Saisi par l’Association des professions portuaires CGT du port de Dunkerque pour la défense des victimes de l’amiante, le Fonds d’indemnisation et le conseil des prud’hommes ont examiné un total de 190 dossiers.
Une somme de 7,3 millions d’euros : voilà ce que le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA) a versé l’an dernier à une partie des 2323 adhérents de l’Association des professions portuaires CGT du port de Dunkerque pour la défense des victimes de l’amiante.
Jacques Dehorter, président, en a donné le détail lors de l’assemblée générale jeudi après-midi à la salle de la Concorde : 2,8 millions pour 93 dossiers de malades et 4,5 millions pour 59 dossiers de décès.
Pour sa part, le conseil des prud’hommes de Dunkerque a accordé un total de 207 000 € pour 38 dossiers de préjudice d’anxiété déposés par des salariés. Ils craignent de développer une maladie pour avoir travaillé au contact de l’amiante.
Ce total, plus ou moins équivalent à ceux des années précédentes, témoigne de la persistance des ravages que causent ces fibres cancérogènes près de vingt ans après leur interdiction en France.
Dans son dernier rapport, le FIVA note à l’échelle nationale : « La dépense globale d’indemnisation s’élève à 427,8 millions d’euros (en 2014) contre 469,2 millions en 2013. »
Toujours au chapitre financier, Jacques Dehorter s’est alarmé de la baisse brutale du montant des dons versés par les adhérents : 5 000 € en 2015 contre 20 000 € l’année précédente. « Vous n’êtes pas généreux !, a-t-il lancé avec sa franchise coutumière en pensant notamment aux adhérents ayant reçu leurs indemnisations de la part du FIVA. Sans ces dons, nous sommes appelés à disparaître. »
Dans ses remontrances, il n’a pas oublié le conseil régional. L’APDA-CGT attend toujours de recevoir la subvention de 2014. Le conseiller régional Franck Dhersin, maire de Téteghem, a promis de « faire remonter l’information » auprès du président Xavier Bertrand.
UN APPEL AUX ENFANTS DE MALADES
« Les associations ont lutté pour obtenir le FIVA, l’ACAATA (Allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante, souvent appelée « préretraite amiante »).Heureusement qu’elles sont là ! », s’est exclamé Christian Hutin, député-maire de Saint-Pol-sur-Mer, président du groupe d’étude amiante à l’Assemblée nationale. Mais que l’organisation tant espérée d’un procès pénal en France semble lointaine ! « Nos ennemis (industriels, actionnaires...), a-t-il déclaré en substance, attendent que le temps passe et que les gens meurent. » Il a lancé une idée : encourager les enfants de malades à adhérer aux associations et à assister aux audiences pour continuer à porter en justice les dossiers de leurs parents en cas de disparition.
Source : http://www.lavoixdunord.fr/

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