sont remplacées par du contreplaqué ou condamnées ». Plus de 40 écoles signalent des fenêtres bloquées ou mal montées : soit elles ne se ferment pas, comme à la maternelle Saint Thys (10e) ou Malpassé Olivier (13e), soit elles n’ouvrent pas comme à Ruffi (2e).
Source: http://www.20minutes.fr/

mardi 2 février 2016

A 62 ans, Hélène, voisine du CMMP, découvre sa maladie

« Ça m'angoisse d'en parler... » Hélène Manic, 62 ans, a la voix hésitante au moment d'évoquer le diagnostic médical tombé il y a deux ans : « Calcification pleurale ». A savoir des lésions sur la plèvre, propres aux personnes ayant respiré un air plombé par de l'amiante. La sexagénaire est l'une des 167 personnes ayant envoyé un dossier au Collectif des riverains et victimes du CMMP d'Aulnay, pour demander une indemnisation.





Sa sœur a succombé à un cancer en 2012


« Adolescente, j'ai vécu avec mes parents et ma sœur dans un pavillon voisin du CMMP. Il y avait deux maisons entre l'usine et nous, mais je ne savais pas ce qu'elle fabriquait », raconte Hélène. « Mon enfance s'est déroulée sans problèmes de santé. Je me souviens d'un terrain vague, jouxtant le CMMP, où nous fabriquions des cabanes avec les déchets de l'usine, qui ressemblaient à du plâtre », poursuit-elle. A 17 ans, la famille d'Hélène quitte Aulnay et s'installe au Bourget. C'est en 2011 que le calvaire démarre. Sa sœur déclare un cancer de la plèvre, surnommé « le cancer de l'amiante ». Elle est décédée en août 2012. « J'ai décidé de consulter un médecin et ça n'a pas manqué : les tests ont révélé un épaississement pleural », se rappelle Hélène. Une pathologie « bénigne », mais qui « peut évoluer bien plus gravement, qu'il faut surveiller », précise son mari. Depuis, la vie d'Hélène a changé : « Psychologiquement, c'est dur. Je ne pense qu'à ça. J'ai peur qu'un jour, on m'annonce que j'ai un cancer. »
source: http://www.leparisien.fr/

Une étude pour retrouver les victimes de « l'usine poison »

L'usine CMMP a broyé de l'amiante jusqu'en 1975. Information, démarches : les victimes potentielles ont désormais de nouveaux outils à leur disposition.

e scandale va-t-il encore prendre de l'ampleur ? Une nouvelle étude vient d'être lancée pour cibler et accompagner les victimes de l'usine CMMP(NDLR : Comptoir des minéraux et des matières premières) d'Aulnay-sous-Bois. Entre 1938 et 1975, le site — surnommé « usine poison » par les proches du dossier — a broyé de l'amiante en pleine ville.


Et depuis les années 1990, les ex-voisins déclarant des cancers ou des pathologies propres à l'amiante se comptent par dizaines.

Financée pour trois ans par la région, cette étude a plusieurs objets. « Notamment la mise en place d'une plate-forme numérique facilitant les démarches des potentielles nouvelles victimes », détaille Benjamin Lysaniuk, chercheur au CNRS et copilote du projet. Concrètement, sur une carte qui sera disponible sur Internet, les habitants d'Aulnay pourront localiser leur domicile et savoir s'ils ont été exposés à l'amiante. Ils seront ensuite mis en contact avec le CI3A (Centre d'information et d'accompagnement des personnes ayant été exposées à un risque amiante à Aulnay), une permanence visant à faciliter leur indemnisation et leur suivi.

L'étude a aussi un but sociologique : « On veut savoir pourquoi il a fallu autant de temps pour lancer un recensement des victimes, de façon à réagir plus efficacement lors de prochains problèmes de santé publique », reprend Benjamin Lysaniuk. Ainsi, si l'on sait depuis 2007 qu'il existe un lien entre les cancers développés par les voisins de CMMP et l'activité de l'usine, il a fallu attendre 2014 pour que les autorités se mettent à la recherche des victimes potentielles !

Par ailleurs, cette nouvelle étude est labellisée « Picri » (partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l'innovation). Pour la première fois, elle impliquera les associatifs, qui, les premiers, ont tiré la sonnette d'alarme.

Parmi eux, Gérard Voide, du collectif des victimes du CMMP d'Aulnay, qui compte 167 membres. Nicole, sa femme, a perdu son frère d'un cancer en 1996 et a déclaré une calcification pleurale. L'homme est « soulagé » par cette nouvelle étude : « Cela montre que les choses avancent. C'est une forme de reconnaissance pour ceux qui sont touchés par ce scandale. »
Source: http://www.leparisien.fr/