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vendredi 27 novembre 2009

Amiante, l’affaire de l’usine Isautier n’a pas suffi


L’usine sucrière de Beaufond est en train d’être complètement démolie, cette épave industrielle, abandonnée en 1996 par son propriétaire, le groupe Quartier Français a fait l’objet d’une première opération de démontage dans les années 2000 qui a conduit à la vente des équipements techniques utilisables et à l’abandon sur le site de tout le reste. Comme toutes les usines sucrières, celle-ci était remplie d’amiante, en particulier pour l’isolation des circuits de vapeur. Aucune opération de désamiantage n’a eu lieu. Actuellement de grandes quantités d’amiante sont répandues sur le site suite au démontage des canalisations. La démolition se faisant au brise roche, ces fibres d’amiante se dispersent dans l’air avec les poussières de béton et polluent certainement les quartiers d’habitation voisins, les salariés de l’entreprise de démolition travaillent, eux, sans aucune protection particulière, les déblais de ferrailles contaminées sont embarqués dans des containers pour être exportés et aller contaminer sans doute des ouvriers dans un pays peu regardant de ce risque. Les ouvriers travaillant sur la plateforme de réception de cannes et les agriculteurs attendant leur tour sont certainement, eux aussi, exposés à ces poussières d’amiante. Les déblais de démolition de béton, stockés sur le site, sont remplis de paquets de fibre d’amiante. Où seront stockés ces déblais ? Des canalisations isolées à l’amiante sont encore en place et visibles sur le site avec les fibres apparentes. Alors que l’on fait un cinéma pour quelques mètres carrés de dalles de revêtement de sol contenant de l’amiante liée dans une école, on laisse un industriel polluer entièrement un quartier avec de l’amiante friable sans se préoccuper de la dépollution. Une usine comme Beaufond (mais aussi les autres usines sucrières abandonnées) contenait certainement plus d’amiante que le porte-avions à qui l’on a fait faire l’aller-retour Inde-France aux frais du contribuable. Les autorités qui ont délivré le permis de démolir ne le savaient pas ? Non seulement l’arrêt de Beaufond en 1996 a contribué à la paupérisation de la ville de Saint-Benoît, mais maintenant son propriétaire se permet de polluer le site et d’exposer ses habitants à un risque absolument inacceptable.

lundi 2 février 2009

Usine de vetiver : des contrôles de l’air pendant le désamiantage

L’office régional de l’air s’apprête à réaliser un état des lieux de la pollution à l’amiante sur le site de l’ancienne usine de vetiver de Petite-Ile avant le début du chantier de démolition. La commune a également obtenu de la Région que des analyses d’air soient effectuées tout au long des travaux.
Les travaux de désamiantage de l’ancienne usine de vetiver de Manapany-les-Hauts à Petite-Ile ne commenceront pas avant qu’un premier état des lieux ne soit dressé sur la qualité de l’air autour du site. Réunis hier sur place, la municipalité, la Région, la Drire et l’Office régional de l’air (ORA) ont effet discuté des modalités du chantier de démolition de l’usine qui inquiète les habitants compte tenu de la présence d’amiante friable sur le site. C’est justement pour rassurer les riverains du site que la municipalité a exigé la présence de l’ORA sur le site afin que des analyses d’air soient effectuées, notamment à proximité de l’école où sera installée la station de contrôle.
POINT ZÉRO
Il s’agira de la même qui avait été utilisée il y a un an de cela au Tremblet suite à l’éruption du Piton de la Fournaise. “Notre mission consistera à mesurer la qualité de l’air que la population respire quotidiennement à l’extérieur de l’usine, explique Bruno Siéja, directeur de l’ORA. L’objectif est d’établir un point zéro, c’est-à-dire un diagnostic initial avant le lancement de l’opération de désamiantage”. Les données ainsi recueillies seront ensuite envoyées en métropole pour expertise avant d’être rendues publique. Ce contrôle de l’air est une des conditions posées par la municipalité à la Région, propriétaire du site et maître d’œuvre du chantier pour continuer les travaux. Le conseil général qui qualifie lui-même de “verrue” cette friche industrielle avait décidé de la raser après les expertises obligatoires qui avaient révélé en 2005 la présence d’amiante dans certaines parties des bâtiments. Par souci de “transparence” et afin de “tranquilliser” la population, la Région qui débourse déjà 600 000 euros pour l’ensemble des travaux a accepté de financer les études menées par l’ORA. Elles devraient d’ailleurs se maintenir tout au long du chantier de désamiantage, ce qui constituerait une première en France. “Nous n’avons pas trouvé traces d’amiante volatil, la plus dangereuse, dans l’usine mais au fur et à mesure que nous allons progresser dans le chantier, nous ne savons pas ce que nous allons trouver c’est pourquoi nous nous engageons à tenir régulièrement informées la municipalité, mais aussi la population, des avancées des travaux”, souligne Hervé Lemahieu de la direction du patrimoine du conseil général
Source : http://www.clicanoo.com
La Réunion

dimanche 28 octobre 2007

ILE DE LA REUNION “On n’imaginait pas que cela pouvait être de l’amiante”


Au cœur de la tourmente depuis la découverte d’amiante sur le chantier du musée Saga du rhum à Saint-Pierre, les responsables de l’entreprise Rieffel réfutent les accusations portées contre eux et communiquent les résultats négatifs d’une première analyse de l’air effectuée sur le chantier.

A aucun moment on ne nous a dit, attention il risque d’y avoir de l’amiante”, assure Fernand Rieffel, dont l’entreprise est dans le collimateur des services de l’Etat depuis la découverte d’amiante sur le chantier qu’elle mène sur l’ancienne distillerie Isautier à Bois d’Olives. Un chantier où ses ouvriers devaient se contenter d’aménager les locaux qui doivent accueillir le futur musée Saga du rhum. “Nous ne sommes pas des pollueurs et jamais nous n’avons envoyé notre personnel au casse-pipe”, clame le chef d’entreprise. Il ne nie pas la présence d’amiante sur le chantier, mais assure qu’elle a été découverte fortuitement en démolissant une partie de l’ancien four où se trouvait la chaudière à bagasse. Des travaux qui n’étaient pas prévus à l’origine dans le marché qui lui avait été confié et qui ont été réalisés mi-août à la demande du représentant du maître d’ouvrage. Idem pour le retrait du flocage, début septembre, qui recouvrait la partie supérieure de la cuve métallique de la chaudière. “On n’imaginait pas que cela pouvait être de l’amiante”, assure Frédéric Andres, le conducteur des travaux sur le chantier. Il n’était pas le seul dans l’ignorance car personne au cours des réunions hebdomadaires de chantier ne s’est inquiété de cette cuve que la société Isautier voulait certainement restaurer pour l’adjoindre à son musée du rhum.
GRÈVE
Elle est restée soit dit en passant trois semaines durant posée simplement au sol, sans la moindre protection. Et pour cause, en l’absence de dossier technique amiante (DTA), qui aurait dû être réalisé par le propriétaire des lieux, la présence de ces fibres dangereuses est restée inconnue. “La première fois que le mot amiante a été prononcé, c’est le 11 septembre, le lendemain du début de la grève”, certifie le conducteur des travaux, “quand un groupe de grévistes est venu sur le chantier et que l’un d’eux a accusé l’entreprise d’avoir fait travailler les gars en présence d’amiante, il a alors dit avoir pris un échantillon et l’avoir fait analyser en le confiant à un médecin”. Aussitôt l’entreprise Rieffel demande une expertise dont les conclusions tombent le 18 septembre. Elles confirment la présence d’amiante Amosite dans le flocage de la cuve et d’amiante Chrysotile dans un conduit d’évacuation d’eau pluviale en Fibrociment. Il faut dire qu’au cours du nettoyage de la cuve, des morceaux entiers de flocage sont tombés au sol et y sont restés. “Ce qui me gêne un peu c’est que le 1er octobre, quand on fait le tour du chantier avec le représentant de la SIB, personne ne constate de traces d’amiante sous le pied de bois où ont été enterrés les sacs”, remarque Franck Rieffel, “comment les fibres sont-elles arrivées là ensuite ?”Nous n’avons jamais cherché à cacher la présence d’amiante”, poursuit le directeur de l’entreprise qui s’inquiète également du silence de l’ouvrier qui a le premier fait analyser les fibres entourant la cuve : “Pourquoi ne nous a-t-il rien dit et a attendu la grève pour le faire ? Pendant tout ce temps, ses collègues ont travaillé à côté, le médecin à qui il a confié l’échantillon ne nous a pas alertés non plus, c’est inadmissible.”
Source : http://www.clicanoo.com/

jeudi 25 octobre 2007

LA REUNION Les marmailles n’auraient pas respiré l’amiante


Le chantier de la crèche Isautier, à Saint-Pierre entre 2003 et 2005, a bien été fait dans les règles. La présence d’amiante était connue dès le début des travaux et toutes les précautions pour protéger les enfants auraient été prises selon la direction de l’établissement. Mais de nombreuses irrégularités ont entaché le déroulement du chantier.

Les enfants inscrits à la crèche François Isautier, de 2003 à 2005, ont-ils respiré de l’amiante ? C’est la première question qui vient à l’esprit suite aux déclarations de plusieurs salariés de l’entreprise Rieffel, qui, depuis vendredi, alimentent les chroniques de la presse avec les révélations faites sur un autre chantier amianté, celui du musée du Rhum à Bois d’Olives. La rénovation de la crèche a effectivement nécessité la manipulation d’amiante. Avant même le début du chantier, un rapport de repérage d’amiante notait la présence de “chrysotile” dans les dalflex. Il s’agit de la forme la moins dangereuse d’amiante qui ne nécessite pas l’intervention d’une société agréée. Rieffel était donc habilité à mener ces travaux.
“ON NOUS DISAIT D’ALLER VITE”
“Nous avons pris toutes les précautions pour que les enfants ne soient pas exposés, assure la directrice de la crèche Marie-Rose Hoarau, arrivée à ce poste en 2004. Nous faisions attention que toutes les ouvertures soient protégées par du film plastique afin d’éviter les poussières. Les marmailles allaient toujours à un étage différent des travaux”. Plusieurs d’entre eux étaient même exceptionnellement scolarisés à la crèche du Front de Mer afin d’éviter une surpopulation dans le bâtiment. Au total, une centaine d’enfants fréquentaient quotidiennement l’établissement. Reste que les ouvriers du chantier affirment que les protections étaient minimales. “Le poliane était vulgairement mis aux fenêtres, assure l’un d’eux, et les salles n’étaient jamais arrosées pour éviter la dispersion du produit. Nous, on ne savait rien. On se disait que ça suffisait”. L’amiante du dalflex est sans danger à l’état inerte. Il l’est beaucoup moins s’il devient volatil. Tout dépend de la façon dont il est manipulé. Or, les ouvriers de Rieffel assurent que les méthodes utilisées étaient inadéquates. “On travaillait avec des spatules pour enlever le sol, morceau par morceau, continue un employé de Rieffel. À la fin du chantier, on nous disait de faire vite. C’est ce qu’on a fait. Un étage a bien été calfeutré. Mais pas les autres”. Reste que la direction réaffirme sa vigilance “sur tout ce qui pouvaait gêner la prise en charge des enfants”, mais prévient : “Si les gens qui sont intervenus n’ont pas tout fait dans les règles, ce n’est pas à l’association de répondre”.

LA REUNION La saga de l’amiante et des responsabilités

L’affaire de l’amiante sur un chantier de démolition (Saga du rhum) dans le Sud et à laquelle des travailleurs auraient pu être exposés, pose de graves problèmes de responsabilité en termes de protection de la santé des travailleurs et de protection, de façon plus générale, de la santé de la population toute entière.
Dans un communiqué, la Préfecture a tenté de reconstituer la chaîne des opérations et celle des responsabilités. Un souci louable, mais qui est loin d’avoir convaincu. Car cette affaire d’amiante - et il y a des fortes chances qu’elle ne reste pas orpheline - a soulevé une grande émotion dans la population. La Presse parle déjà de la possibilité d’un autre « chantier amianté ». Sur une île où, compte tenu des retards accumulés d’équipements et de la perspective du million d’habitants, les besoins de construction et/ou de démolition sont de plus en plus croissants, il est clair que l’on ne pourra pas aller vers un développement concerté qu’à une seule condition : que tous les acteurs, quel que soit leur rôle, assument leurs responsabilités, là où ils sont et au niveau où ils interviennent.
Ce principe élémentaire de précaution (que certains socialistes aimeraient bien voir disparaître) nous amène à avoir toujours en tête les conséquences de nos actions. C’est là un problème majeur de santé publique. C’est une donnée incontournable et qui s’impose à tous. Sont en jeu non seulement l’avenir de la population réunionnaise et de sa santé mais, aussi, le respect des générations qui viendront après nous.