
GARE ST-JEAN. Le projet municipal de réhabilitation d'anciens ateliers qui regorgent de ce produit toxique retarde leur démolition, demandée depuis des années par les syndicats
«A l'époque, c'était le produit miracle. On en mettait partout. » Claude Joie, membre du Comité national d'hygiène, de sécurité et d'amélioration des conditions de travail (CNHSCT) de la SNCF, arrache un bout de caoutchouc séché de la paroi d'une canalisation. Il contient du « produit miracle », de l'amiante, qui est aujourd'hui un poison avéré pouvant gravement nuire à la santé de ceux qui en inhalent les particules.
Les bâtiments adjacents à la gare Saint-Jean, le long de la rue Amédée-Saint-Germain, en sont pleins. Une dizaine de constructions, désaffectées depuis les années 80, forment une véritable ville fantôme. À l'intérieur, des morceaux entiers du toit en fibre ciment, qui contiennent aussi de l'amiante, se sont effondrés. À chaque incident qui les fait voler en éclat, ce sont des milliers de particules qui s'envolent dans les airs.
De l'autre côté du bâtiment commence la ville, la vraie cette fois. Un parking est rempli de voitures. Tous les jours des employés passent et repassent le long des anciens ateliers, dont parfois même les murs sont contaminés. Tout doit être prochainement rasé, à en croire les responsables des Réseaux ferrés de France (RFF), qui admettent que les bâtiments contiennent « beaucoup d'amiante ». Un permis de démolir a été déposé il y a quelques mois.
L'enjeu d'Euratlantique
« Cela aurait dû être fait depuis des années », rétorquent les représentants du syndicat SUD-Rail. Mais les enjeux concernant le site ne sont pas juste d'ordre sanitaire. D'ici à 2015, cet emplacement a vocation à devenir un quartier d'affaire. Le projet, Euratlantique, accueillera la Ligne à grande vitesse (LGV) qui reliera Paris à Bordeaux. Dans un souci de réhabiliter un patrimoine unique mais également de veiller à la conformité d'une telle démolition avec le label Unesco, la mairie de Bordeaux a émis une réserve qui devrait se traduire par l'annulation du permis de démolir actuel. Une deuxième demande devra être faite à partir du mois de juillet, lorsque les services de la mairie auront déterminé quels bâtiments méritent d'être conservés et, le cas échéant, désamiantés.
Suite à un nouvel écroulement dû à une tempête en février 2007, le secrétaire de SUD-Rail, Nicolas Dubernet, a interpellé les responsables compétents par courrier. Les réponses sont pour le moins évasives. La SNCF met en avant le fait que ces anciens ateliers sont, depuis 1997, la propriété de RFF et que la demande leur a été faite de les démolir. Quant à RFF, ils excluent le « caractère menaçant du sinistre » et préfèrent mentionner le « bon état de conservation des plaques de fibre ciment, à l'exception de quelques-unes, au sol, en état dégradé ». La missive fait également état d'un « calendrier des travaux à engager ».
Au bout de la route, la cantine
Le vent qui a soufflé le 23 février 2007 a en effet « dégradé » les lieux. Un pylône s'est abattu sur le toit du bâtiment 227, l'un des plus proches du parking de la SNCF, ouvrant un trou béant de plusieurs mètres de diamètre et couvrant le sol de débris de divers matériaux contenants de l'amiante. En guise de travaux, une « sécurisation du périmètre » a été mise en oeuvre par la SNCF : la route qui longeait le bâtiment a été coupée sur une cinquantaine de mètres et une déviation permet aux employés de la contourner.
Au bout de cette route se dresse le seul bâtiment du lot qui ne tombe pas en ruine, car encore utilisé : il s'agit de la cantine du personnel, qui sert entre 300 et 400 repas quotidiens. Le seul également du lot qui appartienne toujours à la SNCF. Dans son courrier de réponse au syndicat, Xavier Ouin, le directeur régional de la SNCF à l'époque, précise que des tests ont été conduits en 2006 dans la salle à manger afin de s'assurer que le taux d'empoussièrement était inférieur à cinq fibres d'amiantes par litre, seuil en dessous duquel la réglementation n'impose pas de travaux. Résultat : autour de 0,93 fibre par litre. Les travaux attendront.
