mercredi 19 décembre 2007

De l’amiante dans la bibliothèque

La Tribune du 15 décembre consacre une place importante (y compris sa manchette) au problème de l’amiante au Cycle d’Orientation du Foron. On y apprend que nos autorités prennent enfin leurs responsabilités et que cette école sera désamiantée. Ce qui m’a toutefois d’emblée frappé dans votre compte rendu, c’est votre première phrase: «Soulagement parmi les professeurs et les élèves du Foron…» Or, si ces deux catégories de personnes constituent bien la majorité des gens travaillant dans une école, vous semblez oublier une minorité trop souvent invisible, du reste, mais néanmoins indispensable, le personnel administratif et technique, soit les secrétaires, les assistants techniques, les conseillers sociaux, les bibliothécaires, etc. (laissés ici au masculin pour ne pas alourdir ma prose). Or, il se trouve que l’une des personnes victimes de l’amiante est précisément la bibliothécaire du Foron, Madame Anne Mahrer. Cette omission me paraît symptomatique. Elle reflète la place occupée par ce personnel administratif dans la hiérarchie sociale de nos écoles. Même s’il faut se garder des généralités, le PAT, pour utiliser le jargon d’usage, est trop souvent encore regardé comme du «petit personnel», avec une certaine condescendance. Cette abréviation de «PAT» est du reste assez révélatrice, les mots n’étant jamais innocents. Une patte, dans notre pays, est un torchon, ces torchons qu’il ne faut pas mélanger avec les serviettes, c’est bien connu. (…) Pour en revenir au problème de l’amiante au Foron, il a fallu à Anne Mahrer, lorsqu’elle a découvert qu’elle était atteinte d’asbestose (maladie provoquée par l’amiante donc), qu’elle use de sa casquette de députée et de présidente du Grand Conseil, pour qu’on la prenne enfin au sérieux et qu’on s’alarme de la situation (cf. «Le Temps» du 11.12.07). La «petite» bibliothécaire n’était tout simplement pas écoutée.

Aucun commentaire: