Les salariés qui ont travaillé au contact de l’amiante à Gournay-en-Bray attendent la décision du conseil de prud’hommes sur leurs indemnités. En cas de refus, ils iront en appel.
Inscrite au Journal officiel le 30 janvier 2015, l’Association Amiante Akis compte, après un an d’existence, quarante-trois adhérents. Le 17 février, ils sauront si la plaidoirie de Me Barbara Vrillac, leur avocate, en octobre devant les prud’hommes de Dieppe, a convaincu les conseillers. Les trois cadres engagés dans une démarche judiciaire devront, quant à eux, attendre le 7 mars pour connaître la décision du conseil.
« En un an, nous n’avons pas perdu de temps », constate Hubert Nole, le président de l’association, ancien salarié de l’usine Sika de Gournay-en-Bray. Auparavant, l’entreprise s’appelait Akis. Spécialisée dans la chimie et les matériaux de construction, l’usine gournaisienne est implantée dans la zone industrielle de l’Europe. Elle figure sur une liste d’entreprises ayant utilisé de l’amiante, publiée dans un arrêté du 2 février 2010 listant les établissements « de fabrication, flocage et calorifugeage à l’amiante susceptibles d’ouvrir droit à l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante ».
« NOUS DEVONS RESTER UNIS... »
Me Barbara Vrillac, basée à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise, avait saisi le conseil de prud’hommes de Dieppe, dans le but de faire reconnaître le préjudice d’anxiété des anciens salariés de l’usine. L’avocate, spécialisée dans ce genre d’affaire, a déjà défendu les salariés de Bosch, Honeywell, BASF ou encore Rieter. Et si rien n’a encore été formellement diagnostiqué en lien avec l’amiante chez les ex-Sika, ils redoutent tous de développer une maladie.
« Nous attendons le jugement du conseil de prud’hommes avec sérénité. Cependant nous pouvons encore nous retrouver une fois à Dieppe pour une session de départage, explique Hubert Nole. Cette fois ce sera avec un juge professionnel. Si nous n’obtenons pas gain de cause, nous avons prévu d’aller en appel à Rouen ; il y aura alors des juges professionnels. »
Interrogés sur les sommes qu’ils réclament en dédommagement, les ex-Sika restent évasifs : « Notre avocate s’est basée sur ce qui se réclame dans la juridiction de l’Oise pour ce genre d’affaires, notamment concernant l’usine Rieter, et qui reste inférieur à ce qui est demandé à Paris. » Dans l’affaire Rieter, 20 000 € avaient été réclamés par salarié.
Lors de l’assemblée générale de l’association qui s’est tenue cette semaine, Hubert Nole a lancé un appel à l’unité : « Il ne faut pas nous laisser aller aux divisions, nous devons rester unis, surtout entre anciens salariés et ceux qui travaillent aujourd’hui chez Sika. On entend déjà dire qu’une grille serait à l’étude afin de calculer le temps passé à nos postes de travail, certains parlent même de sommes perçues par ceux qui sont partis, mais les indemnités versées, que ce soit aux démissionnaires, lors d’un départ en retraite ou d’un plan social, sont uniquement celles prévues par la loi. »
Les ex-Sika ont tous en mémoire un arrêt de la cour de cassation qui a reconnu, en 2010, le droit des anciens travailleurs de l’amiante d’être indemnisés pour le préjudice d’anxiété...
Source : http://www.paris-normandie.fr/

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