
De l’amiante a été découvert dans les locaux des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Plus précisément, 107 zones (carrelages, conduites d’eau, etc.) en contiennent, dont 24 doivent être assainies dans les cinq ans. Aucun des lieux recensés ne doit toutefois être traité en urgence.
Par ailleurs, le flocage, technique la plus nocive, n’a pas été dépisté. C’est ce que révèle une première série de 600 sondages effectués parmi les 93 bâtiments des HUG construits avant 1991, date à partir de laquelle l’amiante a été interdit en Suisse. La substance cancérigène a été décelée dans la plupart des sites, de Belle-Idée à Loëx en passant par le Centre de soins continus.
Le déclic du Foron
Cette liste n’est cependant pas exhaustive puisqu’une partie des résultats des tests réalisés sur les canaux de ventilation n’est pas encore connue. De plus, les entreprises intervenues à l’hôpital avant 1991, notamment pour les monoblocs de ventilation, n’ont pas toutes encore répondu aux sollicitations de la direction. «Nous en saurons davantage à la mi-mars», assure Agnès Reffet, cheffe de la communication aux HUG.
L’établissement autonome a entamé ces expertises suite au cas de deux employés du Cycle du Foron qui, pour l’une des premières fois au monde, avait révélé en novembre 2007 qu’une faible exposition à long terme peut avoir des conséquences négatives sur la santé. Le panel des affections consécutives à la respiration de particules va des maladies pulmonaires au cancer de la plèvre. Le Conseil d’Etat avait alors décidé de dresser la liste de ses bâtiments susceptibles de contenir de l’amiante pour ensuite procéder à des sondages systématiques.
Le personnel exposé
De leur côté, les HUG ont alloué, entre 2008 et 2009, 610 000 francs à la récolte de ces 600 échantillons et près de 900 000 francs à une première série de travaux d’assainissement. A ce jour, au moins 7 millions de francs supplémentaires sont estimés nécessaires. Ce montant pourrait augmenter en cas de nouvelles découvertes. «Notre conseil d’administration en sera informé le 19 mars. A lui de trouver une solution», énonce Agnès Reffet. En clair, soit les HUG trouvent un financement à l’interne, échelonné dans le temps puisque l’urgence n’est pas de mise, soit ils demandent un crédit au canton.
Selon Rudolf Knoors, président du comité chargé de mettre en œuvre les travaux antiamiante, les expertises sur la ventilation sont plutôt rassurantes. «Il n’existe aucun danger, ni pour les patients ni pour le personnel.» De même, les bâtiments neufs, comme l’Hôpital des enfants, la Maternité ou les blocs opératoires ne contiennent pas d’amiante. C’est surtout le personnel technique, à savoir quelque 230 personnes chargées des travaux d’entretien, qui se trouve exposé à de sérieux risques (lire ci-dessous). Lors des séances d’information dédiées aux membres de ce service, ceux-ci ne se sont pas privés de critiquer la façon dont ils ont été informés de ces risques et formés pour y faire face. Les 10 500 autres collaborateurs des HUG, médecins et infirmiers en tête, ont eux été avisés par un courrier joint à leur fiche de salaire de février.
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Le personnel technique en émoi
Les 230 collaborateurs du Service technique sont remontés. Et pour cause: électriciens, maçons et autres chauffagistes s’occupent de tous les travaux de maintenance et d’entretien. Ils se trouvent donc exposés en première ligne à une éventuelle présence d’amiante. Il semble surtout que l’information et la formation qui leur sont dispensées laissent à désirer.
La Tribune a pu constater cet émoi en écoutant l’enregistrement de l’une des cinq séances d’information qui leur ont été dédiées. L’une des dernières questions posées à l’issue d’une heure et demie de discussion est à cet égard emblématique: «Est-ce une séance d’information ou de formation?» demande l’un d’eux. Deux intervenants répondent successivement à la question en se contredisant!
Salle courroucée
De la même manière, si le lieu d’une intervention s’avère suspect, ils peuvent solliciter le référent de leur corps de métier, spécialement formé sur l’amiante, leur dit-on. Or, lors de la séance en question, la liste de ces 18 référents devait en principe être déjà disponible. Lorsqu’une personne demande où se trouve la liste, la réponse laisse tout aussi songeur: «Euh… je m’étonne que l’information ne soit pas passée.» Deux ou trois répliques du même acabit achèveront de courroucer la salle.
Pourtant, la direction des HUG assure prendre leur sort au sérieux. «Quelque 230 collaborateurs ont reçu une formation sur l’amiante l’automne dernier», certifie Rudolf Knoors, chef du Service technique. Des procédures à suivre lors des travaux seront mises en place dès le mois de mars afin de protéger le personnel et son environnement lors des interventions. «En cas de doute sur la présence d’amiante, il devra se couvrir comme si la présence était avérée», souligne-t-il.
En parallèle, un suivi médical sera mis en œuvre. Suivant leur degré d’exposition, les collaborateurs seront radiographiés tous les deux ou trois ans. Lors de chaque intervention, ils pourront remplir une «fiche individuelle d’exposition», compilée et ajoutée chaque année à leur dossier médical. Lequel sera transmis au collaborateur s’il part à la retraite ou change d’entreprise.
La manière dont seront traités ceux qui sont déjà partis à la retraite n’a pas encore été décidée. Les HUG devront par ailleurs communiquer ces risques aux entreprises extérieures qui interviennent dans les bâtiments.
Source : http://www.tdg.ch/geneve
Par ailleurs, le flocage, technique la plus nocive, n’a pas été dépisté. C’est ce que révèle une première série de 600 sondages effectués parmi les 93 bâtiments des HUG construits avant 1991, date à partir de laquelle l’amiante a été interdit en Suisse. La substance cancérigène a été décelée dans la plupart des sites, de Belle-Idée à Loëx en passant par le Centre de soins continus.
Le déclic du Foron
Cette liste n’est cependant pas exhaustive puisqu’une partie des résultats des tests réalisés sur les canaux de ventilation n’est pas encore connue. De plus, les entreprises intervenues à l’hôpital avant 1991, notamment pour les monoblocs de ventilation, n’ont pas toutes encore répondu aux sollicitations de la direction. «Nous en saurons davantage à la mi-mars», assure Agnès Reffet, cheffe de la communication aux HUG.
L’établissement autonome a entamé ces expertises suite au cas de deux employés du Cycle du Foron qui, pour l’une des premières fois au monde, avait révélé en novembre 2007 qu’une faible exposition à long terme peut avoir des conséquences négatives sur la santé. Le panel des affections consécutives à la respiration de particules va des maladies pulmonaires au cancer de la plèvre. Le Conseil d’Etat avait alors décidé de dresser la liste de ses bâtiments susceptibles de contenir de l’amiante pour ensuite procéder à des sondages systématiques.
Le personnel exposé
De leur côté, les HUG ont alloué, entre 2008 et 2009, 610 000 francs à la récolte de ces 600 échantillons et près de 900 000 francs à une première série de travaux d’assainissement. A ce jour, au moins 7 millions de francs supplémentaires sont estimés nécessaires. Ce montant pourrait augmenter en cas de nouvelles découvertes. «Notre conseil d’administration en sera informé le 19 mars. A lui de trouver une solution», énonce Agnès Reffet. En clair, soit les HUG trouvent un financement à l’interne, échelonné dans le temps puisque l’urgence n’est pas de mise, soit ils demandent un crédit au canton.
Selon Rudolf Knoors, président du comité chargé de mettre en œuvre les travaux antiamiante, les expertises sur la ventilation sont plutôt rassurantes. «Il n’existe aucun danger, ni pour les patients ni pour le personnel.» De même, les bâtiments neufs, comme l’Hôpital des enfants, la Maternité ou les blocs opératoires ne contiennent pas d’amiante. C’est surtout le personnel technique, à savoir quelque 230 personnes chargées des travaux d’entretien, qui se trouve exposé à de sérieux risques (lire ci-dessous). Lors des séances d’information dédiées aux membres de ce service, ceux-ci ne se sont pas privés de critiquer la façon dont ils ont été informés de ces risques et formés pour y faire face. Les 10 500 autres collaborateurs des HUG, médecins et infirmiers en tête, ont eux été avisés par un courrier joint à leur fiche de salaire de février.
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Le personnel technique en émoi
Les 230 collaborateurs du Service technique sont remontés. Et pour cause: électriciens, maçons et autres chauffagistes s’occupent de tous les travaux de maintenance et d’entretien. Ils se trouvent donc exposés en première ligne à une éventuelle présence d’amiante. Il semble surtout que l’information et la formation qui leur sont dispensées laissent à désirer.
La Tribune a pu constater cet émoi en écoutant l’enregistrement de l’une des cinq séances d’information qui leur ont été dédiées. L’une des dernières questions posées à l’issue d’une heure et demie de discussion est à cet égard emblématique: «Est-ce une séance d’information ou de formation?» demande l’un d’eux. Deux intervenants répondent successivement à la question en se contredisant!
Salle courroucée
De la même manière, si le lieu d’une intervention s’avère suspect, ils peuvent solliciter le référent de leur corps de métier, spécialement formé sur l’amiante, leur dit-on. Or, lors de la séance en question, la liste de ces 18 référents devait en principe être déjà disponible. Lorsqu’une personne demande où se trouve la liste, la réponse laisse tout aussi songeur: «Euh… je m’étonne que l’information ne soit pas passée.» Deux ou trois répliques du même acabit achèveront de courroucer la salle.
Pourtant, la direction des HUG assure prendre leur sort au sérieux. «Quelque 230 collaborateurs ont reçu une formation sur l’amiante l’automne dernier», certifie Rudolf Knoors, chef du Service technique. Des procédures à suivre lors des travaux seront mises en place dès le mois de mars afin de protéger le personnel et son environnement lors des interventions. «En cas de doute sur la présence d’amiante, il devra se couvrir comme si la présence était avérée», souligne-t-il.
En parallèle, un suivi médical sera mis en œuvre. Suivant leur degré d’exposition, les collaborateurs seront radiographiés tous les deux ou trois ans. Lors de chaque intervention, ils pourront remplir une «fiche individuelle d’exposition», compilée et ajoutée chaque année à leur dossier médical. Lequel sera transmis au collaborateur s’il part à la retraite ou change d’entreprise.
La manière dont seront traités ceux qui sont déjà partis à la retraite n’a pas encore été décidée. Les HUG devront par ailleurs communiquer ces risques aux entreprises extérieures qui interviennent dans les bâtiments.
Source : http://www.tdg.ch/geneve
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