Depuis 2007, la CFDT demande le classement en site amiante des aciéries isberguoises. Malgré le rejet du conseil d’État, en 2015, le syndicat poursuit le combat. Il vient de relancer les ministres de la Justice et du Travail.
Décision de justice ou pas, la CFDT n’a pas dit son dernier mot. Et compte bien faire reconnaître les aciéries isberguoises site amianté. Afin que les victimes puissent obtenir réparation. Le cas échéant, les syndicalistes pourront enfin refermer un dossier ouvert en juillet… 2007.
Mais pour l’instant, il s’agit de trouver une parade à la décision du conseil d’État, qui a rejeté le pourvoi en cassation, en février 2015, après des années de procédures juridiques. Ainsi, le syndicat a interpellé les ministères du Travail et de la Justice en mars. Qui ont fait suivre à leurs services, sans donner suite. « On a laissé passer les vacances, et on les a relancés, via nos députés », explique Christian Everaere, responsable des retraités CFDT d’Isbergues. Depuis, silence radio.
« En interne, beaucoup de personnes ont été déçues par ce gouvernement de gauche, rapporte Claude Benoit, secrétaire de la section CFDT de Tyssenkrupp Ugo. Pourtant, il était bien content d’avoir la CFDT, au moment de la loi Travail ! »
Même son de cloche chez Christian Everaere, pour qui ce silence « est scandaleux de la part d’un gouvernement qui se dit de gauche. On ne va pas en rester là ». D’où la lettre ouverte envoyée au début du mois à Myriam El Khomri et Jean-Jacques Urvoas. Le syndicat déplore l’absence de réponse, pris comme un « mépris de la situation des victimes de l’amiante du site industriel d’Isbergues ».
bientôt une nouvelle action contre l’État ?
La CFDT entend également saisir la commission des affaires sociales du Sénat, et pourquoi pas, la cour de justice européenne. Mais avant ça, une action contre l’État pourrait être engagée par les victimes de l’amiante, avec l’appui du syndicat, devant le tribunal administratif. Il s’agirait de faire reconnaître la faute administrative de l’État, due à la lenteur de ses prises de décisions. « Pour nous, le dossier n’est pas terminé, assène Christian Everaere, qui accuse l’État d’avoir joué la montre.
En attendant, selon les syndicalistes, une centaine de dossiers de demande de reconnaissance en victimes de l’amiante est instruite par la CFDT. « De nouvelles victimes se sont présentées à notre permanence, après les vacances », se désole le responsable syndical, qui conclut ainsi : « On reprend depuis le début. » Leur combat, mené depuis presque dix ans, semble loin d’être terminé.
Source : http://www.lavoixdunord.fr/
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