lundi 15 mars 2010

Vertus de la rougeole



Il y a dix ans, au hasard d'un colloque médical, un chercheur nantais a fait une découverte incroyable.
"Lors d'un colloque médical, je discutais avec un confrère, le Dr Frédéric Tangy de l'Institut Pasteur à Paris, qui travaillait sur la rougeole. Au fil de nos discussions je lui ai dit que dans le cadre de mes recherches sur le cancer de la plèvre j'avais remarqué une quantité inhabituelle de protéine CD46 à la surface des cellules cancéreuses. Or il m'apprit que le virus atténué de la rougeole, utilisé dans le vaccin, avait besoin de récepteur CD46 pour infecter les cellules humaines. C'était il y a dix ans », raconte le Dr Marc Grégoire du Centre de recherche en cancérologie Nantes-Angers (CRC). Partant de là, les deux équipes ont appliqué leur découverte aux recherches contre le cancer de la plèvre, aussi appelé cancer de l'amiante, identifié chez de nombreux ouvriers des chantiers navals. « Le cancer de la plèvre, ou mésothéliome pleural malin, met entre 35 et 40 ans à se déclarer, c'est pourquoi il faut se faire dépister. Il faut aussi savoir qu'un tiers des cancers pourraient être évités avec le dépistage », insiste Marc Grégoire.
Relancer le système immunitaire
Une fois le cancer déclaré, le système immunitaire est submergé et le cancer prolifère librement. La technique mise au point consiste à injecter le virus atténué de la rougeole au sein des cellules cancéreuses. « Le virus va s'attaquer aux cellules cancéreuses et les affaiblit, ce qui permet aux cellules dites sentinelles de se réactiver. Avec elles, les cellules tueuses reprennent leurs rôles et détruisent les tissus cancéreux ». À la lumière de ces résultats encourageants, l'Arc et son président, Jacques Raynaud ont remis un chèque de 50 000 € à l'Institut. Les donateurs de l'association ont eu droit à un exposé succinct mais très clair de la teneur des recherches ainsi qu'une visite des laboratoires par le Dr Marc Grégoire et son équipe dans leurs nouveaux locaux inaugurés en mai dernier. Une façon de « mettre du concret sur l'utilité de nos dons » confiait une contributrice.

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