Cent-quarante anciens salariés de l'entreprise mancelle avaient saisi le tribunal des prud'hommes au titre du "préjudice d'anxiété" lié à l'exposition à l'amiante. Après des mois de procédures, le conseil des prud'hommes a décidé ce jeudi... que l'affaire devait être rejugée.
Il va falloir attendre encore un peu pour les anciens salariés de l'usine mancelle Carel et Fouché. Après des mois de procédure, le conseil des prud'hommes a décidé que l'affaire devrait faire l'objet d'une nouvelle audience. Cent-quarante anciens salariés de cette société mancelle fermée à la fin des années 80 avaient saisi le tribunal des prud'hommes pour demander compensation du "préjudice d'anxiété lié à l'amiante", c'est à dire le fait de vivre dans la crainte de tomber malade à cause de leur exposition à ce matériau cancérigène, pendant des années, sur leur lieu de travail.
Mais suite à l'audience du mois de septembre, le conseil des prud'hommes composé de deux juges salariés et deux juges employeurs n'a pu se départager. Deux votes de chaque côté, la balle au centre. Une nouvelle audience est donc convoquée le 3 mars, sous la présidence d'un juge professionnel départiteur, qui aura seul la charge de trancher le litige. Jean-Pierre Prigent, le président de l'association culturelle Carel et Fouché, a bon espoir qu'au vu du dossier, les anciens salariés finiront par obtenir gain de cause. Il met notamment en avant le nombre de cancer déclarés par les anciens salariés :
Une partie du litige porte sur le fait que le dernier propriétaire de l'usine, le groupe Alstom, avait repris le site manceau peu de temps avant sa fermeture et ne s'estime donc pas responsable. "Nous on considère que quand une une grande entreprise comme Alstom reprend une activité industrielle, réplique Jean-Pierre Prigent, elle reprend également tout le côté social." Les plaignants demandent chacun 20 000 €."On est rendu à 51 personnes atteintes par cette maladie, dont une trentaine qui sont décédées. En 2005, le site a été reconnu comme amianté. Et on sait aujourd'hui que trente ans après la fermeture, on est en plein dans cette période d'anxiété liée à l'amiante."
Située dans le quartier du miroir, l'usine Carel et Fouché du Mans a fabriqué des trains, des tramways et du matériel ferroviaire de la fin du XIXIe siècle jusqu'à sa fermeture à la fin des années 80.
Source : https://www.francebleu.fr
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