Affichage des articles dont le libellé est désamiantage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est désamiantage. Afficher tous les articles

lundi 7 mai 2018

Strasbourg: Ils travaillent sur des bactéries qui mangent l’amiante, une solution bio

Valérie Geoffroy et Sébastien David, chercheurs à l'Unistra travaillent sur un procédé bio pour lutter contre l'amiante. Fibres d'amiante dans un tube. Strasbourg le 16 avril 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Des chercheurs de l’Université de Strasbourg se rapprochent d’une solution bio pour neutraliser l’amiante.
  • Ils ont déjà déposé un brevet et leurs recherches entrent dans la phase de développement.
L’amiante, ils lui font la peau, par le bio. Une bonne nouvelle quand on sait que chaque année, des tonnes d’amiante mélangées aux gravats sont retirées d’anciens bâtiments avant d’être simplement enfouies, tout en gardant leur toxicité, dans une station de traitement…
Mais quand il n’y aura plus de place, que faudra-t-il en faire ? C’est en substance ce qui a conduit l’équipe scientifique métaux et micro-organismes de l’Unistra à travailler sur une solution bio  pour la neutraliser. Ils ont déjà déposé un brevet en 2016 et attaquent la deuxième phase de cette recherche, celle du développement.

L’amiante est encore très utilisé en Russie et au Canada

Une recherche prometteuse et attendue, d’autant plus d’actualité que l’amiante est encore très utilisé dans des pays comme la Russie, le Canada. « Nous travaillons sur une méthode pour essayer de transformer un déchet toxique vers un autre matériau, qui ne serait d’une part plus toxique, voire être réutilisable et valorisé », explique la directrice de recherche à l’Unistra Valérie Geoffroy.
Valérie Geoffroy et Sébastien David, chercheurs à l'Unistra travaillent sur un procédé bio pour lutter contre l'amiante. Fibres d'amiante dans un tube. Strasbourg le 16 avril 2018. - G. Varela / 20 Minutes
Le principe ? Des micro-organismes, de type bactérie, qui peuvent puiser, récupérer, des éléments toxiques de l’amiante, comme le fer - dangereux lorsqu’il est en en contact avec les cellules humaines - et le magnésium.
« L’idée est de "débobiner" la structure de l’amiante, avec des bactéries, puis de les traiter comme dans une station d’épuration. Cela devient un déchet non toxique car il n’est pas question de générer à partir d’un déchet un autre déchet que l’on ne saurait pas gérer ! », rassure Valérie Geoffroy. Un procédé bio, qui pourrait bien intéresser rapidement les collectivités, les industriels, même si la recherche sur un procédé chimique est par ailleurs bien avancée.

Plusieurs types d’amiante

Pour manger l’amiante, c’est directement la bactérie naturelle qui ferait le gros du boulot, mais aussi une molécule produite par cette même bactérie et qui fait office de « pince à fer ». Le principe est d’isoler la bactérie qui intervient pour la faire agir beaucoup plus vite et optimiser le procédé. Optimiser pour que ça soit plus efficace et réduire le temps d’action, pour enlever tout le fer et tout le magnésium. Problème, il y a plusieurs types d’amiante et donc des procédés de traitement qui sont différents, ce qui complique un peu plus encore les recherches.
Valérie Geoffroy et Sébastien David, chercheurs à l'Unistra travaillent sur un procédé bio pour lutter contre l'amiante. Fibres d'amiante dans un tube. Strasbourg le 16 avril 2018. - G. Varela / 20 Minutes
Après avoir longuement travaillé sur l’un des deux types de déchets d’amiante, le flocage (sorte de laine de verre), l’équipe de l’Unistra oriente ses recherches sur les fibro ciment (sorte de tôle ondulée très utilisée dans la construction). « Nous testons les échantillons, nous combinons les bactéries, détaille Sébastien David, doctorant en biotechnologie et signalisation cellulaire et qui planche sur cette deuxième phase. « Les orientations des recherches sont multiples. La bactérie que nous utilisons -type pseudo monas-, est très étudiée car elle est très présente dans le sol, utilisée pour la dépollution des sols, les hydrocarbures, rappelle Valérie Geoffroy… Des bactéries qui s’adaptent à la pollution. »
« Pour l’instant, on travaille à l’échelle laboratoire, du tube, (20 ml) et on veut passer à l’échelle du fermenteur, (5 litres), explique Sébastien David. On a démontré que ça peut marcher, on a trouvé la recette. Maintenant, il faut que l’on puisse montrer que notre procédé va être possible, autonome et efficace pour altérer toute la fibre d’amiante, à 100 %, avant de relier le monde la recherche au monde industriel. »
Source : https://www.20minutes.fr

lundi 23 octobre 2017

La Renaudière. Les voisins d'une école maternelle amiantée devant la justice

En septembre 2015, à La Renaudière, le nettoyage d'un toit en plaques amiantées avait contaminé une école maternelle. Pour éviter tout risque, la maternelle avait dû déménager. L’école a fermé un an.
À l’école de La Renaudière, commune de Sèvremoine dans les Mauges, le nettoyage d’un toit voisin a provoqué un vent de panique. La scène se déroule le 7 septembre 2015. Et le décapage au jet d’eau projette des mousses suspectes dans la cour des maternelles.
Dans l’établissement, la réaction est immédiate. « La récréation a été annulée par la directrice, retrace Me Caroline Ménard. Les enfants ont été installés dans la salle des fêtes. »
L’Agence régionale de santé est saisie. L’inspection académique décide la fermeture administrative de l’établissement. « L’école a été obligée de déménager dans des préfabriqués, reprend l’avocate missionnée par l’Organisme de gestion de l’enseignement catholique (Ogec). Pour la dépollution, on a dû racheter un certain nombre de matériels. »
Deux expertises sont réalisées. La première, dès le lendemain, révèle un taux de moins de cinq fibres d’amiante par litre d’air. Plus tard, en octobre, des relevés montrent des dépôts de poussière amiantée. Pour Me Ménard, pas de doute. Elle met en cause le couple. Qui savait que le toit était constitué de plaques fibro-amiantées. Et qui a fait appel à « un professionnel trouvé sur Le Bon coin » pour un montant de « 1 500 € alors que ces travaux nécessitaient une enveloppe d’au moins 30 000 €. Ils n’ont pris aucune précaution. »

Fallait-il fermer l'école pendant un an ? 

Fallait-il, pendant un an, maintenir les écoliers de maternelle à distance de l’établissement ? Évidemment, soutient Me Ménard, en s’appuyant sur le rapport de l’expert en pollution. « La moindre fibre d’amiante inhalée est dangereuse pour la santé », plaide-t-elle. Elle demande une provision de 200 000 €.
Une facture dont l’avocat des voisins ne veut pas entendre parler. « Il a été décidé, au nom du sacro-saint principe de précaution, de ne pas réintégrer les enfants, soupire Me Jean-Charles Loiseau. On considère que l’amiante déposé ne représente pas de danger. L’école aurait pu faire réintégrer les enfants avant. »
Source : https://www.ouest-france.fr

lundi 14 août 2017

Quinze mois et cinq millions d'euros pour désamianter trois tours d'habitation avant leur démolition

Le plus important chantier de désamiantage du moment dans l’Ain c’est à Oyonnax qu’il se déroule pour les quinze prochains mois. Une opération de quelque 5 millions d’euros consistant à désamianter trois tours d’immeubles de sept étages et quelque 109 logements du quartier de la Forge, en fin de réhabilitation.
Au 36 de la rue Saint-Exupéry, 34 extracteurs d’air qui mettent l’immeuble de 7 étages en dépression vrombissent 24 heures sur 24.


À l’intérieur étage après étage, quatorze équipiers se relayent pour éliminer l’amiante des sols aux plafonds et même aux murs. L’amiante est ici essentiellement contenu dans les colles de dallages, de carrelages aux sols, de faïences aux murs et d’enduits plâtres sur les plafonds.

Cardem, l’entreprise lyonnaise titulaire du marché conclura le chantier par la démolition des trois tours.
La première pourrait être grignotée par une démolisseuse en octobre prochain…
Mais en attendant c’est Ecolex technologies, l’une des entreprises leaders sur le marché, originaire d’Aubagne qui est à pied d’œuvre sous la conduite de Christophe Saffret, chef de chantier et Khaled Belmabrouk, conducteur de travaux. Elle désamiante actuellement aussi à l’Hôpital Fleyriat et a conduit le désamiantage de très nombreux immeubles des quartiers nord de Marseille.
L’amiante interdite en France depuis le 1er janvier 1997 a longtemps été utilisée comme ici à Oyonnax dans ces bâtiments des années soixante-dix, car c’était « un très bon isolant, un matériau très performant à tout point de vue : résistances mécaniques, chimique, tenue au feu et même isolant sonore », précise Christophe Clavon, conducteur de Travaux chez Cardem. « Donc avant cette date, nous sommes susceptibles d’en rencontrer », souligne Olivier Borreil, assistant maître d’ouvrage, chef de projet pour Ginger CEBTP qui aura en charge la démolition après désamiantage.

« Petit à petit la réglementation a interdit les matériaux les plus dangereux et les plus émissifs, comme le flocage et le calorifugeage, mais les dalles de sol, nous en avons rencontré jusqu’en 1997 », ajoute ce dernier. La production de l’amiante en France a été à 80 % de l’amiante-ciment, pour les toitures, canalisation allège de fenêtres. 800 big bags d’une tonne en moyenne de déchets ont déjà été enlevés. On devrait parvenir à 1 000 big bags par bâtiment soit quelque 3 000 tonnes de déchets d’amiante ôtés avant de faire place net sur ce terrain de 5 000 m2 dont la destination future sera construite en concertation avec les habitants (espaces verts, logements privés etc.). Le projet de démolition est confié à Hervé Raux, le responsable des opérations démolition chez Dynacité. Le bailleur social de ces immeubles attendait depuis quatre ans les financements pour démolir. Il a reçu 2 522 M€ de subventions ANRU, 218 000 € du département et 240 000 € de la CCHB. Dynacité complétera ce financement à hauteur de 1,78 M€.


Corinne Garay


Trois tours seront démolies dans les 15 prochains mois
Khaled Belmabrouk, Christophe Saffret de la société Ecolex technologies et Christophe Clavon de Cardem au pied de la première tour en cours de désamiantage.
Un triangle orange et cette inscription Danger Amiante ; un visage portant un masque sur un panneau d’avertissement… un chantier de désamiantage n’invite guère à la visite. Comme les autres interdits au public, il l’est d’autant plus que le danger est davantage dans les particules volantes dans l’immeuble confiné que dans l’appartement lorsque ses occupants y vivaient.
C’est en visitant les modules du chantier que l’on comprend mieux les précautions. Pour entrer dans l’immeuble totalement étanché, les désamianteurs qui opèrent en vacation de trois fois deux heures se dévêtissent de la tête au pied. Ils enfilent des sous-vêtements, des gants et une combinaison en intissée jetables. Ils sont équipés d’un masque à ventilation assistée ou à addiction d’air dont les filtres sont jetables, ils sont parés pour deux heures de décollement de l’amiante. Au sortir de la zone, pour vingt à trente minutes de pause, – pour des raisons cardiaques essentiellement -, ils se dévêtissent et se douchent entièrement à deux reprises. Leurs chaussures restent en zone “contaminée”. Ils poncent, rectifient et burinent au marteau-piqueur toutes les parois intérieures. Et, tous leurs outils sont reliés à une puissante aspiration à trois moteurs pour décoller les matériaux. Les déchets d’amiante sont redescendus des étages supérieurs par les ascenseurs dans des sacs. Ces sacs passent par le sas à déchets. Ils sont douchés extérieurement puis mis dans une double enveloppe. Des Big bags stockés et scellés de 1 000 kg qui sont ensuite acheminés par Ecolex technologies par camion de 25 sacs en centre de déchets amiante à Drambon en Côte-d’Or pour un enfouissement. La destination finale de l’amiante c’est l’enfouissement ou la vitrification (une technique qui rend la matière inerte, mais reste très coûteuse encore.) Aucun risque dans l’environnement proche pour le public, les extracteurs d’air équipés de filtres absolus récupèrent toutes particules.
Source : http://www.voixdelain.fr

lundi 3 avril 2017

En France, il reste 20 millions de tonnes d’amiante disséminées dans les bâtiments

