lundi 28 juin 2010

Ex-SBFM : les fondeurs exposés à l'amiante réclament justice - Caudan


« L'amiante, c'est un long combat », dit avec détermination Pierre Le Ménahes, délégué de la CGT de l'ancienne SBFM, devenue la Fonderie de Bretagne. Hier, le conseil des Prud'hommes de Lorient a examiné 54 dossiers, déposés par des salariés victimes de l'amiante à la fonderie de manière individuelle, mais soutenus collectivement par Me Geffroy, avocat du syndicat.
« La fonderie a été reconnue dans le cadre du plan amiante en 2000, qui s'adresse aux entreprises dont les salariés y ont été exposés. » Pas de catégorie salariale particulière : « Tout le monde est concerné compte tenu des changements de postes », ajoute Pierre Le Ménahès, venu soutenir les plaignants. « Dès le début de ce plan amiante, il y a eu environ 200 départs, rappelle-t-il. Actuellement, il y en a encore quatre par mois, ce qui est énorme. Et il en est encore prévu une centaine jusqu'à 2012. Après, cela continuera, mais en nombre plus faible ».
« 10 000 € pour le préjudice d'anxiété »
Les salariés concernés ont souvent quitté le travail vers la cinquantaine, « la période d'exposition remontant à la création de la fonderie en 1966 jusqu'à 1998, quand la société a été inscrite sur la liste des entreprises relevant du plan ». Ces fondeurs demandent des dommages et intérêts en tenant compte du montant de leur salaire de référence et de l'allocation amiante, mais aussi une indemnité pour le préjudice subi, pour le manquement de l'employeur à son obligation de sécurité pour exposition aux fibres de l'amiante...
Des arguments à faire valoir face à la SBFM, dont il reste une entité juridique alors que la société n'est plus gestionnaire du site de Caudan. Elle était, hier, défendue par l'avocat de sa société d'assurance. Tahar Bejaoui, secrétaire CGT de la section des retraités et préretraités de la SBFM précise que le syndicat, au total, défend environ 80 dossiers, dont ceux plaidés hier. Le système de défense de la CGT vise à faire appliquer ici ce qui a été reconnu ailleurs par des juridictions.
Afin que les salariés qui ont quitté leur emploi avec « une préretraite calculée sur seulement 65 % de leur salaire », bénéficient « d'une indemnité à 100 % ». Sans oublier ce qu'il qualifie de « préjudice d'anxiété : ces retraités de l'amiante ont une épée de Damoclès sur la tête, la crainte de voir arriver la maladie ». Ce syndicaliste compte déjà 14 décès dans son environnement professionnel. Ce préjudice moral, de manière générale, est estimé par la CGT à 10 000 € par personne. Le conseil des Prud'hommes a mis son jugement en délibéré au 5 octobre prochain.

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