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lundi 14 août 2017

Dunkerque : une clinique de l’amiante espérée

Le Tep scan va être mis en service la semaine prochaine. Mais Moumen Abib, qui interviendra sur l’appareil, envisage déjà le coup d’après. « J’aimerais créer une clinique de l’amiante », lance tout de go le professionnel. Mais le médecin belge sait ce vers quoi il veut aller. « Ce serait une structure avec un ensemble d’intervenants, tels que pneumologues, médecins généralistes, cancérologues, etc. Un pôle d’excellence », imagine-t-il. Où ? « On va mettre ça à l’hôpital », sourit-il.
Moumen Abib a présenté cette idée à Éric Dupont-Moretti lors de l’assemblée générale de l’Ardeva, le 18 mars. L’avocat a trouvé ça « intéressant »« La marche des veuves a repris. Avec cette clinique, on reste dans la logique de support au procès contre l’amiante », développe Moumen Abib. Mais cette clinique peut évidemment faire beaucoup plus. Et plus vite. « On peut se donner deux ans, estime le médecin. Des dotations ministérielles sont imaginables, surtout quand on sait que le pic de cas va bientôt être atteint. Et comme la plupart des personnes sont d’ici, Dunkerque pourrait être naturellement le fer de lance de ce combat. »
Le projet pourrait connaître un coup d’accélérateur le 9 mai. Ce jour-là, une conférence doit se tenir en présence de plusieurs personnalités, tels que le Pr Scherpereel, pneumologue au CHRU de Lille. « Je vais leur présenter cette idée de clinique, indique le Dr Abib, qui espère les convaincre. Il est plus facile de faire déplacer un spécialiste que 1 000 patients. »
Un concept qui se rapproche de ce qui se fait aujourd’hui dans les centres de lutte anti-tuberculose, qui rassemblent consultations, dépistages, vaccinations et conseils.
blamps@lepharedunkerquois.fr
Source : http://www.lepharedunkerquois.fr

lundi 5 septembre 2016

Une stratégie épigénétique contre le cancer lié à l'amiante

Les traitements actuels pour traiter certains cancers agressifs comme le mésothéliome, lié à une exposition à l'amiante, donnent des résultats cliniques décevants. En quête de nouvelles voies, des chercheurs de l'Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers (CNRS/Université de Poitiers), en collaboration avec une équipe nantaise du Centre derecherche en cancérologie Nantes-Angers (INSERM/CNRS /Université de Nantes/Université d'Angers) et une équipe du Laboratoire de chimie des polymères organiques de Bordeaux (CNRS/Université de Bordeaux) ont développé une approche originale utilisant des nanovecteurs actifs sur des cibles épigénétiques. Résultat: une réduction de 80% de la croissance tumorale chez la souris. Ces travaux sont publiés dans la revue Theranostics.
Le mésothéliome pleural, cancer lié à l'amiante, est une forme très agressive de cancer des poumons pour lequel le traitement actuel est peu probant. Une stratégie innovante de traitement de cette pathologie proposée actuellement par la communauté scientifique repose sur les mécanismes épigénétiques de régulation de l'expression de gènes. En effet, dans les cellules cancéreuses, les gènes chargés des mécanismes du contrôle cellulaire sont rendus inopérants par un processus de "marquage" épigénétique anormal. Ce marquage anormal étant réversible, il peut être reprogrammé afin de réactiver les mécanismes normaux de régulation cellulaire.

Au cours de travaux antérieurs, les chercheurs de l'Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers sont partis du constat que la formation du mésothéliome est associée à la diminution, entre autres, d'une marque épigénétique, résultant de l'activité
 anormale des désacétylases d'histones (HDAC) surexprimées dans la plupart des cancers. L'utilisation de molécules bloquant l'activité de ces désacétylases pourrait donc se révéler efficace en oncologie. L'équipe a ainsi développé une nouvelle molécule bloquant ces HDAC. L'efficacité de ce nouveau composé a été validée grâce à la réalisation de nombreux tests biologiques par une l'équipe du Centre de recherche en cancérologie Nantes-Angers.

Afin de minimiser les inconvénients dus à l'utilisation in vivo de cette molécule (toxicité,métabolisme, effets secondaires, manque de sélectivité pour les organes à traiter), les chercheurs ont associé à cette stratégie épigénétique des nanovecteurs thérapeutiques à base de polymères. Ces vecteurs, élaborés par le Laboratoire de chimie des polymères organiques de Bordeaux, sont capables d'acheminer sélectivement un agent actif à l'intérieure des cellules tumorales grâce à leur fort pouvoir de pénétration. Le résultat le plus marquant a été obtenu sur un modèle murin orthotopique de mésothéliome péritonéal avec une réduction de 80% de la croissance tumorale, alors que la molécule active ou le vecteurutilisé seuls ne donnent aucun effet. Ces travaux vont maintenant se poursuivre afin d'envisager un transfert vers la clinique.

Référence publication:
Fatima el Bahhaj, Iza Denis, Loic Pichavant, Régis Delatouche, Floraine Collette, Camille Linot, Daniel Pouliquen, Marc Grégoire, Valérie Héroguez, Christophe Blanquart & Philippe Bertrand
Histone Deacetylase Inhibitors Delivery using Nanoparticles with Intrinsic Passive Tumor Targeting Properties for Tumor Therapy
Theranostics 25 mars 2016 

Source : http://www.techno-science.net/

samedi 21 mai 2016

Amiante : 4 obligations de l'employeur à l'égard des salariés

Isolants, colles, peintures, couvertures, fours, l'amiante, pourtantinterdite en France en 1997, demeure encore présente autour de nous. Amiante en feuille, amiante-ciment ou fibrociment, amiante brute en vrac, nombreux sont les salariés qui travaillent encore au contact de cette matière dangereuse. Exposés pendant des années ou de manière courte mais répétée et ignorant, à l'époque, les dangers, pas étonnant que tant de maladies professionnelles liées à l'amiante se développent. En tant qu'employeur, vous devez protéger la santé et la sécurité de vos salariés. Plusieurs obligations vous incombent. Découvrez lesquelles…
Sommaire

Évaluer les risques professionnels liés à l'exposition à l'amiante

Vous devez, au regard de l'obligation de sécurité qui vous incombe, évaluer les risques encourus par vos salariés pour protéger leur santé et leur sécurité. Pour cela, vous devez ainsi être en mesure d'identifier toute activité susceptible de présenter un risque d'exposition à l'amiante (1) et de localiser les matériaux pouvant potentiellement contenir de l'amiante.
Pour évaluer le niveau du risque auquel ils sont exposés, il vous est nécessaire d'estimer le niveau d'empoussièrement correspondant à chacun des processus de travail (2) et de vous assurer qu'ils ne sont pas exposés au-delà de la valeur limite (3) fixée à 10 fibres par litre sur 8 heures de travail (4).
Les résultats des contrôles doivent être communiqués au médecin du travail et au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, aux délégués du personnel et tenus à la disposition de l'inspecteur du travail (5).
Vous devez retranscrire les résultats de cette évaluation des risques pour chaque processus dans le document unique d'évaluation des risques (DUER) (6).
Sécurité et prévention : comment rédiger le document unique d'évaluation des risques professionnels ?
Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER)

Informer et former les salariés sur les risques

Une notice de poste doit être établie pour chaque poste de travail ou situation de travail qui expose le salarié à des agents chimiques dangereux tels que l'amiante (7).
Elle informe les travailleurs des risques auxquels leur travail peut les exposer et des dispositions qui sont prises pour les éviter. Elle rappelle d'ailleurs les règles d'hygièneapplicables et les consignes relatives à l'emploi des équipements de protectioncollective et individuelle (8).
1.700 décès chaque annéeliés à l'amiante
Elle doit être transmise pour avis, au médecin du travail et communiquée au CHSCT, ou, à défaut, au DP.
Par ailleurs, vous devez dispenser une formation à vos salariés (9) qui doit porter sur (10) :
  • les produits et dispositifs susceptibles de contenir de l'amiante ;
  • les modalités de travail recommandées ;
  • le rôle et l'utilisation des équipements de protection collective et individuelle.

Organiser le travail en tenant compte des risques liés à l'amiante

Vous devez mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour réduire au niveau le plus bas techniquement possible, la durée et le niveau d'exposition, et garantir l'absence de pollution de l'environnement de travail (11).
Il vous revient aussi de déterminer la durée de chaque vacation, le nombre de vacations quotidiennes le temps nécessaire aux opérations d'habillage, de déshabillage et de décontamination des travailleurs et le temps de pause après chaque vacation (12).
En outre, vous devez mettre à disposition de vos salariés des équipements de protection individuelle et collective adaptés aux opérations et veiller au respect de la valeur limite d'exposition professionnelle (13) (14).
L'amiante pourrait tuer entre 68.000 et 100.000 personnes d'ici à 2050 en France, dont 50.000 à 75.000 des suites d'un cancer du poumon et 18.000 à 25.000 des suites d'un mésothéliome.
Estimations publiées en août 2014 par le Haut Conseil de la Santé Publique (15)

Le principal objectif que vous devez avoir à l'esprit est celui de lutter contre le développement de maladies professionnelles liées à l'amiante dans les années à venir telles que lescancers broncho-pulmonaires.

Mettre en place un suivi des salariés et une surveillance médicale spécialisée

Vous ne pouvez affecter l'un de vos salariés à des travaux l'exposant à des agents chimiques dangereux pour la santé tels que l'amiante que s'il a fait l'objet d'un examen médical préalable par le médecin du travail, à l'issue duquel une fiche médicale d'aptitude attestant qu'il ne présente pas de contre-indication médicale à ces travaux est établie (16).
Jusqu'à 9.000 EUR d'amendepour manquement aux règles de santé et de sécurité
Il vous incombe de mettre en place pour chaque salarié exposé, une fiche d'exposition à l'amiante (17) qui devra être remise au salarié lorsqu'il quitte l'entreprise.
Ne négligez pas les risques liés à l'amiante. Les conséquences pour vos salariés peuvent être dramatiques et vous vous exposez à des sanctionsmajorées en cas de récidive (18)
(1) Article R4412-94 du Code du travail 
(2) Article R4412-98 du Code du travail
(3) Article R4412-101 du Code du travail
(4) Article R4412-100 du Code du travail
(5) Article R4412-102 du Code du travail
(6) Article R4412-99 du Code du travail
(7) Article R4412-39 du Code du travail
(8) Article R4412-116 du Code du travail
(9) Article R4412-117 du Code du travail
(10) Article R4412-87 du Code du travail
(11) Article R4412-108 du Code du travail
(12) Article R4412-118 du Code du travail
(13) Article R4412-110 du Code du travail
(14) Article R4412-111 du Code du travail
(15) Repérage de l'amiante, mesures d'empoussièrement et révision du seuil de déclenchement des taux de retrait ou de confinement de matériaux contenant de l'amiante, Haut Conseil de la Santé Publique, publié en août 2014

(16) Article R4412-44 du Code du travail
(17) Article R4412-120 du Code du travail
(18) Article R4741-1 du Code du travail
Source : http://www.juritravail.com/

lundi 18 avril 2016

Amiante : espoirs de traitement pour le mésothéliome


Le mésothéliome est un cancer lié à l’amiante. Jusqu’à présent, le pronostic était très sombre. Mais de nouvelles stratégies thérapeutiques se profilent.
Même si elle est interdite depuis 1997, l’amiante continue à faire des ravages. 2 200 nouveaux cas de cancers du poumon, de la plèvre, du larynx ou des ovaires lui sont attribués chaque année en France.
Le mésothéliome serait responsable, pour sa part, de 600 à 800 décès par an. Ce cancer de la plèvre (l’enveloppe des poumons) est typiquement lié à l’amiante, un matériau longtemps utilisé dans l’isolation et la construction.
Etant donné que la maladie peut se déclarer 35 ans après l’exposition, les experts estiment que le nombre de malades devrait atteindre un pic en 2020.

Une espérance de vie plus longue

Aucun traitement ne permet, pour l’instant, de guérir d’un mésothéliome. Mais de nouvelles thérapeutiques allongent l’espérance de vie des patients de plusieurs mois.
Elles ont été présentées, le 15 mars 2016, lors d’un colloque organisé par l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) et un réseau national d’experts du mésothéliome (Mesoclin). De nouvelles molécules viennent en appui des chimiothérapies classiques : bévacizumab, nivolumab, ipilimumab… Des essais cliniques, en cours dans différents hôpitaux français, montrent des résultats encourageants.
Les chercheurs de l’université de Bradford (Royaume-Uni) ont une autre approche. Dans une étude publiée le 11 février dernier dans BMC cancer, ils expliquent les espoirs suscités par le HRX9, un médicament qui, administré à des souris pendant trois semaines, bloque la prolifération des cellules cancéreuses. Ce médicament cible la protéine HOXB4 dont les taux élevés sont liés à une moindre survie chez les patients souffrant de mésothéliome.

Source : http://www.santemagazine.fr/

L'amiante continue à tuer

Dix-neuf ans après son interdiction en France, l'amiante est encore à l'origine de plusieurs milliers de cancers chaque année. Ces maladies de sombre pronostic sont une épreuve pour les victimes et leurs familles et un défi pour les médecins et les chercheurs. Le 15 mars 2016, l'Andeva (Association nationale de défense des victimes de l'amiante) et Mesoclin (réseau expert tumeurs rares pour le mésothéliome pleural malin) organisaient un colloque pour faire le point.
L'utilisation de l'amiante a connu son apogée dans les années 1970 avec des importations de l'ordre de 180 000 tonnes. Elle était très largement employée dans les matériaux de construction, le ciment, les produits isolants, les revêtements de sols.
Si l'amiante est interdit en France depuis 1997, le risque d'exposition continue. Il est encore responsable d'un grand nombre de cancers bronchiques et de mésothéliomes, d'autant que la période de latence est de vingt-cinq à trente ans pour le mésothéliome et de trente-cinq ans pour les cancers bronchiques.
Pour le Pr Christophe Paris de l'Inserm : « Le pic d'incidence (la période ou le nombre de victimes sera maximal) devrait être atteint en 2020, il devrait ensuite connaître un plateau puis redescendre doucement. »
Les anciens ouvriers de régions comme le Nord et la Lorraine, ex-bastions sidérurgiques, sont plus exposés que d'autres ainsi que ceux de la construction navale, des métiers de la chaudronnerie et de la plomberie. Mais de nombreuses femmes ont été également contaminées par l'amiante, tout bêtement en lavant le bleu de travail de leurs maris.
Selon le Pr Paris, les données sur les victimes de l'amiante pourraient être nettement sous évaluées. Ainsi, on estime à 40 % le nombre des mésothéliomes non déclarés comme maladies professionnelles. De plus, 26 % des victimes qui auraient droit à une indemnisation ne la demandent pas, en particulier les femmes.
Un pronostic très sombre
Comme tous les cancers du poumon, les cancers bronchiques et les mésothéliomes sont des cancers très agressifs, rarement opérables, rebelles à la chimiothérapie, avec une médiane de survie de douze mois.
Le Pr Arnaud Scherpereel, responsable de la pneumologie et de l'oncologie thoracique au Chru de Lille veut pourtant apporter une note d'optimisme : « Les choses bougent : il ne s'agit pas d'un optimisme béat mais la prise en charge est aujourd'hui bien codifiée et nous avons à notre disposition de nouveaux traitements et stratégies thérapeutiques. »
Ainsi, un nouveau médicament, le Nivolumab, a doublé le taux de réponse de la chimiothérapie de 9 à 18 % et ceux pour lesquels le traitement prend peuvent gagner une espérance de vie de plusieurs mois.
Les regards se portent aussi vers les thérapies ciblées, une médecine plus personnalisée, et l'immunothérapie, stratégie qui vise non seulement à attaquer la tumeur mais surtout à stimuler le système immunitaire du malade afin de lui permettre de restaurer ses défenses affaiblies par la tumeur et ainsi de mieux lutter.
Enfin, autre piste intéressante, la thérapie cellulaire.  Par une prise de sang, les médecins recueillent les lymphocytes et les antigènes. Ceux-ci sont développés et éduqués en dehors du corps, puis réinjectés. Plus fort, plus résistants, ils permettent à l'organisme de mieux se défendre. Un essai aux Pays-Bas a prouvé son efficacité, avec des résultats impressionnants. Un essai devrait très prochainement démarrer à Lille.
Quant à la chirugie, qui obtenait jusqu'alors des résultats limités, elle se perfectionne avec des thérapies photo-dynamiques qui détruisent des cellules cancéreuses microscopiques et permettent de doubler l'espérance de vie.


