« Le procès pénal de l’amiante en France est en panne. » Alors, pour tenter de débloquer la machine judiciaire, Pierre Pluta a frappé un grand coup : « Nous avons décidé de quitter l’ANDEVA pour retrouver notre liberté d’action ». La phrase porte d’autant plus que le Dunkerquois a présidé de 2011 à 2016 l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (environ 28 000 adhérents).
« Nous n’avons pas les mêmes objectifs » : depuis trois ans, il existait, selon lui, une divergence au sommet de l’ANDEVA au sujet de la tenue d’un procès correctionnel. Lui l’exigeait alors que d’autres auraient fait preuve « d’immobilisme ». Pourquoi ? « Pour ne pas mettre en cause les personnes qui siégeaient au Comité permanent amiante », nous expliquait-il dimanche, après la cérémonie à la stèle en mémoire des victimes. Une attitude insupportable pour l’ancien ajusteur mécanicien aux chantiers navals. Il n’a donc pas souhaité renouveler son mandat à la tête de l’ANDEVA.
« Nous envisageons la reprise des actions locales »
Il reste néanmoins président de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante, qu’il a fondée en 1996 (environ 2 500 adhérents aujourd’hui). Cette association, tout comme le Comité anti-amiante Jussieu (1), vont continuer de porter la parole des victimes et des familles pour que soient jugés, à tous les niveaux, ceux qu’ils appellent « les empoisonneurs ».
« Nous avons choisi un avocat pénaliste parmi les plus compétents pour avoir les meilleures chances de réussir », assurait Pierre Pluta. Son nom ? « Vous le saurez dans une ou deux semaines. »
« Nous envisageons la reprise des actions locales », annonçait-il aussi. Sur le modèle des marches des veuves autour du palais du justice il y a douze ans ? Là encore, on devrait bientôt en savoir plus.
(1) Du nom du campus de Jussieu Paris Ve dont les bâtiments contiennent de l’amiante.
Le Comité permanent amiante, bête noire des victimes
Le Comité permanent amiante a fonctionné de 1982 à 1995, à Paris. Ce groupe informel, sans pouvoir officiel, « va de fait diriger la politique sanitaire française pour l’amiante » (source Wikipédia). Il se composait de scientifiques (toxicologues), d’industriels (Éternit, Ferrodo, Valéo...), de hauts fonctionnaires (Santé, Travail, Environnement...), d’organismes publics (Sécurité sociale...), de syndicalistes (CFDT, CGT...).
Les victimes accusent le CPA d’avoir tout fait pour retarder l’interdiction de l’amiante en France, intervenue le 1er janvier 1997.
Source : http://www.lavoixdunord.fr/

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