lundi 21 juin 2010

Le risque amiante enfin pris en compte


Le gouvernement a mis sur les rails un texte qui assure la protection des travailleursqui interviennent sur des zones amiantifères.
Même si la menace est quasiment invisible, le risque est connu depuis des lustres. L’amiante naturellement contenu dans la roche, notamment sur les sites miniers, peut devenir aussi léger que l’air lorsque ses fibres microscopiques sont rendues volatiles par les travaux. Inhalé ou avalé, l’amiante est considéré comme cancérogène et peut notamment provoquer des cancers de la plèvre. Sur ce point, les associations (Adeva-nc association de défense des victimes de l’amiante, ou bien encore l’UFC-Que choisir) ont alerté les autorités depuis des années. D’autant que la maladie peut survenir de dix à quarante ans après avoir été exposé à ces poussières.Hier, une étape supplémentaire a été franchie dans la reconnaissance de cette dangerosité. Le gouvernement vient d’adopter un projet de délibération qui porte sur « la protection des travailleurs contre les poussières issues de terrains amiantifères ». Le texte fixe un certain nombre d’obligations pour le maître d’ouvrage ou l’employeur, amené à intervenir sur des terrains considérés à risques (Nouméa et les Loyauté en étant exclus) pour effectuer de la construction de bâtiments, de travaux publics ou de l’extraction minière.

Il devra d’abord s’assurer que la zone ne présente aucun risque, en faisant effectuer une étude géologique. C’est également l’employeur qui sera chargé d’évaluer les risques et, le cas échéant, de mettre en place toutes les mesures de prévention pour les intervenants. Autant d’éléments qui devront être transmis à la médecine du travail.« La rédaction de ce texte est intervenue après deux ans de concertation entre les différents acteurs du dossier (industriels et syndicats), a précisé hier Philippe Dunoyer, le porte-parole du gouvernement. Certains industriels réalisent d’ailleurs déjà un certain nombre des préconisations contenues dans le texte. »Du côté de l’Adeva, on se félicite bien évidemment d’une telle avancée, en regrettant néanmoins une chose : « Nous connaissons parfaitement le dossier, mais nous n’avons malheureusement pas été associés à ce travail préparatoire, alors que les syndicats, qui étaient sollicités, eux, sont venus vers nous… »

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