Interdit depuis 1997, l'amiante tue toujours

Salariés et retraités qui y ont été exposés dans leur vie professionnelle, risquent de développer un cancer, même 30 ans après et l'amiante est toujours présent dans nombre de bâtiments.
100.000. C'est le nombre de victimes de l'amiante qu'on pourrait enregistrer en France dans les 20 prochaines années. Il s'agit de l'estimation faite par l'Andeva, l'association des victimes de l'amiante, qui réunissait mardi un colloque à Paris pour faire le point de la situation.


Car si l'amiante est interdit en France depuis 1997, il est toujours présent dans nombre de bâtiments, et nombre de salariés ou de retraités, qui y ont été exposés dans leur vie professionnelle, risquent de développer un cancer, même 30 ans après. Bref, on n'a pas fini de compter les morts et les associations de victimes appellent à ce que tous les bâtiments soient définitivement désamiantés.
Le combat d'une vie
Pour Eric Jonckheere c'est de celà qu'il s'agit. L’homme préside l'association des victimes en Belgique. Il a perdu quatre membres de sa famille à cause de l'amiante : son père, sa mère et deux de ses frères. Son père a longtemps travaillé pour une entreprise qui en fabriquait.
Eric Jonckheere

Depuis 19 ans, l'usage de l'amiante est interdit en France, mais les victimes continuent d'affluer. D'abord parce que la maladie peut se déclarer bien plus tard, ensuite parce qu'en France, l'amiante est toujours là. 20 millions de tonnes seraient encore disséminés un peu partout en France.
Alain Bobbio préside l'association de victimes en France


Un espérance de vie très brève dès que le cancer est diagnostiqué
Et quand la maladie est là, le cancer de la plèvre autrement appelé mésothéliome, il y a bien peu d'espoir.
Le Pr Arnaud Scherpereel est chef du service d'oncologie thoracique au CHU de Lille
  
Depuis peu, il semble établi que des prédispositions génétiques favoriseraient l'apparition d'un mésothéliome.
Source : http://www.franceinter.fr/

mercredi 9 septembre 2015

Un poumon artificiel portable développé par des chercheurs français



Des chercheurs français du Centre chirurgical Marie Lannelongue (Hauts-de-Seine) mettent au point un poumon artificiel portatif pour le moins révolutionnaire. Avec lui, le malade n’aura plus à subir de lourdes opérations chirurgicales. Le dispositif se porte au niveau du thorax et un tube, relié à une artère, se charge d’acheminer le sang oxygéné jusqu’au cœur. Les médecins tablent sur une mise en service dans les cinq ans.
Révolution à venir. Une équipe de chercheurs français du Centre chirurgical Marie Lannelongue (Hauts-de-Seine) confirme le développement d’un poumon artificiel portatif. La prouesse devrait voir le jour dans les cinq ans à venir.
Ce nouveau poumon pourrait bénéficier aux malades souffrant d’insuffisances respiratoires graves les empêchant de recevoir une greffe classique. Les patients trop âgés ou fragiles devraient eux-aussi voir leur vie soulager. Au moins 10.000 patients seraient concernés tous les ans en France.
Pas d’opération chirurgicale
Ce poumon nouvelle génération n'engendre pas d'opération chirurgicale. Il ne sera pas nécessaire non plus de retirer les poumons du demandeur pour le faire fonctionner. L’appareil, qui sera implanté à l'extérieur du corps du patient, comprendra un oxygénateur qui se chargera de transférer l’O2 en traitant le C02. Le but ? Acheminer au cœur du sang gorgé en oxygène, comme le ferait un poumon.
Le défi à relever pour les chercheurs : le développement d'une batterie fiable et suffisamment légère pour pouvoir être transportée.
Sur Europe 1, le docteur Olaf Mercier, qui dirige ce projet, affirme que « la canule est la seule chose qui va rester à l’intérieur du corps. Elle va aller jusque dans le cœur au niveau de la partie droite, pour prendre les sang sans oxygène, et au niveau de la partie gauche, pour redonner du sang à l’oxygène ».
"Faire sortir les malades de réanimation"
Bien entendu, la médecine s'attelle depuis longtemps à mettre au point différents mécanismes pour assister les poumons des patients qui le nécéssitent. Cependant, rien de comparable à cette nouvelle invention puisque, actuellement, les malades sont contraints de rester allongé, l'équipement nécéssitant une prise électrique pour fonctionner : "Les patients restent allongés sans bouger en service de réanimation, confirme le Dr. Olaf Mercier. Le but de ce poumon artificiel est d'être portatif et le plus autonome possible en terme d'énergie pour pouvoir faire sortir les malades de réanimation, voire de l'hôpital".

