Une visite officielle a conduit, hier dans l’après-midi, Chérif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, en vue de la fermeture officielle de l’unité amiante-ciment de Meftah, dans la wilaya de Blida.Il a été aussi question d’annoncer que cette dernière subira une opération de dépollution dans les deux années à venir.«Je ne peux nier que c’est une opération très difficile, mais la santé du citoyen, spécialement celle du travailleur, n’a aucun prix. A cet effet, nous avons, suite à des études scientifiques et des négociations avec le gouvernement, décidé de la fermeture définitive de cette unité qui présente un danger pour les travailleurs qui sont en contact direct avec l’amiante en tant que matière première», indiquera le ministre.Une décision plutôt sage puisqu’en 2003, des restrictions ont été imposées par la réglementation. Selon Zineb Beldjemaâ, directrice de l’environnement au ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, les seuils admissibles ont été actualisés, à savoir 0,1 fibre/cm3 à partir de janvier 2005. Pour atteindre cette obligation de résultat, les unités devront réaliser des modifications sérieuses et profondes de leurs pratiques. Ils devront entre autres réaliser des investissements importants en matériel, en formation et en sensibilisation de leur personnel. Le rapport du bureau international Veritas, établi en 2003 suite à des prélèvements de poussière, a révélé une présence significative de fibres d’amiante et a confirmé la relation de causalité par la mesure de l’impact en termes d’émission de fibres d’amiante en milieu professionnel et dans l’environnement immédiat des unités.«Je confirme que par cette décision, la production de ciment sera sérieusement affectée, mais je ne peux en tant que premier responsable du secteur de l’environnement négliger les effets nocifs de l’amiante sur la santé humaine. La fermeture de l’unité de Meftah, la dépolluer et réhabiliter les sites industriels contaminés par l’amiante est devenue une nécessité incontournable», ajoutera M. Rahmani.Pour le volet social de cette opération, les 480 employés de cette unité qui s’étend sur 23 hectares ont été tous indemnisés pour 70 mois maximum. A cet effet, plus de 170 milliards de centimes ont été versés à ces derniers. Malgré que certains n’ont pu s’en acquérir puisque tout simplement ils sont décédés. «Mon frère est mort avec un cancer et a laissé derrière lui une femme et deux enfants. Il ne perçoivent que 12 000 DA par mois. Ceci reste insuffisant», dira A. B., un des ex-employés et frère d’une des victimes. Quand à l’opération de dépollution de cette unité, elle sera axée sur trois principales composantes. La première concernera la décontamination et la dépollution des équipements de production et des bâtiments administratifs. La seconde sera consacrée à la décontamination du sol contenant de l’amiante et enfin l’enlèvement des déchets, le stockage selon les normes environnementales et la réhabilitation du sol.Pour ce qui est de la plainte des citoyens par rapport aux déchets de la cimenterie de Meftah, le ministre rassura ces derniers par la confirmation de l’accord de partenariat signé il y a un mois et l’ouverture du capital de cette dernière couplé à un contrat de management livré à l’entreprise Lafarges, numéro deux mondial dans la production de ciment. A partir du 1er septembre prochain, cette dernière s’installera officiellement et sera chargée de la gestion de l’unité mais aussi de sa mise à niveau environnementale.Aujourd’hui, la dépollution et la décontamination des sites industriels algériens ont atteint la vitesse de croisière afin de placer l’Algérie sur le chemin de l’excellence et la mettre au niveau des normes et des standards internationaux en matière d’environnement.
Source : http://www.lanouvellerepublique.com
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