Dans le système judiciaire transalpin « l’accusation précède l’instruction », explique Me Jean-Paul Teissonnière, un des avocats de l’association française ANDEVA, qui a rejoint ses confrères italiens sur le dossier Eternit. Le procureur général du Piémont a mené l’enquête pendant cinq ans. Les conclusions ont été remises il y a trois mois aux parties concernées et aux juges du tribunal de grande instance de Turin. Il appartient à ces derniers d’établir maintenant les motifs d’éventuelles mises en examen, d’avaliser la constitution de parties civiles et donc d’ordonner la tenue d’un procès pénal… ou un non-lieu. Cinq audiences préliminaires sont programmées durant ce mois d’avril. En sortant de la première, lundi, Me Guido Alema, un des défenseurs des patrons d’Eternit, faisait plutôt grise mine. « Nous ne pouvons pas mettre en cause la compétence du tribunal, regrettait-il, alors s’il y a un procès nous l’affronterons. » Sa tâche n’est pas facilitée par l’attitude du patron suisse Stephan Schmideiny, qui a proposé à certaines victimes des dédommagements allant de 30 000 euros à 60 000 euros. Le procès pourrait compter jusqu’à six mille parties civiles, anciens salariés et riverains des usines Eternit du Piémont mais aussi d’Émilie Romagne et de la Campanie. Me Teissonière souhaite que la notion de « crime lucratif » apparue récemment dans la jurisprudence anglo-saxonne prospère à cette occasion. Si c’est le cas, les hauts dirigeants d’Eternit pourraient alors se voir condamnés à plusieurs années de prison ferme.
Source : http://www.humanite.fr
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