Depuis l'enquête épidémiologique pratiquée chez Ferrodo, l'on connait la relation de cause à effet entre le cancer du colon et l'amiante.
Le cancer du côlon est le premier par sa fréquence.
De sa détection précoce dépend un meilleur pronostic. Ainsi, prévoit-on aujourd’hui un dépistage de masse. Sa prévention est basée sur des conseils d’hygiène de vie et de diététique. Parmi ces recommandations, le rôle des fibres apparaît aujourd’hui de plus en plus controversé.
Il est accepté depuis bien longtemps qu’une alimentation riche en fibres est "une bonne chose" qui protège du cancer du côlon. Cette hypothèse remonte au début des années 1970. En 19691, un chirurgien missionnaire Denis Burkitt constate que les Africains ruraux présentent beaucoup moins de cancer du côlon que les occidentaux. Mais depuis cette date, nombre d’études se sont intéressées aux relations entre fibres et cancer du côlon, et le moins que l’on puisse dire est que leurs conclusions apparaissent pour le moins discordantes…
Première remise en cause d’importance, l’étude2 des habitudes alimentaires de 88 000 femmes sur 16 ans ! Au terme de leur enquête, les auteurs n’ont trouvé aucun effet préventif des fibres vis-à-vis du développement de cancers colorectaux ou de polypes. Enfin en l’an 2000, deux études3, 4 sur les régimes alimentaires et les suppléments riches en fibres n’ont pu établir de propriétés protectrices… Quand la prestigieuse revue The Lancet publie un article5 attribuant aux fibres un rôle délétère dans la récurrence d’adénomes colorectaux, on ne sait plus quoi croire .
Pas une mais des fibres
Reprenant l’ensemble des études parues sur le sujet, le Pr. Goodlad6 tente de nous éclairer. Selon lui, plusieurs facteurs peuvent expliquer les résultats discordants de ces dernières années. Tout d’abord, le terme "fibres" apparaît trop général, il n’existe pas une seule fibre mais différentes sortes dont chacune a une action différente au niveau du côlon. Outre cette simplification excessive, l’auteur souligne que tantôt les études sont conduites autour d'un régime riche en fibres tantôt sur la prise de suppléments alimentaires à base de fibres. Cette confusion rend caducs bon nombre de résultats sur le sujet et souligne la nécessité de nouvelles études plus précises.
En conclusion, l’auteur rappelle qu’un régime équilibré, la pratique d’exercice physique et la lutte contre l’obésité sont très importants. Enfin, dans le cadre de la prévention du cancer du côlon, il recommande un régime riche en fibres, mais provenant de l’alimentation, en particulier des fruits et des légumes. De telles fibres naturelles sont bénéfiques pour ce qu’elles contiennent, mais aussi pour ce qu’elles ne contiennent pas : des graisses et des calories en excès.
David Bême
1 - Lancet 1969;2:1229-1331.
2 - N Engl J Med, 1999;340:169-176.Reprenant l’ensemble des études parues sur le sujet, le Pr. Goodlad6 tente de nous éclairer. Selon lui, plusieurs facteurs peuvent expliquer les résultats discordants de ces dernières années. Tout d’abord, le terme "fibres" apparaît trop général, il n’existe pas une seule fibre mais différentes sortes dont chacune a une action différente au niveau du côlon. Outre cette simplification excessive, l’auteur souligne que tantôt les études sont conduites autour d'un régime riche en fibres tantôt sur la prise de suppléments alimentaires à base de fibres. Cette confusion rend caducs bon nombre de résultats sur le sujet et souligne la nécessité de nouvelles études plus précises.
En conclusion, l’auteur rappelle qu’un régime équilibré, la pratique d’exercice physique et la lutte contre l’obésité sont très importants. Enfin, dans le cadre de la prévention du cancer du côlon, il recommande un régime riche en fibres, mais provenant de l’alimentation, en particulier des fruits et des légumes. De telles fibres naturelles sont bénéfiques pour ce qu’elles contiennent, mais aussi pour ce qu’elles ne contiennent pas : des graisses et des calories en excès.
David Bême
1 - Lancet 1969;2:1229-1331.
3 - N Engl J Med, 2000;342:1149-1155.
4 - N Engl J Med, 2000;342:1156-1162.
5 - Lancet, 2000;356:1300-1306.6 - Gut 2001;48:587-589.
Source: http://www.doctissimo.fr
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