lundi 2 février 2009

Nouveau report du dossier amiante : qui a intérêt à jouer la montre ?

A l'association ADELVA SA basée à Leval, on est excédé, mais pas découragé. La nuance est importante dans ce combat que mène cette jeune association de Sambre-Avesnois, constituée de syndicalistes et de bénévoles, et quatrième association dans le Nord - Pas-de-Calais à défendre les victimes de l'amiante.Le Valenciennois est concerné au premier chef.
PAR FLORENCE DELSINNE fdelsinne@lavoixdunord.fr
Vendredi dernier, six dossiers soutenus par le cabinet spécialisé d'avocats Tessonière, devaient passer devant le tribunal des affaires sociales (TASS) de Valenciennes. Ce dernier devait statuer sur le demande de « reconnaissance en faute inexcusable de l'employeur » qui permet d'indemniser dignement les victimes, leur famille en cas de décès. Le bus pour Valenciennes était complet, les panneaux siglés « ADELVA » fin prêts, les dossiers des six victimes de l'amiante complets...« Nous avons été prévenus la veille du report de cette audience capitale pour nous. Cela nous affecte bien sûr, mais il y aussi les familles, les victimes qu'il faut aujourd'hui rassurer pour qu'elles ne baissent pas les bras », explique Jacques Thurette, président de l'association.Le 16 novembre 2007, une première audience devant le TASS avec deux dossiers présentés par ADELVA est annulée et reportée. Nouveau report imposé le 1 er février. Vendredi 4 avril, troisième report consécutif, six dossiers sont concernés cette fois. Trois concernent des personnes ayant travaillé chez Akers, sur le site de Berlaimont, un de Glaverbel à Boussois, un autre d'un salarié de Vallourec-Aulnoye et le dossier d'une veuve de Jeumont.Des reports à répétition, tous à la demande de la partie adverse, jugés « inquiétants », par l'association de Leval qui s'interroge : « Qui a intérêt à entraver notre démarche et l'action de reconnaissance des victimes de l'amiante ? » Des blocages, selon eux « patronaux » qui se succèdent alors que, paradoxe, les associations d'aide aux victimes gagnent régulièrement devant les tribunaux et qu'une jurisprudence se met en place petit à petit. En outre, et c'est historique, « toutes les organisations syndicales et les associations viennent de signer une déclaration unitaire sur le dossier amiante. », souligne Serge Vasseur.Pour Akers Berlaimont, un premier jugement serait d'une importance capitale pour la reconnaissance de l'usine berlaimontoise en « site amiante », permettant ainsi les départs anticipés de tous les salariés exposés à l'amiante. « Le dossier ACAATA sera déposé au ministère du Travail d'ici à un mois. L'enquête de l'inspection du Travail devrait démarrer à la fin de l'année », précise Jacques Thurette. Ce dernier reste, dit-il, « optimiste » sur la suite donnée à cette démarche. « Cela a changé depuis un an et demi, les patrons ne jouent plus la politique de l'autruche, ils commencent à dire la vérité. » • > L'association tient des permanences dans l'ancienne mairie de Leval, face à la salle des fêtes, rue Marcel-Ringeval, les mercredis et vendredis, de 9 heures à 12 heures. Tél et fax : Tél : 03 27 65 10 55.
Source : http://www.valenciennes.maville.com/

Aucun commentaire: