Ce n’est pas tous les jours que le Canada et le Québec ont «l’honneur» de se retrouver dans les prestigieuses pages du magazine The Economist. Dommage qu’on y parle du pays comme d’un «serial killer». Pas très reluisant comme comparaison…
Allez, je me lance! Parlons encore une fois de cette substance blanchâtre, douce comme de la ouate, à l’allure de barbe à papa, mais qui incruste les poumons de fibres mortelles: l’amiante. Le problème est loin d’être nouveau et les journalistes semblent avoir pris un malin plaisir à exploiter le sujet à outrance. C’est que le Canada est l’un des plus importants exportateurs d’amiante au monde. On parle littéralement d’un or blanc pour le pays, tout particulièrement pour le Québec qui en est le principal exploiteur.
Pourquoi je tiens tant à vous parler d’un sujet surexploité? Simple. Les conséquences de l’extraction et de l’exportation vers les pays pauvres de l’amiante ont fait le tour de la planète en 2008, si bien que la réputation du Québec et du Canada se détériore de jour en jour.
On appelle la maladie l’amiantose. Un nom qui en dit long. Les dangers attribués à la fibre d’amiante sont incontournables: cancers broncho-pulmonaires, fibrose pulmonaire, asbestose, plaques pleurales… des mots qui donnent la chair de poule, finalement. Si le Canada reconnaît que les fibres d’amiante représentent un danger pour la vie humaine, les gouvernements ne semblent pas trop s’en faire pour la vie des populations de pays en développement. En effet, le Canada exporte 96% de sa production d’amiante principalement vers des pays comme l'Inde, l'Indonésie et la Thaïlande… qui n’ont peut-être pas les moyens d’utiliser l’amiante sans danger.
Cette situation semble avoir particulièrement choqué un journaliste de la revue The Economist. Qui ne le serait pas? L’article se nomme «Hazardous Hypocrisy». Il a été publié le 23 octobre dernier et il dépeint le Canada comme un tueur en série. «This is a corporate welfare for corporate serial killers», peut-on y lire. Et ils ajoutent: «Le Québec, dont les mines sont toujours actives, a placé son industrie sur un piédestal. Malgré les dénonciations des associations de médecins et malgré que le taux d’amiantose du Québec est un des plus importants au monde, l’industrie reste intouchable!»
Les critiques fusent de toutes parts. Allez justement relire ce que l’Association médicale canadienne a écrit il y a de cela quelques semaines. En effet, les auteurs de cette étude dénonçaient «les manipulations honteuses» des connaissances scientifiques faites par le gouvernement pour continuer d’exporter l’amiante vers les pays pauvres. Ils dénoncent Ottawa de continuer de s'opposer à l'inscription de l'amiante chrysotile sur la liste rouge des matières dangereuses de la Convention de Rotterdam et de ne pas mettre fin à l'extraction et à l'exportation de ce produit. Cela «pue l'hypocrisie», ajoute le journal de l'AMC.
L’association médicale canadienne a d’ailleurs ramené sur la table le fameux rapport sur les concentrations d’amiante dans les maisons de Thetford Mines, rapport produit à la demande de l’Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ), qui avait tant fait de bruit lors de sa publication le 7 novembre 2007. Les conclusions étaient alarmantes: au moins 50% des maisons de Thetford Mines auraient un air avec des concentrations d’amiante inacceptables selon les normes américaines.
Malgré tout, cet article de la revue The Economist finissait sur une pointe d’espoir. «Things may be about to change», disait-on. En effet, l’auteur disait espérer que l’amiante soit finalement inscrit sur la liste des matières dangereuses lors de la dernière Convention de Rotterdam à Rome, qui a lieu le 29 octobre dernier. Il a dû être bien déçu le 30 octobre au matin.
Le Canada s’est opposé silencieusement à inclure l’amiante parmi les produits dangereux. En fait, le pays s’est contenté de laisser ses plus gros clients, Inde, Pakistan, Vietnam, Philippines, intervenir. Après que le Québec ait perdu des centaines et des centaines de personnes dans cette industrie mortelle, il semble que le Canada soit maintenant prêt à laisser mourir encore bien d’autres personnes au profit de son industrie.
Source : http://www2.canoe.com/
Allez, je me lance! Parlons encore une fois de cette substance blanchâtre, douce comme de la ouate, à l’allure de barbe à papa, mais qui incruste les poumons de fibres mortelles: l’amiante. Le problème est loin d’être nouveau et les journalistes semblent avoir pris un malin plaisir à exploiter le sujet à outrance. C’est que le Canada est l’un des plus importants exportateurs d’amiante au monde. On parle littéralement d’un or blanc pour le pays, tout particulièrement pour le Québec qui en est le principal exploiteur.
Pourquoi je tiens tant à vous parler d’un sujet surexploité? Simple. Les conséquences de l’extraction et de l’exportation vers les pays pauvres de l’amiante ont fait le tour de la planète en 2008, si bien que la réputation du Québec et du Canada se détériore de jour en jour.
On appelle la maladie l’amiantose. Un nom qui en dit long. Les dangers attribués à la fibre d’amiante sont incontournables: cancers broncho-pulmonaires, fibrose pulmonaire, asbestose, plaques pleurales… des mots qui donnent la chair de poule, finalement. Si le Canada reconnaît que les fibres d’amiante représentent un danger pour la vie humaine, les gouvernements ne semblent pas trop s’en faire pour la vie des populations de pays en développement. En effet, le Canada exporte 96% de sa production d’amiante principalement vers des pays comme l'Inde, l'Indonésie et la Thaïlande… qui n’ont peut-être pas les moyens d’utiliser l’amiante sans danger.
Cette situation semble avoir particulièrement choqué un journaliste de la revue The Economist. Qui ne le serait pas? L’article se nomme «Hazardous Hypocrisy». Il a été publié le 23 octobre dernier et il dépeint le Canada comme un tueur en série. «This is a corporate welfare for corporate serial killers», peut-on y lire. Et ils ajoutent: «Le Québec, dont les mines sont toujours actives, a placé son industrie sur un piédestal. Malgré les dénonciations des associations de médecins et malgré que le taux d’amiantose du Québec est un des plus importants au monde, l’industrie reste intouchable!»
Les critiques fusent de toutes parts. Allez justement relire ce que l’Association médicale canadienne a écrit il y a de cela quelques semaines. En effet, les auteurs de cette étude dénonçaient «les manipulations honteuses» des connaissances scientifiques faites par le gouvernement pour continuer d’exporter l’amiante vers les pays pauvres. Ils dénoncent Ottawa de continuer de s'opposer à l'inscription de l'amiante chrysotile sur la liste rouge des matières dangereuses de la Convention de Rotterdam et de ne pas mettre fin à l'extraction et à l'exportation de ce produit. Cela «pue l'hypocrisie», ajoute le journal de l'AMC.
L’association médicale canadienne a d’ailleurs ramené sur la table le fameux rapport sur les concentrations d’amiante dans les maisons de Thetford Mines, rapport produit à la demande de l’Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ), qui avait tant fait de bruit lors de sa publication le 7 novembre 2007. Les conclusions étaient alarmantes: au moins 50% des maisons de Thetford Mines auraient un air avec des concentrations d’amiante inacceptables selon les normes américaines.
Malgré tout, cet article de la revue The Economist finissait sur une pointe d’espoir. «Things may be about to change», disait-on. En effet, l’auteur disait espérer que l’amiante soit finalement inscrit sur la liste des matières dangereuses lors de la dernière Convention de Rotterdam à Rome, qui a lieu le 29 octobre dernier. Il a dû être bien déçu le 30 octobre au matin.
Le Canada s’est opposé silencieusement à inclure l’amiante parmi les produits dangereux. En fait, le pays s’est contenté de laisser ses plus gros clients, Inde, Pakistan, Vietnam, Philippines, intervenir. Après que le Québec ait perdu des centaines et des centaines de personnes dans cette industrie mortelle, il semble que le Canada soit maintenant prêt à laisser mourir encore bien d’autres personnes au profit de son industrie.
Source : http://www2.canoe.com/
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