Voilà quelques mois qu'à Genève, les enseignants ne dorment pas tout à fait tranquillement. Depuis que deux maladies de l'amiante ont été diagnostiquées, en 2007, au collège du Foron à Thonex, un établissement contenant des matériaux amiantés comme il en existe beaucoup dans le canton. Ces premiers cas de "contamination intramurale passive" ont fait voler en éclats la thèse officielle selon laquelle seuls les ouvriers ayant travaillé avec de l'amiante, ou éventuellement leurs proches, pouvaient tomber malades.
Tout a commencé en mai 2007. Prise par une toux persistante, la bibliothécaire du collège du Foron, employée depuis plus de trente ans, consulte. Diagnostic : une plaque pleurale qui peut dégénérer en cancer. Dans la foulée, on apprend qu'un ancien directeur de l'établissement souffre d'un mésothéliome. Dès l'été, deux experts sont discrètement mandatés par le gouvernement cantonal genevois. Leurs observations et prélèvements font apparaître que le collège, construit avant 1991 – date d'interdiction de l'amiante – est truffé de matériaux amiantés : dans les faux plafonds, les colles, les revêtements de sols, ainsi que dans des plaques de fibrociment. Des matériaux qui, jusqu'ici, étaient considérés comme peu dangereux car fortement agglomérés, contrairement aux flocages qui sont friables.
Mais, comme l'a montré il y a quelques jours un reportage diffusé à la Télévision suisse romande, les experts veulent comprendre. Ils s'intéressent aux travaux effectués au collège, souvent en présence du personnel. En reconstituant l'historique des interventions ayant eu lieu au cours des trente dernières années (une trentaine par an), ils établissent que l'ancien directeur et la bibliothécaire ont été soumis à des doses cumulatives de fibres d'amiantes supérieures à la norme autorisée.
D'importants travaux sur les faux plafonds ont, par exemple, eu lieu dans la bibliothèque. Depuis, les enseignants et le personnel administratif du Foron en activité depuis plus de dix ans ont été soumis à un dépistage médical. Cet été, il est prévu que l'établissement soit décontaminé.
Désormais, les regards se tournent vers d'autres bâtiments. En novembre 2007, l'exécutif cantonal genevois, soumis à une forte pression, a annoncé la mise en place d'une"cellule amiante" et d'un vaste plan d'action. Des diagnostics seront réalisés dans 247 bâtiments publics construits avant 1991. Soit 91 collèges, écoles et centre de formation, 31 bâtiments universitaires et 125 bâtiments administratifs. Pour ceux qui contiennent de l'amiante, un "historique des travaux, interventions de maintenance incluses", sera réalisé afin de déterminer quelles sont les populations à risques et les dépister.
Mais l'incertitude règne quant aux coûts et aux délais de l'opération. A ce jour, les expertises n'ont pas démarré. Au mieux, elles s'étaleront sur trois ans. En attendant, comme le précise Marie-Antoinette Bianco, directrice du service de toxicologie industrielle et de protection contre les pollutions intérieures et membre de la"cellule amiante", "consigne a été donnée de geler tous les travaux" sur les matériaux amiantés, ou supposés tels. Au collège du Foron, des néons fixés sur des faux plafonds clignotent depuis des mois et une salle a été condamnée.
Source : http://www.lemonde.fr
Tout a commencé en mai 2007. Prise par une toux persistante, la bibliothécaire du collège du Foron, employée depuis plus de trente ans, consulte. Diagnostic : une plaque pleurale qui peut dégénérer en cancer. Dans la foulée, on apprend qu'un ancien directeur de l'établissement souffre d'un mésothéliome. Dès l'été, deux experts sont discrètement mandatés par le gouvernement cantonal genevois. Leurs observations et prélèvements font apparaître que le collège, construit avant 1991 – date d'interdiction de l'amiante – est truffé de matériaux amiantés : dans les faux plafonds, les colles, les revêtements de sols, ainsi que dans des plaques de fibrociment. Des matériaux qui, jusqu'ici, étaient considérés comme peu dangereux car fortement agglomérés, contrairement aux flocages qui sont friables.
Mais, comme l'a montré il y a quelques jours un reportage diffusé à la Télévision suisse romande, les experts veulent comprendre. Ils s'intéressent aux travaux effectués au collège, souvent en présence du personnel. En reconstituant l'historique des interventions ayant eu lieu au cours des trente dernières années (une trentaine par an), ils établissent que l'ancien directeur et la bibliothécaire ont été soumis à des doses cumulatives de fibres d'amiantes supérieures à la norme autorisée.
D'importants travaux sur les faux plafonds ont, par exemple, eu lieu dans la bibliothèque. Depuis, les enseignants et le personnel administratif du Foron en activité depuis plus de dix ans ont été soumis à un dépistage médical. Cet été, il est prévu que l'établissement soit décontaminé.
Désormais, les regards se tournent vers d'autres bâtiments. En novembre 2007, l'exécutif cantonal genevois, soumis à une forte pression, a annoncé la mise en place d'une"cellule amiante" et d'un vaste plan d'action. Des diagnostics seront réalisés dans 247 bâtiments publics construits avant 1991. Soit 91 collèges, écoles et centre de formation, 31 bâtiments universitaires et 125 bâtiments administratifs. Pour ceux qui contiennent de l'amiante, un "historique des travaux, interventions de maintenance incluses", sera réalisé afin de déterminer quelles sont les populations à risques et les dépister.
Mais l'incertitude règne quant aux coûts et aux délais de l'opération. A ce jour, les expertises n'ont pas démarré. Au mieux, elles s'étaleront sur trois ans. En attendant, comme le précise Marie-Antoinette Bianco, directrice du service de toxicologie industrielle et de protection contre les pollutions intérieures et membre de la"cellule amiante", "consigne a été donnée de geler tous les travaux" sur les matériaux amiantés, ou supposés tels. Au collège du Foron, des néons fixés sur des faux plafonds clignotent depuis des mois et une salle a été condamnée.
Source : http://www.lemonde.fr
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