Les bâtiments adjacents à la gare Saint-Jean, le long de la rue Amédée-Saint-Germain, en sont pleins. Une dizaine de constructions, désaffectées depuis les années 80, forment une véritable ville fantôme. À l'intérieur, des morceaux entiers du toit en fibre ciment, qui contiennent aussi de l'amiante, se sont effondrés. À chaque incident qui les fait voler en éclat, ce sont des milliers de particules qui s'envolent dans les airs.
De l'autre côté du bâtiment commence la ville, la vraie cette fois. Un parking est rempli de voitures. Tous les jours des employés passent et repassent le long des anciens ateliers, dont parfois même les murs sont contaminés. Tout doit être prochainement rasé, à en croire les responsables des Réseaux ferrés de France (RFF), qui admettent que les bâtiments contiennent « beaucoup d'amiante ». Un permis de démolir a été déposé il y a quelques mois.
L'enjeu d'Euratlantique
« Cela aurait dû être fait depuis des années », rétorquent les représentants du syndicat SUD-Rail. Mais les enjeux concernant le site ne sont pas juste d'ordre sanitaire. D'ici à 2015, cet emplacement a vocation à devenir un quartier d'affaire. Le projet, Euratlantique, accueillera la Ligne à grande vitesse (LGV) qui reliera Paris à Bordeaux. Dans un souci de réhabiliter un patrimoine unique mais également de veiller à la conformité d'une telle démolition avec le label Unesco, la mairie de Bordeaux a émis une réserve qui devrait se traduire par l'annulation du permis de démolir actuel. Une deuxième demande devra être faite à partir du mois de juillet, lorsque les services de la mairie auront déterminé quels bâtiments méritent d'être conservés et, le cas échéant, désamiantés.
Suite à un nouvel écroulement dû à une tempête en février 2007, le secrétaire de SUD-Rail, Nicolas Dubernet, a interpellé les responsables compétents par courrier. Les réponses sont pour le moins évasives. La SNCF met en avant le fait que ces anciens ateliers sont, depuis 1997, la propriété de RFF et que la demande leur a été faite de les démolir. Quant à RFF, ils excluent le « caractère menaçant du sinistre » et préfèrent mentionner le « bon état de conservation des plaques de fibre ciment, à l'exception de quelques-unes, au sol, en état dégradé ». La missive fait également état d'un « calendrier des travaux à engager ».
Au bout de la route, la cantine
Le vent qui a soufflé le 23 février 2007 a en effet « dégradé » les lieux. Un pylône s'est abattu sur le toit du bâtiment 227, l'un des plus proches du parking de la SNCF, ouvrant un trou béant de plusieurs mètres de diamètre et couvrant le sol de débris de divers matériaux contenants de l'amiante. En guise de travaux, une « sécurisation du périmètre » a été mise en oeuvre par la SNCF : la route qui longeait le bâtiment a été coupée sur une cinquantaine de mètres et une déviation permet aux employés de la contourner.
Au bout de cette route se dresse le seul bâtiment du lot qui ne tombe pas en ruine, car encore utilisé : il s'agit de la cantine du personnel, qui sert entre 300 et 400 repas quotidiens. Le seul également du lot qui appartienne toujours à la SNCF. Dans son courrier de réponse au syndicat, Xavier Ouin, le directeur régional de la SNCF à l'époque, précise que des tests ont été conduits en 2006 dans la salle à manger afin de s'assurer que le taux d'empoussièrement était inférieur à cinq fibres d'amiantes par litre, seuil en dessous duquel la réglementation n'impose pas de travaux. Résultat : autour de 0,93 fibre par litre. Les travaux attendront.
Source: http://www.sudouest.com/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire