
Des plaques de fibrociment contenant de l'amiante gisent à l'air libre dans l'ancienne déchetterie de Veyre-Monton. Un dépôt illégal et dangereux.
Après l'indignation, les poursuites judiciaires ?
Les plaques sortent de terre. Brisées, émiettées. Un coup de pied dans le sol et d'autres apparaissent. Plus bas, dans le talus, enfouis dans la végétation, parmi des pneus, des bidons, des pans d'appareils ménagers, on voit encore, aux abords de l'ancienne déchetterie de Veyre-Monton, des débris de plaques de fibrociment. Dispersées un peu partout dans le terrain qui dégringole jusqu'à la route.
Les échantillons prélevés par un huissier, à la demande de Me Renaud Portejoie, avocat d'un ancien salarié de la déchetterie, ont été transmis à un laboratoire accrédité (l'institut technique des gaz et de l'air) à Rennes. Les analyses rendues le 5 août sont formelles : dans les trois échantillons prélevés en trois points différents du site, il y a des fibres d'amiante, de type chrysotile.
Un dépôt sauvage
Un matériau qui depuis son interdiction doit être éliminé et stocké selon une réglementation en vigueur depuis 1997 compte tenu de sa dangerosité pour la population, l'environnement et les travailleurs amenés à le manipuler.
Pour le Syndicat du Bois de l'aumône qui gérait cette ancienne déchetterie jusqu'à sa fermeture à la fin de l'année 2008, il s'agit d'un « dépôt sauvage ». Certains indélicats trouvent en effet plus commode - et surtout beaucoup moins cher - de se débarrasser clandestinement des produits amiantés plutôt que respecter les contraintes légales.
Il est toutefois difficile d'imaginer, vu la quantité (au moins 2m3 voire plus) que ce dépôt sauvage ait pu rester sur place, à l'insu de tous, durant l'activité de la déchetterie.
Une opération clandestine ?
Le 11 juillet, nous avons nous-mêmes constaté les traces d'un déversement des plaques dans le talus puis de leur enfouissement. Une telle opération a-t-elle pu être réalisée à la hâte, clandestinement, de nuit, en l'absence des gardiens, sans moyen matériel ? À moins, comme certains l'avancent, que cela se soit produit après la fermeture du site ?
« Difficile d'identifier l'auteur, ni la date de ce dépôt », déplore le directeur du SBA, Laurent Coudun qui rappelle le règlement intérieur de l'établissement, interdisant le dépôt de déchets contenant de l'amiante. La DRIRE qui a procédé à deux visites du site, en février puis la semaine dernière, pour la déclaration en préfecture de la cessation d'activité, n'a pas relevé la présence des produits amiantés. Sa mission consistait simplement, nous a-t-on dit, « à vérifier qu'il ne restait pas de déchets sur les quais de déchargement ». Pas d'examiner les terrains alentours.
Le risque du fibrociment manipulé
À la mairie de Veyre-Monton, propriétaire du lieu, c'est l'indignation. Le maire affirme ne pas être au courant. En décembre 2008, après la fin d'exploitation de la déchetterie, il a fait procéder à la fermeture des accès, nettoyer les derniers reliquats déposés devant la grille.
Tout le monde s'accorde maintenant sur la nécessité de procéder d'urgence à l'enlèvement du fibrociment qui, altéré et manipulé, risque de libérer les fibres d'amiante dans l'air. « Nous avons pris contact, hier, avec la DRIRE et une entreprise spécialisée pour envisager les différentes solutions de dépollution du site » indique Laurent Coudun.
« Nous allons évacuer vers un site spécialisé ce qui se trouve en surface et enfouir le reste sous terre. Mais d'ores et déjà nous avons mis le site sous protection ».
Michelle Hufnagel michelle.hufnagel centrefrance.com
Les plaques sortent de terre. Brisées, émiettées. Un coup de pied dans le sol et d'autres apparaissent. Plus bas, dans le talus, enfouis dans la végétation, parmi des pneus, des bidons, des pans d'appareils ménagers, on voit encore, aux abords de l'ancienne déchetterie de Veyre-Monton, des débris de plaques de fibrociment. Dispersées un peu partout dans le terrain qui dégringole jusqu'à la route.
Les échantillons prélevés par un huissier, à la demande de Me Renaud Portejoie, avocat d'un ancien salarié de la déchetterie, ont été transmis à un laboratoire accrédité (l'institut technique des gaz et de l'air) à Rennes. Les analyses rendues le 5 août sont formelles : dans les trois échantillons prélevés en trois points différents du site, il y a des fibres d'amiante, de type chrysotile.
Un dépôt sauvage
Un matériau qui depuis son interdiction doit être éliminé et stocké selon une réglementation en vigueur depuis 1997 compte tenu de sa dangerosité pour la population, l'environnement et les travailleurs amenés à le manipuler.
Pour le Syndicat du Bois de l'aumône qui gérait cette ancienne déchetterie jusqu'à sa fermeture à la fin de l'année 2008, il s'agit d'un « dépôt sauvage ». Certains indélicats trouvent en effet plus commode - et surtout beaucoup moins cher - de se débarrasser clandestinement des produits amiantés plutôt que respecter les contraintes légales.
Il est toutefois difficile d'imaginer, vu la quantité (au moins 2m3 voire plus) que ce dépôt sauvage ait pu rester sur place, à l'insu de tous, durant l'activité de la déchetterie.
Une opération clandestine ?
Le 11 juillet, nous avons nous-mêmes constaté les traces d'un déversement des plaques dans le talus puis de leur enfouissement. Une telle opération a-t-elle pu être réalisée à la hâte, clandestinement, de nuit, en l'absence des gardiens, sans moyen matériel ? À moins, comme certains l'avancent, que cela se soit produit après la fermeture du site ?
« Difficile d'identifier l'auteur, ni la date de ce dépôt », déplore le directeur du SBA, Laurent Coudun qui rappelle le règlement intérieur de l'établissement, interdisant le dépôt de déchets contenant de l'amiante. La DRIRE qui a procédé à deux visites du site, en février puis la semaine dernière, pour la déclaration en préfecture de la cessation d'activité, n'a pas relevé la présence des produits amiantés. Sa mission consistait simplement, nous a-t-on dit, « à vérifier qu'il ne restait pas de déchets sur les quais de déchargement ». Pas d'examiner les terrains alentours.
Le risque du fibrociment manipulé
À la mairie de Veyre-Monton, propriétaire du lieu, c'est l'indignation. Le maire affirme ne pas être au courant. En décembre 2008, après la fin d'exploitation de la déchetterie, il a fait procéder à la fermeture des accès, nettoyer les derniers reliquats déposés devant la grille.
Tout le monde s'accorde maintenant sur la nécessité de procéder d'urgence à l'enlèvement du fibrociment qui, altéré et manipulé, risque de libérer les fibres d'amiante dans l'air. « Nous avons pris contact, hier, avec la DRIRE et une entreprise spécialisée pour envisager les différentes solutions de dépollution du site » indique Laurent Coudun.
« Nous allons évacuer vers un site spécialisé ce qui se trouve en surface et enfouir le reste sous terre. Mais d'ores et déjà nous avons mis le site sous protection ».
Michelle Hufnagel michelle.hufnagel centrefrance.com
Ce que dit la loi
La collecte, le transport, le stockage des déchets amiantés obéissent à des règles de sécurité.
Les plaques de fibrociment contenant de l'amiante ne sont pas dangereuses si elles ne sont pas altérées par diverses manipulations. Perforées, meulées, cassées, piétinées, elles libèrent ces fibres d'amiante clairement identifiées comme la cause de pathologies mortelles.
D'où une réglementation extrêmement précise qui doit être respectée impérativement tout au long de la chaîne d'élimination, de la collecte au stockage.
Il est prévu par exemple que le camion transportant les matériaux amiantés soit bâché pour éviter l'envol de fibres.
Les plaques, après la dépose et avant leur transport, doivent être conditionnées dans des emballages appropriés, fermés avec un étiquetage signalant qu'il s'agit de produits contenant de l'amiante. Sur le site de stockage, doit être tenu un plan précisant la localisation des dépôts avec leur volume, leurs dimensions. Il est recommandé en effet que l'exploitant aménage une zone de dépôt spécifique et adaptée aux déchets. En aucun cas, comme on a pu le constater et le photographier, à la déchetterie de Veyre-Monton, ils ne doivent être mélangés à d'autres gravats ou déchets.
La collecte, le transport, le stockage des déchets amiantés obéissent à des règles de sécurité.
Les plaques de fibrociment contenant de l'amiante ne sont pas dangereuses si elles ne sont pas altérées par diverses manipulations. Perforées, meulées, cassées, piétinées, elles libèrent ces fibres d'amiante clairement identifiées comme la cause de pathologies mortelles.
D'où une réglementation extrêmement précise qui doit être respectée impérativement tout au long de la chaîne d'élimination, de la collecte au stockage.
Il est prévu par exemple que le camion transportant les matériaux amiantés soit bâché pour éviter l'envol de fibres.
Les plaques, après la dépose et avant leur transport, doivent être conditionnées dans des emballages appropriés, fermés avec un étiquetage signalant qu'il s'agit de produits contenant de l'amiante. Sur le site de stockage, doit être tenu un plan précisant la localisation des dépôts avec leur volume, leurs dimensions. Il est recommandé en effet que l'exploitant aménage une zone de dépôt spécifique et adaptée aux déchets. En aucun cas, comme on a pu le constater et le photographier, à la déchetterie de Veyre-Monton, ils ne doivent être mélangés à d'autres gravats ou déchets.
Après l'indignation, les poursuites judiciaires ?L'indignation pourrait maintenant se reconvertir en poursuites. L'avocate du SBA, Me Anne Marion ne cachait pas, hier, son intention de déposer plainte après la découverte des produits amiantés dans l'ancienne décharge de Veyre-Monton. Le maire de Veyre-Monton, Yves Fafournoux s'est rendu sur place, mercredi matin avec les gendarmes de la brigade de la commune « pour établir les constatations de rigueur afin de préparer la plainte qu'il est sur le point de déposer ». La responsabilité du SBA peut être engagée
Mais une autre action pourrait être engagée par Me Gilles-Jean et Renaud Portejoie au nom d'un ancien gardien de la déchetterie. Ils se réservent la possibilité eux aussi de déposer plainte pour « mise en danger de la santé d'autrui par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ». Pour ces deux avocats, « la responsabilité du SBA, civile ou pénale, peut être engagée dans la mesure où les salariés n'ont pas été informés qu'ils manipulaient des produits dangereux, sans protection, en dépit des règles de sécurité les plus évidentes ».
Me Renaud Portejoie, s'interroge également « sur les conditions dans lesquelles ce salarié a fait l'objet d'une révocation alors qu'il avait signalé la présence des produits suspects, et qu'il en avait également informé ses avocats à plusieurs reprises » D'où la requête que Renaud Portejoie avait engagée, en juillet, auprès du président du TGI de Clermont pour autoriser un huissier, à prélever sur le site des matériaux à des fins d'analyse.
Source : http://www.lamontagne.fr/
Source : http://www.lamontagne.fr/
Une simple observation de la photo qui accompagne l'article : celui qui montre les déchets d'amiante ne croit pas au danger qu'ils représentent. Dans le cas contraire, ses mains seraient gantées.
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