dimanche 10 août 2014

Amiante : quels effets sur la santé ?

Un cancer 20 à 40 ans après

SANTÉ. Invisibles dans l’air, les poussières d’amiante se déposent dans les poumons mais les effets ne sont pas immédiats. Il faut attendre plusieurs années pour qu’une personne exposée contracte une asbestose (une fibrose pulmonaire due à une exposition forte à l’amiante). De vingt à quarante ans pour que se développent des cancers.
TRAJET. Les fibres d'amiante vont se déposer sur les cellules endothéliales au fond des alvéoles pulmonaires. Or, c'est par là que s'effectue la respiration. Le tissu pulmonaire s'épaissit, la respiration devient difficile et douloureuse. Les cas les plus graves de cette insuffisance respiratoire peuvent être mortels.
CANCER. Le cancer broncho-pulmonaire est dû à un dysfonctionnement des macrophages, ces cellules participant au système immunitaire chargées de supprimer les particules étrangères à un organisme. Les macrophages vont attraper les fibres d'amiante qui gênent les alvéoles pulmonaires. Mais ils ne vont pas réussir à s'en débarrasser et vont se retrouver à leur tour encombrés.

Un dérèglement général

MACROPHAGES. Les fibres endommagent alors le génome des macrophages ; ceux-ci ne peuvent plus communiquer correctement avec le reste du réseau cellulaire. D'où un dérèglement général. Avec des macrophages incapables de lutter contre une multiplication des cellules, l'organisme va développer un cancer, une vingtaine d'années après l'exposition aux poussières d'amiante.
Mais il arrive aussi que les dépôts d'amiante traversent les alvéoles et se fixent sur les cellules de la plèvre, la membrane autour des poumons. Ils endommagent alors de la même manière le système cellulaire. De là un mésothéliome pleural (une tumeur maligne), conduisant à un cancer de la plèvre. Cette affection est spécifiquement due à l’amiante. Elle survient une trentaine d’années après l’exposition et laisse d’un an à une quinzaine de mois d’espérance de vie.

lundi 20 avril 2009

Amiante: cancers du larynx et des ovaires reconnus

Le Centre international de recherches sur le cancer (Circ) a reconnu deux nouveaux cancers –celui du larynx et des ovaires- comme pouvant être induits par une exposition aux fibres d’amiante, à l’occasion d’une réunion d’experts internationaux le 24 mars dernier.Au regard des données scientifiques disponibles, les experts ont conclu à «l’évidence suffisante» du lien entre l’exposition à l’amiante et ces deux cancers. «Ces résultats seront publiés dans la revue scientifique Lancet Oncology, le 1er mai prochain», indique Kurt Straif du département d’identification et d’évaluation des carcinogènes au Circ. La mise à jour officielle de la monographie sur l’amiante, dont la version antérieure datait de 1987, aura lieu dans un an. A l’heure actuelle, seuls les cancers de la plèvre (mésothéliomes) et du poumon ainsi que les fibroses de la plèvre et du poumon, sont reconnues comme maladies professionnelles dues à l’amiante en France. Le cancer du larynx est déjà reconnu dans d’autres pays (Allemagne, Belgique, Pays-Bas). «Ce résultat est très intéressant car il confirme que les fibres d’amiante ne passent pas seulement par la voie respiratoire mais également par la voie digestive et qu’elles peuvent se fixer sur différents organes via la circulation sanguine», souligne Alain Bobbio, secrétaire général de l’Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). «C’est une très bonne nouvelle qui devrait favoriser l’inscription de ces nouveaux cancers sur le tableau des maladies professionnelles», ajoute-t-il. Toutefois celle-ci dépendra d’un accord entre partenaires sociaux et d’une volonté politique, souligne Marcel Goldberg, épidémiologiste à l’Inserm. Une prise en compte de ces résultats dans les démarches de dépistage et de prévention pourrait en revanche avoir lieu plus rapidement. «Les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sur le suivi des personnes exposées à l’amiante actuellement en cours de révision pourraient intégrer ces nouvelles données», estime-t-il.Le rôle de l’amiante dans le développement du cancer colorectal serait également fortement suspecté, bien que le niveau de preuve n’ait pas été jugé suffisant par le Circ. En France, l'amiante serait à l'origine de 10 % à 20 % des cancers du poumon et devrait être responsable, selon les projections épidémiologiques, de 100 000 morts d'ici à 2025.

