samedi 7 février 2009

Arkéma : victoire des victimes de l'amiante

C'est une victoire que viennent de remporter les victimes de l'amiante contre l'entreprise Arkéma. Les salariés exposés vont pouvoir partir dès 50 ans dans des conditions honorables.
C'EST une victoire qui est le fruit d'un travail de longue haleine. Comme c'est le souvent le cas dans les dossiers touchant à l'amiante, les victimes doivent batailler pour faire reconnaître leurs droits. Hier, Christian Deswarte, représentant de l'association régionale de défense des victimes de l'amiante Picardie (Ardevap) et Maxime Passenhove, secrétaire du comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) d'Arkéma Chauny ont annoncé la nouvelle. Jeudi dernier, le tribunal administratif d'Amiens a décidé de classer l'usine de chimie chaunoise parmi celles qui ont utilisé et transformé de l'amiante. Une décision qui permet aux salariés exposés de partir dès 50 ans. « Il ne faut pas croire que c'est un cadeau. Les maladies de l'amiante se déclarent 30 à 40 ans après l'exposition. Ce qui veut dire que quelqu'un qui, aujourd'hui, est en bonne santé peut souffrir, demain, d'un cancer de l'amiante. Ce jugement donne aux employés un an de bonus pour trois ans de contact avec l'amiante. Ce qui leur permet de partir plus tôt », indique Christian Deswarte qui a quitté Arkéma en 2004 dans le cadre de la cessation d'activité anticipée du travailleur de l'amiante, puisqu'il est malade. De son côté Maxime Passenhove travaille encore chez Arkéma mais le texte entériné par la justice pourrait lui permettre de partir. C'est le cas pour une quinzaine d'autres salariés ce qui représente presque 20 % des effectifs de l'entreprise.
Cette victoire arrive après plus de quatre ans de démarches administratives et judiciaires. C'est Christian Deswarte qui a monté le dossier qui ne pesait pas moins de deux kilos en 2004 afin de le transmettre au ministère du Travail. Démissionner En février 2006, le ministère a refusé le classement car la société était spécialisée dans la chimie et non pas dans la transformation d'amiante. Pourtant, la poudre d'amiante avec laquelle travaillait M. Deswarte et d'autres dans l'atelier fabrication était bien réelle. C'est pourquoi Maxime Passenhove a déposé un recours au tribunal administratif pour que la décision de l'Etat soit annulée. Aidé par les avocats de l'association nationale dont l'Ardevap est une antenne, le combat a abouti la semaine passée. « Le tribunal a demandé auministre d'inscrire l'entreprise au tableau de celles qui ont transformé de l'amiante dans les deux mois ». Pour ceux qui souhaiteraient partir, il faudra toutefois démissionner, ce qu'avait fait M. Deswarte. « C'est une lacune de la loi, c'est inadmissible de devoir agir ainsi alors que c'est l'entreprise qui vous a empoisonné ». Cette reconnaissance supplémentaire des victimes de l'amiante permet à chacun de se sentir un peu plus fort face aux entreprises comme Arkéma. Cette dernière dispose désormais de deux mois pour faire appel devant le conseil d'Etat. Et après parution de la décision au Journal Officiel, les salariés auront l'opportunité de quitter la société, en attendant la décision du conseil d'Etat. « Dans le cas où il y a appel et si le conseil d'Etat casse la décision, il faudra faire vite pour faire son dossier et partir ». Une fois encore c'est dans la jungle administrative qu'il faudra se plonger. Reste que l'Ardevap est présente pour soutenir et guider les victimes dans leurs démarches.
Source : http://www.lunion.presse.fr/

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