lundi 22 octobre 2007

NOUVELLE CALEDONIE Suspicion d’amiante dans un bâtiment insalubre


Depuis quelques semaines, le propriétaire du 44, rue Albert-Ier a décidé de raser lui-même l’un des sept bâtiments du site. Le toit, déjà à moitié détruit, est susceptible de contenir de l’amiante.
Ce week-end encore, les restants du toit potentiellement dangereux gisaient un peu partout autour de l’immeuble. C’est comme cela depuis quelques semaines. Depuis que la famille Taofifenua, propriétaire des lieux, a décidé de procéder elle-même à la démolition de l’un des bâtiments. L’un des trois immeubles du site que la mairie a justement classé insalubre en juillet dernier et qui fait l’objet d’un arrêté de destruction ou de réhabilitation datant du 4 septembre. L’initiative de démolition pourrait donc sembler justifiée. Si ce n’est que le toit, déjà en partie démoli, est susceptible de contenir de l’amiante. Cette fameuse fibre contenue dans le fibrociment et connue pour être cancérogène.

Il reste des habitants dans l’immeuble

C’est l’association de défense des victimes de l’amiante (Adeva-nc) qui a alerté jeudi soir la mairie, sur les risques potentiels. « Pour nous, il n’y a aucun doute sur la présence d’amiante à cet endroit. Ce fibrociment est bien connu ici. Il n’y a pas de risque lorsque les plaques sont intactes, mais ça devient dangereux lorsqu’elles sont cassées. Et là, les morceaux sont dispersés un peu partout autour », explique Alain Fabre, le président.La municipalité a alors procédé, vendredi matin, à un prélèvement. L’échantillon a été envoyé à un laboratoire métropolitain chargé d’évaluer si « les fibres sont dangereuses pour les gens qui ont procédé à la destruction et pour l’entourage. Mais il faudra plusieurs jours pour obtenir les résultats », précise Géry Tran Ap, le directeur général des services techniques.Suivant le principe de précaution, la commune a déjà pris un arrêté interdisant l’accès au site par les travailleurs et les administrés. Des barrières et des panneaux devraient êtres installés dans les prochains jours.Seulement le bâtiment censé être « vide d’habitants », pour la mairie, héberge encore une famille inscrite depuis des années sur la longue liste des demandeurs de logements sociaux. Et à quelques mètres de l’immeuble délabré, une soixantaine de personnes, en situation tout aussi précaire, louent leur appartement au même propriétaire.

Entre vide juridique et principe de précaution

Actuellement, il n’y a aucune réglementation en matière d’amiante en Nouvelle-Calédonie. « Dans ce cas, il est d’usage de se référer au code de santé publique français au titre du principe de précaution », explique André Fabre, président de l’Association de défense des victimes de l’amiante.Le respect de ce code implique d’abord un repérage du bâtiment à détruire par une entreprise certifiée. Si la présence d’amiante est avérée, seule une société de désamiantage est autorisée à procéder à la démolition. Il y a en a deux en Calédonie. En l’absence de loi, aucun propriétaire n’est contraint à respecter cette démarche. Le gouvernement travaille actuellement à faire adopter un texte relatif à cette question.

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