Pour beaucoup, l’amiante, c’est fini. Ce matériau hautement cancérogène, interdit en 1997, est pourtant encore présent dans des dizaines de milliers de bâtiments, disséminé des sols aux plafonds, dans les plinthes, les vide-ordures ou les toitures. Un vaste plan national d’éradication de l’amiante se fait attendre. Du repérage de l’amiante aux contrôles des conditions de travail sur les chantiers de désamiantage, la protection des travailleurs est très inégale. Certains spécialistes du dossier évoquent même une prochaine catastrophe sanitaire. De nouvelles victimes viendront-elles s’ajouter aux 3000 à 4000 personnes terrassées chaque année, en France, par l’amiante ?
20 millions de tonnes. C’est la quantité d’amiante disséminée en France, essentiellement dans les bâtiments. Usines et entrepôts, bureaux, gymnases, mais aussi HLM, écoles ou encore hôpitaux : on trouve de l’amiante partout. Dotée de propriétés anti-feu particulièrement efficaces, de qualités isolantes thermique et phonique, l’amiante a été utilisée partout. « Il y a environ 3000 produits qui en contiennent », détaille Alain Bobbio, de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). Utilisée en vrac, en feuilles ou en plaques, tressée ou tissée, l’amiante a été incorporée jusqu’en 1997 – année de son interdiction en France – dans des produits en ciment qui servaient à monter des murs ; dans les résines avec lesquelles ont faisait des dalles de sols ; dans les bitumes qui étanchéifient les toitures, dans les peintures, dans les caoutchoucs, dans les colles... « Tous les jours, je trouve des matériaux que je pense ne pas être amiantés et qui en fait le sont », témoigne une « diagnostiqueuse amiante » dans le documentaire d’Emmanuel Roy La part du feu [1].

Des diagnostics peu fiables : le maillon faible

Pour savoir s’il y a de l’amiante, en quelles quantités, et sous quelles formes, les diagnostiqueurs prélèvent des matériaux à divers endroits des bâtiments destinés à être désamiantés. Ils les envoient ensuite dans des laboratoires habilités à les analyser [2]. Problème : les diagnostiqueurs « ne sont pas toujours à la hauteur, regrette un expert en santé publique. Il leur arrive trop souvent de procéder à des examens approximatifs des bâtiments ou bien de ne pas faire assez de prélèvements. Les compétences des laboratoires sont également très inégales. C’est un vrai souci. » Même son de cloche à l’Andeva, chez les médecins du travail ou encore dans plusieurs bureaux d’étude spécialisés en amiante.
En juillet 2014, le comité de suivi amiante du Sénat, signale que « la phase de repérage de l’amiante constitue aujourd’hui le maillon faible de la réglementation en matière de désamiantage ». II ajoute qu’il faut « renforcer drastiquement les compétences des diagnostiqueurs et garantir leur indépendance de fait à l’égard du donneur d’ordre. » [3] « Le risque majeur des défauts de diagnostic, c’est une mise en danger des travailleurs, avec une exposition aux fibres d’amiante qui va bien au-delà de la valeur limite », relève Alain Bobbio.
Au fil des années, la valeur limite d’exposition professionnelle (vlep) s’est peu à peu abaissée. Depuis le 1er juillet 2015, elle est passée à 10 fibres par litre, contre 100 auparavant. Les matériaux contenant peu d’amiante sont donc désormais considérés comme dangereux. Les moyens de détection de la fibre tueuse ont par ailleurs été modifiés : les fibres courtes sont désormais prises en compte dans le comptage. « Si on cumule ces deux changements, la valeur limite a été divisée par plus que 10, relève un expert en santé publique. La législation progressivement mise en place pour encadrer le désamiantage est plutôt correcte et pertinente, et peut être efficace pour protéger les travailleurs. » Protocoles de mesures d’empoussièrement, obligations de protections collectives (mise sous bulle étanche, aspiration, humidification...) et individuelles (combinaisons, types de masques), définition des plans de retraits, évacuation des déchets, nettoyage du matériel : chaque étape est minutieusement décrite et codée dans les lois et décrets qui encadrent le désamiantage.

Des contrôles incertains

Mais « qui surveille le bon respect de ces textes, à part nous ? », interroge Rolland Hottelard de l’addeva 44, antenne locale de l’Andeva. Depuis deux ans, une équipe de bénévoles s’est attelée au repérage et à la surveillance des chantiers de désamiantage. Ils croisent régulièrement des travailleurs mal protégés, voire sans aucune protection. « Dans les entreprises spécialisées, avec lesquelles nous travaillons, et que souvent nous formons, ça va. Mais il y a toutes les autres. »« Beaucoup de patrons cherchent à faire faire ce travail de désamiantage sans que les ouvriers ne s’en rendent compte », ajoute l’avocat Cédric de Romanet qui a défendu à plusieurs reprises des salariés attaquant leur employeur pour « mise en danger ».
En juin 2015, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné un patron à un an de prison pour la mise en danger de ses salariés. Dans son entreprise, les ouvriers en charge du désamiantage ne changeaient leurs masques et leurs combinaisons que tous les deux jours, les douches étaient hors d’usage, des intérimaires étaient exposés aux poussières d’amiante en ignorant tout des dangers auxquels ils étaient confrontés. Ce sont les inspecteurs du travail qui sont censés surveiller les chantiers amiante, et ils ne sont à l’évidence pas assez nombreux » , signale François Desriaux. Augmenter le nombre d’inspecteurs du travail fait partie des préconisations du comité de suivi amiante, qui recommande même des cellules spécialisées dans chaque région. Le gouvernement est resté sourd.

Des formations insuffisantes

« Sur les 2000 entreprises qui désamiantent en France, je dirais que les deux tiers font leur travail correctement », tempère Didier Faure. Ancien travailleur exposé à l’amiante, il est tombé malade en 2002 puis a fondé un bureau d’étude spécialisé amiante. Il délivre des conseils aux architectes, maîtres d’œuvres et maîtres d’ouvrage. Les salariés demandent volontiers des formations, et les employeurs leur refusent rarement.
« Mais les formations initiales restent trop succinctes, dénonce Didier Faure. Les opérateurs qui interviennent en chantier ont deux semaines de formation. Peut-on assimiler un métier si complexe en si peu de temps ? » Des risques pour la santé aux obligations du donneur d’ordre, en passant par la lecture d’un diagnostic, les techniques diverses d’évaluation des risques et de mise en sécurité des sites... la liste des connaissances à engranger en quinze jours est « déraisonnable », estime Didier Faure. Certaines associations de formation professionnelles adulte (Afpa) essaient de mettre sur pied un CAP amiante. « Il y aurait 800 heures de formation, ce serait plus acceptable. » 
« Nous n’entendons pas beaucoup parler de droit de retrait dans le secteur du désamiantage, poursuit Cédric de Romanet, alors que beaucoup de situations pourraient le justifier. » L’absence de données publiques, et précises, sur les lieux amiantés met en danger de nombreux autres professionnels qui interviennent sur des matériaux amiantés sans le savoir : agents du nettoyage qui frottent des sols amiantés en train de se déliter, agents des services d’eau tronçonnant des canalisation d’amiante-ciment, personnel manipulant des archives contaminées... Quand il perce le mur d’un appartement sans précautions, un ouvrier expose aussi les habitants, voire les voisins. « Partout, ou presque, le risque amiante est sous-estimé », s’alarme Alain Bobbio. Il évoque ce particulier arrivant en déchetterie, et déchargeant à mains nues des plaques d’amiante qu’il avait au préalable découpées, puis transportées dans sa voiture sans précautions particulières.

Un accès limité à l’information

Pour améliorer la cartographie amiante des bâtiments, et mieux informer les travailleurs des risques qu’ils encourent, l’Andeva propose depuis bientôt 20 ans de mettre en place une base de données, régulièrement mise à jour. L’idée avait été soufflée par la mission amiante du professeur Claude Got dès 1998 [4]« Cela n’a malheureusement jamais été mis en place, déplore François Desriaux. La sénatrice Aline Archimbaud (écologiste), qui préside le comité suivi amiante, a de nouveau essayé il y a peu de faire passer cette mesure, mais elle n’a jamais réussi. Il y a une pression terrible, notamment des bailleurs sociaux, qui disent que tout cela coûtera trop cher. »
Pour Claude Got, qui a travaillé en lien avec le cadastre et le ministère des Finances pour étayer cette idée de fichier centralisé, ces arguments de coût ne tiennent pas la route : « C’est la saisie des données à usage sanitaire, tel que le diagnostic amiante, qui serait onéreuse si elle devait être assurée par les pouvoirs publics. Il convient de faire saisir les données par les propriétaires, avec un code personnel, comme cela se fait avec une complexité beaucoup plus grande pour remplir une déclaration de revenus. » [5]
Informés, les citoyens risqueraient d’être plus exigeants en matière de mise en sécurité de leurs logements, les écoles que leurs enfants fréquentent, leur lieu de travail ou encore les hôpitaux. Avec une conséquence : « Même s’il n’existe à ce jour aucune donnée consolidée sur le coût global du désamiantage pour les acteurs publics et privés d’ici 2050, il n’en demeure pas moins que ce coût devrait avoisiner plusieurs milliards d’euros par an », signale le comité suivi amiante. Un chantier exemplaire a été mené, sous la pression des citoyens et élus, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2009. Le désamiantage de l’usine du « Comptoir des minéraux et matières premières » – un industriel qui a broyé de l’amiante de 1938 à 1975 – a coûté 9 millions d’euros [6].

Qui paie le désamiantage ?

C’est la ville d’Aulnay qui a presque tout payé. Le département et la région ont versé quelques subventions, l’État rien du tout, et l’entreprise non plus... Comment éviter que les finances publiques ne soldent seules l’ardoise du désamiantage ? L’Union sociale de l’habitat propose la constitution d’un fonds spécifique dédié à la recherche et au traitement de l’amiante, dont le coût annuel est estimé, pour le seul parc HLM, à 2,3 milliards d’euros. L’association de lutte contre l’amiante Ban asbestos milite de son côté pour la création d’un fonds spécifique alimenté par les industriels ayant fabriqué des produits et des matériaux contenant de l’amiante.
Mais l’heure n’est pas vraiment à la responsabilisation des entreprises. « Nous sommes dans un moment idéologiquement très libéral, remarque un expert en santé publique. L’État considère qu’il y a trop de réglementation, qu’il ne faut plus embêter les entreprises. Il ne prend plus ses responsabilité de garant de la santé publique. » Dans ce contexte, divers acteurs craignent que l’obligation de passer de 100 fibres d’amiante par litre à 10 fibres par litre ne soit pas respectée. « Pour des raisons financières, les désamianteurs n’ont pas procédé aux changements nécessaires, notamment au niveau des protections collectives, qu’exige ce seuil de protection. Il se fient plutôt aux masques alors que l’on sait que ces protections individuelles sont largement insuffisantes, notamment pour le retrait de plâtre amianté qui émet beaucoup de poussières. »
« Nous sommes dans une période politique très incertaine, rebondit Alain Bobbio. La question de la prévention n’est plus du tout prioritaire. Et le contexte de précarisation du travail a des conséquences directes sur les désamianteurs. Les plus précaires sont les premiers visés. En 2015, nous avons réussi à bloquer un texte de loi qui autorisait les jeunes de 15 ans à travailler dans des ambiances amiantées de façon totalement déraisonnable. » Gouvernement et parlement semblent avoir oublié que l’amiante tue 1700 personnes par an en France, selon l’Institut national de veille sanitaire.
Nolwenn Weiler
Source : http://www.bastamag.net

lundi 13 mars 2017

Le 49-3 utilisé par Otis pour l'amiante


Pour travailler sur l’amiante, il faut des procédures qui garantissent la santé des travailleurs.

Le CHSCT et le médecin du travail émettent un avis sur ces procédures.

Otis présente les modes opératoires au CHSCT pour obtenir un avis. Après l’examen de celles-ci, le CHSCT diffère son avis et se tourne vers une expertise pour s’assurer de la conformité et de la fiabilité des procédures car l’immunité physique des salariés est en jeu.

Otis fait fi des conclusions de l’expertise en n’attendant pas les résultats et en adoptant les modes opératoires d’autorité c’est le 49-3 ou ça lui ressemble ; la réglementation laisse la possibilité d’agir ainsi.

Les conditions à remplir pour prendre une telle décision : c’est d’avertir et d’informer suffisamment le CHSCT et de lui donner un délai de réflexion.

Otis estime remplir ces conditions et adopte le refus du CHSCT de se prononcer comme avis négatif.

Otis a donc un avis sans l’aval du CHSCT, il passe en force et il met l’organisation du travail sur l’amiante en place. Dorénavant, le personnel appliquera les procédures qu’il a bâti seul.

Otis n’attend pas les conclusions des experts de l'amiante et n’associe jamais le CHSCT aux recherches de solutions pour supprimer le danger alors que c’est la première mission de l'instance.

L’entêtement d’Otis à faire cavalier seul expose potentiellement des milliers de salariés susceptibles d’intervenir sur des matériaux contenant de l’amiante.

En 2017, avec les connaissances bien définies des dangers de l’amiante, on ne peut cautionner ces agissements autoritaires qui mettent la santé des personnes en situation à risque.

Les modes opératoires datent de 2015. Il est grand temps qu’Otis modifie ceux-ci en tenant compte des remarques des trois experts d'un cabinet d'expertise agréé pour l'amiante et de celles du CHSCT qui fait valoir que pour certains travaux, on risque de polluer l’air de l’immeuble et faire respirer des fibres d’amiante au public.

Pourquoi sommes-nous dans cette situation ? Quelles en sont les raisons ?  En voici quelques-unes.

Comme vous allez le constater, c’est une histoire de coût.

1) Le CHSCT est écarté de toute participation à la sécurité car il n’a pas le même objectif qu’Otis.

2) Otis refuse de mettre un nombre de techniciens suffisant pour certains travaux, il ne veut pas le formaliser.

3) Otis refuse de fournir un aspirateur spécial amiante à filtre absolu pour certains travaux comme le frein dont les garnitures sont en amiante et qui sont un élément essentiel à la sécurité des usagers.

4) Otis refuse l’utilisation de l’aspirateur spécial amiante pour décontaminer les combinaisons des techniciens ayant travaillé sur l’amiante car il faut être à deux et il faut de nombreux aspirateurs et cela a un coût important.

5) Otis refuse le travail en sous-section 3 c’est-à-dire l’intervention d’une société spécialisée dans l’amiante pour des travaux polluants et délicats comme le démontage des portes amiantées.

Certes, toutes ces démarches coûtent cher.

Otis fait couler au goutte à goutte le robinet des sous pour la sécurité. Son budget concernant la protection de ses employés pour le travail sur l’amiante en est affectée.

Nous sommes las de nous battre pour notre sécurité depuis des années mais pour les jeunes générations nous ne faiblirons pas et nous nous dresserons toujours contre toutes ces injustices.
Source : http://www.miroirsocial.com

lundi 6 mars 2017

Amiante : la ruse des copropriétaires pour ne pas évacuer la Tour Montparnasse

NFO LE FIGARO - Pour minimiser le risque lié à l'amiante et ne pas avoir à fermer la Tour Montparnasse, les copropriétaires ont trouvé un nouvel expert. Il a gommé les points dérangeants relevés par son prédécesseur.
De la contrainte naît la créativité. Ce ne sont pas les gros copropriétaires de la Tour Montparnasse qui diront le contraire. Récemment, ces derniers ont réalisé un tour de passe-passe pour éviter l'évacuation du gratte-ciel qui leur pend au nez à cause des problèmes récurrents d'amiante. L'expert qui a réalisé le DTA (Diagnostic technique amiante) du 30 septembre 2015 pour cet immeuble de 59 étages mettait en lumière des points très dérangeants pour eux? Contrairement à leurs obligations légales, ils n'ont donc pas diffusé ce document aux 4000 occupants du bâtiment. Mieux, ils ont changé de prestataire et en ont trouvé un autre plus accommodant. Et, comme par magie, le dernier DTA diffusé- daté du 1er octobre 2016- ne comporte plus ces éléments gênants. Or la situation n'a absolument pas changé en un an.
Plus précisément, dans le DTA du 30 septembre 2015 réalisé par l'entreprise STM que «Le Figaro» a consulté, on pouvait lire: «Il existe un risque de libération de fibre d'amiante en cas de déclenchement des moteurs de soufflage de désenfumage. Suite aux chantiers tests du 29/08 et du 5/09/2015, ce risque est confirmé.» «En clair, ces tests confirment que les gaines de désenfumage constituent un risque majeur d'exposition à l'amiante des occupants de la tour», affirme Michel Parigot, président du comité anti-amiante Jussieu.

Un nettoyage des gaines ne peut se faire en site occupé

Ce point était très ennuyeux pour les copropriétaires. Si la présence de cette fibre cancérigène dans les gaines de désenfumage était connue depuis plusieurs années, c'est en revanche la première fois que le risque de pollution dans toute la tour en cas d'utilisation des gaines de désenfumage était confirmé par des tests. Pourquoi l'amiante dans ces gaines est-elle un vrai problème? En cas d'incendie, on est obligé de les ouvrir et l'amiante se répand dans tout le building. Du coup, l'expert proposait une solution dans son rapport du 30 septembre 2015: «Au regard de ces informations, un nettoyage des gaines est programmé.» Là encore, cela ne fait pas les affaires des copropriétaires car cela nécessiterait la fermeture de la tour Montparnasse. «Le nettoyage des gaines de désenfumage en site occupé est une opération complexe et coûteuse qui ne réglerait pas entièrement le problème, explique Michel Parigot. Pour le régler, il faudrait les désamianter. Mais cela ne peut se faire en site occupé et cela nécessiterait la fermeture de la tour Montparnasse.» Une vraie catastrophe pour les bailleurs qui perdraient alors leurs loyers.
> Lire aussi : Risque amiante : le vendeur doit sécurité à son acheteur

Alors, très opportunément, le DTA du 1er octobre 2016 réalisé par l'entreprise BTP Consultants a complètement gommé ces deux points problématiques. La suppression du passage concernant le nettoyage des gaines tombe d'autant plus à pic que la préfecture d'Ile-de-France dans un communiqué de presse du 12 mars 2015 avait prévenu: «Le préfet a néanmoins demandé que les résidus amiantés soient retirés sous un mois.»

Tour de magie des copropriétaires

Pour le reste, le DTA du 1er octobre 2016 est identique ou presque à celui du 30 septembre 2015. Un autre point a cependant été modifié. Dans le document du 30 septembre 2015, la présence d'amiante était indiquée avec moult détails: «Des traces de contamination surfaciques sur les parois maçonnées ont été constatées dans ces gaines ainsi que la présence des résidus libres de sable contaminé dans les ventelles des volets coupe-feu dans la circulation des plateaux de bureau». La version du 1er octobre 2016, en revanche, est beaucoup moins précise et donc nettement moins inquiétante: «Des résidus de matériaux (plâtre, sable noir) sont observés ponctuellement sur des embrasures des gaines de désenfumage. Ces résidus sont susceptibles de contenir de l'amiante. Des investigations complémentaires sont en cours.» Grâce à ce tour de magie, les copropriétaires se sont sentis autorisés à demander au préfet un allégement de l'arrêté préfectoral de mai 2014, selon un courrier du 4 novembre 2016 que s'est procuré Le Figaro. Cet arrêté concernait la gestion du risque amiante dans la Tour. Tout est bon pour tourner la page de l'amiante à Montparnasse.

La justice enquête sur les fibres dans le building

Le dossier de l'amiante dans la tour Montparnasse est pris au sérieux par la justice. Depuis l'automne 2013, une instruction judiciaire est ouverte à ce sujet pour mise en danger de la vie d'autrui. Mi 2014, Icade, une filiale de la Caisse des Dépôts et consignations qui était à l'époque le syndic de cet immeuble, avait été placé sous le statut de témoin assisté. Depuis, la fonction de syndic est assurée par Foncia qui a racheté à Icade cette activité. Contactés par «Le Figaro», les copropriétaires ont répondu «qu'il n'y a pas d'éléments spécifiques nouveaux. Des actions correctives sont menées régulièrement».
Pour tourner la page de l'amiante, les copropriétaires de ce gratte-ciel ont décidé de le restructurer complètement. Un chantier à plusieurs centaines de millions d'euros où il s'agira notamment de changer la façade sous laquelle figure aussi ce matériau cancérigène. Un concours d'architecture a été lancé mi 2016. Et le cabinet lauréat devrait être désigné mi 2017. Avec idéalement un début des travaux en 2019 et une fin de chantier à l'horizon 2023-2024.
En attendant, les occupants peuvent respirer de l'amiante en toute tranquillité.
Source : http://www.lefigaro.fr

lundi 5 décembre 2016

SNCF réseau lance une campagne de mesurage amiante

L’OPPBTP et SNCF Réseau Infrapôle Rhodanien ont lancé 5 chantiers test dans le cadre du projet Carto Amiante sur des installations de traction électriques. Les résultats des analyses sont en cours d’évaluation et aiderons les mainteneurs à améliorer leur pratique par rapport au risque amiante.
En 2015, l’entité EALE « Equipements Alimentation des Lignes Electrifiées » de SNCF Réseau InfraPôle rhodanien a engagé la mise en œuvre de chantiers test avec des processus identifiés à travers les modes opératoires en sous-section 4 décrits dans un référentiel interne. Les interventions réalisées sur des matériaux contenant de l’amiante lors des opérations de maintenance ont révélé des mesures avoisinant le seuil prescrit en santé publique. Suite à ce constat, l’établissement s’est inscrit au projet Carto afin de confirmer ces résultats et bénéficier des conseils de l’organisme.
 
5 chantiers et deux types d’installation supervisés
Entre janvier et septembre 2016, des mesures d’empoussièrement sur opérateurs ont été réalisées dans des installations de traction électrique sur des équipements industriels et le bâti : deux sous-stations situées à Ozon (07) et Le Pouzin (07) et deux postes à Couse (07) et Albigny-sur-Saône (69).
« L’amiante concerne toutes les professions. Les opérateurs SNCF-EALE ont les mêmes problématiques que leurs confrères du BTP pour leurs interventions. L’OPPBTP nous a permis d’analyser nos pratiques en intégrant le projet Carto Amiante », a déclaré Cédric Lapierre, dirigeant de l’entité EALE Lyon – SNCF Réseau InfraPôle Rhodanien.
Même son de cloche du côté de l’OPPBTP qui se félicite de cette collaboration qui viendra enrichir la base de données d’empoussièrement : « Les bénéfices dépassent le cadre des régies de travaux de la SNCF, car les résultats impacteront aussi les entreprises du BTP qui interviennent auprès de ce grand donneur d’ordres. Ce projet montre également les complémentarités entre nos opérationnels chargés de la supervision des chantiers et la direction technique de l’OPPBTP qui développe une activité d’ingénierie de prévention », a ajouté de son côté Isabelle Monnerais, chef du projet Carto Amiante au sein de la direction technique à l’OPPBTP.
Source : http://www.constructioncayola.com/

lundi 21 novembre 2016

Auboué : le démontage du collège Salvador-Allende

Le collège Salvador-Allende d’Auboué, fermé en 2009, est (enfin) en passe d’être démonté. Un chantier très long et fastidieux, à cause de la présence d’amiante. Focus technique sur ces travaux sous haute surveillance.

Face à une démographie galopante, au début des années 1970, Auboué obtient son propre collège. Joint à l’ancienne école des filles et des garçons – des bâtiments en dur –, une nouvelle aile est construite. C’est celle-ci qu’il s’agit de faire disparaître… depuis des années. Car depuis sa fermeture en 2009, le collège Salvador-Allende a été en partie réinvesti. Dans les bâtiments en pierre, les plus anciens, on trouve dorénavant les locaux de l’intercommunalité, et l’accueil du Greta, des Francas et autres associations. Mais la fameuse aile orange, à l’arrière de la mairie, elle, pose sempiternellement problème. En cause : son caractère énergivore et « son architecture », glisse le maire Fabrice Brogi. Mais surtout : la présence d’amiante sur le site. C’est pourquoi la démolition du bâtiment prend du temps.
« Déjà, on parle plutôt de "démontage" ou "déconstruction" que de "démolition" dans le sens où tout est décortiqué, chaque matériel est trié », précise Isabelle Daval, responsable du service technique de la mairie.
Les travaux se décomposent en phases successives. La première, le curage, s’est déroulée à la mi-août et est désormais terminée. « Il s’agissait de retirer tout ce qui pouvait l’être sans détériorer ce qui restait en place », évoque la responsable. « C’est la détérioration et la poussière soulevée qui posent problème, car celle-ci est chargée d’amiante », schématise le maire.
La seconde phase est la plus longue : c’est le désamiantage. Il a commencé la dernière semaine du mois d’août par une découpe des cloisons. Celles-ci pouvaient être évacuées sans soulever de poussière.

Un travail « quasi sous scaphandre »

A présent, on entre dans la phase de confinement. Tout le bâtiment doit être rendu étanche. « Une sorte de film plastique est tirée, depuis l’intérieur, le long des parois, des plafonds, partout », décrit Isabelle Daval. Des tests d’étanchéité sont menés pour être bien sûr qu’aucune poussière ne puisse s’échapper du site. Cette seule phase dure trois semaines. Seulement à ce moment-là, les dalles au sol pourront être retirées. « L’amiante se trouve dans la colle qui les maintient. Normalement, ce démontage doit prendre une semaine… mais comme on n’a jamais pu y toucher, on ne sait pas du tout à quel point elles sont résistantes… » Même cas de figure avec les joints retenant les panneaux de façade.
Et ce qui complexifie encore le chantier et l’allonge dans le temps, ce sont les normes de sécurité pour les ouvriers. « Ils passent par des sas de décontamination, avec douches, et doivent laisser leurs vêtements – à usage unique d’ailleurs – sur site. De la même façon, ils ne peuvent rester sur le chantier que pour un temps limité, chaque jour. » Lequel est calculé selon des facteurs météorologiques, la chaleur entre autres… Ces hommes travaillent avec des protections assez lourdes. « Quasi des scaphandres ».
En fin de désamiantage, la poussière est évacuée. Des analyses de l’air sont réalisées avant de "déconfiner".
Enfin, la troisième phase pourra démarrer : le démontage. « Normalement, ça va aller très vite , nuance la responsable des services techniques. Il ne restera que les structures métalliques et les dalles de béton. »
La fin des travaux est prévue pour la fin de l’année… « sous réserve des aléas du chantier ». La remise en état du site – la pose d’une nouvelle dalle de béton et quelques plantations – interviendra au printemps.
Source : http://www.republicain-lorrain.fr/

Amiante à l'hôpital : le CHRU Minjoz de Besançon à la barre des prévenus

Le procès qui va s'ouvrir mercredi devant le tribunal correctionnel de Besançon est une première nationale. L'hôpital est poursuivi pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui". Jamais aucun établissement public n'avait jusque-là dû répondre à ce type d'accusation.
48 plaintes de salariés (des informaticiens, plombiers, électriciens, personnel de sécurité), plus celles de l'intersyndicale FO, CGT, Sud et CFDT, dénoncent des expositions à l'amiante prolongées, malgré des avertissements répétés.

La justice pèse toujours ses mots, mais les mots écrits dans l'ordonnance de renvoi sont forts. "Violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité... risque immédiat de mort ou d'infirmité permanente... ".

"DE LA POUSSIÈRE BLANCHE TOMBAIT DU PLAFOND"


Il faut dire que les images fournies par la CFDT sont éloquentes. Entre 2010 et 2013, les salariés du niveau -2 de l'hôpital, où se trouvaient les systèmes informatiques et pneumatiques, auraient été au contact de poussières tombant du plafond, de la dalle au-dessus de laquelle des travaux de désamiantage étaient en cours. Ils craignent avoir, alors, été de façon prolongée au contact d'amiante.

Un ancien salarié du CHRU, en retraite depuis 1995, a officiellement été reconnu contaminé dans le cadre de son travail à l'hôpital. Le procès va durer deux jours devant le tribunal correctionnel de Besançon.

Dans un communiqué publié en juin dernier, Le CHRU de Besançon réfute totalement avoir violé les règles de sécurité en matière d'amiante. Il dit vouloir apporter toutes les explications nécessaires à la Justice.
Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/

lundi 26 septembre 2016

Un "bon côté" de la loi El Khomri : le diagnostic avant-travaux Amiante

La loi El Khomri, largement décriée, passe sous silence des points qui, au contraire, s'avèrent positifs pour certaines corporations... Son article 51, par exemple, déroule un chapitre II dans le livre IV. 
Depuis le passage de la ministre du Travail, Myriam El Kohmri, un discret chapitre II bis a été glissé : « En vue de renforcer le rôle de surveillance [des] agents de contrôle de l'inspection du travail, le donneur d'ordre, le maître d'ouvrage ou le propriétaire d'immeubles par nature ou par destination, d'équipements, de matériels ou d'articles y font rechercher la présence d'amiante préalablement à toute opération comportant des risques d'exposition des travailleurs à l'amiante. Cette recherche donne lieu à un document mentionnant, le cas échéant, la présence, la nature et la localisation de matériaux ou de produits contenant de l'amiante. Ce document est joint aux documents de la consultation remis aux entreprises candidates ou transmis aux entreprises envisageant de réaliser l'opération. Les conditions d'application, ou d'exemption selon la nature de l'opération envisagée, du présent article sont déterminées par décret en Conseil d'État. » 

Et la nouveauté se trouve dans le terme « propriétaire », parmi les responsables de l'exécution préalable d'une recherche d'amiante avant-travaux. Jusqu'ici, il n'appartenait qu'au donneur d'ordre ou au maître d'ouvrage de respecter cette obligation. 
Autre « détail » qui revêt toute son importance : la sanction. Tout contrevenant peut se voir redevable d'une amende de 9 000 Euros
Bonne nouvelle ou huile sur le feu, chacun se fera son idée... Les diagnostics peuvent attiser la suspicion d'acheteurs quant à la présence (non systématiquement dangereuse) d'amiante et refréner les investissements. Ceci, avant même cet ajout dans la loi El Khomri. 
Mais, un serpent de mer revient : le montant de l'amende. Être redevable de 9 000 Euros sera-t-il un épouvantail suffisant pour dissuader un propriétaire ou maître d'ouvrage de passer par un amateur ou une entreprise étrangère moins cher mais peu soucieux d'un éventuel risque amiante ?

Source : http://www.forum-chantiers.com/

Amiante au Parlement européen : relaxe générale

Une relaxe générale a été prononcée ce matin par le tribunal correctionnel de Strasbourg dans le cadre de l'affaire de la pollution à l'amiante au Parlement européen. Le tribunal estime que l'infraction n'est pas caractérisée, qu'il n'y a pas de violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence à l’origine de la pollution à l’amiante.
En conséquence, les parties civiles sont déclarées irrecevables ou sont déboutées de leurs demandes. Aucune indemnisation ne sera donc versée pour les 325 demandes qui avaient été formulées par les parties civiles. Au total, les montants réclamés aux prévenus dépassaient les 3 millions d’euros.
Le procureur Sébastien Hauger avait requis la relaxe de l'architecte d'intérieur maître d'oeuvre du chef de mise en danger d'autrui. Il avait réclamé 20.000 euros d'amende avec sursis contre l'entreprise de plâtrerie dont les ouvriers ont provoqué la pollution à l'amiante en arrachant l'habillage de deux piliers dans l'ancien « Bar des chauffeurs » du Parlement européen. Le procureur avait également requis 3 mois de prison avec sursis contre le coordonnateur sécurité du chantier.
Après cinq reports successifs, le procès de la pollution à l’amiante au Parlement européen s’était ouvert mercredi 25 mai devant le tribunal correctionnel de Strasbourg. 
Le chantier, qui remonte à février 2013, concernaient le bâtiment Winston-Churchill du Parlement européen, en particulier l’ancien « Bar des chauffeurs » qui devait être transformé en bureaux. L’entreprise sous-traitante avait percé un trou dans deux piliers métalliques contre lesquels des parois de plâtre coupe-feu devaient être posées. Les analyses réalisées par la suite ont établi que l’habillage de ces piliers renfermait de l’amiante.
Les débats, très techniques, avaient d’emblée offert des passes d’armes. La deuxième journée du procès consacrée à la pollution de l’ancien « Bar des chauffeurs » était restée dans la droite ligne de la première. Les parties se renvoyant la responsabilité de l’accident à l’origine d’une contamination à l’amiante début 2013. La troisième journée du procès de la pollution à l’amiante au Parlement européen avait été consacrée aux réquisitions du procureur. Quatre personnes avaient pris place sur le banc des prévenus pour répondre de « mise en danger d’autrui par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence » : l’architecte maître d’œuvre, les deux entreprises de plâtrerie qui ont mené les travaux et le coordinateur sécurité du chantier. Elles ont finalement été relaxées ce matin.
Source : http://www.dna.fr/

La clause de non garantie des vices cachés s’applique entre professionnels de même spécialité


En cas de vente entre professionnels de même spécialité d’un bien contenant de l’amiante, la clause de non garantie des vices cachés s’applique si la connaissance par le vendeur de la présence d’amiante n’est pas prouvée.
La vente d’un immeuble est signée entre deux sociétés. Le rapport amiante joint à l’acte conclut à l’absence d’amiante. L’acheteur en détecte pourtant dans l'immeuble après la vente et assigne le vendeur et le diagnostiqueur en indemnisation. Le vendeur invoque la clause de non garantie des vices cachés figurant à l’acte de vente pour exclure sa responsabilité.
La cour d’appel de Versailles lui donne raison au motif qu’il n’a pas pris l’engagement de livrer un immeuble exempt d’amiante, que la vente est intervenue entre deux professionnels de même spécialité et que l’acheteur ne prouve pas que le vendeur avait connaissance de la présence d’amiante.
Concernant le diagnostiqueur, la cour d’appel limite sa responsabilité en retenant que le préjudice qui lui est imputable s’analyse comme une perte de chance pour l’acheteur de négocier une réduction du prix de vente.
La Cour de cassation confirme l’application de la clause de non garantie des vices cachés mais censure l’arrêt sur la responsabilité du diagnostiqueur, qui se trouve pleinement engagée en cas de diagnostic erroné.
A noter : Confirmation de jurisprudence.
Le vendeur professionnel peut se prévaloir d’une clause exclusive ou limitative de garantie des vices cachés à l’égard de l’acheteur professionnel de la même spécialité (Cass. 3civ. 26-4-2006 n° 04-19.107 : RJDA 11/06 n° 1127). L’identité de spécialité relève de l’appréciation souveraine des juges du fond (Cass. 3e civ. 5-12-2006 n° 04-16.878 : RJDA 5/07 n° 466). Dans l’arrêt commenté, l’objet social de chaque société visait notamment « l’acquisition, la gestion, la location et l’administration d’immeubles et de toutes opérations financières mobilières ou immobilières se rattachant directement ou indirectement à cet objet ».
Enfin, selon une jurisprudence désormais bien établie, le diagnostiqueur doit indemniser l’acquéreur du coût des travaux de remise en état et non de la simple perte de chance d’avoir pu acheter le bien à un prix tenant compte des travaux (Cass. 3e civ. 15-10-2015 n° 14-18.077 : La Quotidienne du 27 octobre 2015).
Source : http://www.efl.fr/