lundi 28 janvier 2008

Transplantation: des chercheurs ont créé un coeur de rat en laboratoire

Des chercheurs ont réussi à créer en laboratoire un coeur battant de rat, à partir d'un organe d'un animal mort et de cellules cardiaques néonatales de rat, ouvrant la voie à de possibles avancées dans le domaine de la transplantation, selon une étude à paraître dimanche dans Nature Medicine.
Actuellement, 3.000 patients sont en attente d'une transplantation cardiaque aux Etats-Unis et 22 millions de personnes à travers le monde vivent avec une insuffisance cardiaque.
"L'idée serait de développer des vaisseaux sanguins ou des organes transplantables et fabriqués à partir des propres cellules d'un individu", explique Doris Taylor (Université du Minnesota, Minneapolis, Etats-Unis), une des responsables de ces travaux.
Cette perspective pourrait apporter un élément de réponse au problème crucial de la pénurie d'organes, expliquent les chercheurs.
S'il était mis au point chez l'homme, le "coeur bioartificiel" pourrait augmenter le nombre de coeurs disponibles pour une transplantation en allongeant la durée d'utilisation de l'organe après le décès du donneur (aujourd'hui de 4 heures au maximum).
Les travaux des chercheurs de l'Université du Minnesota ont pour le moment porté sur des rats et des cochons. Ils ont réussi à obtenir, en laboratoire (pas chez un animal vivant) un coeur battant de rat, en utilisant le coeur d'un animal mort comme "structure".
Pour ce faire, ils ont éliminé la totalité des cellules de cet organe, grâce au procédé dit de "décellularisation", ne laissant que "la matrice extracellulaire", l'échafaudage sur lequel reposent les cellules. Ils ont ensuite injecté dans cette matrice des "cellules progénitrices" issues de coeurs de rats nouveaux-nés et ont placé cette structure dans une préparation stérile.
Quatre jours après, des contractions étaient observées et huit jours après, le coeur avait une fonction de pompe équivalant à environ 2% de la fonction d'un coeur adulte. Des résultats prometteurs, selon les chercheurs, pour une expérience de faisabilité du principe et qui doivent maintenant être améliorés.
"Quand nous avons vu les premières contractions, nous sommes restés sans voix", a commenté Harald C. Ott.
"C'est un des deux grands moments de ma vie, a confié à l'AFP Doris Taylor. Le premier était en 1997 quand j'ai vu des cellules se développer dans un coeur de lapin après un infarctus".
Les chercheurs veulent maintenant optimiser leurs travaux, avec l'objectif de transplanter ces coeurs bioartificiels afin d'explorer leur fonctionnalité "in vivo".
Ils ont bon espoir que cette avancée pourra avoir des développements dans la chirurgie de transplantation, pour le coeur, mais aussi d'autres organes. Un coeur bioartificiel créé à partir des cellules du receveur devrait avoir moins de risques de rejet. Une fois en place, il devrait, en théorie, être nourri, régulé et régénéré de la même façon que l'organe d'origine.
L'espoir renaît pour les greffes de poumons, particulièrement décevantes jusqu'à présent.