lundi 25 avril 2016

Amiante dans les collèges ardennais : un agent de maintenance dénonce d’insuffisantes mesures de protection

Un délégué du personnel du collègue Rouget-de-LIsle de Charleville-Mézières pointe le manque d’information, l’absence de formation du personnel susceptible d’intervenir sur des installations amiantées. Il craint même d’avoir été exposé à des poussières d’amiante lors d’un chantier en octobre 2015.
Voilà 9 ans que Tony Plantegenet perce des murs, gratte la peinture, et réalise divers travaux au collège Rouget de Lisle de Charleville-Mézières. L’agent de maintenance explique n’avoir jamais reçu de consignes particulières, n’avoirjamais été formé à la prise en compte de ce risque. Ce n’est qu’en octobre dernier qu’il dit avoir appris la présence d’amiante dans l’établissement.
« Le diagnostic réalisé avant le changement de la chaudière a révélé la présence d’amiante dans les joints de l’ancien appareil», raconte l’agent de maintenance. « Lorsque l’entreprise est intervenue, aucune signalétique avertissant d’un éventuel danger n’était apposée ».
Tony Plantegenet craint même d’avoir été exposé à des poussières d’amiante. « Je suis passé dans le couloir quand les ouvriers étaient en train de disquer. J’ai senti une odeur de fumée, je suis rentré dans la pièce pour aérer et je suis sorti. Il y avait un gros nuage de poussières ».
Je n’aurais peut-être pas dû rentrer mais encore aurait-il fallu qu’on me le dise », s'interroge Tony Plantegenet, agent technique et délégué du personnel
Le délégué du personnel évoque aussi le cas des agents d’entretien qui lave les sols dallés d’amiante sans recevoir de consignes ou de formation spécifique. « On nous explique que ce n’est pas dangereux car il ne s’agit pas d’amiante friable. Je n’en suis pas si sûr car les sols ont quarante ans et sont dégradés », souligne Tony Plantegenet.

Le risque est bien connu

Au conseil départemental, qui gère les bâtiments des collèges ardennais, on assure prendre la question très au sérieux. «Des diagnostics amiante sont réalisés avant chaque intervention. C’est aux entreprises de prendre ensuite les dispositions nécessaires », explique Stéphane André, directeur de l’action éducative au Conseil départemental des Ardennes.
Pour l’enlèvement de la chaudière du collège Rouget-de-Lisle, la société qui est intervenue en octobre souligne que les ouvriers n’ont pas touché aux parties amiantées. « Très souvent, nous n’avons pas affaire à de l’amiante en poudre, celle qui est la plus dangereuse. Pour que l’on signale la présence d’amiante sur place, il faut vraiment qu’il y ait un risque d’inhalation », ajoute Stéphane André.
Le conseil départemental est en train de mettre à jour les dossiers techniques amiante pour ses 200 bâtiments parmi lesquels les collèges, des documents obligatoires qui n’avaient pas été révisés depuis leur création en 2005. Une session de formation à destination des agents susceptibles d’intervenir sur des matériaux amiantés est également en préparation.
Au collège Rouget-de-Lisle, l’ancienne chaudière est toujours sur place, en attendant d’être enlevée par une entreprise spécialisée. Le principal du collège a fait boucler le local et fait poser un panneau d’avertissement. Tony Plantegenet ne sait toujours pas s’il peut rentrer dans le local. De nouvelles mesures d’empoussièrement doivent être effectuées.
Source : https://www.francebleu.fr

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