
La mort de son mari est due à la « faute grave et inexcusable » des Fonderies Messier. Plus de trois ans après le décès de Gérard Hubert, emporté à l'âge de 65 ans par un carcinome épidermoïde en janvier 2006, son épouse Marie-Claude vient de recevoir cette réponse définitive de la cour d'appel de Pau.
« C'était très important que la justice la faute de l'employeur de mon mari », confie Marie-Claude Hubert. « Au début, les médecins nous disaient que sa maladie était due à la cigarette. Ce n'est que très tard qu'on a fait le rapprochement avec l'amiante ».
Les juges palois avaient à statuer sur le cas de trois anciens salariés (les deux autres sont encore vivants, mais très malades) de l'entreprise, qui avait interjeté après un premier jugement du tribunal des affaires de sécurité sociale. Et à nouveau, la justice a suivi les arguments de l'avocate des salariés, qui estime que « l'entreprise ne pouvait pas ne pas savoir ».
« Savoir », c'est-à-dire connaître les risques auxquels ils exposaient leurs salariés en les faisant travailler dans un environnement saturé d'amiante.
« Il y en avait partout », raconte Serge Lasierra,, 77 ans, ami de la famille Hubert et ancien de la Fonderie. « Dans les tuniques, dans les masques, dans les gants, les guêtres. Et les jours de soleil, comme aujourd'hui, on pouvait voir cette poussière d'amiante en suspension dans l'air qu'on respirait ».
L'amiante était omniprésent. Mais la conscience du risque, totalement absent. Du moins dans l'esprit des salariés. « On ne connaissait rien des risques encourus », poursuit l'ancien camarade de Gérard Hubert. « On avait beaucoup de copains qui mourraient jeunes, mais on mettait ça sur le compte du cancer. Le''mauvais mal'', comme on dit en patois ».
Une « signature »
Serge Lasierra lui-même a souffert de plaques pleurales, une autre pathologie qui porte la « signature » de l'amiante. Et quand il fait le compte à la lumière de ce qu'il sait aujourd'hui sur les dangers de cet isolant thermique, le bilan est sans appel : « Une bonne moitié des gens que je connais et qui ont travaillé à l'usine ont souffert de problèmes aux poumons ».
Pour lui comme pour Jean-Pierre Carrey, ce sont les plaques pleurales. Pour Gabriel Cassou, un cancer bucco-pulmonaire. Et pour son ami Gérard, ce fut un carcinome épidermoïde. « Une maladie très lourde, il a beaucoup souffert, le pauvre », témoigne Marie-Claude.
« Il ne s'est pas vu partir »
Gérard Hubert avait-il de la colère contre son employeur ? « Que voulez-vous y faire ? » se désole Serge Lasierra, résigné.
« Il ne pouvait plus vivre sans sa bonbonne d'oxygène, il n'avait plus la force de penser à des choses pareilles. Et pourtant, quand il avait la santé, c'était quelqu'un qui aurait tenu la dragée haute à n'importe qui. C'est une bougie qui s'est éteinte, comme ça. Il ne s'est pas vu partir ».
Malgré son importance symbolique et les indemnités de plusieurs dizaines de milliers d'euros qu'elle prévoit, ce n'est pas la décision de la cour d'appel qui rallumera cette bougie.
« Il est parti, mais ça me fait chier de toucher ce pognon », souffle sa veuve. « Cela ne compense rien du tout. J'aurais préféré le garder avec moi ».
« C'était très important que la justice la faute de l'employeur de mon mari », confie Marie-Claude Hubert. « Au début, les médecins nous disaient que sa maladie était due à la cigarette. Ce n'est que très tard qu'on a fait le rapprochement avec l'amiante ».
Les juges palois avaient à statuer sur le cas de trois anciens salariés (les deux autres sont encore vivants, mais très malades) de l'entreprise, qui avait interjeté après un premier jugement du tribunal des affaires de sécurité sociale. Et à nouveau, la justice a suivi les arguments de l'avocate des salariés, qui estime que « l'entreprise ne pouvait pas ne pas savoir ».
« Savoir », c'est-à-dire connaître les risques auxquels ils exposaient leurs salariés en les faisant travailler dans un environnement saturé d'amiante.
« Il y en avait partout », raconte Serge Lasierra,, 77 ans, ami de la famille Hubert et ancien de la Fonderie. « Dans les tuniques, dans les masques, dans les gants, les guêtres. Et les jours de soleil, comme aujourd'hui, on pouvait voir cette poussière d'amiante en suspension dans l'air qu'on respirait ».
L'amiante était omniprésent. Mais la conscience du risque, totalement absent. Du moins dans l'esprit des salariés. « On ne connaissait rien des risques encourus », poursuit l'ancien camarade de Gérard Hubert. « On avait beaucoup de copains qui mourraient jeunes, mais on mettait ça sur le compte du cancer. Le''mauvais mal'', comme on dit en patois ».
Une « signature »
Serge Lasierra lui-même a souffert de plaques pleurales, une autre pathologie qui porte la « signature » de l'amiante. Et quand il fait le compte à la lumière de ce qu'il sait aujourd'hui sur les dangers de cet isolant thermique, le bilan est sans appel : « Une bonne moitié des gens que je connais et qui ont travaillé à l'usine ont souffert de problèmes aux poumons ».
Pour lui comme pour Jean-Pierre Carrey, ce sont les plaques pleurales. Pour Gabriel Cassou, un cancer bucco-pulmonaire. Et pour son ami Gérard, ce fut un carcinome épidermoïde. « Une maladie très lourde, il a beaucoup souffert, le pauvre », témoigne Marie-Claude.
« Il ne s'est pas vu partir »
Gérard Hubert avait-il de la colère contre son employeur ? « Que voulez-vous y faire ? » se désole Serge Lasierra, résigné.
« Il ne pouvait plus vivre sans sa bonbonne d'oxygène, il n'avait plus la force de penser à des choses pareilles. Et pourtant, quand il avait la santé, c'était quelqu'un qui aurait tenu la dragée haute à n'importe qui. C'est une bougie qui s'est éteinte, comme ça. Il ne s'est pas vu partir ».
Malgré son importance symbolique et les indemnités de plusieurs dizaines de milliers d'euros qu'elle prévoit, ce n'est pas la décision de la cour d'appel qui rallumera cette bougie.
« Il est parti, mais ça me fait chier de toucher ce pognon », souffle sa veuve. « Cela ne compense rien du tout. J'aurais préféré le garder avec moi ».
Source : http://www.sudouest.com/
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