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Ce monument sera le symbole des dégâts causés par l'amiante et de la catastrophe sanitaire qui en découle.
Les années se suivent et, hélas, se ressemblent pour les victimes de l'amiante. Elles sont toujours plus nombreuses à se manifester. « L'année 2007 a vu encore augmenter notre nombre d'adhérents, indique Etienne Le Guilcher, le président de l'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva). Nous sommes 1 460 à ce jour. Mais nous avons eu aussi un nombre important de décès en 2007. 49 adhérents nous ont quittés l'an passé. »
Pour rendre hommage aux victimes de l'amiante, une stèle sera prochainement érigée boulevard Jean-Moulin. Ce monument sera constitué sur une face d'un moulage en résine comportant des pièces amiantées. Sur l'autre face, une plaque de granit portera une épitaphe gravée. Des stèles de ce genre sont déjà en place à Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, à Dunkerque, dans le Nord, ou encore à Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône.
Enquête pénale
Les victimes de l'amiante attendent avec impatience un procès pénal pour juger les responsables de cette catastrophe sanitaire. À Brest, 13 anciens salariés de DCN ont déposé plainte auprès du Pôle de santé publique du tribunal de Paris. Le dossier est instruit par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. Des gendarmes spécialisés procèdent aux investigations.
Pour l'instant, aucune mise en examen n'a encore été prononcée au niveau brestois mais Me François Lafforgue, l'avocat des victimes, se montre optimiste : « Des commissions rogatoires sont en cours, des expertises médicales ont lieu. L'enquête avance bien. On espère un grand procès de l'amiante en 2009 ou 2010. »
Au civil, 106 dossiers ont été jugés l'an passé devant les tribunaux des affaires sociales de Brest et Quimper ainsi que devant la cour d'appel de Rennes. Concernant le tribunal de Brest, les victimes de l'amiante restent peu satisfaites des décisions prises. « Les sommes allouées sont dérisoires pour les personnes bénéficiant de 5 % d'incapacité permanente de travail », estime Etienne Le Guilcher.
Le président de l'Addeva se plaint également de la lenteur des juges, en particulier à Brest. « Les dossiers sont examinés au compte-gouttes. Il n'y a que 5 à 8 jugements par séance contre 10 à 12 il y a deux ans. À cette allure, beaucoup de victimes n'en verront pas la fin. »
Le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva) travaille aussi trop lentement au gré d'Etienne Le Guilcher. Il estime que le barème devrait être révisé dans la mesure où il n'a pas été revalorisé depuis sa création en 2001.
30 % des dossiers reçus par l'association relèvent de la Marine, 17 % de l'ancienne DCN et 10 % des Ateliers et forges de l'Ouest (AFO). Actuellement, 1 411 dossiers ont été transmis aux avocats.
Ouest-France
Source : http://www.brest.maville.com/
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