vendredi 10 août 2007

Un nombre croissant de victimes de l'amiante demandent réparation

Le nombre de victimes de l'amiante ayant demandé réparation augmente fortement en France, pour atteindre 41.737, selon le rapport annuel du Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva), et il devrait continuer de croître, compte tenu des délais de latence des maladies.
Le Fiva, créé en 2002, a reçu 10.478 demandes d'indemnisation de nouvelles victimes de juin 2006 à fin mai 2007, un chiffre en forte progression (+32%), selon le rapport. Le nombre total de victimes ayant demandé réparation depuis 2002 s'élève désormais à 41.737.
Les ayants droit (enfants et petits-enfants) peuvent faire appel au Fiva et leur nombre a également augmenté de 25% en un an. En tenant compte des demandes nouvelles de victimes déjà identifiées, mais qui font par exemple une rechute, le Fiva a reçu au total 22.681 dossiers en un an.
Les dépenses d'indemnisation, qui s'élèvent depuis la création du Fiva à 1,43 milliard d'euros, se sont accrues en un an de plus de 45 millions d'euros. Le Fonds est financé par l'Etat et la branche accidents du travail de la Sécurité sociale.
La durée de latence des maladies étant très longue, "on entre dans les années où les maladies, contractées dans les années 60-70, vont se déclarer", souligne le Fiva, qui estime que le nombre de déclarations de victimes va "probablement" encore augmenter dans les prochaines années.
L'Association des victimes de l'amiante (Andeva, 15.000 adhérents) estime que l'amiante est responsable en France de 3.000 morts par an et chiffre à 100.000 le nombre de décès à venir à cause de cancers du poumon ou de la plèvre.
Le diagnostic, pour la grande majorité des victimes (70%) se situe entre 51 et 70 ans, selon le rapport, les hommes constituant la quasi-totalité (94%) des victimes de l'amiante connues par le Fiva, avec une prépondérance de maladies professionnelles.
Les trois quarts des dossiers déposés concernent cependant des maladies bénignes (plaques pleurales, épaississements pleuraux ou asbestoses pulmonaires), pour lesquels on a une certitude d'avoir été exposé à l'amiante, mais qui ne se transforment pas en cancer.
En cas de cancers, il faut établir que la victime a travaillé en présence d'amiante, et les dossiers sont souvent plus complexes à constituer.
Les victimes ont quatre ans pour saisir le Fiva après la stabilisation de leur maladie. Beaucoup d'entre elles sont désormais représentées par des avocats, plutôt que par des associations ou organisations syndicales, ce qui explique l'augmentation des contestations.
Le Fonds indemnise en fonction du taux d'incapacité et des autres préjudices subis, y compris moral.
Le montant moyen des offres d'indemnisation varie de 20.000 euros pour les plaques pleurales à 100.000 pour les mésothéliomes, d'une extrême gravité.
Le rapport fait état d'une "nette dégradation des délais d'instruction" pour les maladies graves, qui sont passés à 5 mois et 2 semaines de mars à juin, au lieu de 3 mois et 3 semaines depuis la création du Fiva.
Quatre régions concentrent toujours plus de la moitié des victimes qui s'adressent au Fiva: Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Haute-Normandie et Basse-Normandie. Dans ces régions, trois départements concentrent un peu plus de 37% des victimes, la Loire-Atlantique, le Nord, la Seine-Maritime.
L'ensemble des salariés, mais aussi les indépendants, les retraités ou leurs ayant-droits peuvent faire appel au Fiva, qui a un numéro vert (0 800 500 200).
Source : http://www.rtlinfo.be/
Les responsables du FIVA ont contacté les journalistes pour leur faire partager leurs chiffres dont le plus évocateur : le coût : 1,43 milliards d’Euros. Par contre, le chiffre des morts jusqu’à ce jour a été oublié dans le rapport.
D'après le journal Le Monde, les morts se comptent en pourcentage: "Selon le rapport, la part des dossiers concernant des personnes mortees enregistrées entre juin 2006 et mai 2007 est en baisse. Elle est de 16,3 % contre 20,7 % précédemment".
Toujours d'après Le monde: "La plus grande partie des dossiers enregistrés par le FIVA concerne des victimes atteintes de maladies bénignes : les plaques pleurales et les épaississements pleuraux constituent toujours près de 75 % des dossiers reçus".
Il faut savoir que le terme "bénin" employé ici est un terme médical. En termes médicaux il y a bénin et malin. Malin signifie cancéreux. Quand au terme "bénin", il n'a rien à voir avec notre adjectif courant qui signifie sans importance.
Les maladies appellées bénignes par le corps médical sont mortelles. C'est le cas de bon nombre de victimes de l'amiante qui n'ont pas de cancer déclaré et que l'on voit se déplacer avec des tubes dans les narines et une bouteille d'oxygène à la ceinture.
Cette pathologie qualifiée de bénigne est appellée asbestose ou amiantose au Canada.
La réparation plutôt que la prévention
Je ne peux écarter de ma mémoire les messages d’alerte, surtout ceux du médecin du travail Corse qui avait alerté les autorités en 1954, puis des élus Corses en 1962 qui avaient alerté le Général DE GAULLE. Malheureusement, ils s’étaient heurtés au barrage de Raymond BARRE, connu depuis pour ses siestes médiatiques au Sénat.
« En témoigne cette lettre de Raymond Barre en 1962. Il n’est alors que directeur de cabinet au ministère de l’Indus­trie et entame sa carrière politique. Saisi des problèmes de pollution que pose la mine d’amiante de Canari en Corse, il plaide ainsi la cause des industriels dans sa réponse au pré­sident de la République, le général de Gaulle:
« Vous avez bien voulu me transmettre la lettre qui vous avait été adressée par M. Atlani, président du Comité de défense des intérêts du canton de Nonza (Corse) qui met l’accent sur certains problèmes de pollution nés de l’activité de la Société minière de l’amiante à Canari. Ces problèmes sont bien connus de mes services, qui se sont depuis long­temps préoccupés de moyens propres à améliorer la situa­tion. Il s’agit là d’une question difficile, car on ne saurait envisager d’imposer à la société exploitante des charges trop lourdes sans risquer de remettre en cause l’équilibre écono­mique de l’exploitation. »
La pollution de cette mine est pourtant mortelle pour le voisinage. Mais il ne faut pas ennuyer la famille Cuvelier, exploitante de la mine, et surtout fondatrice du groupe Eternit France qui compte encore cinq usines dans l’Hexa­gone. La mine de Canari sera finalement fermée trois ans plus tard, tout simplement parce que son amiante est de mauvaise qualité et sa rentabilité économique très faible ».
Source : Amiante le procès de l’air contaminé de François Malye
Et en économie, il s'y connaissait, et ne manquait pas de s'en glorifier, lorsqu'il fut premier Ministre.
Milliards d’Euros et milliers de morts, c’est le triste bilan de la protection des intérêts des industriels.
Vous remarquerez que la notion de ces crimes contre l’humanité a mystérieusement été oubliée des articles journalistiques.
Marc Chapelet

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