dimanche 21 mars 2010

Exportation d'amiante: Khadir brise le consensus


Le consensus politique autour de l'amiante au Québec n'est plus aussi bétonné qu'il l'était. Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, s'en dissocie.
Pendant que le premier ministre Jean Charest, en voyage en Inde, doit défendre l'exportation de ce minerai, un membre du Parlement québécois brise les rangs jusqu'ici très serrés des élus.
«Ce n'est pas défendable d'exporter» de l'amiante tout en sachant qu'il servira dans des pays pauvres à des usages interdits au Québec et au Canada, a confié au Soleil, lundi, le député de Mercier, le docteur Amir Khadir.
«Ce n'est pas en Inde que l'on peut compter sur des contrôles rigoureux et une utilisation sécuritaire» de l'amiante chrysotile.
Il croit que le Québec ternit sa réputation dans cette affaire.
M. Khadir s'est rendu récemment à Asbestos avec le péquiste Denis Trottier. Tous deux avaient été invités par l'industrie à découvrir les «usages sécuritaires» du chrysotile.
Le député Trottier ne partage pas les vues de son collègue solidaire, mais développe néanmoins un discours tout en nuances. Il affirme qu'il vaut mieux que le Québec demeure dans le marché de l'exportation pour ne pas laisser le champ libre à la Russie, moins scrupuleuse et responsable en la matière.
Le député de Roberval ajoute qu'il faudrait par ailleurs évaluer l'innocuité des produits de substitution avant d'interdire l'extraction, l'exploitation et l'exportation de ce minerai, un argument que fait aussi valoir l'industrie.
Il se demande si l'amiante chrysotile n'est pas victime d'une «vendetta».
Lobby contre lobby
Le président de l'Institut du chrysotile a dénoncé, lundi, le «lobby anti-amiante» qui s'est fait entendre en Inde. «Ce n'est pas nouveau. Cela fait partie de sa stratégie pour faire pression sur les gouvernements», a déclaré Clément Godbout.
À l'ADQ, un porte-parole a fait savoir que le parti de Gérard Deltell «appuie le consensus» de l'Assemblée nationale. Il s'est matérialisé en 2004 par une résolution unanime contre l'inclusion du chrysotile dans la liste des produits proscrits par la convention de Rotterdam.
Si ce consensus se fissure aujourd'hui avec la prise de position de M. Khadir, il a carrément volé en éclats sur la scène fédérale. En août dernier, le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a retiré l'appui que sa formation accordait à l'industrie de l'amiante.

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