lundi 21 juin 2010

Victimes de l'amiante d'Ascométal : cinquante-quatre plaintes déposées


Cinquante-quatre : voilà, en l'état actuel des choses, le nombre de plaintes ...
avec constitution de partie civile déposées contre Ascométal par des salariés ou anciens salariés et des veuves de victimes de l'amiante. Elles l'ont été pour coups et blessures involontaires, homicides involontaires ou mises en danger d'autrui, selon les cas. Ce chiffre a été cité lors de l'assemblée générale de l'Association de défense des victimes de l'amiante de la sidérurgie Usine des Dunes lors de l'assemblée générale, mardi matin.
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« Le juge Pascal Gand (magistrat instructeur au pôle de santé publique au palais de justice de Paris ) a fait ordonner des expertises médicales. Il faut que la victime y aille, mais il est préférable de ne pas répondre aux questions qui ne concernent pas la pathologie de l'amiante », indiquait Me Guillaume Bernard à la bonne centaine d'adhérents présents à la Poudrière.
« Le dossier est en gestation »
Comme nous le précisait l'avocat du cabinet parisien Teissonnière et Topaloff après la réunion, « le dossier est en gestation. En ce moment, on étudie la recevabilité des plaintes. La phase d'expertise permettra de savoir lesquelles seront retenues ». Selon lui, « le dossier est plutôt bon ». Contrairement à d'autres cas, on a affaire ici à une entreprise clairement identifiée, toujours en activité. Il précisait aussi que rien n'empêche d'autres personnes de déposer plainte à leur tour.
Sur un autre sujet - la reconnaissance de l'Usine des Dunes comme site amianté -, Me Bernard déclarait « avoir bon espoir d'aboutir ». Il citait le cas, en France, d'entreprises de fonderie (une activité analogue à celle de Leffrinckoucke) reconnues amiantées, comme l'aciérie Aubert et Duval des Ancizes (Puy-de-Dôme). Une telle décision permettrait aux salariés de partir en préretraite à partir de 50 ans en fonction du nombre d'années d'exposition. Par deux fois, le ministère du Travail a refusé cette reconnaissance.
L'ADVASUD-CGT a saisi le tribunal administratif de Lille pour la troisième fois afin de faire valoir son point de vue.
Pour sa part, Claude Tange évoquait le sujet qui revient depuis des mois dans les propos des victimes de l'amiante : la crainte de voir disparaître le juge d'instruction. Une réforme voulue par le président de la République. D'après le président de l'ADVASUD-CGT, « le procès risque d'aller aux oubliettes si nous ne faisons rien » d'autant que « les moyens - le nombre de gendarmes enquêteurs - sont insuffisants ».
Comme de coutume, année après année, il lançait un appel à la mobilisation. Alors que l'association compte 498 adhérents, il s'étonnait de voir si peu de monde aux manifestations - comme aux marches des veuves à Dunkerque. « Les Renseignements généraux font leur rapport au ministère de l'Intérieur et ils disent : "Y'a rien qui va mal, y'a personne dans les rues." Pourtant, c'est deux petites heures pour défendre notre bifteck. » • L.

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